Read: Extraits des Ecrits de Baha'u'llah


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# Source: WWW.RELIGARE.ORG
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Religion: baha'ie
Livre: Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh
Edition: MEB, ISBN 2-87203-017-4

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Chapitre: 1. "Loué et glorifié sois-tu, ô Seigneur, mon Dieu ! ..."

Loué et glorifié sois-tu, ô Seigneur, mon Dieu ! Mais comment saurais-je parler de toi, alors qu'il n'est point de langue, quelque profonde qu'en soit la sagesse, capable de magnifier dignement ton nom, ni de coeur qui puisse espérer s'élever, si ardente que soit vers toi son aspiration, jusqu'au ciel de ta science et de ta majesté ?
Si je te représente, ô mon Dieu, comme Celui qui perçoit toutes choses, je me trouve contraint d'admettre que ceux qui sont les plus hautes incarnations de la perception ont été créés par la vertu de ton ordre. Et si je t'exalte comme Celui qui est le très-Sage, je me vois aussi forcé de reconnaître que les sources mêmes de la sagesse furent engendrées par l'opération de ta volonté. Et si je proclame que tu es l'Incomparable, je découvre bientôt que ceux qui sont la plus pure essence de l'unité furent envoyés par toi et ne sont que les manifestations de ton oeuvre. Et si je t'acclame comme l'Omniscient, je dois confesser que ceux qui sont la quintessence du savoir ne sont eux-mêmes que la création et les instruments de ta Providence.
Exalté es-tu, exalté au-delà de toute mesure, au-dessus des efforts de l'homme pour pénétrer ton mystère, pour décrire ta gloire ou seulement faire allusion à la nature de ton essence. Car ces efforts, étant les fruits de ton oeuvre, et donc suscités par ton décret, quoi qu'ils puissent accomplir, ils ne pourraient donner de résultats dépassant les limites que tu as assignées à tes créatures.
Les plus hauts sentiments que les plus saints parmi les saints puissent exprimer à ta louange, la plus profonde sagesse qu'aient exercée pour comprendre ta nature les plus savants des hommes, tout cela gravite autour de ce centre qui est entièrement soumis à ta souveraineté, qui adore ta beauté et que ta plume anime de son propre mouvement.
Et surtout ne permets pas, ô mon Dieu, que mes paroles puissent paraître nécessairement impliquer l'existence de quelque relation directe entre la plume de ta révélation et l'essence des choses créées. Loin, bien loin d'une telle conception de leurs rapports avec toi sont ceux qui précisément te sont unis !
Toute comparaison est impuissante à rendre justice à l'arbre de ta révélation, et toute voie est barrée qui pourrait conduire à la compréhension de ta manifestation et de l'aurore de ta beauté.
Loin, que loin de ta gloire est ce que l'homme peut affirmer de toi, ou t'attribuer, ou dire à ta louange! Le devoir que tu as prescrit à tes serviteurs d'exalter à l'infini ta gloire et ta majesté n'est qu'un gage de ta grâce à leur endroit, afin de les rendre capables de s'élever à cet état de la connaissance de soi-même accordé à leur être le plus secret.
Nul autre que toi n'a jamais pu approfondir ton mystère ni exalter convenablement ta grandeur. Impénétrable et infiniment au-dessus de la louange des hommes tu resteras à jamais. Il n'y a d'autre Dieu que toi, l'Inaccessible, l'Omnipotent, l'Omniscient, le Saint des saints.

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Chapitre: 2. "Le commencement de toutes choses est la connaissance de Dieu ..."

Le commencement de toutes choses est la connaissance de Dieu, et la fin de toutes choses est la stricte observance de tout ce qui a été envoyé de l'empyrée de la volonté divine qui pénètre tout ce qui est dans le ciel et tout ce qui est sur la terre.

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Chapitre: 3. "La révélation qui, de temps immémorial, a été acclamée comme le dessein ..."

La révélation qui, de temps immémorial, a été acclamée comme le dessein et la promesse de tous les prophètes de Dieu ainsi que le plus cher désir de ses messagers, est maintenant donnée aux hommes par la vertu de la volonté partout présente du Tout-Puissant, et à son commandement irrésistible.
L'avènement de cette révélation a été annoncé dans toutes les Ecritures sacrées. Et voyez cependant comment, en dépit d'une telle déclaration, l'humanité s'est écartée de son sentier et privée de sa gloire.
Dis : O vous, les aimés du seul vrai Dieu, efforcez-vous de l'accepter et de le connaître, et de garder scrupuleusement ses préceptes. Voici une révélation telle, que si un homme versait pour l'amour d'elle une goutte de son sang, des myriades d'océans seraient sa récompense!
Veillez, ô amis, à ne pas perdre un si inestimable bienfait, et à n'en pas méconnaître le sublime caractère. Considérez la multitude de vies qui ont été et sont encore sacrifiées dans un monde abusé par la pure chimère des vaines imaginations que ses peuples ont conçues.
Rendez grâces à Dieu d'avoir réalisé le désir de votre coeur et d'avoir été ainsi uni à Celui qui est la promesse de toutes les nations. Gardez en son intégrité, avec l'aide du seul vrai Dieu - exaltée soit sa gloire -, l'état d'âme où vous êtes parvenu, et attachez-vous fermement à tout ce qui peut servir sa cause.
Il vous prescrit, en vérité, ce qui est juste et propre à exalter la condition humaine. Glorifié soit le Miséricordieux, le Révélateur de cette merveilleuse tablette !

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Chapitre: 4. "Voici le jour où les plus précieuses faveurs ont été prodiguées aux hommes ..."

Voici le jour où les plus précieuses faveurs ont été prodiguées aux hommes, le jour où sa puissante grâce a imprégné toutes les choses créées.
Il incombe à tous les peuples du monde de concilier leurs différends. et de se ranger, unis dans la paix la plus parfaite, à l'ombre de l'arbre de sa providence et de sa tendre bonté. Il leur faut s'attacher à tout ce qui, en ce jour, peut exalter leur condition et servir leurs véritables intérêts.
Heureux ceux dont la toute glorieuse plume a rappelé le souvenir, et bénis ces hommes dont, en vertu de notre impénétrable décret, Nous avons préféré taire les noms !
Priez le seul vrai Dieu de vous assister de sa grâce dans l'accomplissement de ce qui est recevable à nos yeux.
Bientôt le présent ordre de choses sera révolu et un nouveau le remplacera. Ainsi la vérité parle par la bouche de ton Seigneur, l'Omniscient.

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Chapitre: 5. "Voici le jour où l'océan de la miséricorde de Dieu a été manifesté aux hommes ..."

Voici le jour où l'océan de la miséricorde de Dieu a été manifesté aux hommes, le jour où l'Etoile du Matin de sa tendre bonté a répandu sur eux son éclat, le jour où les nuées de ses bienfaits ont enveloppé l'humanité tout entière.
L'heure est maintenant venue de réconforter et de rafraîchir les opprimés au souffle de la brise vivifiante de l'amour et de la fraternité, et dans les eaux vives de l'amitié et de la charité.
Ceux qui sont les bien-aimés de Dieu, en quelque lieu qu'ils s'assemblent et quelles que soient les personnes devant lesquelles ils se trouvent, doivent montrer dans leur attitude envers Dieu et dans la façon dont ils célèbrent sa louange une telle humilité et une telle soumission que les atomes mêmes de la poussière foulée par leurs pieds attestent la profondeur de leur dévotion. Leur entretien doit être animé d'un tel pouvoir, que ces mêmes atomes en viennent à vibrer sous son influence.
Ils doivent se conduire de telle sorte que la terre qu'ils piétinent ne puisse leur dire : "Je dois vous être préférée. Car voyez avec quelle patience je supporte le fardeau que fait poser sur moi le laboureur. Je suis l'instrument qui ne cesse de dispenser à tous les êtres les bénédictions que Celui qui est la Source de toute grâce a déposées en moi. Et malgré l'honneur qui m'a été ainsi conféré et en dépit des innombrables preuves de ma richesse - laquelle pourvoit aux besoins de toute la création - voyez le degré de mon humilité, et avec quelle soumission je me laisse fouler par les pieds des hommes ..."
Soyez indulgents et bienveillants, et aimez-vous les uns les autres. S'il s'en trouve parmi vous qui soient incapables de saisir une certaine vérité ou qui doivent faire effort pour la comprendre, entretenez-vous avec eux dans un esprit d'extrême bonté et de parfaite bonne grâce. Aidez-les à voir et à reconnaître la vérité, sans vous estimer le moins du monde supérieurs ou mieux doués.
Tout le devoir de l'homme est, en ce jour, d'obtenir la part du flot de grâce que Dieu lui destine. En conséquence, que personne ne s'attache à considérer la capacité du récipient. La part des uns peut tenir dans le creux de la main, celle des autres remplir une coupe ou même un gallon.
Chacun doit chercher en ce Jour ce qui servira le mieux la cause de Dieu. Celui qui est l'éternelle Vérité en répond pour moi! Rien, absolument rien, en ce jour, ne peut nuire davantage à cette cause que la discorde, les dissensions, les disputes, l'antipathie et l'apathie parmi les aimés de Dieu. Evitez-les donc avec soin et efforcez-vous d'unir étroitement les coeurs des hommes, au nom de Celui qui est l'Unificateur, l'Omniscient, le très-Sage.
Priez le seul vrai Dieu qu'il vous soit permis de goûter à la saveur des oeuvres qui sont accomplies dans son chemin et de participer à la douceur de l'humilité et de la soumission consenties pour l'amour de Lui.
Oubliez-vous et tournez vos regards vers vos semblables. Tendez vos énergies vers ce qui peut servir à l'éducation des hommes.
Rien n'est et ne peut être caché à Dieu. Si vous suivez sa voie, d'incalculables et impérissables bénédictions pleuvront sur vous en récompense. Telle est la lumineuse tablette dont les versets ont coulé de la plume de Celui qui est le Seigneur de tous les mondes. Méditez-la en vous-mêmes et soyez de ceux qui en observent les préceptes.

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Chapitre: 6. "Voyez comme les divers peuples et tribus de la terre ont attendu la venue du Promis ..."

Voyez comme les divers peuples et tribus de la terre ont attendu la venue du Promis de Dieu. Et pourtant, Celui qui est le Soleil de Vérité ne s'était pas plutôt manifesté, que tous, à l'exception de ceux qu'il plut à Dieu de guider, se sont détournés de lui.
Nous n'osons, en ce jour, soulever le voile qui cache l'état sublime que tout vrai croyant peut atteindre, car la joie de cette révélation serait telle que quelques-uns en mourraient.
Celui qui est le coeur et le centre du Bayán a écrit : "Le germe où sont contenues les potentialités de la révélation à venir est doué d'une puissance supérieure aux forces combinées de tous ceux qui me suivent. "
Et il a dit encore : "De tous les hommages que j'ai rendus à celui qui doit venir après moi, le plus grand est ma déclaration, écrite ici, que je ne trouve point de mots pour le décrire convenablement, et que rien de ce que j'ai dit de lui dans mon livre le Bayán ne pourrait rendre justice à sa cause. "
Quiconque a sondé les profondeurs des océans de sagesse cachés dans ces paroles exaltées, et pénétré leur signification, a perçu une lueur de la gloire ineffable dont a été dotée cette puissante, sublime et très sainte révélation.
A l'excellence d'une si grande révélation, on peut imaginer l'honneur qui en rejaillit sur ceux qui s'y sont sincèrement ralliés. Par la justice du seul vrai Dieu ! Le souffle même de ces âmes est à lui seul plus riche que tous les trésors de la terre. Heureux l'homme qui s'est rangé parmi elles et malheur aux négligents !

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Chapitre: 7. "En vérité, je vous le dis, voici le jour où l'humanité peut contempler le visage ..."

En vérité, je vous le dis, voici le jour où l'humanité peut contempler le visage et entendre la voix du Promis de Dieu. L'appel du Tout-Puissant s'est fait entendre et la lumière de son visage s'est levée sur les hommes.
Il convient à chacun d'effacer de la tablette de son coeur toute trace de vaines paroles, et de considérer d'un esprit ouvert et exempt de préjugés les signes de sa révélation, les preuves de sa mission et les signes de sa gloire.
Grand, en vérité, est ce jour! Les allusions qu'y font les saintes Ecritures en tant que jour de Dieu attestent sa grandeur. Les âmes de tous les prophètes et messagers divins ont eu soif de ce jour merveilleux.
Toutes les tribus de la terre ont également soupiré après lui. Mais l'Etoile du Matin de sa révélation ne s'était pas plutôt manifestée dans le ciel de la volonté divine, que tous, à l'exception de ceux qu'il a plu au Tout-Puissant de guider, sont restés interdits et insouciants.
O toi qui as gardé mon souvenir, le plus épais des voiles a tenu à l'écart de sa gloire les peuples de la terre et les a empêchés d'entendre son appel. Dieu veuille que la lumière de l'unité enveloppe la terre entière et que le sceau "le royaume est à Dieu" soit imprimé sur le front de ses habitants !

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Chapitre: 8. "Par la justice de Dieu ! Voici les jours où Dieu met à l'épreuve les coeurs ..."

Par la justice de Dieu ! Voici les jours où Dieu met à l'épreuve les coeurs de toute la milice de ses messagers et de ses prophètes et, par-delà, les coeurs de ceux qui montent la garde autour de son inviolable sanctuaire, des hôtes du pavillon céleste et des habitants du tabernacle de gloire. A quelle épreuve doivent donc être soumis ceux qui s'érigent en partenaires de Dieu !

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Chapitre: 9. "Considère, ô Husayn ! l'impatience avec laquelle certains peuples ..."

Considère, ô Husayn ! l'impatience avec laquelle certains peuples et nations ont attendu le retour de l'Imám Husayn, dont la venue, après l'apparition du Qá'im, a été prophétisée par les élus de Dieu, (exaltée soit sa gloire) ! Ces saints ont, de plus, annoncé que, lorsque se manifesterait Celui qui est l'aube de la multitude des grâces divines, tous les prophètes et messagers, y compris le Qá'im, s'assembleraient à l'ombre de l'étendard sacré que lèverait le Promis de Dieu. Cette heure est venue.
Le monde est illuminé de la gloire resplendissante de son visage. Et cependant voyez comme les peuples se sont écartés de son chemin ! Personne n'a cru en lui, à l'exception de ceux qui ont brisé, par la puissance du Seigneur des noms, les idoles de leurs vaines imaginations et de leurs désirs corrompus et qui sont entrés dans la cité de la certitude.
En ce jour et au nom de l'Etre souverainement indépendant, le sceau a été rompu qui scellait le vin choisi de sa révélation. Les effusions de sa grâce se répandent à flots sur les hommes. Emplis ta coupe et bois au nom du très-Saint, du très-Glorifié.

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Chapitre: 10. "Le temps fixé de toute éternité pour les peuples et tribus de la terre est aujourd'hui venu ..."

Le temps fixé de toute éternité pour les peuples et tribus de la terre est aujourd'hui venu. Les promesses de Dieu enregistrées dans les saintes Ecritures ont toutes été remplies. De Sion est sortie la loi de Dieu, et Jérusalem et ses collines, et la terre qui l'environne sont remplies de la gloire de sa révélation.
Heureux l'homme qui médite en son coeur ce qui a été révélé dans les livres de Dieu, le Protecteur dans le danger, l'Etre subsistant par Lui-même. Méditez-le donc, ô vous, aimés de Dieu, et que vos oreilles soient attentives à sa parole, afin que, par sa grâce et sa miséricorde, vous puissiez boire votre content des eaux cristallines de la fidélité et devenir en sa cause aussi fermes et inébranlables que la montagne.
Il est écrit dans le livre d'Isaïe : "Entre dans les rochers et cache-toi dans la poussière, par crainte du Seigneur et devant l'éclat de sa majesté. " Aucun homme, méditant ce verset, ne peut manquer de reconnaître la grandeur de cette cause ni mettre en doute le caractère de ce jour qui est le jour même de Dieu.
Le dit verset est suivi de ces mots : "Et seul le Seigneur sera exalté en ce jour. " C'est, en effet, le jour que la plume du Très-Haut a glorifié dans tous les livres célestes et dans toutes les saintes Ecritures. On n'y trouve pas un verset qui ne proclame la gloire de son saint Nom, pas un livre qui ne rende témoignage à l'élévation de ce thème sublime. Mais si nous voulions mentionner tout ce qui a été dit dans les livres sacrés et les saintes Ecritures, au sujet de cette révélation, cette tablette prendrait des dimensions trop considérables.
Il incombe, en ce jour, à tout homme de mettre sa confiance dans la multitude des bienfaits de Dieu et de se lever pour répandre, avec la plus grande sagesse, les vérités de sa cause. Alors, mais alors seulement, la terre entière sera enveloppée de la lumière du matin de sa révélation.

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Chapitre: 11. "Gloire à ce jour, ce jour où les parfums de la miséricorde ont été répandus ..."

Gloire à ce jour, ce jour où les parfums de la miséricorde ont été répandus sur toute la création, jour béni, et sans rival dans les siècles passés, où la face de l'Ancien des jours s'est tournée vers son siège sacré.
Alors, les voix de toutes choses créées et, au-dessus d'elles, les voix de l'Assemblée céleste ont crié cet appel: "Hâte-toi, ô Carmel, car voici que, sur toi, s'est levée la lumière du visage de Dieu, le Souverain du royaume des noms, le Modeleur des cieux !" Sur quoi, saisie de joyeux transports et élevant la voix, elle s'est écrié: "Que ma vie te soit offerte en sacrifice parce que tu as fixé ton regard sur moi, parce que tu as répandu sur moi tes bienfaits et dirigé vers moi tes pas !
Je me consumais d'être séparée de toi, ô Source de vie éternelle, et mon éloignement de ta présence avait réduit mon âme en cendres. Loué sois-tu pour avoir permis que j'entende ton appel et m'avoir ainsi honorée de tes pas.
Ranimée par le vivifiant parfum de ton jour, mon âme a tressailli à la voix de ta plume résonnant parmi ton peuple, comme l'appel de ta trompette. L'heure étant venue où devait être manifestée ta foi irrésistible, tu as animé ta plume par un souffle de ton Esprit, et voici qu'aussitôt la création, ébranlée jusqu'en ses fondements, a dévoilé les mystères cachés parmi les trésors de Celui qui est le possesseur de toutes choses créées. "
Et la voix du Carmel n'avait pas plutôt atteint ce lieu sacré que Nous lui répondions : "Rends grâces, ô Carmel, à ton Seigneur. Le feu de ta séparation d'avec moi te consumait en effet rapidement, quand l'océan de ma présence, s'enflant soudain devant toi, est venu réjouir tes yeux et ceux de la création, et remplir de délices toutes choses, tant visibles qu'invisibles.
Rends donc grâces, ô Carmel, et sois dans l'allégresse, car Dieu a, en ce jour, établi sur toi son trône, et a fait de toi l'orient de ses signes et l'aurore des preuves de sa révélation. Heureux qui gravite autour de toi, qui proclame la révélation de ta gloire et rapporte les merveilles de ce que la bonté du Seigneur ton Dieu a fait pleuvoir sur toi.
Prends le calice d'immortalité au nom de ton Seigneur, le très-Glorieux, et rends-Lui grâces pour avoir, en gage de sa miséricorde, changé ta peine en allégresse et mué en joie ton affliction.
Il chérit, en vérité, ce lieu dont Il a fait le siège de son trône que ses pas ont foulé, qu'Il a honoré de sa présence, d'où Il a lancé son appel, et sur lequel ont coulé ses pleurs.
Rassemble tout Sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle: "Celui qui était caché aux yeux des mortels est venu! Sa conquérante souveraineté est aujourd'hui manifeste et son universelle splendeur révélée.
Garde-toi d'hésiter ou de t'arrêter. Hâte-toi de faire le tour de la cité de Dieu descendue du ciel, de la céleste Kaaba autour de laquelle gravitèrent en adoration les favoris de Dieu, ceux qui avaient le coeur pur, et aussi les plus hautes milices célestes. "
Oh! combien il me tarde de pouvoir annoncer sur tous les points du globe et porter à toutes ses cités la joyeuse nouvelle de cette révélation qui a attiré le coeur du Sinaï et au nom de laquelle le buisson ardent s'écrie : "A Dieu, le Seigneur des seigneurs, appartiennent les royaumes du ciel et de la terre. "
En vérité, voici le jour où la terre et la mer se réjouissent d'une telle déclaration, le jour en vue duquel furent mises en réserve toutes ces choses que Dieu, dans sa bonté inconcevable au coeur et à l'esprit humains, a décidé de révéler. Avant peu, Il t'enverra son arche d'alliance et manifestera le peuple de Bahá dont il est parlé dans le Livre des Noms.
Sanctifié soit le Seigneur de tout le genre humain. A la mention de son nom, tous les atomes de la terre sont entrés en vibration et la Langue de Grandeur a été incitée à dévoiler ce qui était enfoui dans sa connaissance et restait caché dans le trésor de son pouvoir. Lui, en vérité, par l'autorité de son nom, le Fort, le Tout-Puissant, le Très-Haut, est le Souverain de tout ce qui est dans les cieux et sur la terre.

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Chapitre: 12. "Ranimez-vous en vue des jours de la justice divine, car voici que l'heure promise ..."

Ranimez-vous en vue des jours de la justice divine, car voici que l'heure promise est venue. Craignez d'en méconnaître l'importance et d'être comptés parmi les égarés.

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Chapitre: 13. "Considérez le passé. Combien, grands et petits, ont de tous temps ..."

Considérez le passé. Combien, grands et petits, ont de tous temps, ardemment souhaité l'avènement des manifestations de Dieu en la personne de ses élus. Tant de fois ils attendirent sa venue, priant que soufflât enfin la brise de la miséricorde divine, que la Beauté promise sortît de derrière les voiles qui la cachaient et fût manifestée au monde. Et toutes les fois que s'ouvrirent les portes de la grâce, que les nuages de la bonté divine plurent sur l'humanité et que la lumière de l'invisible brilla à l'horizon de la puissance céleste, tous le renièrent et se détournèrent de sa face - la face de Dieu Lui-même...
Réfléchissez à ce qui put motiver de semblables actions et à ce qui peut provoquer une telle attitude envers les révélateurs de la beauté du très-Glorieux. La cause du refus et de l'opposition des peuples d'autrefois, quelle qu'elle soit, a maintenant abouti à la perversité des peuples de cette époque. Soutenir qu'elle doit être imputés à l'insuffisance du témoignage providentiel n'est que flagrant blasphème.
Quoi de plus éloigné, en effet, de la bonté de la Providence et de sa tendre miséricorde que de choisir, entre toutes, une âme pour servir de guide à ses créatures, et de lui refuser ensuite la pleine mesure de son divin témoignage, en infligeant, d'autre part, à son peuple, un châtiment sévère pour s'être détourné de son élu.
En fait, la multitude des bienfaits du Seigneur de tous les êtres n'a cessé d'embrasser, par les manifestations mêmes de sa divine essence, la terre et tout ce qu'elle contient. Pas un moment sa grâce n'a été retirée à l'humanité et les torrents de sa tendre bonté n'ont cessé de pleuvoir sur elle.
Une telle conduite ne doit donc être attribuée qu'à la petitesse d'esprit de ceux qui errent dans la vallée de l'arrogance et de l'orgueil, qui se perdent dans les déserts de l'éloignement de Dieu, suivent les chemins de leurs vaines imaginations et obéissent aux aveugles diktats de leurs chefs spirituels. Leur unique souci est de faire de l'opposition, leur seul désir d'ignorer la vérité.
Pour tout observateur clairvoyant, il est évident que si, aux jours de chacune des manifestations du Soleil de Vérité, ces gens avaient purifié leurs yeux, leurs oreilles et leurs coeurs de tout ce qu'ils avaient jusque-là vu, entendu et senti, ils n'auraient certes pas été privés de contempler la beauté de Dieu, et ne se seraient pas écartés des demeures de gloire.
Mais ayant pesé à la balance de leur propre savoir le témoignage de Dieu et l'ayant, faute d'entendement, trouvé en désaccord avec ce qu'ils avaient glané dans les enseignements des chefs de leur foi, ils se sont levés pour commettre des actes si répréhensibles...
Considérez Moïse! Du Sinaï de lumière, armé de la baguette du pouvoir céleste, doté de la blanche main du savoir divin, et s'avançant du Párán de l'amour de Dieu en brandissant le serpent de puissance et d'éternelle majesté, ce prophète rayonna sur le monde. Il appela au royaume de l'éternité tous les peuples et tribus de la terre et les invita à prendre leur part du fruit de l'arbre de la fidélité.
Vous connaissez la furieuse opposition que lui firent Pharaon et son peuple, et comment les mains des infidèles lapidèrent des pierres de leurs vaines imaginations cet Arbre béni. Ils en firent tant que finalement tous les Egyptiens se soulevèrent contre Moïse et s'évertuèrent de toutes leurs forces à éteindre sous les eaux du mensonge le feu de cet Arbre sacré, oubliant que l'eau de la terre ne saurait étouffer les flammes de la sagesse divine, ni les vents du monde éteindre la lampe de l'éternelle souveraineté.
Pour tout dire, une telle eau ne peut qu'attiser les dites flammes, de tels vents ne font qu'assurer la préservation de la lumière, ce que vous verrez en observant avec discernement et en suivant la voie de la volonté et du bon plaisir divins...
Et lorsque les jours de Moïse eurent pris fin et que la lumière de Jésus, brillant à l'orient de l'Esprit, embrassa le monde, tout le peuple d'Israël se souleva contre lui, clamant que Celui dont la Bible avait annoncé l'avènement devait promulguer et accomplir les lois de Moïse, alors que ce jeune Nazaréen, qui revendiquait la qualité de Messie divin, avait annulé la loi du divorce et celle du sabbat, les plus importantes lois de Moïse.
En outre quant à ce qui concerne les signes de la manifestation ultérieure prédite par les Ecritures, ce peuple d'Israël, aujourd'hui, en est encore à les attendre; combien de saintes manifestations, combien de révélateurs de la lumière éternelle sont apparus depuis le temps de Moïse, et cependant Israël, toujours enveloppé des voiles épais de la fantaisie satanique et des trompeuses imaginations, attend encore que l'idole qu'il a lui-même fabriquée apparaisse avec les signes qu'il a conçus.
Ainsi la main de Dieu s'est appesantie sur ce peuple à cause de ses péchés, éteignant en lui l'esprit de la foi et le tourmentant des flammes du feu le plus dévorant. Et cela pour la seule raison qu'Israël avait refusé de comprendre la signification des paroles de la Bible concernant les signes de la révélation qui devait venir.
Et comme les juifs ne comprirent jamais leur véritable signification et que selon les apparences extérieures, les événements annoncés ne se produisirent pas, ils restèrent privés de reconnaître la beauté de Jésus et de contempler en lui la face de Dieu. Et ils attendent toujours sa venue.
De temps immémorial comme ils le font encore aujourd'hui, les peuples et tribus de la terre se sont attachés à de telles imaginations, se privant ainsi des eaux vives qui coulent des fontaines de la pureté et de la sainteté...
Pour ceux qui possèdent le don de compréhension, il paraît clair et évident que, lorsque le feu de l'amour de Jésus eut consumé les voiles qui bornaient la vue des juifs et que son autorité, en partie du moins, s'imposa, lui, le révélateur de la Beauté invisible, s'adressant un jour à ses disciples, leur parla de son passage sur la terre et, allumant dans leur coeur le feu de la privation de sa présence;
"Je m'en vais, leur dit-il, et je vous reviendrai. " Et ailleurs, il leur dit encore : "Je m'en vais et un autre viendra après moi, qui vous dira ce que je ne vous ai pas dit et qui accomplira ce que j'ai dit. " Ces deux propos n'ont qu'une seule et même signification, si vous méditez profondément sur les manifestations de l'unité de Dieu.
Tout observateur pourvu de discernement reconnaîtra que la dispensation du Qur'án a tout ensemble confirmé le livre et la cause de Jésus. Pour ce qui est de la question des noms, Muhammad lui-même a déclaré : "Je suis Jésus. "
Il a reconnu la vérité des signes, prophéties et paroles de Jésus, et attesté qu'ils étaient tous de Dieu. En ce sens, ni la personne de Jésus ni les écrits qu'il inspira ne diffèrent de la personne de Muhammad ni de son saint livre, tous deux s'étant faits les champions de la cause de Dieu, ayant fait sa louange et révélé ses commandements.
C'est ainsi que Jésus, lui-même, a déclaré: "Je m'en vais et je vous reviendrai. " Considérez le soleil. S'il disait aujourd'hui: "Je suis le soleil d'hier", il dirait la vérité. Et si, tenant compte de l'écoulement du temps, il prétendait être autre que ce soleil-là, ce serait toujours la vérité. On peut, de la même façon, avancer aussi exactement que tous les jours ne sont qu'un seul et même jour, et, à la fois, qu'ils diffèrent entre eux puisque, tout en restant les mêmes, chacun a une désignation particulière, un attribut spécifique, un caractère propre.
Considérez de ce même point de vue la diversité et l'unité caractéristique des diverses manifestations de sainteté pour pouvoir comprendre les allusions faites aux mystères de l'unité et de la diversité par le Créateur de tous les noms et attributs, et trouver ainsi vous-mêmes la réponse à votre question sur le point de savoir pourquoi l'éternelle Beauté a elle-même pris, selon le temps, des noms et titres divers...
Quand l'Invisible, l'Eternel, l'Essence divine, fit se lever à l'horizon de la connaissance l'Etoile du Matin de Muhammad, les prêtres juifs, entre autres chicanes, élevèrent contre lui cette objection qu'après Moïse aucun autre prophète ne devait être envoyé par Dieu.
En vérité, il était bien fait mention dans les Ecritures d'une âme qui serait manifestée, qui propagerait la foi et favoriserait les intérêts du peuple de Moïse, de telle manière que la loi mosaïque atteindrait le monde entier.
C'est ainsi que le Roi de gloire éternelle cite, dans son livre, ces paroles prononcées par ceux qui ont erré dans les vallées de l'éloignement et de l'erreur: "La main de Dieu, disent les juifs, est enchaînée. " Qu'enchaînées soient leurs propres mains! Et, pour ces paroles, ils ont été maudis. Au contraire, les deux mains de Dieu sont toujours étendues ! Et encore : "La main de Dieu est au-dessus des leurs. "
Bien que les commentateurs du Qur'án aient diversement rapporté les circonstances dont s'est accompagnée la révélation de ce verset, tu dois t'efforcer d'en saisir la véritable signification. Il dit: "Combien sont erronées les imaginations juives! Comment pourrait être enchaînée et liée la main de Celui qui est en vérité le Roi, Celui qui a manifesté Moïse et l'a revêtu de la robe de prophétie ?
Comment concevoir son impuissance à susciter après Moïse un autre messager ? Vois l'absurdité de leurs propos, combien de telles paroles s'écartent du chemin de la connaissance et de l'entendement ! Et vois aussi comment, en ce jour, tous ces gens ont repris à leur compte de pareilles absurdités!
Depuis plus de mille ans ils vont répétant ce verset, censurant inconsciemment les juifs, et ne se doutant pas le moins du monde qu'ils professent, publiquement et en eux-mêmes, les sentiments et les croyances du peuple juif.
Tu connais sans doute la thèse vaine qu'ils soutiennent, que toute la révélation désormais est close, que sont fermées les portes de la divine miséricorde; que plus jamais aucun soleil ne se lèvera à l'orient d'éternelle sainteté; que l'océan de bonté est tari, et que du tabernacle de l'ancienne gloire, aucun messager de Dieu ne sera plus manifesté. Telle est la mesure de la compréhension de ces méprisables petits esprits.
Ils ont imaginé que le flot de la grâce universelle et de l'immense miséricorde de Dieu avait cessé de couler. Ils ont ceint leurs reins et se sont levés de toutes parts pour éteindre, sous les eaux amères de leurs vaines imaginations, la flamme du buisson ardent, oubliant que dans sa puissante forteresse, le globe de puissance abritera toujours la lampe de Dieu...
Voyez comme aujourd'hui la souveraineté de Muhammad, le messager de Dieu, est apparente et manifeste parmi les masses. Vous savez quel fut, aux premiers jours de sa dispensation, le sort de sa foi, les terribles souffrances qu'infligèrent à cette essence de l'Esprit, à cet être pur et saint, les infidèles et les égarés, les prêtres de son temps et leurs partisans, de quelles épines et de quelles ronces son chemin fut semé!
De toute évidence, cette génération misérable, dans ses imaginations sataniques, tenait pour un moyen d'atteindre à l'éternelle félicité tout dommage qu'elle infligeait à cet Etre immortel.
En effet, les autorités spirituelles officiellement reconnues en cet âge, telles qu'Abdu'lláh-i-Ubayy, Abú-Amir, l'ermite Ka'b-Ibn-i-Ashraf, et Nadr-Ibn-i-Hárith, le traitaient d'imposteur, le déclaraient fou et calomniateur. Telles furent, enfin, les accusations portées contre lui, que Dieu empêche notre plume de se mouvoir, qu'Il défend à l'encre de couler et à la page de les recueillir.
Ces perfides accusations incitèrent les masses à se lever pour le tourmenter. Et l'on peut imaginer la cruauté des tourments qu'elles lui infligèrent, à l'instigation de ces prêtres qui le dénonçaient à leurs partisans, qui le rejetaient de leur sein et le déclaraient mécréant! Mais cela même, au témoignage de tous, n'est-il pas advenu au Serviteur de Dieu qui vous parle ?
Ainsi s'explique ce cri de Muhammad: "Aucun prophète de Dieu n'a souffert ce que Nous avons enduré!" Dans le Qur'án sont rapportées toutes les calomnies et tous les reproches dont il fut l'objet, toutes les afflictions qui l'accablèrent. Reportez-vous-y pour savoir ce qui advint à sa révélation.
Tel fut son sort que, pour un temps, nul n'entretint avec lui ou avec ses compagnons aucun commerce d'aucune sorte. Et quiconque lui était associé tombait victime de l'implacable cruauté de ses ennemis...Mais voyez aussi comme la situation est aujourd'hui retournée! Que nombreux sont les souverains qui plient le genou devant son nom, et nombreuses les nations qui recherchent l'abri de son ombre, proclament leur allégeance à sa foi et s'en font gloire !
De la chaire montent aujourd'hui les paroles de louange qui, dans une humilité profonde, glorifient son nom béni, et du haut des minarets résonne l'appel invitant l'assemblée de son peuple à l'adorer. Les rois mêmes de la terre, qui refusèrent d'embrasser sa foi et de se dépouiller du vêtement de l'incroyance, confessent maintenant et proclament la grandeur et la majesté souveraines de cette Etoile du Matin de bonté et d'amour.
Telle est aujourd'hui sa souveraineté terrestre dont tu peux voir les signes en tous lieux. C'est une souveraineté de cet ordre qui doit être, de toute nécessité, un jour ou l'autre révélée et établie, soit du vivant de chaque manifestation de Dieu, soit après son ascension vers sa demeure véritable, aux royaumes célestes...
Il est évident que les changements apportés par chaque dispensation constituent les sombres nuages qui s'interposent entre l'oeil de l'intelligence humaine et le divin Flambeau qui brille à l'orient de l'Essence divine.
Il faut en effet, considérer que les hommes, de génération en génération, imitent aveuglément leurs pères. Eduqués selon les principes en étroit accord avec les préceptes rigides de leur foi, quand tout à coup ils découvrent qu'un homme qui vit parmi eux et qui est leur égal par rapport à toutes les limites imposées à la condition humaine, se lève pour abolir ces préceptes - dont ils ont été, durant des siècles, instruits à tenir tout négateur pour infidèle et dépravé - ils ne se trouvent guère préparés à reconnaître la vérité apportée par cet homme.
Cette éducation première est comme un nuage qui voile les yeux de ceux dont l'être intime n'a pas goûté au Salsabil du détachement ni bu les eaux du Kawthar de la connaissance de Dieu.
Placés dans les circonstances que nous venons de dire, ces hommes sont si aveuglés qu'ils n'hésitent pas à déclarer infidèle Celui qui est la manifestation de Dieu et à prononcer contre lui la sentence de mort.
Vous avez dû apprendre que pareille chose s'est produite à tous les âges, et vous en êtes aujourd'hui témoins. Il nous convient donc de faire les plus grands efforts pour que, Dieu aidant, ces voiles sombres, ces nuages de l'épreuve envoyés du ciel ne nous empêchent point de contempler la beauté de son resplendissant visage, et que nous puissions le reconnaître au seul signe de sa Personne.

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Chapitre: 14. "Le printemps divin est venu, ô très sublime plume ..."

Le printemps divin est venu, ô très sublime plume, car le festival du Miséricordieux approche à grands pas. Lève-toi donc pour magnifier le nom de Dieu devant la création tout entière, et célébrer sa louange de telle sorte que toutes choses créées en soient régénérées et rénovées. Parle, et ne prends pas de repos.
L'Etoile du Matin de l'allégresse brille à l'horizon de notre nom, le souverainement Heureux, car le royaume du nom de Dieu a été orné de la parure du nom de ton Seigneur, le Créateur des cieux. Armé du pouvoir du plus grand Nom, lève-toi devant les nations de la terre, et ne sois pas de ceux qui hésitent.
Il me semble, ô plume, que tu t'arrêtes de courir sur ma tablette. L'éclat du visage divin t'aurait-il déconcertée, ou les vains discours des incroyants t'auraient-ils à ce point remplie de tristesse, que tes mouvements en soient paralysés.
Garde- toi de permettre à quoi que ce soit de t'empêcher d'exalter la grandeur de ce jour, ce jour où le doigt de majesté et de pouvoir a rompu le sceau qui scellait le vin de la réunion, et appelé tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre.
Voudrais-tu tarder encore, tandis qu'a déjà soufflé sur toi la brise qui annonce le jour de Dieu, ou bien serais-tu de ceux qu'un voile sépare de Lui ?
Je n'ai jamais permis, ô Seigneur de tous les noms et Créateur des cieux, qu'aucun voile m'empêchât de reconnaître les gloires de ton jour - de ce jour qui est la lampe de direction pour le monde entier, et le signe donné par l'Ancien des jours à tous ceux qui l'habitent.
Mon silence a pour cause les voiles qui aveuglent à ton endroit les yeux de tes créatures, et la raison de mon mutisme est dans les obstacles qui empêchent ton peuple de reconnaître ta vérité. Tu sais ce qui est en moi, mais j'ignore ce qui est en toi. Tu es l'Omniscient, Celui qui est informé de tout.
Par ton nom qui surpasse tous les noms ! Si ton ordre irrésistible devait jamais m'être donné, je sens que j'en recevrais le pouvoir de revivifier toutes les âmes par ta parole sublime que j'ai entendu prononcer par la Langue de Puissance, en ton royaume de gloire. Je sens qu'il me rendrait capable d'annoncer la révélation de ton resplendissant visage par lequel tout ce qui était caché aux yeux des hommes a été manifesté en ton nom, toi qui es le Perspicace, le Protecteur souverain, l'Etre subsistant par Lui-même.
Peux-tu, ô plume, trouver, en ce jour, autre que moi ? Qu'est-il advenu de la création et de ses manifestations ? Et les noms et leur royaume, que sont-ils devenus ? Où sont passées toutes les choses créées, tant visibles qu'invisibles ? Et qu'advient-il des secrets cachés de l'univers et de ses révélations ?
Voici donc que la création toute entière s'est évanouie! Il ne reste plus rien que ma face, celle de l'Eternel, le Resplendissant, le très-Glorieux. Voici le jour où plus rien ne peut être vu que la splendeur de la lumière qui rayonne de la face de ton Seigneur, le Clément le Généreux.
En vérité, sur notre ordre irrésistible et souverain, toutes les âmes ont expiré, et Nous avons appelé à l'être une création nouvelle en gage de notre grâce envers les hommes. Je suis en vérité le très-Généreux, l'Ancien des jours.
Voici le jour où le monde invisible s'écrie : "Grande, ô Terre, est ta bénédiction car tu es devenue le marchepied de ton Dieu, et tu as été choisie pour être le siège de son puissant trône", tandis que le royaume de gloire s'exclame: "Puisse ma vie t'être offerte en sacrifice, car Celui qui est le Bien-Aimé du très-Miséricordieux a établi sur toi sa souveraineté par le pouvoir de son nom qui a été promis à toutes choses, tant du passé que de l'avenir. "
Voici le jour où tout ce qui embaume a été imprégné du parfum de mon vêtement, répandu sur toute la création. Voici le jour où les torrents de la vie éternelle ont jailli de la volonté du très-Miséricordieux. De tout votre coeur et de toute votre âme, hâtez-vous, ô Assemblée des royaumes célestes, d'y boire à satiété.
Dis: Il est la manifestation de Celui qui est l'Inconnaissable et l'Invisible, puissiez-vous le comprendre! C'est lui qui a découvert à vos yeux la Gemme cachée, si vous êtes de ceux qui la cherchent. C'est lui qui est le Bien-Aimé de toutes choses, tant du passé que de l'avenir. Puissiez-vous mettre en lui votre coeur et vos espérances !
Ta voix suppliante, ô plume, est montée jusqu'à Nous, et Nous avons pardonné ton silence. Qu'est-ce qui a pu a ce point te troubler ?
L'ivresse de ta présence, ô Bien-Aimé de tous les mondes, s'est emparée de moi et elle m'a possédée.
Lève-toi donc et proclame devant toute la création que Celui qui est le très-Miséricordieux a dirigé ses pas vers le Ridván et qu'il y est entré. Puis, guide le peuple jusqu'au jardin de délices dont Dieu a fait le trône de son paradis. Nous t'avons élue pour être notre très puissante trompette dont l'appel doit annoncer la résurrection de toute l'humanité.
Dis: Voici le paradis dont les frondaisons portent ce témoignage, gravé par le vin de la Parole : "Celui qui était caché aux yeux des hommes est révélé et il est investi du pouvoir et de la souveraineté !"
Voici le paradis dont le bruissement des feuilles proclame: "O vous, habitants du ciel et de la terre, voici que vient d'apparaître ce qui n'était jamais encore apparu. Celui qui, de toute éternité, avait caché sa face à la vue de la création est maintenant venu !" De la brise qui souffle à travers ses branches part le cri: "Celui qui est le souverain Seigneur de toutes choses est aujourd'hui manifesté. Le royaume est à Dieu !"
Et ses ruisseaux, de leur côté, murmurent : "Tous les yeux sont réjouis, car Celui que personne n'avait contemplé, dont nul n'avait encore pénétré le secret, a soulevé le voile de gloire et découvert le visage de beauté !"
Depuis les plus hautes chambres de ce paradis, les célestes houris ont crié: "Réjouissez-vous, habitants des royaumes célestes, car au coeur même des cieux, les doigts de Celui qui est l'Ancien des jours font sonner à toute volée la grande cloche au nom du très-Glorieux. Les mains de la munificence ont passé à la ronde les coupes de vie éternelle. Approchez-vous et buvez votre content avec délice, ô vous qui êtes l'incarnation même d'une ardente attente et d'un désir profond !"
Voici le jour où Celui qui est le révélateur des noms de Dieu est sorti du tabernacle de gloire et a proclamé pour tous ceux qui sont dans le ciel et pour tous ceux qui sont sur la terre : "Rangez les coupes du paradis avec les eaux de vie qu'elles contiennent, car voici que le peuple de Bahá est entré dans la demeure bénie de la Présence divine et a bu au calice de la beauté de son Seigneur, l'Omnipossédant, le Très- Haut, le vin de la réunion !"
Oublie, ô plume, le monde de la création et tourne-toi vers la face de ton Seigneur, le Seigneur de tous les noms. Puis, orne le monde de la parure des faveurs de ton Seigneur, le Roi des jours qui n'ont point de fin. Car Nous percevons l'arôme du jour où Celui qui est le Désir de toutes les nations a répandu sur les royaumes de l'invisible et du visible la splendeur de la lumière de ses noms les plus excellents et les a enveloppés de l'éclat des flambeaux de ses faveurs les plus précieuses, faveurs que seul peut compter Celui qui est l'omnipotent Protecteur de toute la création.
Ne vois les créatures de Dieu que par l'oeil de la bonté et de la miséricorde, car notre tendre providence a pénétré toutes choses créées, et notre grâce, a embrassé et la terre et les cieux.
Voici le jour où les vrais serviteurs de Dieu vont enfin participer aux eaux vives de la réunion, le jour où ceux qui l'approchent vont pouvoir se désaltérer au cours tranquille du fleuve d'immortalité, le jour où ceux qui croient en son unité boiront le vin de sa présence, par la simple reconnaissance de Celui qui est la Fin dernière et la plus haute de toutes, et en qui la Langue de Gloire et de Majesté lance l'appel : "Le royaume est à moi. Je suis, moi, de mon propre droit, son Souverain. "
Attire à toi, par la voix de Celui qui est l'unique Bien- Aimé, les coeurs de tous les hommes. Dis: Voici la voix de Dieu, si vous pouvez l'entendre. Voici l'aurore de la révélation de Dieu, si vous la pouvez voir. Voici l'aube de la cause de Dieu, si vous êtes capable de la reconnaître. Voici la source des commandements de Dieu, si vous pouviez en juger avec équité. Voici le secret manifeste et caché; puissiez-vous le saisir.
O peuples du monde, rejetez en mon nom, qui surpasse tous les autres noms, les choses que vous possédez et plongez-vous dans cet océan dont les profondeurs recèlent les perles de la sagesse et de la parole, et qui se gonfle et s'agite devant vous en mon nom, le Miséricordieux. Ainsi vous instruit Celui qui détient le "livre-mère".
Le Bien-Aimé est venu, tenant dans sa main droite le vin scellé de son nom. Heureux l'homme qui se tourne vers lui, qui boit son content et s'écrie: "Loué sois-tu, ô révélateur des signes de Dieu !"
Par la justice du Tout-Puissant ! Toutes choses cachées sont aujourd'hui révélées par le pouvoir de la vérité. Toutes les faveurs de Dieu ont été envoyées aux hommes en gage de sa grâce, et les eaux de la vie éternelle leur ont été offertes dans leur plénitude. Toutes les coupes, sans aucune exception, sont passées à la ronde par la main même du tout-Puissant. Approche-toi donc et n'hésite pas, ne fût-ce que pour un moment.
Bénis ceux qui, s'élevant sur les ailes de l'abnégation, ont atteint ce glorieux état qui, selon l'ordre de Dieu, fait rentrer dans l'ombre toute la création ! Bénis ceux que les vaines imaginations des savants et toutes les armées de la terre n'ont pu détourner de sa cause!
Lequel parmi vous renoncera au monde pour se rapprocher du Seigneur de tous les noms ? S'en trouvera-t-il un qui, armé du pouvoir de mon nom qui surpasse toutes choses créées, rejettera les biens de ce monde et s'attachera de toutes ses forces à ce que Dieu, qui connaît toutes choses, tant visibles qu'invisibles, lui a prescrit d'observer ?
Ses bienfaits sont descendus sur les hommes, sa promesse est accomplie et son signe luit à l'horizon de la miséricorde. Grande sera la récompense de celui qui, ayant cru, se sera exclamé: "Loué sois-tu, ô Bien-Aimé de tous les mondes! Magnifié soit ton nom, ô toi qui es le désir de tout coeur éclairé !"
Réjouissez-vous, ô peuple de Bahá, d'une joie sans pareille, en évoquant ce jour de suprême félicité où l'Ancien des jours a parlé, alors que, quittant sa demeure, il s'est rendu au lieu sacré d'où Il a répandu sur la création les splendeurs de son nom, le très-Miséricordieux.
Dieu Nous en est témoin. Si nous révélions les secrets de ce jour, tous les habitants du ciel et de la terre défailliraient et mourraient à l'exception de ceux que préserverait Dieu, le Tout-Puissant, l'Omniscient, le très-Sage.
Tel est l'effet enivrant des paroles de Dieu sur Celui qui est le révélateur de ses preuves indubitables, que sa plume ne peut plus se mouvoir. C'est par ces mots qu'il conclut sa tablette : "Il n'y a d'autre Dieu que moi, le très-Sublime, le très-Puissant, le très-Excellent, l'Omniscient !"

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Chapitre: 15. "La plume de révélation s'écrie: En ce jour, le royaume est à Dieu ! ..."

La plume de révélation s'écrie: "En ce jour, le royaume est à Dieu !" Et la Langue de Pouvoir proclame : "En toute vérité, la souveraineté est en ce jour à Dieu. " Cependant que, de la branche immortelle, le Phénix des royaumes célestes s'écrie à son tour : "La gloire de toute grandeur appartient à Dieu, l'Incomparable, l'Irrésistible!" Et de son bosquet béni, dans le paradis immortel, la Colombe mystique roucoule: "C'est en Dieu, l'Unique, le Clément, que se trouve en ce jour, la source de toute bonté !" Et dans sa retraite sainte, l'Oiseau du trône module: "L'autorité suprême ne doit être en ce jour attribuée qu'à Dieu, Celui qui n'a ni pair ni égal, qui est le Tout-Puissant, l'Omniconquérant!"
Toutes choses, dans leur plus pure essence, attestent: "Tout pardon en ce jour vient de Dieu, Celui à qui personne ne peut être comparé, à qui nul partenaire ne peut être associé, qui est le souverain Protecteur de tous les hommes et qui ne dévoile pas les péchés !"
Voici que, descendant de sommets qu'aucune plume ni aucune langue ne sauraient décrire, la voix de la Quintessence de Gloire s'élève au-dessus de ma tête : "Dieu m'en est témoin, dit-elle ! L'Ancien des jours éternels est venu, ceint de puissance et de majesté. Il n'y a d'autre Dieu que Lui, le très-Glorieux, le Tout-Puissant, le Très-Haut, le très-Sage, Celui qui pénètre et qui voit toutes choses, l'Omniscient, le Protecteur souverain, la Source d'éternelle lumière !"
O mon serviteur, qui as cherché en toutes choses le bon plaisir de Dieu et qui s'est attaché à son amour, au jour où tous, à l'exception d'un petit nombre doués de clairvoyance, se détournaient de Lui! Puisse Dieu, par sa grâce, te récompenser d'une généreuse, incorruptible et éternelle récompense, pour l'avoir ainsi cherché alors que les yeux étaient aveuglés!
Sache que si Nous te révélions seulement quelques gouttes des averses de malice et d'envie qui sur l'ordre de Dieu se sont abattues sur Nous, des mains de nos ennemis, tu éclaterais en longs sanglots et tu plaindrais jour et nuit notre sort.
Oh! puisse un homme se trouver, à l'âme droite et perspicace, qui reconnaisse en cette révélation les merveilles qui proclament la souveraineté de Dieu et la grandeur de sa puissance! Et puisse cet homme se lever et exhorter ses semblables, tant publiquement que dans l'intimité, à venir à l'aide de cet Opprimé que les artisans d'iniquité ont si cruellement affligé.
Mais voici que je crois entendre derrière moi la voix de l'Esprit saint: "Change de ton, me dit-elle, et varie un peu ton thème, de peur d'attrister le coeur de celui qui a fixé ses regards sur ta face.
Dis: Par la grâce de Dieu et par sa puissance, je n'ai cherché dans le passé d'autre appui que le sien et je n'en chercherai jamais d'autre. C'est Lui qui m'a assisté du pouvoir de la vérité aux jours de mon bannissement en la terre d'Iraq. C'est Lui dont la protection m'a enveloppé quand les enfants de la terre disputaient avec moi. C'est Lui qui a permis que je quitte la ville, ceint d'une majesté que seuls les pervers et les négateurs systématiques peuvent manquer de reconnaître. "
Dis: Mon armée est mon abandon à Dieu, et mon peuple est la force de la confiance que je Lui garde. Mon amour est mon étendard, et mon fidèle compagnon le souvenir de Dieu, le souverain Seigneur de tous, le Tout-Puissant, le très-Glorieux, l'Inconditionné!
O toi qui chemines dans le sentier de l'amour de Dieu, lève-toi pour soutenir sa cause.
Dis: Ni pour les vanités du monde ni pour les délices du ciel, ne sacrifiez cet Adolescent. Par la justice du seul vrai Dieu, un seul de ses cheveux a plus de valeur que tout ce qui est dans les cieux et que tout ce qui est sur la terre. Gardez-vous ô hommes, de la tentation de vous séparer de lui pour garder l'or et l'argent que vous possédez. Que son nom soit pour vos âmes une réserve inépuisable de trésors pour le jour où rien d'autre que lui ne vous saurait profiter, le jour où tout pilier sera ébranlé, où toute chair frissonnera, où tous les yeux se dilateront de terreur.
Dis : O peuples ! Craignez Dieu, ne vous détournez pas avec dédain de sa révélation mais, au contraire, prosternés devant Lui, la face contre terre, ne cessez, ni jour ni nuit, de célébrer sa louange.
Que ton âme brille de la flamme de ce feu qui brûle au coeur du monde sans jamais se consumer, de telle sorte que toutes les eaux de l'univers se trouvent impuissantes à en refroidir l'ardeur. Alors, par ta parole, quand tu les entretiendras de ton Seigneur, les nonchalants parmi nos serviteurs seront utilement admonestés, et ceux qui ont le coeur droit grandement réjouis.

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Chapitre: 16. "Dis: O hommes! Ce jour est sans égal ..."

Dis: O hommes! Ce jour est sans égal. Que soit aussi sans égale ta langue qui célèbre la louange du Désiré des nations et incomparables les actes accomplis pour lui être agréable.
Toute la race humaine a désiré ardemment voir ce jour, dans l'espoir qu'il apporterait ce qui convenait à sa condition et à sa haute destinée.
Béni l'homme que les affaires du monde n'ont pu empêcher de reconnaître celui qui est le Seigneur de toutes choses ! Tel est l'aveuglement du coeur humain, que ni la vue de la cité écroulée et de la montagne réduite en poussière, ni même celle de la terre fendue de toutes parts, ne pourraient secouer sa torpeur.
Les allusions des Ecritures à ce jour ont été expliquées, les signes qu'elles en ont donnés pleinement éclaircis, et le cri prophétique n'a cessé de s'élever. Et pourtant, à l'exception de ceux qu'il a plu à Dieu de guider, tous restent plongés dans l'ivresse de leur insouciance.
Voyez comme le monde est affligé chaque jour d'une calamité nouvelle. Ses tribulations ne cessent de s'aggraver. Depuis la révélation de la Súriy-i-Ra'is (La Tablette à Ra'is) jusqu'aujourd'hui, les peuples n'ont point connu de repos, soit qu'ils aient été troublés par les dissensions intestines ou qu'ils aient été victimes de guerres ou de maladies invétérées; leur état devient presque désespéré du fait qu'on empêche le vrai médecin d'administrer le bon remède, cependant que des praticiens incapables ont toute liberté d'agir et jouissent de la faveur publique...
La poussière de la sédition a obscurci le coeur des hommes et aveuglé leurs yeux. Mais ils éprouveront avant peu les conséquences de ce que leurs mains auront accompli au jour du Seigneur. Ainsi vous avertit, par ordre du Tout-Puissant, Celui qui a connaissance de toutes choses.

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Chapitre: 17. "Par Celui qui est le grand Annonciateur! ..."

Par Celui qui est le grand Annonciateur! le très-Miséricordieux est venu, investi d'une souveraineté manifeste. Tous les habitants de la terre ont été rassemblés, et la balance où tous seront pesés a été installée. La trompette du jugement a retenti, et voici que tous les yeux se sont dilatés de terreur, les coeurs de tous ceux qui sont sur la terre et dans les cieux ont tremblé, exception faite pour ceux qui, animés du souffle des versets de Dieu, se sont détachés de toutes choses. C'est le jour où la terre donnera de ses nouvelles. Les artisans d'iniquité sont le fardeau qui pèse sur elle, puissiez-vous le comprendre. La lune des vaines imaginations s'est fendue, et du ciel s'est élevée une fumée palpable.
Nous voyons les hommes terrassés, terrifiés de la crainte de ton Seigneur, le Tout-Puissant. Le cri du grand Crieur s'est fait entendre, et telle est la fureur de sa colère, que tous les hommes prennent la fuite.
Ceux qui sont à sa gauche gémissent et se lamentent, tandis que ceux qui se tiennent à sa droite occupent de nobles demeures et reçoivent des mains du très-Miséricordieux le vin qui est la vie véritable. Ceux-là, en vérité, sont les bénis de Dieu.
La terre a tremblé, et les montagnes se sont écroulées et les anges, formés en rangs serrés sont apparus devant Nous.
Surpris en leur ivresse, déconcertés, interdits, les hommes portent sur leur visage les signes de la colère. Ainsi avons-Nous rassemblé les artisans d'iniquité! Nous les voyons se précipiter vers leur idole.
Dis: Nul en ce jour ne sera à l'abri du décret de Dieu. Et c'est, en vérité, un jour terrible. Nous leur désignons ceux qui les ont égarés. Ils les voient et ne les reconnaissent point. Leurs yeux sont égarés, ils sont vraiment aveugles. Pour toute preuve, ils ont proféré des calomnies; celles-ci sont blâmées par Dieu, le Protecteur dans le danger, l'Etre subsistant par Lui-même.
Le Malin a excité la perversité de leur coeur, et ils sont affligés d'un tourment qu'aucun d'eux ne peut éloigner. Ils se hâtent vers les méchants, portant le registre des artisans d'iniquité. Telles sont leurs oeuvres.
Dis : Les cieux ont été repliés, Il tient la terre dans sa main ; les artisans de corruption ont été retenus par leurs cheveux et ils ne comprennent toujours rien. Ils s'abreuvent aux sources corrompues et ils ne s'en rendent pas compte.
Dis: L'appel a retenti, et les morts sortis de leurs tombeaux regardent autour d'eux. Quelques-uns se hâtent d'atteindre la cour du Dieu de miséricorde, d'autres tombent sur leurs faces dans le feu de l'enfer, tandis que d'autres restent frappés de stupeur.
Les versets de Dieu ont été révélés, et cependant ils s'en sont détournés. Sa preuve a été manifestée, et ils ne s'en sont pas aperçus. Et quand, en leurs misérables divertissements, ils contemplent le visage de Dieu, leurs propres visages sont attristés. Ils se hâtent vers le feu de l'enfer, le prenant pour la lumière. Ah! combien sont loin de Dieu leurs folles imaginations !
Dis : Que vous vous réjouissiez ou que vous éclatiez de colère, les cieux se sont ouverts, et Dieu en est descendu, investi d'une éclatante souveraineté. Et toutes choses créées s'écrient: "Le royaume est à Dieu, le Tout-puissant, l'Omniscient, le très-Sage !"
Sache, de plus, qu'en conséquence de ce qu'ont ouvré les mains des infidèles, Nous avons été jeté dans une misérable prison, et que Nous sommes entourés des armées de la tyrannie. Telle est, cependant, l'allégresse qu'a goûtée cet Adolescent, qu'il n'est pas de joie terrestre qui puisse lui être comparée.
Par Dieu! le mal qu'il a souffert aux mains de l'agresseur ne peut pas plus affliger son coeur que ne le peut attrister le triomphe de ceux qui ont rejeté sa vérité.
Dis: La tribulation est pour ma révélation un horizon magnifique, l'Etoile du Matin de la grâce y brille, y répandant une lumière que ne peuvent obscurcir les nuages des futiles chimères des hommes ni des vaines imaginations de l'agresseur.
Suis les pas de ton Seigneur, et souviens-toi de ses serviteurs comme il s'est souvenu de toi, sans redouter la clameur des négligents ni les épées de l'ennemi...Répands au loin les doux parfums de ton Seigneur et n'hésite pas, fût-ce un seul instant à servir sa cause. Le jour approche où sera proclamée la victoire de ton Seigneur, le Clément, le très-Généreux.

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Chapitre: 18. "Dis: Nous avons fait couler de notre trône les fleuves de la parole divine ..."

Dis: Nous avons fait couler de notre trône les fleuves de la parole divine, afin que les herbes tendres de la sagesse et de la compréhension puissent jaillir du sol de vos coeurs. N'en aurez-vous aucune gratitude ?
Ceux qui dédaignent d'adorer leur Seigneur seront au nombre des réprouvés. Nos versets ont beau leur être répétés, ils persistent dans leur orgueilleux dédain et leur monstrueuse violation de sa loi, et ils ne le savent pas. Quant à ceux qui ont refusé de croire en Lui, ils seront enveloppés d'une noire fumée.
L'Heure s'est abattue sur eux, tandis qu'ils se livraient à leurs divertissements. Ils ont été saisis par les cheveux et ils ne le savent pas. Ce qui devait arriver est venu soudainement; voyez comme ils le fuient ! L'inévitable s'est produit, voyez comme ils lui tournent le dos ! C'est le jour où tout homme se fuira lui-même et fuira par conséquent les siens encore davantage, puissiez-vous le comprendre !
Dis: Par Dieu: la trompette a retenti et voici que l'humanité tout entière a défailli devant Nous. Le Héraut a crié, et le Préposé aux convocations, élevant la voix, a dit: "Le royaume est à Dieu, le Tout-Puissant, le Protecteur dans le danger, L'Etre subsistant par Lui-même. "
Voici le jour où, exception faite pour ceux qu'il a plu au Seigneur, L'Omniscient, le très-Sage, de délivrer, tous les yeux seront remplis de terreur et où tous les coeurs de la terre trembleront. Et toujours exception faite pour ceux à qui Dieu a donné un coeur rayonnant, tous les visages se sont assombris. Egarés sont les yeux de ces hommes qui ont ouvertement refusé de contempler la face de Dieu, le très-Glorieux, le Loué.
Dis: N'avez-vous point encore parcouru le Qur'án ? Lisez le, afin d'y trouver la Vérité, car ce livre est vraiment le droit chemin. C'est la voie même de Dieu pour tous ceux qui sont aux cieux et tous ceux qui sont sur terre.
A défaut du Qur'án, le Bayán est à votre portée. Voici qu'il est ouvert devant vos yeux. Lisez ses versets, afin de n'être pas tentés de commettre ce qui ferait gémir et se lamenter les messagers de Dieu.
Hâtez-vous de sortir de vos sépulcres. Combien de temps encore resterez-vous endormis ? Le second coup de trompette a été donné. Que regardez-vous ? Voici votre Seigneur, le Dieu de miséricorde. Que faites-vous de ses signes ? La terre a été ébranlée par une grande secousse et elle rejette ses fardeaux. Ne l'admettrez-vous pas ?
Dis: Ne reconnaîtrez-vous pas que les montagnes sont devenues semblables à des flocons de laine, qu'un profond désarroi s'est emparé des hommes devant la terrible majesté de la cause de Dieu ? Voyez: leurs maisons ne sont plus que des ruines vides, et eux-mêmes représentent une armée en déroute !
Voici le jour où le très-Miséricordieux est descendu du ciel, enveloppé des nuées de la connaissance et revêtu d'une souveraineté manifeste. Il connaît bien les actions des hommes. Il est Celui dont nul ne peut méconnaître la gloire, puissiez-vous le comprendre! Le ciel de toute religion est déchiré, et fendue en deux, la terre de l'humaine compréhension, et l'on voit descendre les anges de Dieu.
Dis: Voici le jour du mensonge et de l'hypocrisie; où donc fuyez-vous ? Les montagnes se sont effondrées, et les cieux se sont repliés et la terre entière reste sous son étreinte, si vous le pouvez comprendre. Qui peut vous protéger ? Personne, par Celui qui est le Miséricordieux ! Personne, excepté Dieu, le Tout-Puissant, le très-Glorieux le Bénéfique !
Toute femme enceinte s'est délivrée de son fardeau. Nous voyons les hommes ivres en ce jour, le jour où hommes et anges ont été réunis.
Dis: Gardez-vous quelques doutes touchant Dieu ? Voyez comme Il est descendu du ciel de sa grâce, ceint de puissance et investi de souveraineté. Doutez-vous encore de ses signes ? Ouvrez les yeux et considérez son évidence manifeste.
Le paradis est à votre droite, tout près de vous, cependant que brûle le feu de l'enfer. Voyez ses flammes dévorantes. Hâtez vous donc d'entrer au paradis, qui vous est offert en gage de notre miséricorde, et recevez des mains du très Miséricordieux le vin qui, en vérité, est la vie.
Buvez, ô peuple de Bahá, avec délices ! Vous êtes de ceux qui ont la bonne part, la part réservée à ceux qui approchent Dieu, la part de ces eaux vives qui ont été promises dans le Qur'án et plus tard dans le Bayán, en récompense accordée par votre Seigneur, le Dieu de miséricorde. Bénis ceux qui en boivent !
O mon serviteur, qui as tourné vers moi ta face! Rends grâces à Dieu qui a permis que, de cette prison, cette tablette te parvienne, pour que tu puisses rappeler au peuple les jours de ton Seigneur, le très-Glorieux, l'Informé.
Ainsi avons-Nous établi pour toi, par les eaux de notre sagesse et de nos paroles, les fondements de ta croyance. Ce sont, en vérité, les eaux sur lesquelles le trône de ton Seigneur a été élevé. "Son trône a été établi sur les eaux. " Réfléchis à ces paroles afin d'en comprendre la signification. Dis: Louange à Dieu, le Seigneur de tous les mondes !

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Chapitre: 19. "Pour tout coeur éclairé, il est évident que Dieu ..."

Pour tout coeur éclairé, il est évident que Dieu, l'Essence inconnaissable, L'Etre divin, est immensément exalté au-dessus de tout attribut humain, tel qu'existence corporelle et faculté de monter et de descendre, d'entrer et de sortir.
Il serait tout à fait incompatible avec sa gloire que le langage des hommes pût adéquatement célébrer sa louange, ou que le coeur humain fut capable de pénétrer son insondable mystère. Il est et a toujours été voilé dans l'éternité de son Essence, et il restera éternellement caché aux yeux des hommes. "Nul regard ne peut le saisir, mais Lui saisit tout; Il est le Subtil, Celui qui perçoit tout.
La porte de toute connaissance de l'Ancien des jours se trouvant ainsi fermée à la face de tous les êtres, fidèle à la promesse qu'Il a donnée par ces paroles: "Sa grâce a surpassé toutes choses, ma grâce les a toutes embrassées".
Celui qui est la Source de grâce infinie a fait surgir du royaume de l'esprit, sous la forme du temple humain, ces gemmes lumineuses de sainteté, et Il les a manifestées aux hommes, pour qu'elles puissent communiquer au monde les mystères de l'Etre immuable et lui expliquer les subtilités de son impérissable Essence.
Ces purs miroirs, ces aurores de l'ancienne gloire sont, tous sans exception, les représentants sur la terre de Celui qui est l'Orbe central de l'univers, qui en représente l'Essence et la Fin dernière. De Lui procèdent leur science et leur puissance; de Lui procède leur souveraineté.
La beauté de leur visage n'est qu'un reflet de son image, et leur révélation n'est qu'un signe de sa gloire immortelle. Ils sont les dépositaires de la science divine et de la céleste sagesse. Par eux est transmise une grâce infinie et révélée une lumière qui ne saurait faiblir...
Ces tabernacles de sainteté, ces miroirs Premiers qui reflètent la lumière d'impérissable gloire ne sont que des expressions de Celui qui est l'Invisible des invisibles. Par la révélation de ces gemmes de vertu divine, tous les noms et attributs de Dieu, tels que savoir et pouvoir, souveraineté et puissance, miséricorde et sagesse, gloire, grâce, bonté sont manifestés. Ces attributs de Dieu ne sont et n'ont jamais été accordés à certains prophètes, à l'exclusion des autres.
Tous les prophètes de Dieu, ses favoris, ses élus, ses messagers, sans aucune exception, portent ses noms et incarnent ses attributs. Ils ne diffèrent entre eux que par l'intensité de leur révélation et la puissance relative de leur lumière. Ainsi qu'il a été révélé: "Nous avons permis que quelques apôtres se distinguent parmi les autres. "
Il est ainsi devenu manifeste et évident que la lumière des noms multiples de Dieu et de ses sublimes attributs s'est reflétée dans les tabernacles que sont ces prophètes et ces élus, encore que la clarté de certains des attributs de ces temples lumineux puisse n'être pas extérieurement révélée aux yeux humains.
Que tel attribut de Dieu n'ait pas été extérieurement manifesté par ces essences de détachement n'implique nullement que ceux qui sont les aurores des attributs de Dieu et les dépositaires de ses saints noms ne le possédaient pas. Ces âmes illuminées, ces figures de beauté ont donc, toutes sans exception, reçu en partage tous les attributs de Dieu tels que: souveraineté, pouvoir et qualités semblables, même si elles semblent dépourvues, selon les apparences extérieures, de toute majesté terrestre...

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Chapitre: 20. "Sache, à n'en point douter, que l'invisible ne peut en aucune façon incarner ..."

Sache, à n'en point douter, que l'invisible ne peut en aucune façon incarner son Essence et la révéler aux hommes. Il est et restera toujours infiniment au-dessus de tout ce qui peut être perçu et exprimé.
De sa retraite de gloire, sa voix toujours proclame: "En vérité, je suis Dieu, et il n'y a pas d'autre Dieu que moi, L'Omniscient, le très-Sage. Je me suis manifesté aux hommes, et je leur ai envoyé Celui qui est l'aurore des signes de ma révélation. Par lui, j'ai fait attester à toute la création qu'il n'y a d'autre Dieu que Dieu, L'Incomparable, L'Omniscient, le très-Sage. "
Celui qui, de toute éternité, est resté caché aux yeux des hommes ne peut être connu que par sa manifestation, et sa manifestation ne peut apporter de plus grande preuve de la vérité de sa mission que la preuve qu'en apporte sa personne elle-même.

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Chapitre: 21. "O Salmán ! la porte de la connaissance de l'Eternel a toujours été ..."

O Salmán ! la porte de la connaissance de l'Eternel a toujours été et restera à jamais fermée à la face des hommes Aucune intelligence humaine n'accédera jamais en sa sainte cour.
Toutefois, en gage de sa miséricorde et en signe de sa tendre bonté, Il a manifesté aux hommes les étoiles du matin de sa direction divine, les symboles de sa divine unité, et Il a voulu que la science de ces êtres sanctifiés soit identique à sa propre science.
Qui les reconnaît a reconnu Dieu. Qui écoute leur voix, écoute la voix même de Dieu, et qui atteste la vérité de leur révélation, atteste la vérité de Dieu Lui-même. De même, quiconque se détourne d'eux s'est détourné de Dieu, et quiconque n'a pas cru en eux a refusé de croire en Dieu.
Chacun d'eux est la voie divine qui relie ce monde aux royaumes d'en haut. Chacun d'eux est l'Etendard et la Vérité de Dieu pour tous les habitants du ciel et de la terre. Ils sont les manifestations de Dieu parmi les hommes, les preuves de sa vérité et les signes de sa gloire.

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Chapitre: 22. "C'est en tant qu'interprètes d'une cause nouvelle et révélateurs d'un nouveau message ..."

C'est en tant qu'interprètes d'une cause nouvelle et révélateurs d'un nouveau message que les dépositaires de la parole de Dieu sont manifestés aux peuples de la terre.
Et comme ils ont été envoyés du ciel de la volonté de Dieu pour proclamer sa foi irrésistible, ces oiseaux du trône céleste ne font qu'une seule et même personne. Car tous boivent à la même coupe de l'amour divin et tous ont part aux fruits du même arbre d'unité.
Il y a deux façons de considérer les manifestations de Dieu. La première consiste à envisager leur condition abstraite, pure, la condition de l'unité incomparable. A cet égard, si tu les désignes tous du même nom et que tu leur assignes les mêmes attributs, tu ne t'écartes pas de la vérité.
Ainsi qu'il a été révélé: "Nous ne faisons aucune distinction entre ses divers messagers. " Car tous et chacun enjoignent aux hommes de reconnaître l'unité de Dieu et leur annoncent le Kawthar d'une grâce et d'une bonté infinies. Ils sont tous revêtus de la robe de prophétie et parés du manteau de gloire.
C'est ainsi que Muhammad, le Point du Qur'án, a révélé: "Je suis tous les prophètes. " Et de même: "Je suis le premier Adam, Noé, Moïse, et Jésus. " L'Imám Ali a parlé de la même manière.
De telles déclarations, montrant l'essentielle unité de ces interprètes de la cause du Dieu Un ont aussi émané des sources de la parole immortelle de Dieu et des dépositaires des gemmes de la science divine, et elles sont rapportées dans les Ecritures.
Ces Figures sont les vases d'élection du commandement divin et les aurores de sa révélation, qui s'élève au-dessus des voiles de la pluralité et des exigences du nombre. C'est ainsi qu'Il a dit: "Notre cause n'est qu'une seule et même cause. "
La cause étant une, il s'ensuit que ceux qui en sont les interprètes ne font qu'une seule et même personne. Les Imáms de la foi de Muhammad, ces lampes de certitude, ont dit aussi: "Muhammad est notre premier, Muhammad est notre dernier, Muhammad est notre tout. " Il t'est ainsi rendu clair que tous les prophètes sont les temples de la cause de Dieu apparus sous des aspects différents.
Si tu observes avec discernement, tu reconnaîtras qu'ils habitent tous le même tabernacle, qu'ils planent dans le même ciel, qu'ils siègent sur le même trône, qu'ils parlent le même langage et proclament la même foi. Telle est l'unité des ces essences de l'existence, de ces astres d'infinie et incommensurable splendeur!
En conséquence, si quelqu'une de ces essences de l'existence, de ces astres d'infinie et in-retour de tous les prophètes, elle dirait sans aucun doute la vérité. De même, dans chaque révélation qui suit, le retour de la révélation précédente est un fait dont la vérité est fermement établie...
L'autre aspect du prophète est celui de sa condition particulière. Il appartient au monde de la création et de ce fait, est soumis à des limites. A cet égard, chaque manifestation de Dieu a une individualité distincte, une mission définie avec précision, une révélation spécialement prédestinée et des limites qui lui sont propres.
Chacune d'elles est désignée d'un nom différent et caractérisée par un attribut spécial. Chacune d'elles remplit une mission définie et a la charge d'une révélation particulière. Ainsi qu'Il l'a dit: "Nous avons voulu que, parmi les apôtres, certains soient plus éminents que d'autres". A quelques-uns, Dieu a parlé. Il en a exalté d'autres. Et à Jésus, fils de Marie, Nous avons donné des signes manifestes, et Nous l'avons fortifié du Saint-Esprit.
C'est à cause de cette différence de rang et de mission que les paroles qui coulent de ces sources de science divine semblent diverger et différer. Autrement, aux yeux de ceux qui sont initiés aux mystères de la sagesse divine, tout ce que disent les divers prophètes n'est que l'expression d'une même vérité.
C'est faute de saisir les différences dont Nous venons de parler que la plupart des gens restent perplexes et troublés devant les propos tenus par les manifestations qui, en leur essence, n'en forment qu'une. Il est évident que ces divergences sont dues uniquement à des différences de rang.
Ainsi si l'on considère ces essences de l'existence du point de vue de leur unité et de leur sublime détachement, les attributs de Dieu: la divinité, l'unité suprême et l'essence intime leur ont été et leur sont applicables, puisqu'elles sont établies sur le trône de la révélation divine, dans le séjour du divin mystère.
A travers elles, la révélation de Dieu est rendue manifeste, et en leur personne, la beauté de Dieu est dévoilée. C'est ainsi que les accents de la voix de Dieu Lui-même se font entendre par la bouche de ces manifestations de l'Essence divine.
A les considérer sous leur second aspect, - celui de la distinction, de la différenciation, des limites temporelles, des caractéristiques particulières et des degrés divers - on voit qu'elles manifestent une absolue servitude, un entier dénuement et un complet effacement de soi. Ainsi qu'il l'a dit: "Je suis le serviteur de Dieu. Je ne suis qu'un homme comme vous. "
Si quelqu'une de ces manifestations de Dieu embrassant toutes choses venait à déclarer: "Je suis Dieu", elle dirait sans aucun doute la vérité. Car il a été démontré à plusieurs reprises que, par leur révélation, leurs attributs et leurs noms, c'est la révélation même de Dieu, ses noms et ses attributs qui sont manifestés au monde.
C'est ainsi qu'Il a révélé: "Ces traits partent de Dieu, non de toi. " Et il a dit aussi: "En vérité, ceux qui t'engagent leur foi l'engagent à Dieu Lui-même. " Et si l'un d'eux disait: "Je suis le messager de Dieu", il dirait encore, indubitablement, la vérité. Ainsi qu'il l'a déclaré: "Muhammad n'est le père d'aucun de vous, mais il est le messager de Dieu". Considérés sous ce jour, ils ne sont que les messagers de ce Roi idéal, de cette immuable Essence.
Et si chacun proclamait: "Je suis le sceau des prophètes", ils ne diraient tous, sans l'ombre d'aucun doute, que la pure vérité. Car ils ne font qu'une seule personne, une seule âme, un seul esprit, un seul être, une seule révélation.
Ils sont tous la manifestation du "Commencement" et de la "Fin", du "Premier" et du "Dernier", du "Visible" et de l' "Invisible" - tous attributs qui appartiennent à Celui qui est le plus profond Esprit des esprits et l'éternelle Essence des essences.
Et s'ils disaient: "Nous sommes les serviteurs de Dieu", ils énonceraient encore un fait manifeste et indiscutable. Car c'est dans l'état de la plus absolue servitude qu'ils ont été manifestés, une servitude qu'aucun homme ne peut atteindre.
Ainsi, lorsque ces essences de l'existence étaient plongées au fond des océans de l'éternelle sainteté ou lorsqu'elles planaient aux plus hauts sommets des mystères divins, elles proclamaient hautement que c'était la voix de la Divinité, l'appel de Dieu Lui-même qui se faisait entendre par leur bouche.
Si l'on voulait ouvrir l'oeil du discernement, on reconnaîtrait que, même dans cette condition sublime, elles se sont toujours tenues parfaitement effacées, se regardant elles-mêmes comme non-existantes devant la face de Celui qui est l'Omnipénétrant, l'Incorruptible.
Il semble même qu'elles se soient considérées comme de purs néants et qu'elles aient jugé blasphématoire la mention de leur nom dans ces parvis célestes, car la plus faible mention de soi-même, dans ces régions sublimes, paraît impliquer la reconnaissance d'une existence propre, indépendante. Une telle idée est, aux yeux de ceux-là mêmes qui ont pénétré dans cette cour céleste, une grave transgression.
Combien plus grave serait-il donc que quoi que ce soit d'autre soit mentionné en cette Présence, que le coeur de l'homme, que sa langue, son esprit ou son âme aient souci de quelqu'un d'autre que le Bien-Aimé, que ses yeux contemplent un autre visage que celui de sa beauté, que ses oreilles se tendent vers une autre mélodie que celle de sa voix et que ses pieds foulent un autre sentier que son sentier...
En vertu de ce rang, les manifestations ont revendiqué pour elles-mêmes la voix de la Divinité, tandis qu'en vertu de leur rang d'annonciateurs, elles se sont déclarées les messagers de Dieu. Dans tous les cas, elles ont prononcé des paroles qui répondaient aux besoins particuliers du moment, et toutes leurs déclarations relatives au royaume de la révélation et au domaine de la Divinité, aussi bien qu'au royaume de la création et au domaine de l'existence terrestre, elles en ont assumé l'entière paternité.
Ainsi, quelles qu'aient été leurs paroles, qu'elles appartiennent au royaume de la divinité, de la souveraineté, de la prophétie, qu'elles concernent le messager, le gardien, l'apôtre ou le serviteur, tout cela est vrai sans l'ombre d'un doute.
En conséquence, les citations que Nous avons faites à l'appui de notre thèse doivent être attentivement considérées, afin que les divergences que présentent dans leurs messages les manifestations de l'Invisible et les aurores de la sainteté cessent d'agiter les âmes et de porter le trouble dans les esprits.

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Chapitre: 23. "Considère les générations qui nous ont précédés ..."

Considère les générations qui nous ont précédés. Voici comment, chaque fois que l'Etoile du Matin de la bonté divine a répandu sur le monde la lumière de sa révélation, ceux de son jour se sont levés contre Lui et ont répudié sa vérité.
Ceux qui étaient censés diriger les hommes se sont invariablement efforcés de les empêcher de se tourner vers Celui qui est l'océan de la bonté sans limites. Vois comment le peuple, obéissant au verdict prononcé par les prêtres de son époque, a jeté au feu Abraham, l'Ami de Dieu; comment Moïse, qui conversait avec le Tout-Puissant, fut dénoncé comme imposteur et calomniateur; comment Jésus, L'Esprit de Dieu, fut traité par ses ennemis, en dépit de sa douceur ineffable et de sa parfaite tendresse de coeur.
Si violente était l'opposition à laquelle il dut faire face, qu'il n'avait, lui, l'essence de l'être et le Seigneur du visible et de l'invisible, nulle place où reposer sa tête. Il ne cessa d'errer de place en place, sans demeure permanente.
Médite encore sur ce qui advint à Muhammad, le Sceau des prophètes (puisse toute vie lui être offerte en sacrifice!). Combien furent cruelles les afflictions que les dirigeants du peuple juif et des idolâtres firent pleuvoir sur Celui qui est le souverain Seigneur de toutes choses, pour avoir proclamé l'unité de Dieu et la vérité de son message!
Par la justice de ma cause ! ma plume gémit et toutes choses créées éclatent en sanglots devant les malheurs qu'il souffrit des mains de ceux qui avaient rompu l'alliance de Dieu, violé son testament, rejeté ses preuves et contesté ses signes.
Nous te rapportons ainsi ce qui advint dans les jours passés, afin que tu puisses Nous comprendre.
Tu as su combien cruellement furent affligés les prophètes de Dieu, ses messagers et ses élus. Réfléchis un instant aux raisons d'une telle persécution. Jamais, dans aucune dispensation, les prophètes de Dieu n'ont échappé au blasphème de leurs ennemis, à la cruauté de leurs oppresseurs, aux dénonciations des savants de leur temps qui prenaient l'apparence de la droiture et de la piété.
Jour et nuit ils ont passé par des souffrances telles que, seule, la science de Dieu (exaltée soit sa gloire) est capable de les mesurer.
Considère maintenant cette innocente victime. Les preuves les plus éclatantes attestent la vérité de notre cause; les prophéties que Nous avons faites dans le plus clair langage sont toutes accomplies, encore que Nous ne puissions être compté parmi les savants, que Nous soyons sans culture et sans aucune expérience des disputes théologiques en usage parmi les prêtres.
Nous avons fait pleuvoir sur les hommes les averses d'un savoir inspiré de Dieu. Et cependant vois comment, en dépit de tout cela, cette génération a rejeté notre autorité et s'est rebellée contre Nous.
Nous avons, pendant la plus grande partie de notre vie, enduré, des griffes de nos ennemis, les plus cruelles épreuves, et nos souffrances ont maintenant atteint leur point culminant dans cette affligeante prison, où Nous ont si injustement jeté nos oppresseurs.
Dieu veuille que tu observes d'une vision pénétrante et d'un coeur éclairé ce qui est advenu dans le passé et qui advient encore aujourd'hui et que, le méditant en toi-même, tu reconnaisses ce qui a échappé à la plupart des hommes.
Qu'il plaise à Dieu de te permettre de respirer le doux parfum de son jour, d'avoir part aux effusions sans limites de sa grâce, de boire ton content du vaste océan qui s'enfle et s'agite en ce jour au nom de l'antique Roi, et de rester en sa cause aussi ferme et immuable que la montagne !
Dis: Gloire à toi qui a fait confesser par tous les saints leur impuissance devant les multiples révélations de ta puissance, et reconnaître par chaque prophète son pur néant devant l'éclat de ta gloire immortelle.
Je te supplie par ton nom qui a ouvert les portes du ciel et rempli d'extase l'Assemblée céleste, de me rendre capable de te servir en ce jour et de me fortifier dans l'observance de ce que tu as prescrit en ton livre. Tu sais, ô mon Seigneur, ce qui est en moi; mais moi, j'ignore ce qui est en toi. Tu es l'Omniscient, L'Informé.

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Chapitre: 24. "Gardez-vous, ô croyants en l'unité de Dieu, de distinguer entre les manifestations ..."

Gardez-vous, ô croyants en l'unité de Dieu, de distinguer entre les manifestations de sa cause, de faire à leur sujet quelque discrimination qui aille à l'encontre des signes dont s'est accompagnée leur révélation. Là est, en vérité, la vraie signification de l'unité divine, si vous êtes de ceux qui peuvent comprendre cette vérité et y croire.
De plus, soyez assurés que les oeuvres et les actes de ces manifestations de Dieu, et même quoi qu'il appartienne en propre à chacune et quoi qu'elles puissent manifester de particulier à l'avenir, sont toutes d'ordre divin et reflètent toutes la volonté et le dessein de Dieu.
Il a, en vérité, refusé de croire en Dieu, répudié ses signes et trahi la cause de ses messages, celui qui fait la plus légère différence entre les personnes, les paroles, les actes et les façons d'agir des manifestations du Tout-Puissant !

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Chapitre: 25. "Il est évident que tout âge où s'est produite une manifestation de Dieu ..."

Il est évident que tout âge où s'est produite une manifestation de Dieu est un âge d'ordre divin et peut être, en ce sens, qualifié de jour fixé par Dieu. Le présent jour toutefois, est un jour unique et doit être distingué de ceux qui l'ont précédé. La désignation de"Sceau des Prophètes" révèle pleinement son haut caractère. En fait, le cycle prophétique est clos.
La Vérité éternelle est maintenant venue. Dieu a levé l'étendard de la puissance et Il répand maintenant sur le monde l'éclat sans nuage de sa révélation.

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Chapitre: 26. "Que Dieu, l'Omnipossédant, le Roi d'incomparable gloire, soit loué ..."

Que Dieu, l'Omnipossédant, le Roi d'incomparable gloire, soit loué. Que cette louange soit infiniment supérieure à la compréhension de tout ce qui est créé et hors de la portée des esprits humains. Nul autre que Lui n'a jamais été capable de célébrer convenablement sa Louange, et jamais aucun homme ne parviendra à donner la mesure de sa gloire.
Qui pourrait prétendre avoir atteint les sommets de sa sublime Essence, et mesuré les profondeurs de son insondable mystère ? De chacune des révélations émanées de la source de sa gloire, des preuves sans fin ont paru, qui sont toutes d'une inimaginable splendeur, et de chacune des manifestations de son invincible puissance ont coulé des océans de lumière éternelle.
Combien sont sublimes ces merveilleux témoignages de sa toute-puissante souveraineté dont une simple lueur, si elle les atteignait, suffirait à consumer tous ceux qui sont dans le ciel et tous ceux qui sont sur la terre!
Ineffables sont les gages de son pouvoir souverain, dont un signe seulement, et si petit soit-il, dépasse la compréhension de tout ce qui a été appelé à l'être depuis le commencement qui n'a pas de commencement, et de tout ce qui sera créé dans l'avenir, jusqu'à la fin qui n'a point de fin.
Toutes les incarnations de ses noms errent dans le désert de la poursuite, altérées et avides de découvrir son Essence, et du Sinaï de Sainteté, toutes les manifestations de ses attributs l'implorent de les laisser pénétrer son mystère.
Une goutte du bouillonnant océan de sa miséricorde a orné la création de la parure de l'existence, et un souffle parti de son paradis incomparable a revêtu tous les êtres de la robe de gloire et de sainteté. Une émanation de l'insondable abîme de sa souveraine volonté, qui pénètre toutes choses, a appelé à l'être une création infinie dans son étendue et immortelle dans sa durée.
Les merveilles de sa munificence ne peuvent cesser, et le cours de sa grâce miséricordieuse ne peut jamais être arrêté. Le processus de sa création n'a pas eu de commencement et ne peut avoir de fin.
A tout âge et dans chaque cycle, par la resplendissante lumière des manifestations de sa merveilleuse Essence, il a recréé toutes choses, afin que rien de ce qui reflète, sur la terre et dans les cieux, les signes de sa gloire, ne soit privé des torrents de sa miséricorde ni ne désespère de recevoir la pluie de ses faveurs.
Voyez comme les merveilles de sa grâce sans limites embrassent toutes choses, comme elles imprègnent la création tout entière. Telle en est la vertu, qu'il n'y a pas dans l'univers un seul atome qui ne proclame la puissance de Dieu, qui ne glorifie son saint nom, qui ne reflète la resplendissante lumière de son unité.
Si parfaite et si vaste est sa création, qu'il n'est pas d'esprit ni de coeur, pour pénétrant ou pur qu'il soit, qui puisse saisir la nature essentielle de la plus insignifiante de ses créatures, et moins encore pénétrer le mystère de Celui qui est l'Etoile du Matin de la Vérité, L'invisible et inconnaissable Essence.
Les conceptions des plus dévots des mystiques, les réalisations des plus accomplis parmi les hommes, les plus hautes louanges que la plume ou la parole puissent exprimer, tout cela est le produit de l'esprit fini de l'homme et reste enfermé dans les limites de cet esprit.
Dix mille prophètes, dont chacun est un Moïse, sont frappés de la foudre sur le Sinaï de leur poursuite, à cet arrêt terrifiant: "Jamais tu ne contempleras ma face !", cependant qu'une myriade de messagers, tous aussi grands que Jésus, demeurent consternés sur leur trône céleste devant l'interdiction: "Mon Essence, tu ne la comprendras jamais !"
De temps immémorial, Il est resté voilé par la sainteté ineffable de sa sublime Personne, et il restera à jamais enveloppé de l'impénétrable mystère de son Essence inconnaissable.
Toute tentative pour comprendre son inaccessible réalité a tourné à l'entière confusion de son auteur, et tout effort en vue d'approcher sa Personne sublime et de se représenter son Essence n'a abouti qu'à un échec désespéré.
Combien donc embarrassant et déconcertant serait-il pour moi, en mon insignifiance, de tenter de sonder les profondeurs sacrées de ta science! Combien seraient futiles mes efforts pour envisager la grandeur de la puissance inhérente à ton ouvrage, par lequel se révèle ton pouvoir créateur !
Comment mon oeil, qui n'a pas même la faculté de se percevoir lui-même, se pourrait-il flatter d'avoir discerné ton Essence, et comment mon coeur, déjà impuissant à saisir la signification de ses propres potentialités, prétendrait-il avoir compris ta nature ?
Comment revendiquerais-je de t'avoir connu quand toute la création est confondue par ton mystère, et comment, d'autre part, confesserais-je que je ne t'ai point connu, alors que l'univers entier proclame ta présence et atteste ta vérité ?
De toute éternité, les portes de ta grâce sont restées grandes ouvertes; des voies se sont toujours offertes pour accéder à ta présence, et les révélations de ta beauté sans égale n'ont cessé d'être imprimées sur l'essentielle réalité de tous les êtres, tant visibles qu'invisibles.
Et pourtant, en dépit de cette suprême faveur, de ce don parfait, je me sens poussé à attester que ta cour de gloire et de sainteté est exaltée par-delà toute mesure au-dessus de la connaissance de tout autre que toi, et que le mystère de ta présence est insondable pour tout autre esprit que le tien. Nul, à l'exception de toi, ne peut pénétrer le secret de ta nature et rien d'autre que ta transcendante Essence ne saurait comprendre la réalité de ton Etre inconnaissable.
Combien nombreux sont ces êtres de gloire qui ont erré à ta poursuite, tous les jours de leur vie, dans le désert de ton absence, et qui ne t'ont finalement jamais trouvé! Et quelle multitude d'âmes saintes qui, elles aussi, se perdirent, à tenter de contempler ta face, dans le désert de la recherche !
C'est par myriades que tes ardents adorateurs ont sombré et péri, consumés du feu de ton absence, et innombrables sont les âmes fidèles qui ont dominé leur vie pour voir la lumière de ton visage.
Les plaintes de ces coeurs qui soupirent ardemment après toi ne peuvent atteindre ta cour sacrée, pas plus que ne sauraient parvenir à ton siège de gloire les lamentations des voyageurs qui ont soif de contempler ta face.

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Chapitre: 27. "Louange à l'unité de Dieu, et honneur à l'incomparable ..."

Louange à l'unité de Dieu, et honneur à l'incomparable et très glorieux Souverain de l'univers, qui, du pur néant, a tiré la réalité de toutes choses, qui, du zéro de L'inexistence, a appelé à l'être les éléments les plus raffinés et les plus subtils de sa création, et qui, relevant ses créatures de l'abaissement où les tenait l'éloignement de sa présence et les sauvant de l'extinction finale, les a reçues dans son royaume d'incorruptible gloire!
Rien de moins que sa grâce universelle et son omnipénétrante miséricorde ne pouvaient accomplir ce prodige. Comment, sans elles, eût-il été possible au néant de passer de l'état de non-existence au royaume de l'être ?
Ayant créé le monde et tout ce qui y vit et s'y meut, Dieu a voulu conférer à l'homme, en privilège unique, par l'opération directe de sa volonté libre et souveraine, la capacité de le connaître et de l'aimer, le dotant ainsi d'une faculté dont l'exercice doit être regardé comme la raison d'être, la fin principale et dernière de toute la création...
Sur l'essentielle réalité de chaque chose créée, Il a répandu la lumière d'un de ses noms, et de chacune d'elles il a fait le siège d'un de ses attributs. Mais sur la réalité de l'homme Il a concentré l'éclat de tous ses noms et attributs et il en a fait le miroir de sa propre Personne. Seul entre toutes choses créées, l'homme a été choisi comme objet d'une si grande faveur.
Mais ces énergies dont l'Etoile du Matin de la bonté divine et la Source de la direction divine ont doté l'essentielle réalité de l'homme ne sont en lui que latentes, comme est latente la flamme dans la bougie et comme les rayons de la lumière sont en puissance dans la lampe.
L'éclat de ces énergies peut être obscurci par les désirs d'ordre terrestre comme la lumière du soleil peut être cachée sous la poussière et les impuretés qui recouvrent le miroir.
Ni la lampe ni la bougie ne peuvent s'allumer d'elles-mêmes, et le miroir ne saurait davantage, par ses propres moyens, se débarrasser de ses souillures. Il est évident que, si on ne l'allume pas, la lampe n'éclairera pas et que, jusqu'à ce que soit enlevée la poussière qui le recouvre, le miroir ne pourra refléter le soleil.
Et comme il ne saurait y avoir de lien direct entre le seul vrai Dieu et sa création, et que rien de commun ne peut exister entre l'Eternel et le transitoire, le contingent et l'Absolu, Dieu a ordonné qu'à tout âge et à chaque dispensation, une âme pure et sans tache soit manifestée dans les royaumes du ciel et de la terre. A cet être subtil, éthéré et mystérieux, il a assigné une double nature: l'une, physique, appartenant au monde de la matière, l'autre, spirituelle, qui est née de Dieu Lui-même.
Il lui a de plus conféré un double rang. Le premier rang, qui se relie à sa réalité la plus profonde, le représente comme celui dont la voix est la voix de Dieu Lui-même; et c'est ce que la tradition atteste par ces paroles: "Multiple et mystérieuse est ma relation avec Dieu. Je suis Lui, Lui-même, et Il est moi, moi-même; à part cela, je suis ce que je suis et il est ce Il est. "
Et de même il a été dit: "Lève-toi, ô Muhammad, car voici que l'Amant et le Bien-Aimé sont en toi réunis et fondus. " Il a dit de même: "Il n'y a aucune espèce de distinction entre toi et eux, sinon ! qu'ils sont tes serviteurs. "
Le second rang, qu'illustrent les versets qui suivent, est d'ordre humain: "Je ne suis qu'un homme comme vous. " "Dis: Louange à mon Seigneur! Suis-je plus qu'un homme, plus qu'un apôtre ?" Ces essences de détachement, ces réalités resplendissantes sont les sources de l'omnipénétrante grâce de Dieu.
Guidées par la lumière de l'infaillible direction et investies d'une souveraineté suprême, elles ont pour mission, par l'inspiration de leurs paroles, les effusions de leur grâce infaillible et la brise sanctifiante de leur révélation, de débarrasser tout coeur ardent et tout esprit réceptif des impuretés et des poussières dues aux soucis et aux limitations de la terre.
Alors, et alors seulement, le dépôt divin, latent dans la réalité de l'homme, émergera aussi resplendissant que l'orbe de la révélation divine, hors des voiles qui le cachaient, et plantera à la cime du coeur des hommes, l'étendard de sa gloire dévoilée.
Des citations et références qui- précèdent, il ressort clairement et indubitablement que, dans les royaumes du ciel et de la terre, il faut de toute nécessité que soit manifesté un Etre, une Essence qui doit remplir l'office de véhicule pour la transmission de la grâce de Dieu Lui-même, le souverain Seigneur de toutes choses.
Par les enseignements de cette Etoile du Matin de la vérité, tout homme progressera et se développera jusqu'à ce qu'il parvienne à ce stade où il pourra manifester tout le potentiel des forces dont son être intime et essentiel a été doté.
C'est à cette fin même que, en tout âge et dans chaque dispensation, les prophètes de Dieu et ses élus ont paru parmi les hommes et ont montré un pouvoir tel qu'il ne pouvait venir que de Dieu et une puissance telle que, seul, Dieu pouvait la révéler.
Celui qui juge sainement peut-il vraiment imaginer que, faute par lui de comprendre la signification de certaines paroles, les portes de la direction divine soient à jamais fermées à la face des hommes ? Peut-il concevoir, pour ces divins flambeaux, ces resplendissantes lumières, soit un commencement, soit une fin ?
Quels torrents pourraient être comparés au cours impétueux de sa grâce universelle, et quelle bénédiction pourrait surpasser les manifestations d'une si grande et si pénétrante miséricorde ?
Il n'est pas douteux que si la vague de cette miséricorde et de cette grâce se retirait, ne fût-ce qu'un instant, du monde, celui-ci périrait, aussitôt.
C'est pourquoi, depuis le commencement qui n'a pas de commencement, les portes de la divine miséricorde on été largement ouvertes à la face de tous les êtres créés, et que, jusqu'à la fin qui n'a point de fin, les nuages de la vérité continueront à déverser sur le sol de la capacité de la réalité et de la personnalité humaines les pluies de leurs faveurs et de leurs bienfaits. Telle est la méthode suivie par Dieu d'éternité en éternité.

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Chapitre: 28. "Heureux l'homme qui se lève pour servir ma cause et glorifier mon nom de beauté! ..."

Heureux l'homme qui se lève pour servir ma cause et glorifier mon nom de beauté! Au moyen de ma puissance, saisis-toi de mon livre et attache-toi fermement à tous les commandements que ton Seigneur, l'Ordonnateur, le très-Sage, a prescrits à cet égard.
Vois, ô Muhammad, comment les dits et les actes des disciples de l'islám shiite ont assombri la joie et la ferveur de ses premiers jours, et terni l'éclat primitif de sa lumière.
Au début, alors qu'ils adhéraient encore aux préceptes qui se confondent avec le nom de leur prophète, le Seigneur de l'humanité, leur carrière fut marquée par une suite ininterrompue de victoires et de triomphes. Mais à mesure qu'ils s'écartaient du sentier de leur Maître idéal et se détournaient de la lumière de Dieu, à mesure qu'ils corrompaient le principe de l'unité divine et qu'ils concentraient davantage leur attention sur ceux qui n'étaient que les interprètes de sa parole puissante, leur force peu à peu se changea en faiblesse, leur gloire en honte, leur courage en peur.
Tu es témoin de ce à quoi ils en sont venus. Vois comment ils se sont érigés en partenaires contre celui qui est le Point où se concentre la divine unité. Vois comment leurs agissements coupables les ont empêchés de reconnaître, au jour de la résurrection, la parole de vérité (exaltée soit sa gloire).
Nous chérissons l'espoir que ceux qui nous écoutent se garderont des vaines illusions et des stériles imaginations, et qu'ils parviendront ainsi à une véritable compréhension du sens de l'unité divine.
La manifestation a toujours été le représentant et le porte-parole de Dieu. Elle est, en vérité, la source des plus excellents titres de Dieu, et l'aurore de ses glorieux attributs.
Si d'aucuns prétendaient être ses égaux, s'ils étaient considérés comme identiques à sa personne, comment serait-il possible de soutenir que l'Etre divin est Un et incomparable, que son essence est inégalable et indivisible. Médite sur ce que Nous t'avons révélé par le pouvoir de la vérité, et sois de ceux qui en comprennent la signification.

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Chapitre: 29. "Le dessein de Dieu en créant l'homme a été et sera toujours de le rendre capable ..."

Le dessein de Dieu en créant l'homme a été et sera toujours de le rendre capable de connaître son Créateur et d'accéder à sa présence. Tous les livres sacrés et toutes les Ecritures divinement révélées et de grande valeur attestent ce but excellent, cet objectif suprême.
Celui qui a reconnu la source de la direction divine, et est entré dans sa cour sainte, s'est approché de Dieu. Il a obtenu l'accès en sa présence, paradis véritable dont les plus hautes demeures du ciel ne sont que le symbole. Un tel homme est parvenu à la connaissance du rang de Celui qui est "à deux portées de flèche", qui se tient par-delà le Sadratu'l-Muntahá.
Mais celui qui n'a pas reconnu cette source s'est lui-même condamné à la misère de l'éloignement de Dieu, éloignement qui n'est que pur néant et essence même du feu le plus dévorant. Tel est le sort de l'incroyant, encore qu'il semble occuper les plus hautes situations de la terre et être établi sur le trône le plus glorieux.
Nul doute que Celui qui est la source de vérité ne soit pleinement capable de sauver d'un tel éloignement les âmes égarées, de les rapprocher de sa cour et de leur donner accès à sa présence.
"S'il avait plu à Dieu, Il n'eût sûrement fait des hommes qu'un seul peuple." Mais son dessein est de mettre ceux qui ont le coeur pur et l'esprit détaché à même d'aborder, par la vertu même de leurs pouvoirs innés, les rivages du très grand Océan, afin qu'ayant ainsi sincèrement et diligemment cherché la beauté du très-Glorieux, ils puissent être distingués et séparés des indociles et des pervers. Ainsi en a-t-il été ordonné par la toute-glorieuse et resplendissante Plume...
Que, lors de leur apparition parmi les hommes, les manifestations de la justice divine, les sources de la grâce céleste aient été dépourvues de tout pouvoir terrestre et privées de toute autorité en ce monde, cela doit être attribué à ce même principe de distinction et de séparation qui est à la base du Plan divin.
Si l'éternelle Essence manifestait tout ce qui est latent en elle, si elle resplendissait dans la plénitude de sa gloire, nul ne songerait à mettre en doute sa puissance ni à répudier sa vérité. Bien plus, toutes choses créées seraient à ce point éblouies et accablées par la splendeur de sa lumière qu'elles en rentreraient dans le néant. Et comment, d'autre part, en de telles conditions, l'impie foncier pourrait-il être distingué et séparé de celui qui n'est qu'indocile ?
Ce principe a joué dans chacune des précédentes dispensations, et il en a été donné d'abondantes preuves...C'est ainsi qu'à tout âge, lorsqu'une nouvelle manifestation s'est produite et qu'une révélation nouvelle du pouvoir transcendant de Dieu a été accordée au monde, abusés par l'apparence mortelle que revêtait l'éternelle Beauté, certains ont refusé de la reconnaître.
Ils se sont écartés de son chemin et, en l'évitant, ils ont fui la présence de Celui qui est le symbole de l'approche même de Dieu. Ils sont allés jusqu'à décimer ses fidèles, à exterminer ceux qui croyaient en lui.
Voyez comment, en cette dispensation, vauriens et in- sensés ont follement imaginé que par des moyens tels que le massacre, le pillage et le bannissement, ils pourraient éteindre la lampe allumée par la main du divin pouvoir.
Ils semblent ignorer entièrement que cette adversité même dont ils sont les instruments est l'huile qui nourrit la flamme de cette lampe. Tel est le pouvoir divin de transmutation. Il change tout ce qu'il lui plaît de changer. Il a en vérité pouvoir sur toutes choses...
Considérez en tout temps la souveraineté qu'exerce le Roi idéal et contemplez les preuves de sa toute-puissance. Purifiez vos oreilles de tous les vains bavardages de ceux qui sont le symbole de l'incroyance et les représentants de la violence et de la colère.
L'heure approche où vous verrez triompher sur toutes choses créées le pouvoir du seul vrai Dieu, et les signes de sa souveraineté embrasser toute sa création. En ce jour, vous découvrirez que tout ce qui n'est pas Lui est rentré dans l'oubli et devenu un pur néant.
Il ne faut pas cependant perdre de vue que Dieu et ses manifestations ne sauraient être, en aucun cas, dissociés de la grandeur et de la sublimité qui leur sont inhérentes. Bien mieux, cette grandeur et cette sublimité sont elles-mêmes créées par sa parole, si vous voulez bien voir par mes yeux et non point par les vôtres.

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Chapitre: 30. "Dieu atteste qu'il n'est pas d'autre Dieu que Lui, le Bienveillant, le Bien-Aimé ..."

Dieu atteste qu'il n'est pas d'autre Dieu que Lui, le Bienveillant, le Bien-Aimé. Toute grâce et tous bienfaits viennent de Lui. Il donne à qui Il veut ce qu'il Lui plaît de donner. Il est, en vérité, le Tout-Puissant, le Protecteur dans le danger, L'Etre subsistant par Lui-même.
Nous croyons en Celui qui, en la personne du Bab, a été envoyé, par la volonté du seul vrai Dieu, le Roi des rois.
Nous jurons, de plus, fidélité à Celui qui est appelé à se manifester au temps de Mustaghath, aussi bien qu'à ceux qui viendront après lui, jusqu'à la fin qui n'a point de fin.
Nous reconnaissons en chacun d'eux, aussi bien dans leur âme que dans leur corps, la manifestation de Dieu Lui-même, si vous êtes de ceux qui comprennent. Chacun d'eux est un miroir de Dieu, ne reflétant rien d'autre que sa Personne, sa beauté, sa puissance, et sa gloire, si vous pouvez comprendre.
Tous les autres doivent être considérés comme des miroirs capables de refléter la gloire de ces manifestations qui sont, elles, les premiers Miroirs de l'Etre divin, si vous n'êtes pas dépourvus d'entendement.
Nul n'a jamais pu leur échapper et nul ne pourra les empêcher d'atteindre leur but. Ces Miroirs continueront indéfiniment de se succéder et de refléter la lumière de l'Ancien des jours.
Et ceux qui reflètent leur gloire continueront de même à exister à jamais, car la grâce de Dieu ne peut pas cesser d'affluer. C'est là une vérité contre laquelle personne ne saurait s'élever.

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Chapitre: 31. "Contemple de ton oeil interne la chaîne des manifestations successives ..."

Contemple de ton oeil interne la chaîne des manifestations successives qui relie la manifestation d'Adam à celle du Bab. J'atteste devant Dieu que toutes furent envoyées par l'opération de la volonté divine, que chacune d'elles a apporté un message spécifique et a reçu un livre spécial de révélation divine, avec mission de dévoiler les mystères d'une puissante tablette.
La mesure de la révélation à laquelle chacune d'elles s'est identifiée avait été préordonnée de manière précise. Et cela est un gage de notre faveur envers elles, si vous êtes de ceux qui peuvent comprendre cette vérité...
Et quand ce processus de révélation progressive eut atteint son point culminant avec le stade où devait être dévoilée aux yeux des hommes sa très sacrée et très sublime Figure qu'aucune autre n'égale, de peur que des yeux profanes ne parvinssent à découvrir sa gloire, il décida de se cacher sous mille voiles.
Ainsi fit-il, alors que pleuvaient sur lui, - en nombre tel que, seul, les peut compter le Seigneur, votre Dieu, Seigneur de tous les mondes -, les signes et les gages d'une révélation d'ordre divin.
Et quand le temps fixé pour le secret fut révolu, Nous fîmes apparaître, encore qu'enveloppée d'une myriade de voiles, une infinitésimale lueur de la gloire resplendissante qui rayonnait de la face de l'Adolescent, et voici que, ressentant aussitôt une violente commotion, tous les habitants des royaumes célestes et tous les favoris de Dieu tombèrent en adoration devant lui.
Il a en vérité manifesté une gloire dont la création n'avait jamais encore été témoin, car il s'est levé pour proclamer en personne sa cause devant tous ceux qui sont dans le ciel et sur la terre.

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Chapitre: 32. "Tout ce que tu as appris concernant Abraham, L'Ami du très-Miséricordieux, est vrai ..."

Tout ce que tu as appris concernant Abraham, L'Ami du très-Miséricordieux, est vrai sans l'ombre d'aucun doute. La voix de Dieu lui ordonna d'offrir Ismaël en sacrifice, afin que son détachement et la fermeté de sa foi fussent ainsi montrés aux hommes.
Dieu demandait de plus ce sacrifice en rançon des péchés et des iniquités des peuples de la terre. L'honneur d'une telle rançon, Jésus, fils de Marie, le sollicita pour lui du seul vrai Dieu (exaltée soit sa gloire!).
Et Husayn le connut à son tour quand il fut offert en sacrifice par Muhammad, l'Apôtre de Dieu. Nul ne peut prétendre avoir compris la nature de la grâce multiple et cachée de Dieu; nul ne peut pénétrer son infinie miséricorde.
Telles ont été les transgressions des hommes et leur perversité, et si cruelles les épreuves dont ils ont affligé les prophètes de Dieu et leurs élus, que l'humanité tout entière mériterait de souffrir et de périr.
Mais en sa tendre Providence, et par des moyens tant visibles qu'invisibles, Dieu lui a épargné et continuera de lui épargner le châtiment dû à sa perversité. Médite cela en ton coeur, afin que la vérité puisse t'être révélée et que tu restes ferme dans son chemin.

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Chapitre: 33. "Il a été par Nous décrété que le Verbe de Dieu, avec toutes les potentialités ..."

Il a été par Nous décrété que le Verbe de Dieu, avec toutes les potentialités qu'il renferme, sera manifesté aux hommes dans une stricte conformité avec les conditions préétablies par Celui qui est l'Omniscient, le très-Sage. Nous avons, de plus, ordonné qu'il ne soit pas caché sous d'autres voiles que le sien propre. Tel est, en vérité, le pouvoir que Nous avons d'atteindre à nos fins.
Si le Verbe libérait tout d'un coup les énergies qui sont en lui latentes, il n'est point d'homme qui pourrait soutenir le poids d'une si puissante révélation. Bien plus, tout ce qui est dans le ciel et sur la terre fuirait devant lui, dans la plus profonde consternation.
Considérez ce qui a été envoyé à Muhammad, L'Apôtre de Dieu. La mesure précise de la révélation qu'il apportait avait été clairement préétablie par Celui qui est le Tout-Puissant. Ceux qui l'entendaient ne le pouvaient comprendre que dans la mesure de leur capacité et de leur développement spirituels. Et lui-même, dosant en conséquence sa révélation, ne découvrait le visage de la sagesse qu'à proportion de la capacité qu'avaient ses auditeurs de soutenir le poids de son message.
Mais l'humanité n'eut pas plutôt atteint le stade de maturité, que le Verbe révéla les énergies dont il avait été doté, et c'est dans leur plénitude qu'il les manifesta quand, en l'an 60, apparut la Beauté antique en la personne d'Ali Muhammad, le Báb.

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Chapitre: 34. "Toute louange et toute gloire à Dieu qui, par le pouvoir de sa puissance ..."

Toute louange et toute gloire à Dieu qui, par le pouvoir de sa puissance, a revêtu du manteau de vie la nudité du néant de sa création !
Entre toutes choses créées, Il a élu pour objet de sa faveur spéciale le joyau de l'essentielle réalité de l'homme, en investissant celui-ci de la capacité unique, exclusive, de le connaître et de refléter la grandeur de sa gloire. Cette double distinction a permis au coeur de l'homme de se dépouiller de la rouille des vains désirs, et elle l'a rendu digne du vêtement dont son Créateur avait daigné le revêtir. Elle a permis à son âme de s'arracher aux ténèbres de l'ignorance.
Cette robe dont l'homme a été orné en son corps et en son âme est le fondement même de son bien-être et de son développement.
Béni le jour où, avec l'aide de la grâce et de la puissance du seul vrai Dieu, il se sera libéré de l'esclavage et de la corruption du monde, et aura atteint le vrai et durable repos à l'ombre de l'arbre de la connaissance !
Les chants qu'avait, en son grand amour, modulés pour ses amis l'oiseau de ton coeur ont atteint leurs oreilles, et ils m'amènent à répondre à tes questions en te révélant les secrets qu'il m'est permis de dévoiler.
Tu demandes, en ton estimée lettre, lequel des prophètes de Dieu doit être tenu y pour supérieur aux autres. Sache, à n'en point douter, que ces prophètes, en leur essence, ne font qu'une seule et même personne. Leur unité est absolue.
Dieu, le Créateur, dit: Il n'y a de distinction d'aucune sorte entre les porteurs de mon message. Ils n'ont tous qu'un seul et même objet, et le secret de l'un est le secret de l'autre. Honorer l'un de préférence aux autres, en exalter certains au-dessus des autres n'est permis en aucune façon.
Tout vrai prophète a tenu son message pour foncièrement le même que les messages des prophètes qui l'avaient précédé. Si, faute de comprendre cette vérité, quelqu'un se laissait aller à de vaines et inconvenantes paroles, il n'est personne d'esprit subtil et d'intelligence éclairée qui permettrait à de si futiles propos de l'ébranler dans sa croyance.
Seule diffère la mesure elle-même des révélations apportées au monde par les prophètes de Dieu. Chacun d'eux a reçu un message distinct, avec mission de le révéler d'une certaine manière. C'est ainsi que semble varier la grandeur des divers prophètes.
Leur révélation peut être comparée à la lumière que la lune répand sur la terre. Bien que, chaque fois qu'elle paraît, elle donne de son éclat une mesure nouvelle, sa splendeur inhérente reste cependant la même et demeure à l'abri de l'extinction.
Il en ressort avec évidence que toute apparente variation dans l'intensité de la lumière apportée par les divers prophètes n'est pas inhérente à cette lumière même, mais qu'elle doit être imputée à la réceptivité essentiellement variable d'un monde en perpétuel devenir.
Chaque prophète que le tout-puissant Créateur a décidé d'envoyer aux peuples de la terre reçoit avec son message la mission d'agir de la façon qui convient le mieux au temps dans lequel il apparaît.
Dieu, en lui confiant cette mission, a un double objectif: Il se propose d'abord de libérer les enfants des hommes des ténèbres de l'ignorance, de les guider vers la lumière de la vraie compréhension, et ensuite d'assurer la paix de l'humanité, en lui fournissant tous les moyens par lesquels cette paix peut être établie.
Les prophètes de Dieu doivent être considérés comme des médecins dont la tâche est d'accroître le bien-être du monde et de ses peuples, afin de guérir, par l'esprit d'unité, la maladie d'une humanité divisée.
Personne n'a le droit de mettre en doute leurs paroles ni de discuter leur conduite, car ils sont les seuls qui puissent prétendre avoir compris le malade et diagnostiqué exactement son cas. Il n'est point d'homme, si intelligent soit-il, à qui il soit permis d'atteindre les sommets où s'est élevée la sagesse du Médecin divin.
Rien d'étonnant en conséquence, si ce Médecin prescrit aujourd'hui un remède différent de celui qu'il a ordonné autrefois. Comment en pourrait-il être autrement, alors que la maladie exige pour chacune de ses phases un traitement particulier ?
De même, toutes les fois que les prophètes de Dieu ont illuminé le monde de l'éclat resplendissant de l'Etoile du Matin de la science divine, c'est invariablement par les moyens les plus convenables à l'âge où ils apparaissaient qu'ils ont appelé ses peuples à embrasser la lumière de Dieu. Ils ont pu de la sorte dissiper les ténèbres de l'ignorance et répandre sur le monde la gloire de leur science.
Et comme, d'autre part, leur seul et unique objet a toujours été, dans toutes les dispensations, de guider les égarés et d'apporter la paix aux affligés, c'est vers leur intime essence que tout homme doué de discernement doit d'abord tourner ses regards.
L'état présent du monde n'est pas celui du triomphe et de la prospérité. L'humanité tout entière est en proie à de multiples maladies. Qu'on s'efforce donc de lui sauver la vie au moyen du bienfaisant remède préparé par la main toute-puissante de l'infaillible Médecin !
Passons maintenant à ta question concernant la nature de la religion. Sache, pour commencer, que ceux qui sont vraiment sages ont assimilé le monde au temple humain.
Et de même que le corps de l'homme a besoin d'un habit pour le vêtir, de même le corps de l'humanité doit être paré du manteau de la justice et de la sagesse. Sa robe est la révélation qui lui est envoyée de Dieu. Dès que cette robe a rempli son objet, le Tout-Puissant la remplace.
Car une mesure nouvelle de la lumière de Dieu est nécessaire à chaque âge. Et chaque révélation divine a été dispensée et dosée dans les conditions qui convenaient le mieux à l'âge où elle apparaissait.
Pour ce qui est de ta question relative à ce qu'ont pu dire les chefs des anciennes religions, tout homme sage doit en principe écarter un sujet aussi vain.
Le Créateur a tiré tous les hommes d'une même substance, et il a exalté leur réalité essentielle au-dessus de tout le reste de ses créatures. Succès ou échec, gain ou perte dépendent en conséquence de leurs propres efforts. Plus grands seront ces efforts, et plus ils progresseront.
Nous voulons espérer que les ondées printanières de la bonté divine feront jaillir de leurs coeurs les fleurs de la véritable compréhension et les purifieront de toutes souillures terrestres.

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Chapitre: 35. "Réfléchis un instant. Qu'est-ce qui pousse, dans chaque dispensation ..."

Réfléchis un instant. Qu'est-ce qui pousse, dans chaque dispensation, les peuples de la terre à se détourner de la manifestation du trés-Miséricordieux et à récuser son autorité ?
Si les hommes voulaient méditer sur les paroles qui ont coulé de la plume du divin Ordonnateur des choses, ils se hâteraient tous, sans en excepter un seul, d'embrasser la vérité de ce don éternel de Dieu qu'est la révélation, et ils rendraient témoignage à ce qu'Il a Lui même solennellement affirmé.
Mais aux jours des manifestations de l'unité de Dieu et des sources de sa gloire éternelle, le voile des vaines imaginations s'est interposé entre elles et le reste de l'humanité, et il en sera toujours ainsi. Car en ces jours-là, Celui qui est l'éternelle Vérité se manifeste conformément à ce qu'Il a Lui-même décidé, et non selon les désirs et l'attente des hommes.
Ainsi qu'il a été révélé: "Parce que les apôtres viennent à vous, apportant ce qui va à l'encontre de vos désirs, continuerez-vous à vous enfler d'orgueil, traitant les uns d'imposteurs et massacrant les autres ?"
Il n'est pas douteux que si, dans les âges et cycles passés, ces apôtres eussent répondu aux vaines imaginations que les hommes se faisaient d'eux, nul n'aurait répudié la vérité apportée par ces êtres sanctifiés.
Mais parce qu'ils furent déçus dans leur conception de ce message, tels qui, profondément engagés dans la dévotion, invoquaient jour et nuit le seul vrai Dieu, ne surent finalement pas reconnaître la grâce de ces sources des signes de Dieu, de ces manifestations de ses preuves irréfutables. De cela, ainsi que tu sais, les Ecritures portent témoignage.
Considère la dispensation de Jésus Christ. Vois comment les savants de cette génération, bien qu'ils eussent ardemment souhaité la venue du Promis de Dieu, refusèrent de le reconnaître. Anne, le plus savant des lévites, et Caiphe le grand-prêtre, le dénoncèrent et prononcèrent contre lui la sentence de mort.
De même, quand apparut Muhammad, le Prophète de Dieu - puissent tous les hommes s'offrir à lui en sacrifice, - dès les premiers jours de sa révélation, les savants de La Mecque et de Médine se levèrent contre lui et rejetèrent son message, tandis que les humbles et les ignorants reconnaissaient et embrassaient sa foi. Réfléchis un moment.
Considère comment Balál, l'Ethiopien, tout illettré qu'il était, s'éleva jusqu'au ciel de la foi et de la certitude, cependant qu'Abdu'lláh-Ubayy, un des premiers parmi les savants, lui faisait une maligne opposition.
Admire comment un simple berger, en entendant la parole divine, fut ravi d'une telle extase qu'il en obtint l'accès de la demeure du Bien-Aimé et se trouva uni à Celui qui est le Seigneur de l'humanité, alors que ceux qui s'enorgueillissaient de leur science et de leur sagesse s'écartaient de son chemin et restaient privés de sa grâce.
C'est pourquoi il a été écrit: "Quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. " On trouve des références à ce thème dans la plupart des livres saints, aussi bien que dans la tradition orale des prophètes et messagers de Dieu.
Je vous le dis, en vérité, telle est la grandeur de cette cause, que le père fuit son fils, et le fils fuit son père. Rappelez-vous l'histoire de Noé et de Canaan.
Dieu veuille qu'en ces jours de célestes délices, vous ne vous priviez pas des douces saveurs du très-Glorieux, et qu'en ce printemps spirituel, vous puissiez avoir part aux torrents de sa grâce.
Levez-vous au nom de Celui qui est l'objet de toute connaissance et, dans un absolu détachement du savoir humain, élevez la voix pour proclamer sa cause ! A l'instant même, vous verrez jaillir de vos coeurs un flot de science divine et vous contemplerez les merveilles de sa céleste sagesse qui, dans toute leur gloire, se dérouleront à vos yeux.
Si vous aviez goûté à la douceur des paroles du très-Miséricordieux, vous n'hésiteriez pas à renoncer à vous-mêmes et à offrir vos vies pour l'amour du Bien-Aimé.
Qui pourra jamais croire que ce serviteur de Dieu ait à aucun moment nourri dans son coeur le désir de quelque honneur ou bénéfice terrestre ? La cause à laquelle son nom est associé se trouve tellement au-dessus des choses transitoires de ce monde!
Vous le voyez maintenant en une victime de la tyrannie dans cette grande prison. Ses ennemis l'ont assailli de toutes parts, et jusqu'à la fin de sa vie, ils continueront à le persécuter.
Tout ce qu'il vous dit est donc uniquement pour l'amour de Dieu et afin que les peuples de la terre purifient leurs coeurs de la souillure des mauvais désirs, qu'ils déchirent les voiles qui les recouvrent et parviennent ainsi à la connaissance du seul vrai Dieu, laquelle constitue le plus sublime état d'âme auquel un homme puisse aspirer.
Qu'ils croient ou non en ma cause, cela ne saurait me profiter ou me nuire. C'est uniquement pour l'amour de Dieu que Nous les adjurons. Et Dieu, Lui, n'a besoin d'aucune de ses créatures.

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Chapitre: 36. "Sache que, lorsque le Fils de l'homme rendit son âme à Dieu ..."

Sache que, lorsque le Fils de l'homme rendit son âme à Dieu, toute la création fut secouée d'un long sanglot. Mais il avait, en se sacrifiant, insufflé dans toutes choses créées une capacité nouvelle. Les preuves qu'ont eues de lui tous les peuples de la terre sont aujourd'hui manifestes devant toi.
La plus profonde sagesse qu'aient exprimée les plus sages des hommes, les plus hautes connaissances qu'aient acquises les plus savants d'entre eux, les arts que les mains les plus habiles aient produits, l'influence qu'ont pu exercer les plus puissants monarques, ne sont que des manifestations du pouvoir vivifiant dégagé par son esprit transcendant, omnipénétrant et resplendissant.
Nous attestons que lorsqu'il vint au monde, il répandit sur toutes choses créées la splendeur de sa gloire. Par lui, le lépreux guérit de la lèpre de l'ignorance et de la perversité. Par lui, le débauché et le pervers furent purifiés. Par le pouvoir qu'il tenait du Tout-Puissant, les yeux des aveugles s'ouvrirent à la lumière du jour et l'âme des pécheurs fut sanctifiée.
Peut être qualifié de lèpre tout voile qui s'interpose entre l'homme et la reconnaissance du Seigneur, son Dieu. Et quiconque refuse délibérément à Dieu l'accès de son âme est un lépreux dont le souvenir ne sera point rappelé dans le royaume de Dieu le Tout-Puissant. Nous attestons que, par le pouvoir du Verbe de Dieu, tout lépreux cessa d'être impur, toute maladie fut guérie et toute infirmité humaine abolie.
C'est lui qui effaça la souillure du monde. Béni est l'homme qui se tourne vers lui avec un visage rayonnant de lumière !

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Chapitre: 37. "Béni également l'homme qui professe la croyance en Dieu ..."

Béni également l'homme qui professe la croyance en Dieu et en ses signes et qui reconnaît qu' "à Lui il ne sera pas demandé compte de ses actes. " C'est par une telle reconnaissance que toute bonne action est rendue agréable à Dieu. Ne perdez point cela de vue, afin que les murmures des révoltés ne vous fassent point glisser du droit chemin dans celui de la perdition.
S'Il en vient à décréter permis ce qui, de temps immémorial, a été défendu, et défendu ce qui a jusque-là, toujours été permis, personne n'a le droit de mettre en doute son autorité. Et quiconque hésiterait à la reconnaître, ne fût-ce qu'un instant, devrait être regardé comme transgresseur.
Quiconque n'a pas reconnu cette sublime et fondamentale vérité et n'est pas parvenu à ce stade très élevé, les vents du doute l'agiteront et les propos des infidèles jetteront le trouble dans son âme. Celui qui a reconnu ce principe recevra le don de la fidélité la plus parfaite. Honneur à cet état très élevé dont la mention revient dans toutes les saintes tablettes.
Tel est l'enseignement que Dieu vous donne et qui vous délivrera de toute espèce de doute et de perplexité, en assurant de surcroît votre salut en ce monde et dans l'autre. Il est en vérité le Miséricordieux, le très-Généreux.

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Chapitre: 38. "Sache, à n'en point douter, qu'à chaque dispensation, la lumière de la révélation ..."

Sache, à n'en point douter, qu'à chaque dispensation, la lumière de la révélation divine a été dosée aux hommes en raison directe de leur capacité spirituelle.
Considère le soleil. Combien faibles sont ses rayons quand il paraît à l'Orient, et comme sa chaleur et sa puissance vont croissant à mesure qu'il approche de son zénith, ménageant ainsi à toutes choses créées la possibilité de s'adapter à l'accroissement d'intensité de sa lumière ! Et comme il décline graduellement jusqu'à ce qu'il atteigne le point où il se couche! S'il manifestait tout d'un coup les énergies qui sont en lui latentes, nul doute qu'il n'en résulterait un dommage pour toutes choses créées...
De même, si dès les premiers stades de sa manifestation, le Soleil de Vérité révélait soudain la pleine mesure des forces dont l'a doté la providence du Tout-puissant la terre de l'intelligence humaine dépérirait et serait consumée, car jamais les coeurs des hommes ne pourraient soutenir l'intensité d'une telle révélation ni, par conséquent, refléter l'éclat de sa lumière. Consternés et accablés, ils cesseraient d'exister.

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Chapitre: 39. "Loué sois-tu, ô Seigneur, mon Dieu, pour les merveilleuses révélations ..."

Loué sois-tu, ô Seigneur, mon Dieu, pour les merveilleuses révélations de ton décret impénétrable et pour la multitude des maux et des épreuves que tu m'as réservés. Tu m'as une fois livré aux mains de Nemrod, et tu as, une autre fois, permis au Pharaon de me persécuter.
Et tu es seul à pouvoir estimer, par ta science qui embrasse toutes choses et par l'opération de ta volonté souveraine, les afflictions incalculables que j'ai souffertes en leurs mains.
Tu m'as ensuite jeté dans cette geôle réservée aux impies, pour la seule raison que j'avais fait à l'oreille des habitants les plus dignes de ton royaume une timide allusion à la vision que tu m'avais envoyée, en m'en révélant par le pouvoir de ta puissance le sens intime et caché. Puis tu as décrété que j'aurais la tête tranchée par l'épée des infidèles.
Et j'ai été de surcroît crucifié pour avoir dévoilé aux hommes les perles de ta glorieuse unité, et révélé à leurs yeux la merveille des signes de ton pouvoir souverain.
Qu'amères furent plus tard les humiliations accumulées sur ma tête dans la plaine de Karbilà ! Quel fut, là, mon isolement au milieu de ton peuple! A quel état d'abandon y fus-je réduit!
Mais non contents de ces indignités, mes persécuteurs me décapitèrent et, portant haut ma tête de pays en pays, ils en firent parade devant la multitude des infidèles et la déposèrent en trophée aux pieds des pervers et des mécréants.
Ma poitrine fut, par la suite, offerte en cible aux traits de la cruauté de mes ennemis, mes membres criblés de balles, et tout mon corps déchiré. Et vois comment, en ce jour, mes perfides ennemis se sont finalement ligués contre moi et ne cessent de comploter en vue d'instiller dans l'âme de tes serviteurs le venin de la malice et de la haine. De tout leur pouvoir, ils avisent aux moyens d'atteindre leur misérable but...
Mais pour cruel que soit mon sort, je te rends grâces, ô mon Dieu, et mon coeur est rempli de gratitude pour tout ce qui m'est advenu dans le chemin de ton bon plaisir. Je suis parfaitement satisfait de tout ce que tu as ordonné pour moi, et bienvenues me seront, si affligeantes qu'elles puissent être, toutes les peines dont tu voudras encore m'accabler.

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Chapitre: 40. "O Bien-Aimé de mon coeur ! Tu as soufflé en moi ton haleine ..."

O Bien-Aimé de mon coeur ! Tu as soufflé en moi ton haleine, et tu m'as ainsi séparé de moi-même.
Puis, tu as décrété qu'il ne me serait laissé, vis-à-vis des pervers et des envieux, qu'un faible reflet, qu'un simple emblème de ta réalité. Vois comment, trompés par cet emblème, ils se sont levés contre moi et ont entassé sur ma tête dénis et reniements.
Découvre-toi donc, ô mon Bien-Aimé, et délivre-moi de mon malheureux sort. Sur quoi une voix répondit: "J'aime, je chéris tendrement cet emblème. Et comment pourrais-je souffrir que mes yeux soient seuls à le voir, qu'aucun autre coeur que le mien ne le puisse reconnaître ? Par ma beauté qui n'est autre que ta propre beauté, je le voudrais plutôt cacher à mes propres yeux, et combien plus aux yeux des hommes !".
Je me préparais à répondre, quand soudain la tablette se trouva terminée, laissant mon thème inachevé, et hors du collier la perle qui s'y allait ajouter.

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Chapitre: 41. "Dieu m'en est témoin ! J'étais endormi sur mon lit quand la brise divine ..."

Dieu m'en est témoin ! J'étais endormi sur mon lit quand la brise divine, passant sur mon front, me tira de mon sommeil. Je me sentis ranimé par son esprit vivifiant, et ma langue se délia pour exprimer son appel.
Ne m'accusez pas d'avoir transgressé l'ordre de Dieu. Ne me voyez pas par vos yeux, mais par les miens. Ainsi vous adjure Celui qui est le très-Gracieux, l'Omniscient.
Iriez-vous croire que je revendique le pouvoir de contrôler la volonté et le dessein de Dieu ? Loin, bien loin de moi pareille prétention ! Je l'atteste devant Dieu, le Tout-Puissant, le Sublime, l'Omniscient, le très-Sage: Le sort définitif de la foi divine eût-il dépendu de moi seul, que je n'aurais jamais, de ma propre initiative, consenti à me manifester devant vous ni permis qu'un seul mot tombât de mes lèvres. De cela, Dieu Lui-même m'est témoin.

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Chapitre: 42. "O fils de la justice ! A la nuit, la beauté de l'Etre immortel se rendit ..."

O fils de la justice ! A la nuit, la beauté de l'Etre immortel se rendit des hauteurs vert émeraude de la fidélité au Sadratu'l-Muntahá et versa tant de larmes que l'Assemblée suprême et les habitants des royaumes célestes se mirent à gémir devant ses lamentations. Sur quoi, on lui demanda la raison des pleurs et des gémissements. Il répondit: Selon l'ordre reçu, j'étais dans l'attente, sur la colline de fidélité, mais je n'ai pas senti le parfum de fidélité des habitants de la terre.
Alors, invité à revenir, je regardai, et voici: Quelques colombes de sainteté étaient cruellement meurtries par les griffes des chiens de la terre.
Sur ce, la céleste houri, dévoilée et resplendissante, se précipita hors de sa demeure mystique et demanda leurs noms; tous furent donnés sauf un. Sur son insistance, la première lettre en fut révélée; sur quoi, les habitants des célestes retraites s'élancèrent hors de leur demeure de gloire.
Et tandis que la seconde lettre était prononcée, tous sans exception tombèrent dans la poussière. A ce moment, une voix se fit entendre du fond du sanctuaire: "Jusque-là, et pas plus loin. " En vérité, Nous sommes témoin de ce qu'ils ont fait et de ce qu'ils font encore.

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Chapitre: 43. "O Afnán, ô toi qui es sorti de mon ancienne lignée ..."

O Afnán, ô toi qui es sorti de mon ancienne lignée, sur toi demeurent à jamais ma gloire et ma tendre bonté.
Que vaste est le tabernacle de la cause de Dieu ! Il couvre de son ombre les peuples et les tribus de la terre, et le temps n'est pas éloigné où il rassemblera sous sa protection l'humanité tout entière.
L'heure est maintenant venue pour toi de servir. D'innombrables tablettes attestent les bienfaits dont tu fus gratifié. Lève-toi donc pour le triomphe de ma cause et, par le pouvoir de ta parole, subjugue les coeurs des hommes.
Proclame ce qui doit assurer la paix et le bien-être du pauvre et de l'opprimé, et ceins tes reins en vue de libérer le captif de ses chaînes et de le rendre capable d'atteindre à la vraie liberté.
La justice en ce jour se lamente sur son triste sort, et l'équité gémit sous le joug de l'oppression. Les nuages épais de la tyrannie ont assombri la face de la terre et enveloppé tous ses peuples.
Par le mouvement de notre plume de gloire, Nous avons, sur l'ordre du tout-puissant Ordonnateur des choses, insufflé dans chaque être humain un renouveau de vie et instillé dans chaque mot une puissance nouvelle.
Toutes choses créées proclament les signes de cette régénération mondiale. Telle est la grande, la joyeuse nouvelle qu'apporte à l'humanité la plume de cette innocente victime.
Pourquoi avez-vous peur mes bien-aimés ? Qui pourrait vous effrayer ? La moindre humidité suffit à dissoudre la glaise durcie dans laquelle fut modelée cette génération perverse. Et le seul fait de vous rassembler suffit à briser les forces de ces êtres méprisables et vains...
En ce jour, tout esprit éclairé reconnaîtra sans peine que les avis révélés par la plume de cet Opprimé constituent la force animatrice suprême pour faire avancer le monde et élever ses habitants.
Levez-vous donc ô peuples, et prenez la décision de triompher de vous-mêmes par le pouvoir de la puissance de Dieu, afin que la terre entière soit libérée de l'esclavage où la tiennent les dieux de ses vaines imaginations - qui lui ont déjà infligé tant de pertes et sont responsables de la misère de leurs infortunés adorateurs. Ces idoles sont les obstacles qui gênent l'homme dans ses efforts vers la perfection.
Nous chérissons l'espoir que la main du pouvoir divin voudra prêter son assistance à l'humanité et la relever de l'état de profond abaissement dans lequel elle est aujourd'hui tombée.
Dans l'une des tablettes se trouvent ces paroles: ô peuples de Dieu ! Renoncez à vos propres soucis, et que toutes vos pensées se concentrent sur ce qui est propre, à rétablir la prospérité de l'humanité et à sanctifier les âmes et les coeurs. Des actes purs et saints, une vie vertueuse et une excellente conduite vous permettront d'y réussir au mieux.
La vaillance des actes assurera le triomphe de cette cause, et leur sainteté en renforcera le pouvoir.
Attachez-vous à la justice, ô peuples de Bahá. Tel est le commandement que vous donne cet Opprimé, et la part qu'a d'abord choisie pour chacun de vous sa volonté sans contrainte.
O amis ! Il vous convient de rafraîchir et de revivifier vos âmes aux gracieuses faveurs qui pleuvent sur vous en ce divin printemps de rénovation des âmes.
L'Etoile du Matin de sa gloire a répandu sur vous son éclat, et les nuages de sa grâce sans limite vous ont enveloppés. Qu'elle sera grande la récompense de celui qui ne s'est pas privé de ce grand bienfait et n'a pas manqué de reconnaître sous ce nouveau vêtement la beauté de son Bien-Aimé.
Veillez, car le Malin se tient en embuscade, prêt à vous prendre au piège. Armez vous contre ses perfides stratagèmes et, guidés par la lumière du nom de Dieu qui voit toutes choses, sortez des ténèbres qui vous environnent.
Que votre vision embrasse le monde, au lieu de se confiner à vous-mêmes.
Le Malin est celui qui entrave l'essor et le progrès spirituel des enfants des hommes.
Il incombe, en ce jour, à tout homme, de s'attacher à ce qui est propre à servir les intérêts et à exalter la condition de chaque nation et de tout gouvernement juste.
Par chacun des versets qu'a révélés la plume du Très-Haut, les portes de l'amour et de l'unité ont été largement ouvertes à la face des hommes.
Nous avons déjà déclaré - et notre parole est la vérité même - :" Fréquentez les fidèles de toutes les religions dans un esprit d'amitié et de camaraderie. "
Tout ce qui était entre les enfants des hommes une cause d'éloignement, de trouble et de discorde, a été annulé et aboli par la révélation de ces paroles.
Les plus puissants instruments d'éducation de la race humaine ont été envoyés du ciel de la volonté divine pour ennoblir le monde de l'existence et élever l'âme et l'esprit des hommes.
Et de ce même ciel de la volonté du Dieu éternel et tout-puissant, sont descendues, par cette puissante révélation, la plus pure essence et l'expression la plus parfaite de tout ce qui a été dit ou écrit dans le passé.
Il a été jadis révélé: "L'amour de la patrie est un élément de la foi en Dieu. " Mais la Langue de Grandeur a, au jour de sa manifestation, proclamé: "La gloire n'est pas pour celui qui aime son pays mais pour celui qui aime le monde entier. "
Par la puissance que dégagent ces paroles sublimes, il a donné et imprimé aux mouvements ailés du coeur de l'homme, une impulsion et une orientation nouvelles, et du même coup effacé du saint livre de Dieu toute trace de restriction et de limitation.
O peuple de justice ! Brillez comme la lumière et resplendissez comme le feu qui brûlait dans le buisson ardent. Nul doute que les peuples et tribus de la terre - aujourd'hui divisés et ruinés par les flammes de l'inimitié et de la haine - ne se fondent dans l'unité au feu de votre amour.
Nous prions Dieu qu'Il garde ses créatures des mauvais desseins de ses ennemis. Il a, en vérité, pouvoir sur toutes choses.
Toute louange au seul vrai Dieu - exaltée soit sa gloire ! - pour avoir, par la plume du Très-Haut, forcé les portes du coeur des hommes.
Chacun des versets révélés par cette plume est un brillant portail qui montre les gloires d'une vie sainte et pieuse, et des oeuvres pures et sans tache.
Nos appels et notre message n'ont jamais été destinés au bénéfice exclusif de tel pays ou de tel peuple. C'est toute l'humanité qui doit adhérer fermement à ce qui lui a été révélé et octroyé. Alors, et alors seulement, elle atteindra à la vraie liberté. Toute la terre est illuminée de la gloire resplendissante de la révélation divine.
Celui qui, en l'an soixante, fut le héraut de la lumière de la direction divine (puisse toute la création lui être offerte en sacrifice ! ), se leva à cette date pour annoncer une révélation nouvelle de l'Esprit divin; vingt ans plus tard, il fut suivi par l'arrivée de Celui qui allait faire du monde le bénéficiaire de cette gloire promise, de cette merveilleuse faveur.
Admirez comment, dans son ensemble, l'humanité a été dotée de la capacité d'entendre la parole sublime de Dieu - de laquelle dépendent le rassemblement et la résurrection spirituelle de tous les hommes...
Que vos coeurs s'inclinent, ô peuple de Dieu, et suivez les conseils de votre vrai et incomparable Ami.
La parole de Dieu peut être comparée à un arbrisseau dont les racines plongent dans les coeurs des hommes. Il vous incombe d'assurer la croissance de cette plante en l'arrosant des eaux vives de la sagesse et des paroles saintes, de sorte que les racines en soient fortement fixées dans les coeurs, et que les branches s'en élèvent jusqu'au ciel, et au-delà.
O vous qui habitez la terre! Le trait distinctif de cette révélation suprême est que Nous avons, d'une part, effacé des pages du saint livre de Dieu tout ce qui était parmi les enfants des hommes une cause de discorde et de malice, et que, d'autre part, Nous avons posé les principes essentiels de la concorde, de la compréhension et de l'éternelle et parfaite unité. Heureux celui qui garde mes statuts.
Tant de fois, Nous avons adjuré nos bien-aimés d'éviter et, mieux, de fuir tout ce en quoi le moindre souffle du mal pouvait être décelé.
Le monde est en grand désarroi, et la dernière confusion règne dans l'esprit de ses habitants. Nous supplions le Tout-Puissant qu'Il veuille, en sa bonté, les illuminer de la gloire de sa justice et leur faire découvrir ce qui peut, en tout temps et en toutes circonstances, leur être profitable. Il est en vérité l'Omnipossédant, le Très-Haut.

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Chapitre: 44. "Gardez la crainte de Dieu, ô savants de la terre, et jugez avec équité la cause ..."

Gardez la crainte de Dieu, ô savants de la terre, et jugez avec équité la cause de cet illettré dont tous les livres de Dieu, le Protecteur, l'Etre subsistant par Lui-même, se sont portés garants. La peur de déplaire à Celui qui n'a ni pair ni égal ne vous soulèvera-t-elle point ?
Jamais Celui à qui l'on a fait tort ne s'est mêlé à vous. Il n'a point étudié vos écrits ni participé à vos disputes. Le vêtement même qu'il porte, ses boucles flottantes, son turban attestent la vérité de ses paroles.
Jusqu'à quand persisterez-vous dans votre injustice ? Voyez la demeure imposée à Celui qui est l'incarnation de la justice. Ouvrez les yeux, considérez quel est son sort et méditez avec application sur ce que vos mains ont accompli, afin de n'être pas privés de la lumière de son verbe divin, ni frustrés de votre part de l'océan de sa science.
Certains parmi les grands de ce monde et parmi les gens d'un rang moins élevé ont objecté que cet Opprimé n'appartient pas à l'ordre ecclésiastique ni ne descend du prophète. Dis: O vous qui vous réclamez de la justice! Réfléchissez un moment et vous reconnaîtrez que son état est infiniment exalté au-dessus de celui que vous prétendez qu'il devrait posséder.
La volonté du Tout-Puissant a décrété que ce serait d'une maison entièrement dépourvue de tout ce que possèdent les prêtres, docteurs, sages et savants que sa cause procéderait et se manifesterait.
Le souffle de l'Esprit divin l'ayant réveillé, lui ordonna de se lever pour proclamer sa révélation. Et voici qu'à peine tiré de son sommeil, il éleva la voix et appela à Dieu, le Seigneur des mondes, l'humanité tout entière.
Nous avons été incité à révéler ces paroles en considération de la faiblesse et de la fragilité des hommes; car, autrement, la cause que nous avons proclamée est telle qu'aucune plume ne la saurait décrire ni aucun esprit en concevoir la grandeur. De cela porte témoignage Celui qui possède le " livre-mère".

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Chapitre: 45. "Celui qui est la Beauté ancienne s'est laissé charger de chaînes pour que l'humanité ..."

Celui qui est la Beauté ancienne s'est laissé charger de chaînes pour que l'humanité soit libérée de son esclavage, et il a accepté d'être emprisonné dans cette puissante forteresse pour que le monde entier parvienne à la vraie liberté.
Il a bu jusqu'à la lie le calice de l'infortune afin que tous les peuples de la terre puissent atteindre à la joie éternelle et qu'ils soient remplis d'allégresse; ceci est dû à la miséricorde de votre Seigneur, le Compatissant, le très Miséricordieux.
Nous avons, ô croyants en l'Unité de Dieu, accepté d'être abaissé pour que vous soyez exaltés, et Nous avons souffert une multitude d'afflictions pour que vous deveniez florissants et prospères. Or, voyez comment ceux qui s'érigent en partenaires de Dieu ont forcé d'habiter la plus désolée des cités Celui-là même qui est venu reconstruire le mondes.

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Chapitre: 46. "Je ne me plains pas du fardeau de mon emprisonnement ..."

Je ne me plains pas du fardeau de mon emprisonnement, ni ne m'afflige de mon abaissement ou de la souffrance que j'endure aux mains de mes ennemis. Par ma vie, c'est là ma gloire, une gloire dont le Seigneur a orné sa propre Personne, si vous voulez savoir.
L'affront qu'on m'a fait subir a révélé la gloire dont la création avait été investie dès le commencement. Et par les cruautés que j'ai subies l'Etoile du Matin de la justice s'est manifestée, et elle a répandu sa splendeur sur les hommes.
Mes peines me viennent de ceux qui, s'abandonnant à leurs passions corrompues, prétendent pourtant s'associer à la foi de Dieu, le Clément, le Loué.
Il convient au peuple de Bahá de mourir au monde et à tout ce qu'il contient, d'être si détaché des choses terrestres que les habitants du paradis puissent respirer sur leurs vêtements la délicieuse senteur embaumée de la sainteté, et reconnaître sur leurs visages l'éclat du très-Miséricordieux; ainsi, ils pourront répandre au loin les signes de Dieu le Tout-Puissant, le très-Sage.
Ils sont manifestement dans l'erreur ceux-là qui, cédant aux inclinations de la chair, ont terni le beau nom de la cause de Dieu.

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Chapitre: 47. "O vous, les juifs ! Si vous voulez crucifier une seconde fois Jésus, l'Esprit de Dieu ..."

O vous, les juifs ! Si vous voulez crucifier une seconde fois Jésus, l'Esprit de Dieu, mettez-moi tout de suite à mort, car il s'est, en ma personne, manifesté à vous une seconde fois.
Traitez-moi comme il vous plaira, car j'ai fait voeu de sacrifier ma vie dans le chemin de Dieu. Je ne saurais craindre personne, même si toutes les puissances de la terre se liguaient contre moi.
Et vous, disciples de l'Evangile, s'il vous plaît de tuer Muhammad, l'Apôtre de Dieu, saisissez-vous de moi et me mettez à mort, car je suis lui et ma personne est identique à sa personne. Traitez-moi selon votre bon plaisir, car la plus profonde aspiration de mon coeur est d'accéder à la présence de mon Bien-Aimé, dans son royaume de gloire. Tel est le divin décret, si vous le voulez savoir.
Et vous, disciples de Muhammad, si vous vous sentez le désir de cribler de balles la poitrine de Celui qui vous a fait envoyer son livre, le Bayán, portez sur moi les mains et me persécutez, car je suis son Bien-Aimé, la manifestation de sa propre personne, quoique mon nom ne soit pas son nom.
Je suis venu enveloppé des nuées de la gloire, et Dieu m'a investi d'une invincible souveraineté. Il est, en vérité, l'Omniscient.
J'attends vraiment de vous le traitement que vous avez accordé à Celui qui est venu avant moi. De cela toutes choses portent témoignage, si vous êtes de ceux qui écoutent.
Et vous, enfin, disciples du Bayán, si vous avez résolu de verser le sang de Celui dont le Báb a proclamé la venue, de qui Muhammad a prophétisé l'avènement après que Jésus-Christ lui-même en eût annoncé la révélation, me voici devant vous, tout prêt et sans défense. Agissez envers moi selon votre bon plaisir.

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Chapitre: 48. "Dieu m'en est témoin! N'eussé-je pas ainsi contrevenu ..."

Dieu m'en est témoin! N'eussé-je pas ainsi contrevenu à ce qu'ont décrété les tablettes divines, j'aurais volontiers baisé les mains de quiconque eût voulu répandre mon sang dans le chemin du Bien-Aimé.
Je lui eusse de surcroît fait une part des biens terrestres que la sagesse m'a accordés, encore que celui qui eût perpétré une telle action eût provoqué la colère du Tout-Puissant, encouru sa malédiction et mérité d'être tourmenté durant l'éternité de Dieu, l'Omnipossédant, l'Equitable, le très-Sage.

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Chapitre: 49. "Sachez, en vérité, que toutes les fois que cet Adolescent tourne les yeux ..."

Sachez, en vérité, que toutes les fois que cet Adolescent tourne les yeux vers lui-même, il se juge l'être le plus insignifiant de toute la création. Mais lorsqu'il contemple le resplendissant éclat qu'il a reçu, le pouvoir de manifester, sa propre personne se transfigure à ses yeux en une souveraine puissance imprégnant l'essence de toutes choses, tant visibles qu'invisibles.
Gloire à Celui qui, par le pouvoir de la vérité, a envoyé la manifestation de sa propre Personne, et l'a chargée de porter son message à toute l'humanité.

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Chapitre: 50. "Sortez, ô nonchalants, du sommeil de la négligence, pour contempler l'éclat ..."

Sortez, ô nonchalants, du sommeil de la négligence, pour contempler l'éclat que sa gloire a répandu à travers le monde.
O aveugles, ô insensés, ceux qui jugent prématurée la venue de sa lumière ! Tardives ou précoces, les preuves sont là, manifestes, de sa gloire resplendissante. Il vous convient seulement de vérifier si cette lumière est, ou non, apparue.
Il n'est ni en votre pouvoir ni au mien de fixer l'heure de sa manifestation. L'impénétrable sagesse de Dieu en a, d'avance, déterminé le temps.
Contentez-vous donc de ce que Dieu a voulu pour vous, et de ce à quoi il vous a prédestinés...
O vous qui me voulez du mal! L'Etoile du Matin de l'éternelle Direction m'est témoin que s'il n'eût dépendu que de moi, je n'aurais jamais consenti à me distinguer parmi les hommes, car le nom que je porte dédaigne entièrement de se mêler à cette génération de langues souillées et de coeurs perfides.
Mais chaque fois que j'ai voulu garder le silence et me tenir en paix, voilà que j'ai entendu, à ma droite, l'appel du Saint-Esprit et que l'Etre suprême a paru devant moi; Gabriel m'a couvert de son ombre et l'Esprit de Gloire, s'agitant dans ma poitrine, m'a ordonné de me lever et de rompre le silence.
Si votre ouïe était purifiée et vos oreilles attentives, vous sentiriez que tous les membres de mon corps, que dis-je! tous les atomes de mon être portent témoignage à la vérité de cette proclamation que: " Hormis Dieu, il n'est point d'autre Dieu, et Celui dont la beauté est aujourd'hui manifeste est le reflet de sa gloire aux yeux de tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. "

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Chapitre: 51. "O peuple! Je jure par le seul vrai Dieu! Voici l'Océan d'où procèdent toutes mers ..."

O peuple! Je jure par le seul vrai Dieu! Voici l'Océan d'où procèdent toutes mers et auquel toutes mers seront finalement réunies. De Lui, tous les soleils furent engendrés, et à Lui tous retourneront.
Par sa puissance, les arbres de la révélation divine ont donné leurs fruits, dont chacun a été envoyé en la personne d'un prophète, porteur d'un message aux créatures de Dieu, dans chacun des innombrables mondes qu'en son universelle science, Dieu seul est capable de compter.
Et tout cela, il l'a accompli par le moyen d'une seule lettre de son Verbe, lettre révélée par sa plume que dirigeait son doigt soutenu par le pouvoir de la divine vérité.

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Chapitre: 52. "Dis: O peuple! Gardez précieusement en vous-mêmes la grâce ..."

Dis: O peuple! Gardez précieusement en vous-mêmes la grâce et la miséricorde de Dieu. Quiconque s'en sépare éprouve une perte cruelle.
Est-ce possible, ô peuple! Adorez-vous la poussière, et vous détournez-vous de votre Seigneur, le Clément, le très Généreux ? Craignez Dieu et ne soyez pas de ceux qui périssent.
Dis: Le livre de Dieu a été envoyé en la personne de cet Adolescent. Que soit donc sanctifié le nom de Dieu, le plus excellent des Créateurs! Gardez-vous, ô peuples du monde, de vous détourner de sa face. Bien plus, hâtez-vous d'accéder à sa présence, d'être de ceux qui Lui sont revenus.
Implorez votre pardon pour tous vos manquements à votre devoir envers Dieu, pour toutes vos transgressions contre sa cause, et ne soyez pas du nombre des insensés.
C'est Lui qui vous a créés, Lui qui a nourri vos âmes par ses enseignements et qui vous a rendus capables de reconnaître Celui qui est le Tout-Puissant, l'Exalté, l'Informé. C'est Lui encore qui a dévoilé à vos yeux les trésors de sa science et vous a fait monter au ciel de la certitude de sa foi irrésistible, irréfutable et sublime.
Veillez à ne vous point priver de la grâce de Dieu, à ne point ainsi réduire vos oeuvres à néant, à ne point, enfin, répudier cette révélation glorieuse.
Jugez avec équité la cause de Dieu, votre Créateur, contemplez ce qui a été envoyé du trône céleste, et méditez d'un coeur sanctifié et innocent. Alors, la vérité de cette cause vous apparaîtra aussi manifeste que la gloire du soleil en plein midi. Alors, vous serez du nombre de ceux qui ont cru en Lui.
Dis: La preuve première et principale de sa vérité est sa propre personne. Vient ensuite sa révélation. Et pour ceux qui ne reconnaissent ni l'une ni l'autre, il reste les paroles qu'Il a révélées en témoignage même de sa réalité. Voilà en vérité une manifestation de sa tendre miséricorde envers les hommes.
Il a doté toute âme de la capacité de reconnaître les signes de Dieu. Autrement, comment eût-il tenu la promesse qu'Il avait faite aux hommes ? Mais il n'est injuste envers personne et ne charge aucune âme au-delà de ce qu'elle peut supporter. il est, en vérité, le Compatissant, le très Miséricordieux.
Dis: Si grande est la gloire de la cause de Dieu que même les aveugles peuvent la percevoir, et à plus forte raison ceux-là dont la vue est aiguisée et la vision pure. Pour incapables qu'ils soient de percevoir la lumière du soleil, les aveugles n'en sentent pas moins la chaleur qu'il dispense.
Mais ceux-là qui, parmi les partisans du Bayán, sont aveugles de coeur - et de cela Dieu m'est témoin - se trouvent incapables, si longtemps que le soleil brille sur eux, de percevoir l'éclat de sa gloire et de sentir la chaleur de ses rayons.
Dis: O peuple du Bayán! Vous avez été choisi dans le monde pour connaître et reconnaître notre Personne. Nous vous avons amené du côté droit du paradis, tout près du lieu sacré d'où, en de multiples modulations, le feu immortel s'écrie:" il n'y a pas d'autre Dieu que moi, le Tout-Puissant, le Très-Haut. "
Prenez garde de ne vous point fermer, comme par un voile, aux rayons de cette Etoile du Matin qui brille au-dessus de la source de la volonté de votre Seigneur, le très-Miséricordieux, et dont la lumière a tout ensemble embrassé les petits et les grands de la terre.
Clarifiez votre vue de telle sorte que vous puissiez percevoir sa gloire de vos propres yeux, sans dépendre à cet égard d'aucun autre que de vous-même, car Dieu n'a jamais chargé aucune âme au-delà de ce qu'elle pouvait supporter.
Voilà ce qui a été transmis aux prophètes et aux messagers de l'ancien temps et ce qui se trouve rapporté dans les Ecritures. Efforcez-vous d'obtenir l'accès à cette immensité d'une existence que Dieu a voulue sans commencement ni fin, où sa voix s'est élevée et sur laquelle ont soufflé les brises délicieuses de sainteté et de gloire.
Ne vous dépouillez point de la robe de grandeur, ne souffrez pas que vos coeurs soient frustrés de la joie de rappeler le souvenir de votre Seigneur ni que vos oreilles soient privées d'entendre les douces mélodies de sa voix claire et persuasive.

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Chapitre: 53. "O Nasir, ô mon serviteur ! ..."

O Nasir, ô mon serviteur ! Dieu l'éternelle Vérité, m'en est témoin, le divin Adolescent a, en ce jour, élevé au dessus de la tête des hommes le calice de l'immortalité.
Il se tient dans l'attente sur son siège, se demandant quel oeil reconnaîtra sa gloire, et quel bras résolument se tendra pour prendre de sa main, blanche comme la neige, la coupe de vie pour y boire longuement.
Un petit nombre seulement se sont jusqu'ici désaltérés au cours tranquille de l'incomparable rivière de grâce de l'ancien Roi. Ceux-là occupent les plus hautes demeures du paradis et sont fermement établis sur les sièges d'autorité. Par la justice de Dieu! Ni les miroirs mêmes de sa gloire ni les révélateurs de ses noms, ni aucune chose créée, qui a été ou qui sera, ne les pourront jamais dépasser. Puissiez-vous le comprendre !
O Nasir, l'excellence de ce jour dépasse immensément la compréhension des hommes, si étendues que soient leurs connaissances et profond leur entendement. Mais combien davantage doit-elle dépasser les vaines imaginations de ceux qui se sont écartés de sa lumière et ont été tenus éloignés de sa gloire!
Si tu déchirais le voile épais qui t'aveugle, tu contemplerais une bonté que rien n'a égalé ni n'égalera jamais et à quoi rien n'a ressemblé ni jamais ne ressemblera, depuis le commencement qui n'a pas de commencement jusqu'à la fin qui n'a point de fin.
Quel langage devrait parler l'interprète de Dieu pour que ceux qu'un voile sépare de Lui reconnaissent sa gloire ?
Les justes qui habitent le royaume céleste boiront en abondance le vin de sainteté en mon nom, le très Glorieux. Et nul autre qu'eux n'aura part à ce bienfait.

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Chapitre: 54. "Par la justice de Dieu, mon Bien-Aimé ! Je n'ai jamais aspiré à aucune domination ..."

Par la justice de Dieu, mon Bien-Aimé ! Je n'ai jamais aspiré à aucune domination temporelle. Mon seul objet a été de donner aux hommes ce que j'avais été chargé de leur remettre par Dieu, le Généreux l'Incomparable, afin que, se détachant de tout ce qui appartient à ce monde, ils s'élèvent à des hauteurs que l'impie ne peut concevoir ni le pervers imaginer.

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Chapitre: 55. "Souviens-toi, ô Terre de Tá (Tihrán), des jours anciens où ton Seigneur ..."

Souviens-toi, ô Terre de Tá (Tihrán), des jours anciens où ton Seigneur t'avait enveloppée de l'éclat de sa gloire et avait fait de toi le siège de son trône. Combien furent nombreux ces êtres sanctifiés, ces symboles de certitude qui, dans leur grand amour, te sacrifièrent leur vie et tout ce qu'ils possédaient.
Réjouis-toi, et que soient bénis ceux qui t'habitent. Car de toi, je l'atteste, - et tout coeur éclairé le sait bien - procède le souffle de vie de Celui qui est le Désir du monde. En toi, l'Invisible a été révélé, et de toi a été tiré au jour ce qui était caché aux yeux des hommes.
Parmi la multitude de tes bien-aimés qui versèrent leur sang au-dedans de ton enceinte et dont la cendre repose en ton sol, quel est celui dont Nous rappellerons en ce jour le souvenir ? Les doux parfums de Dieu n'ont cessé et ne cesseront jamais d'être répandus sur toi.
Notre plume se sent poussée à commémorer ton souvenir et à exalter les victimes de la tyrannie, ces hommes et ces femmes qui dorment en poussière. Parmi eux est notre propre soeur, dont Nous rappelons aujourd'hui le souvenir en signe de notre fidélité à sa mémoire, et en gage de la tendresse que Nous lui gardons. Que lamentable fut son sort ! Et avec quelle résignation elle retourna à son Dieu ! Nous seul le pouvons savoir, de qui la connaissance embrasse toutes choses.
O Terre de Tá, tu es encore, par la grâce de Dieu, un centre autour duquel s'assemblent ses bien-aimés. Heureux sont ceux-là; heureux tous ceux qui, lors des souffrances qu'ils endurent dans la voie vers Dieu, le Seigneur de ce jour merveilleux, cherchent en toi leur refuge !
Bénis sont ceux qui n'oublient pas le seul vrai Dieu, qui magnifient son nom et s'efforcent de servir sa cause. C'est à de tels hommes que se réfèrent les anciens livres sacrés.
C'est à eux que le Commandeur des fidèles a prodigué sa louange en disant: " La bénédiction qui les attend dépasse la bénédiction dont nous jouissons aujourd'hui. ". Il a dit ainsi la vérité, et Nous en portons témoignage. La gloire, toutefois, de leur condition n'a pas encore été dévoilée.
Mais la main du divin pouvoir lèvera certainement le voile et exposera à la vue des hommes ce qui est propre à réjouir et à éclairer l'oeil du monde tout entier.
Rendez grâces à Dieu, l'éternelle Vérité (exaltée soit sa gloire!) pour avoir obtenu de Lui une faveur si merveilleuse et vous trouver ainsi ornés de la parure de sa louange.
Sentez tout le prix de ces jours, et attachez-vous à tout ce qui convient à cette révélation. Il est, en vérité, le Conseiller, le Compatissant, l'Omniscient.

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Chapitre: 56. "Que rien ne t'attriste, ô Terre de Tá (Tihrán), car Dieu t'a choisie ..."

Que rien ne t'attriste, ô Terre de Tá (Tihrán), car Dieu t'a choisie pour être la source de la joie de l'humanité tout entière. Si telle est sa volonté, Il bénira ton trône en y plaçant un homme qui gouvernera avec justice et rassemblera le troupeau de Dieu dispersé par les loups.
Un tel chef se tournera avec joie et allégresse vers les peuples de Bahá et étendra sur eux ses faveurs. Il est, en vérité, aux yeux de Dieu, un joyau parmi les hommes. Sur lui reposent pour toujours la gloire de Dieu et la gloire de ceux qui habitent le royaume de sa révélation.
Que ta joie soit immense car Dieu, en faisant naître sur ton sol la manifestation de sa gloire, a fait de toi "l'orient de sa lumière". Sois heureuse de ce nom qui t'a été donné, nom par lequel l'Etoile du Matin de grâce a répandu son éclat et qui a illuminé tout ensemble la terre et le ciel.
Avant peu, l'état de tes affaires changeras et les rênes du pouvoir seront remises aux mains du peuple. En vérité, ton Seigneur est l'Omniscient. Son autorité embrasse toutes choses. Sois certaine de la bienveillante faveur de ton Seigneur. L'oeil de sa tendre bonté est pour l'éternité fixé sur toi. Et le jour approche où ton agitation se transformera en paix et en tranquillité. Ainsi en a-t-il été décrété dans le livre merveilleux.

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Chapitre: 57. "Après avoir quitté la cour de ma présence, dirige, ô Muhammad, tes pas vers ..."

Après avoir quitté la cour de ma présence, dirige, ô Muhammad, tes pas vers ma maison, (la maison de Baghdád) et visite-la de la part de ton Seigneur.
Quand tu en auras atteint le seuil, arrête-toi et dis: "Qu'est devenue la Beauté antique, ô grande maison de Dieu, Celui par qui Dieu a fait de toi le point central d'adoration du monde et qui t'a choisie comme le signe de son souvenir pour tous ceux qui sont sur la terre et dans les cieux ?
Oh ces jours d'autrefois où toi, ô maison de Dieu, tu devins le marchepied divin, ces jours où, de tes lèvres, s'exhalaient les accents ininterrompus de la mélodie du très Miséricordieux ! Qu'est-il advenu de ton joyau dont la gloire a irradié toute la création ? Où sont les jours où Lui, l'ancien Roi, avait fait de toi le trône de sa gloire, les jours où il t'avait entre toutes choisie pour être la lampe suspendue entre le ciel et la terre, et pour répandre, à l'aube et le soir, le suave parfum du très-Glorieux ?
Où est, ô maison de Dieu, le Soleil de puissance et de majesté qui t'avait enveloppée de l'éclat de sa présence ? Où est l'aube des tendres miséricordes de ton Seigneur, l'Inasservi, qui avait établi son siège en ton enceinte ? Qu'est-ce qui a pu ainsi altérer ton aspect et faire trembler tes piliers ? Qu'est-ce qui a fermé ta porte à la face de ceux qui, avidement te cherchaient ?
Qu'est-ce qui t'a réduite à une telle désolation ? T'aurait-on dit que le Bien-Aimé est en fuite devant les épées de ses ennemis ? Que le Seigneur te bénisse et qu'Il bénisse la fidélité que tu Lui as gardée en demeurant sa compagne à travers ses malheurs et ses souffrances.
J'atteste que tu es le théâtre de sa gloire transcendante et sa plus sainte habitation. De toi est parti ce souffle du très Glorieux qui a passé sur toute la création et rempli de joie le coeur des dévots habitant les demeures du paradis.
L'Assemblée suprême et ceux qui occupent les cités des noms de Dieu pleurent sur toi et se lamentent sur les malheurs qui te sont advenus.
Tu es toujours le symbole des noms et attributs du Tout-Puissant, le point où se dirigent les regards du Seigneur de la terre et des cieux.
Il t'est arrivé ce qui arriva à l'arche d'alliance où le gage de sécurité donné par Dieu se trouvait enfermé.
Bien en prend à qui saisit le sens de ces paroles et reconnaît le dessein de Celui qui est le Seigneur de toute la création.
Heureux ceux qui respirent les doux parfums du Miséricordieux qui se dégagent de toi! Heureux ceux qui reconnaissent ton élévation, sauvegardent ta sainteté et révèrent en tout temps ta condition.
Nous supplions le Tout-Puissant de permettre que ceux qui se sont détournés de toi et ont ainsi été incapables d'apprécier ta valeur, puissent finalement te reconnaître, en même temps que Celui qui, par le pouvoir de la vérité, t'a élevée à de si hauts sommets.
Aveugles sont, en vérité, ceux qui, bien que vivant près de toi en ce jour, te méconnaissent entièrement. Ton Seigneur est véritablement le Bienveillant, le Clément.
J'atteste que, par toi, Dieu a mis à l'épreuve le coeur de ses serviteurs. Béni l'homme qui dirige vers toi ses pas et te visite ! Et malheur à qui te dénie ton droit, se détourne de toi, déshonore ton nom et profane ta sainteté !
Ne t'afflige pas, ô maison de Dieu, si le voile de ta sainteté est déchiré par la main des infidèles. Dieu, dans le monde de la création, t'a ornée du joyau de son souvenir. Et c'est là une parure qu'aucun homme ne pourra jamais profaner.
Vers toi, en toutes circonstances, les yeux de ton Seigneur resteront dirigés. En vérité, il tendra l'oreille à la prière de tous ceux qui te visiteront, qui graviteront autour de toi et l'appelleront en ton nom. Il est, en vérité, le Clément, le Miséricordieux.
Je te supplie, ô mon Dieu, par cette maison qui a subi de si grands changements en se séparant de toi et qui se plaint d'être loin de ta présence et se lamente au sujet de tes tribulations, de nous pardonner, à moi, à mes parents et à mes proches, ainsi qu'à tous ceux de mes frères qui ont cru en toi.
Daigne par ta bonté, ô toi qui es le Roi des noms, pourvoir à tous mes besoins. Tu es le plus Généreux d'entre les généreux, le Seigneur de tous les mondes. "

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Chapitre: 58. "Rappelle-toi ce qui fut révélé à Mihdi, notre serviteur ..."

Rappelle-toi ce qui fut révélé à Mihdi, notre serviteur, la première année de notre exil sur la Terre du Mystère (Andrinople). Nous lui prédîmes alors ce qui devait arriver, dans les jours à venir, à notre maison de Baghdád, afin qu'il ne se chagrinât point des actes de violence et de pillage dont elle avait été déjà l'objet. En vérité, le Seigneur, ton Dieu, sait tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre.
Nous lui écrivîmes: "Ce n'est pas là la première humiliation infligée à ma maison. Les indignités furent autrefois accumulées sur elle par la main de l'oppresseur. Et elle sera, en vérité, dans le temps qui vient, si abaissée que les larmes en couleront de tous les yeux doués de discernement. " Ainsi, Nous te découvrons des choses cachées sous le voile et que peut seul connaître Dieu, le Tout-Puissant, le Loué.
Mais une fois les temps accomplis, Dieu, par le pouvoir de la vérité, exaltera cette maison aux yeux des hommes. Il en fera l'étendard de son royaume, le sanctuaire autour duquel se pressera le concours des fidèles. Ainsi a parlé le Seigneur, ton Dieu, avant que n'arrive le jour de la lamentation.
Nous te donnons cette révélation dans notre sainte tablette, afin que tu ne t'affliges pas de ce qui est advenu à notre maison du fait des assauts de l'ennemi. Toute louange à Dieu, l'Omniscient, le très-Sage !

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Chapitre: 59. "Tout esprit exempt de préjugé admettra sans peine ..."

Tout esprit exempt de préjugé admettra sans peine que depuis l'aube de sa révélation, cet Opprimé a invité toute l'humanité à se tourner vers l'aube de gloire et a sévèrement proscrit la corruption, la haine, l'oppression et toute méchanceté. Et voyez cependant ce qu'ont forgé les mains de l'oppresseur. Aucune plume n'oserait décrire sa tyrannie.
Bien que Celui qui est l'éternelle Vérité ait voulu conférer à tous les hommes la vie éternelle et assurer la sécurité et la paix, voyez comme ils se sont levés pour répandre le sang de ceux qu'il aime et prononcer contre lui la sentence de mort.
Et les instigateurs d'une telle oppression sont ceux-là mêmes qui, bien qu'insensés, sont réputés sages entre les sages.
Tel est leur aveuglement que, avec une rigueur non simulée, ils jetèrent Celui-là dans cette désolante prison fortifiée, alors que le monde avait été créé pour ceux qui serviraient à son seuil.
Mais en dépit d'eux et de ceux qui ont répudié la vérité de cette "Annonciation Suprême", le Tout-Puissant a transformé pour Nous cette prison en un sublime paradis, qui est, en vérité, le Paradis des paradis.
Nous n'avons point refusé les assistances d'ordre matériel qui pouvaient soulager nos afflictions. Mais chacun de nos compagnons Nous rendra ce témoignage, que notre cour sainte reste bien au-dessus de ces bienfaits matériels. Nous n'en avons pas moins, en cette prison, accepté de nos amis ce dont les infidèles s'efforçaient de nous priver.
Et s'il se trouve un homme qui souhaite élever, en notre nom, un temple d'or et d'argent pur, ou quelque maison sertie de pierres d'inestimable valeur, nul doute que son désir ne s'accomplisse.
Libre, de plus, à qui le voudra, de construire à travers ce pays de nobles et imposants édifices et de dédier au culte du seul vrai Dieu (exaltée soit sa gloire !) les territoires qui bordent et avoisinent le Jourdain, en sorte que s'accomplissent les prophéties enregistrées dans les saintes Ecritures par la plume du Très-Haut, et que le dessein de Dieu dans cette sublime, puissante et merveilleuse révélation, soit rendu manifeste.
Nous avons jadis prononcé ces paroles: "Etends sur eux ta robe, ô Jérusalem !". Méditez-les, ô peuple de Bahá, et rendez grâce à votre Seigneur, l'Exégète, l'Evidence même.
Si les mystères étaient dévoilés, qui ne sont encore connus que de Dieu, toute l'humanité contemplerait les preuves de la plus parfaite justice. Guidés par une absolue certitude, tous les hommes s'attacheraient aux commandements divins et les observeraient strictement.
Nous avons, dans notre livre, décrété qu'une magnifique récompense serait le prix de quiconque se détournerait du mal pour mener une bonne et sainte vie. Il est, en vérité, le grand Donateur, le très Généreux.

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Chapitre: 60. "Ma captivité n'a pour moi rien d'infamant ..."

Ma captivité n'a pour moi rien d'infamant. Bien mieux, je la tiens pour glorieuse. Ce qui me rend honteux, c'est la conduite de ceux de mes partisans qui professent qu'ils m'aiment, cependant qu'en fait ils suivent le Malin. Ceux-là vraiment sont du nombre des égarés.
Quand vint le temps fixé pour cette révélation et que celui qui est l'Etoile du Matin du monde apparut en Iráq, il ordonna à ses fidèles d'observer ce qui était propre à les purifier de toutes souillures terrestres. Mais tandis que les uns, ainsi guidés dans la bonne direction, marchaient dans la voie de la justice, d'autres préférèrent suivre leurs inclinations corrompues.
Dis: Il n'est point du peuple de Bahá celui qui cède aux désirs d'ordre terrestre ou qui fixe son coeur sur les choses de ce monde. Il est mon vrai disciple celui qui, passant par une vallée d'or pur, la traversera comme fait le nuage, sans s'arrêter ni revenir en arrière. Sur son vêtement, l'Assemblée céleste peut respirer le parfum de la sainteté...
Et s'il vient en contact avec la plus belle, la plus avenante et la plus séduisante des femmes, il ne ressent pas en son coeur, pour sa beauté, l'ombre même d'un désir. Celui-là est, en vérité, l'incarnation de la plus pure chasteté. Ainsi vous instruit la plume de l'Ancien des jours, sur l'ordre de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le très-Généreux.

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Chapitre: 61. "Le monde est en travail, son agitation croît de jour en jour ..."

Le monde est en travail, son agitation croît de jour en jour. Il est tourné vers l'incroyance et la perversité. Mais tel sera son sort, que Nous ne jugeons ni à propos, ni convenable de le dévoiler maintenant.
Il s'obstinera longtemps encore dans sa perversité, et quand l'heure fixée sera venue, soudainement, apparaîtra ce qui fera trembler les membres de l'humanité. Alors, et alors seulement, sera déployé le divin étendard; alors, et alors seulement, le Rossignol des cieux fera entendre sa pure mélodie.

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Chapitre: 62. "Rappelle-toi mes chagrins, mes soucis et mes anxiétés ..."

Rappelle-toi mes chagrins, mes soucis et mes anxiétés, mes malheurs et mes épreuves, ma captivité, l'amertume de mon angoisse, et vois comment je suis aujourd'hui prisonnier sur cette terre lointaine.
Dieu, ô Mustafá, m'en est témoin, si le récit t'était fait de ce qui est advenu à la Beauté antique, tu fuirais dans le désert et tu éclaterais en longs sanglots. Dans ton désespoir, tu te frapperais la tête, et tu pousserais des cris pareils aux hurlements de douleur qu'arrache à celui qui en a été piqué le dard de la vipère.
Rends donc grâces à Dieu de ce que Nous ayons refusé de te divulguer les décrets insondables qui Nous furent envoyés du ciel de la volonté de ton Seigneur, le Tout-Puissant.
Par la justice de Dieu ! Tous les matins en me levant, je découvrais, massées en troupe derrière ma porte, des afflictions sans nombre, et chaque soir en me couchant mon coeur était déchiré de ce qu'il avait souffert tout le jour par l'infernale cruauté de mes ennemis.
Et maintenant, chaque morceau de pain que rompt la Beauté antique s'accompagne de l'assaut d'une affliction nouvelle, et à chaque goutte qu'elle boit se mêle l'amertume de la plus cruelle des épreuves. Elle ne peut faire un pas que ne précède une armée de calamités imprévues, et des légions d'horribles souffrances forment son arrière-garde.
Tel est mon sort, si tu le veux méditer en toi-même. Mais que pourtant ton âme ne s'attriste pas de ce que Dieu a fait pleuvoir sur Nous.
Abandonne plutôt ta volonté devant son bon plaisir, car Nous n'avons jamais désiré autre chose que l'accomplissement de sa volonté, et chacun de ses irrévocables décrets a été pour Nous le bienvenu.
Arme donc ton coeur de patience et ne te laisse pas effrayer. Ne suis pas la voie de ceux qui sont gravement perturbés.

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Chapitre: 63. "O toi, dont la face s'est tournée vers moi! ..."

O toi, dont la face s'est tournée vers moi! D'aussi loin que tu apercevras ma cité natale, (Tihrán), arrête toi et dis: "Je suis venu à toi depuis la prison, ô Terre de Tá porteur de nouvelles de Dieu, le Protecteur dans le danger, l'Etre subsistant par Lui-même. "
O toi, mère du monde et fontaine de lumière pour tous ses peuples, voici les tendres miséricordes de ton Seigneur, et je te salue au nom de Celui qui est la Vérité éternelle, l'Omniscient. J'atteste que, dans tes murs, Celui qui est le Nom caché fut révélé, et que fut découvert le trésor invisible. Par toi a été livré au monde le secret de toutes choses, tant passées qu'à venir.
O Terre de Tá, Celui qui est Seigneur des noms, en son séjour de gloire, rappelle ton souvenir. Tu as été l'aube de la cause de Dieu, la fontaine de sa révélation, la manifestation de son plus grand Nom qui fait trembler les coeurs et les âmes des hommes.
Combien furent nombreux ces hommes et ces femmes, victimes de la tyrannie, qui, dans tes murs, donnèrent leur vie dans le chemin de Dieu et furent ensevelis dans ton sol, avec une cruauté qui fait se lamenter sur leur sort tout honoré serviteur de Dieu !

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Chapitre: 64. "Nous voulons rappeler le souvenir de cette demeure ..."

Nous voulons rappeler le souvenir de cette demeure de suprême bénédiction (Tihrán), de cette cité brillante et sainte sur laquelle fut répandu le parfum du Bien-Aimé, où ses signes ont été publiés, les preuves de sa gloire révélées, ses étendards déployés, où enfin son tabernacle fut établi, et proclamé chacun de ses sages et impénétrables décrets.
C'est la ville d'où se sont dégagés les doux parfums de la réunion, la cité sainte qui a rapproché de Dieu ses sincères amis et leur a donné accès à la demeure de beauté et de sainteté.
Heureux le voyageur qui dirige ses pas vers cette cité et qui, s'y étant fait admettre, boit le vin de la réunion par la grâce de son Seigneur, le Bienveillant, le Loué.
Je suis venu à toi, ô terre après laquelle soupirent tous les coeurs, porteur des nouvelles de Dieu, et je t'annonce sa gracieuse faveur et sa miséricorde, et en son nom je te salue et je te magnifie. Il est, en vérité, d'une bonté et d'une générosité sans bornes.
Heureux l'homme qui se tourne vers toi, qui respire auprès de toi le parfum de la présence de Dieu, le Seigneur de tous les mondes !
Sa gloire est sur toi et l'éclat de sa lumière t'enveloppe, car il a fait de toi un paradis pour ses serviteurs, et proclamé que tu étais la terre bénie et sacrée dont il a Lui-même parlé dans ses livres et que ses prophètes et messagers ont fait connaître.
Par toi, ô terre de resplendissante gloire, a été déployée la bannière portant ces mots: "il n'y a pas d'autre Dieu que Lui. " Et par toi, l'étendard a été hissé, qui proclame: "Je suis la Vérité, Celui qui connaît les choses invisibles. "
Il convient que chacun de ceux qui te visitent se glorifie en toi, et en tes habitants qui sont sortis de mon arbre et qui en sont les feuilles, qui sont les signes de ma gloire, mes disciples et mes bien-aimés et qui, avec une ferme résolution, ont porté leur regard vers ma condition glorieuse.

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Chapitre: 65. "Rappelle-toi ton arrivée dans la ville de Constantinople ..."

Rappelle-toi ton arrivée dans la ville de Constantinople, et comment les ministres du sultán, te jugeant étranger à tout ce qui constituait leurs lois et règlements, te rangèrent d'emblée parmi les ignorants. Dis: Certes! Par mon Seigneur! Je suis ignorant de toutes choses, à l'exception de celles qu'il a plu à Dieu, dans sa bonté, de m'enseigner. Mon ignorance, je l'atteste et la confesse sans aucune hésitation.
Dis: Si vos lois et règlements auxquels vous vous attachez sont votre oeuvre, Nous ne Nous y conformerons en aucune manière. Telles sont les instructions que Nous avons reçues de Celui qui est le très-Sage, l'Omniscient. Telle fut dans le passé notre attitude et telle elle restera dans l'avenir, par le pouvoir de Dieu et sa puissance. Et là est le vrai et droit chemin.
Mais si ces lois viennent de Dieu - et que vous puissiez dire la vérité -, apportez-en la preuve.
Dis: Tout ce qu'ils t'ont imputé et tout ce qu'ils t'ont fait, Nous l'avons consigné dans un livre où sont enregistrées, depuis les plus insignifiantes, toutes les actions des hommes.
Dis: Il vous sied, ô ministres d'Etat, de garder les préceptes de Dieu, de renoncer à vos lois et règlements et d'être, ainsi, de ceux qui sont guidés comme il faut. Cela sera pour vous meilleur que tout ce que vous possédez, si vous le pouviez savoir.
Si vous transgressez le commandement de Dieu, pas un iota de vos oeuvres ne trouvera grâce devant Lui. Vous découvrirez avant peu les conséquences de ce que vous aurez fait en votre vie inutile, et vous en recevrez le juste salaire. Telle est la vérité, l'indubitable vérité.
Combien, dans les âges passés, commirent ce que vous avez commis et qui, bien que d'un rang supérieur au vôtre, retournèrent en poussière et furent livrés à leur sort inéluctable ! Si seulement vous pouviez méditer profondément sur la cause de Dieu! Vous marcherez sur leurs traces, et vous entrerez ainsi dans une demeure où vous ne trouverez ni amitié ni aide d'aucune sorte.
Il vous sera demandé compte de vos actes, de tous vos manquements envers la cause de Dieu, et du dédaigneux rejet que vous aurez fait de ses amis qui venaient à vous en toute sincérité. C'est vous qui, ayant délibéré entre vous sur leur cas, avez préféré suivre l'impulsion de vos mauvais désirs et négliger le commandement de Dieu, le Protecteur dans le danger, le Tout-Puissant.
Dis: Eh quoi ! Rejetterez-vous les préceptes de Dieu pour vous attacher à vos propres stratagèmes ? C'est à vous-mêmes, autant qu'aux autres, que vous faites ainsi tort, puissiez-vous le comprendre !
Dis: Si vos règles et principes se fondent sur la justice, comment se fait-il que vous suiviez ceux qui s'accordent avec vos inclinations corrompues et que vous rejetiez ceux qui les contrarient ?
De quel droit prétendez-vous juger équitablement entre les hommes ? Est-ce au nom de ces principes et de ces règles que vous avez repoussé Celui qui, sur votre ordre, s'était présenté devant vous ? Est-ce pour vous y conformer que vous le persécutez, que vous lui infligez tous les jours de si indignes traitements ? Vous a-t-il, ne fût-ce qu'un moment, jamais désobéi ?
Tous les habitants de l'Iráq et, avec eux, tous les observateurs pourvus de discernement rendront témoignage à la vérité de mes paroles. Soyez équitables en votre jugement, ô ministres d'Etat! Qu'avons-Nous commis qui justifie notre exil ? Quelle est l'offense qui puisse motiver notre bannissement ?
C'est Nous qui vous avons cherchés. Et voyez, cependant, comment vous avez refusé de Nous recevoir ! C'est là, par Dieu ! une grave injustice que vous avez commise, une injustice que n'égale aucune autre injustice commise sur la terre. De cela est témoin le Tout-Puissant Lui-même...
Sachez que le monde et ses vanités passeront. Rien ne durera que le royaume de Dieu qui n'appartient qu'à Lui, le souverain Seigneur de toutes choses, le Protecteur dans le danger, le très-Glorieux, le Tout-Puissant.
Les jours de votre vie s'écouleront, toutes les choses périront, qui maintenant vous occupent et flattent votre vanité, et par une milice de ses anges, vous serez sommés à comparaître en ce lieu où la création sera saisie de crainte et de tremblement et où la chair de tout oppresseur frémira.
Il vous sera demandé compte de tout ce que vos mains auront ouvré en votre vaine existence et vous en recevrez le juste salaire.
Voici le jour qui, inéluctablement, s'abattra sur vous, voici l'heure que nul ne pourra différer. De cela porte témoignage la langue de Celui qui dit la vérité, et qui est l'Omniscient.

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Chapitre: 66. "Craignez Dieu, habitants de la cité (Constantinople) ..."

Craignez Dieu, habitants de la cité (Constantinople), et ne semez point parmi les hommes le germe de la discorde. Ne suivez pas les sentiers du Malin.
Marchez plutôt, durant les quelques jours qui vous restent à vivre, dans les voies du seul vrai Dieu. Vos jours passeront comme ont passé les jours de ceux qui vous ont précédés, et comme vos pères y sont retournés, vous retournerez à la poussière.
Sachez que je n'ai peur de personne que de Dieu, qu'en nul autre que Lui je n'ai placé ma confiance, que je ne suis attaché qu'à Lui seul et que je ne désire rien d'autre que ce qu'Il a désiré pour moi. Telle est, en vérité, puissiez-vous le savoir, l'unique espérance de mon coeur.
J'ai offert en sacrifice à Dieu, le Seigneur de tous les mondes, mon âme et mon corps.
Quiconque a connu Dieu ne connaîtra jamais que Lui, et quiconque a craint Dieu, n'aura point d'autre crainte, alors même que toutes les puissances de la terre se dresseraient contre lui.
Je ne parle que sur son ordre et, par le pouvoir de Dieu et par sa puissance, je ne suis que sa vérité.
Certes, je vous le dis, il récompensera les coeurs sincères.
Conte, ô serviteur, les choses dont tu fus témoin, lors de ton arrivée dans la ville, afin que ton témoignage reste parmi les hommes et serve d'avertissement à ceux qui croient: A notre arrivée dans la cité, Nous avons trouvé les dirigeants et les ministres de la religion assemblés comme des enfants qui jouent avec le sable.
Nous n'en avons pas trouvé un seul d'une maturité d'esprit suffisante pour acquérir de Nous les vérités que Nous tenons de Dieu ni pour recevoir nos merveilleuses paroles de sagesse.
Nous avons pleuré en notre coeur sur eux et sur leurs transgressions, sur leur totale négligence de ce pour quoi ils furent créés. Voilà ce que Nous avons observé dans cette cité et ce que Nous avons voulu noter dans notre livre pour leur servir d'avertissement, ainsi qu'au reste de l'humanité.
Dis: Si vous aspirez aux vanités de ce monde, pourquoi ne les avoir point cherchées alors que vous étiez dans le sein de votre mère, car alors, - puissiez-vous le comprendre - vous ne cessiez de vous en approcher. Mais depuis votre naissance et à mesure que vous avez avancé en âge, vous vous en êtes constamment éloignés et vous n'avez cessé de tendre à retourner à la poussière.
Pourquoi donc cette avidité à amasser les trésors de la terre, alors que vos jours sont comptés et que l'occasion de les acquérir est à peu près perdue ?
Ne vous déciderez-vous pas, ô négligents, à sortir de votre sommeil ? Tendez l'oreille aux avis que, pour l'amour de Dieu, vous donne ce serviteur. Il n'attend de vous, en vérité, aucune récompense et, entièrement soumis à la volonté de Dieu, il est d'avance résigné à ce que cette volonté lui réserve.
Les jours de votre vie sont déjà largement dépensés, ô peuple, et votre fin approche à grands pas. Renoncez donc à ces vaines entreprises qui vous retiennent encore et attachez-vous aux préceptes de Dieu, afin d'obtenir ce qu'Il vous a destiné et d'être de ceux qui suivent le droit chemin.
Ne vous délectez pas des choses de ce monde et de ses vains ornements, et ne placez point en elles vos espérances. Que votre confiance repose tout entière dans le souvenir de Dieu, le très Sublime et le très-Grand.
Avant peu, il réduira à néant tout ce que vous possédez. Qu'Il soit donc votre crainte, n'oubliez pas l'alliance qu'Il a faite avec vous, et ne soyez point de ceux qu'un voile sépare de Lui.
Gardez-vous de vous enfler d'orgueil en sa présence et de repousser ceux qu'Il aime. Soumettez-vous plutôt humblement aux fidèles, à ceux qui ont cru en Lui et à ses signes, dont les coeurs témoignent de l'unité que leurs bouches proclament, et qui ne parlent que par sa permission.
Nous vous exhortons ainsi au nom de la justice, et nous vous avertissons, au nom de la vérité, pour vous tirer, si possible, de votre sommeil.
Ne faites peser sur aucune âme un poids dont vous ne voudriez point que la vôtre fût chargée, et ne souhaitez à personne les choses que vous ne souhaitez pas pour vous-mêmes. Tel est le meilleur conseil que je vous puisse donner, si vous le voulez suivre.
Respectez parmi vous les ministres de la religion et les savants, ceux du moins dont la conduite s'accorde avec ce qu'ils professent, qui ne transgressent point les limites fixées par Dieu, et dont les jugements sont conformes aux commandements révélés dans son livre. Sachez qu'ils sont des lampes destinées à guider ceux qui sont dans les cieux et sur la terre. En vérité, qui dédaigne et néglige les prêtres et savants de son entourage s'aliène la grâce dont Dieu le voulait favoriser.
Dis: Attendrez-vous pour vous amender d'avoir perdu cette grâce ? Rien ne lui échappe. Il connaît les secrets des cieux et de la terre. Sa science embrasse toutes choses.
Ne vous réjouissez pas de ce que vous avez fait ni de ce que vous ferez, et ne soyez pas heureux de la souffrance que vous Nous avez infligée, car ce n'est pas ainsi que vous vous élèverez, pas plus que vous Nous rabaisserez, si vous pouvez juger avec discernement.
Bien mieux, Dieu ajoutera encore à la récompense qu'Il Nous destine pour avoir souffert avec patience les tribulations que Nous avons subies. En vérité, Il augmentera toujours le salaire de ceux qui endurent avec constance.
Sachez que, de temps immémorial, épreuves et tribulations furent le lot des élus de Dieu et de ses bien-aimés, de ses serviteurs détachés de tout ce qui n'est pas Lui, de ceux qu'aucun commerce ni négoce ne détournent du souvenir du Tout-Puissant, de ceux qui ne parlent que lorsqu'Il a parlé et qui observent son commandement. Telle fut dans le passé la méthode de Dieu, telle elle restera dans l'avenir.
Bénis ceux qui souffrent avec longanimité, qui restent patients dans les peines et dans les privations, qui ne se lamentent point sur ce qui leur advient, qui marchent, enfin, dans le sentier de la résignation...
Le jour approche où Dieu suscitera un peuple qui rappellera le souvenir de nos jours, qui fera le récit de nos épreuves et exigera de ceux qui, sans la moindre preuve Nous ont si indignement traité, la restitution de nos droits.
Dieu assurément a tout pouvoir sur les vies de ceux qui Nous ont fait du tort, et Il connaît toutes leurs actions. Nul doute que son bras ne s'appesantisse sur eux à cause de leurs péchés. Il est, en vérité, le plus terrible des vengeurs.
Nous vous avons ainsi entretenus des affaires du seul vrai Dieu, en vous faisant connaître les choses qu'Il a préordonnées, afin que vous sollicitiez de Lui votre pardon, que vous Lui reveniez animés d'un sincère repentir, et qu'ayant ainsi pris conscience de vos fautes et secoué votre torpeur, vous sortiez de votre insouciance pour expier tous vos méfaits et vous résoudre à faire le bien.
Que celui qui voudra, reconnaisse la vérité de mes paroles. Quant à celui qui s'y refuse, eh bien, qu'il reste avec son refus.
Ma seule tâche est de vous rappeler que vous avez failli à votre devoir envers la cause de Dieu, pour le cas où vous seriez de ceux qui prennent garde à mes avertissements. Ecoutez-les donc, repentez-vous et retournez à Dieu afin que, par sa grâce, il vous prenne en miséricorde, vous lave de vos péchés et vous pardonne vos offenses.
La grandeur de sa miséricorde dépasse la violence de sa colère, et sa grâce embrasse, dans le passé et dans l'avenir, tous ceux qui, ayant été appelés à la vie, ont reçu ou recevront la robe de vie.

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Chapitre: 67. "Cette révélation a fait apparaître ce qui jusqu'à elle n'avait encore jamais apparu ..."

Cette révélation a fait apparaître ce qui jusqu'à elle n'avait encore jamais apparu...Quant aux infidèles qui furent témoins de ce qui a été manifesté, ils murmurent et disent: "En vérité, celui-là est un sorcier qui a forgé un mensonge contre Dieu. " Ils sont vraiment du nombre des réprouvés.
Dis aux nations, ô plume de l'Ancien des jours, les choses qui advinrent en Iráq. Parle-leur de ce messager qui Nous fut délégué par la congrégation des prêtres de ce pays et qui, mis en notre présence, Nous posa des questions sur certaines sciences auxquelles Nous répondîmes en vertu de la science infuse que Nous possédons. Ton Seigneur est, en vérité, l'Informé.
"Nous attestons, dit-il, que ta science est telle que nul ne saurait rivaliser avec toi. Elle ne suffit pourtant pas à justifier le sublime caractère qui t'est attribué. Accomplis, si tu dis la vérité, ce que ne sauraient produire les forces combinées des peuples de la terre. Ainsi en avait-il été décrété à la cour de la présence de ton Seigneur, le très-Glorieux, l'Ami. "
"Sois témoin ! Que vois-tu ?" Il resta interdit. Et quand il eut recouvré ses esprits, il dit: "Je crois en Dieu, le très Glorieux, le Loué. "
"Va trouver le peuple et dis-lui: "Demandez ce que vous voulez. Il peut tout ce qu'Il veut. Rien, ni du passé ni de l'avenir, ne saurait frustrer sa volonté. " Dis: "O Assemblée des prêtres, choisissez le sujet qu'il vous plaira et demandez à votre Seigneur, le Dieu de miséricorde, de vous l'expliquer. S'Il exauce votre désir par la vertu de sa souveraineté, croyez en Lui et ne soyez pas de ceux qui rejettent sa vérité. "
"L'aurore de l'intelligence s'est maintenant levée, dit-il, et la promesse est accomplie, qu'avait faite le très-Miséricordieux. " Sur quoi, s'étant levé, il retourna vers ceux qui l'avaient envoyé, par ordre de Dieu, le très-Glorieux, le Bien-Aimé.
Les jours passèrent et il ne revint point. Finalement vint un autre messager qui Nous informa qu'on avait renoncé à ce qu'on avait d'abord décidé. De telles gens sont, en vérité, méprisables. Voilà ce qui arriva en Iráq, et de ce que je révèle je fus moi-même témoin. Le bruit s'en répandit au loin, mais personne n'en comprit la signification. Ainsi en avions-nous ordonné, le puissiez-vous savoir !
Par moi-même, je l'atteste! Quiconque, dans les siècles passés, Nous a demandé de produire les signes de Dieu, Nous ne les lui avions pas plutôt révélés qu'il rejetait la vérité divine, cependant que la masse, dans sa majorité, restait insouciante.
Mais ceux qu'illumine la lumière de l'entendement goûteront la douceur du Miséricordieux et embrasseront sa vérité. Ceux-là sont vraiment sincères.

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Chapitre: 68. "O toi qui es le fruit de mon arbre et qui en es la feuille ..."

O toi qui es le fruit de mon arbre et qui en es la feuille, sur toi sont ma gloire et ma miséricorde! Que ton coeur ne s'afflige pas de ce qui t'est advenu. Scrute plutôt les pages du livre de vie, tu y trouveras certainement de quoi dissiper ton chagrin et fondre ton angoisse.
Sache, ô fruit de mon arbre, que les décrets du souverain Dominateur des choses touchant le destin et la prédestination sont de deux sortes. Il faut les accepter et leur obéir. Les décrets de la première sorte sont irrévocables tandis que les autres se trouvent, comme disent les hommes, en suspens.
Aux premiers qui sont définitifs, tous se doivent soumettre, sans réserve. Non que Dieu n'ait pas le pouvoir de les changer ou repousser. Mais le mal qui résulterait de ce changement serait pire que l'accomplissement du décret primitif, c'est pourquoi chacun doit acquiescer de tout coeur à la volonté divine et s'y tenir en toute confiance.
Quant au décret qui se trouve en suspens, il est, celui-là, d'une nature telle que les prières et les supplications le peuvent détourner. Dieu veuille que toi, qui es le fruit de mon arbre, et ceux qui se joignent à toi puissiez être préservés de ses mauvaises conséquences !
Dis: O Dieu, mon Dieu, tu m'avais confié un dépôt qu'il t'a plu de reprendre. Il ne m'appartient point à moi, qui ne suis que ton humble servante, de me demander pourquoi ni comment, car tu es glorifié en tous tes actes, et tu dois être obéi en ton décret.
Ta servante, ô mon Seigneur, a mis ses espoirs en ta grâce et ta bonté. Permets-lui d'acquérir ce qui la rapprochera de toi et lui sera profitable dans chacun de tes mondes. Tu es le Clément, le très-Généreux. Il n'y a pas d'autre Dieu que toi, l'Ordonnateur de toutes choses, l'Ancien des jours.
Accorde, ô Seigneur, mon Dieu, tes bénédictions à ceux qui ont, à la face des hommes, bu à longs traits le vin de ton amour et qui, en dépit de tes ennemis, ont reconnu et attesté ton unité, et confessé leur croyance en ce qui a fait trembler les membres des oppresseurs parmi tes créatures, et frissonner sur la terre la chair des orgueilleux.
J'atteste que ta souveraineté ne peut périr ni ta volonté souffrir de changement.
Ordonne pour ceux qui ont tourné vers toi leurs faces, ainsi que pour tes servantes qui fermement ont tenu ta corde, ce qui convient à l'océan de ta bonté et au ciel de ta grâce.
Tu es, ô mon Dieu, Celui qui s'est Lui-même proclamé le Seigneur de la richesse et qui a donné pour signes caractéristiques à ceux qui le servent la pauvreté et le dénuement. Ainsi que tu l'as écrit: "O vous qui croyez! Vous n'êtes que des pauvres quand vous êtes privés de Dieu, mais Dieu est l'Omnipossédant, le Loué. "
Ayant ainsi avoué ma pauvreté et reconnu ta richesse, ne souffre pas que je sois privé de la gloire de tes biens. Tu es en vérité le Protecteur suprême, l'Omniscient, le très-Sage.

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Chapitre: 69. "Rappelle-toi l'attitude de la mère d'Ashraf, quand ce dernier eut offert sa vie ..."

Rappelle-toi l'attitude de la mère d'Ashraf, quand ce dernier eut offert sa vie en sacrifice sur la Terre de Zá (Zanján). Il est maintenant, sans aucun doute, au séjour de la vérité, jouissant de la présence de Celui qui est le Tout-Puissant, le Très-Haut.
Les infidèles ayant, contre toute justice, décidé de le mettre à mort, ils mandèrent sa mère, dans l'espoir qu'elle l'adjurerait de renier sa foi et de marcher sur les traces de ceux qui ont répudié la vérité de Dieu, le Seigneur de tous les mondes. Mais elle ne fut pas plutôt en présence de son fils qu'elle lui adressa des paroles à faire pleurer d'attendrissement tous les amis de Dieu et, au-dessus d'eux, les membres de l'Assemblée céleste.
En vérité, le Seigneur sait ce que je dis là, et Il porte lui-même témoignage de la vérité de mes paroles.
S'adressant donc à son fils, elle dit: "O mon fils, ô mon enfant, ne manque pas l'occasion d'offrir ta vie dans le chemin de ton Seigneur. Garde-toi de trahir ta foi en Celui devant la face duquel se prosternent en adoration tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre. Va tout droit ô mon fils, persévère dans le chemin du Seigneur, ton Dieu. Hâte-toi d'accéder à la présence de Celui qui est le Bien-Aimé de tous les mondes. "
Sur cette femme sont mes bénédictions et ma miséricorde, ma louange et ma gloire ! J'expierai moi-même pour la perte qu'elle a faite de ce fils qui habite maintenant le tabernacle de ma majesté et de ma gloire, et dont la face rayonne d'une lumière qui enveloppe de son éclat les vierges du ciel dans leurs célestes demeures et, au-dessus d'elles, les habitants de mon paradis et les hôtes de la cité sainte. Qui le pourrait voir s'écrierait: "N'est-ce pas là un ange du ciel !"

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Chapitre: 70. "L'équilibre du monde a été détruit sous l'action vibrante de ce très grand ..."

L'équilibre du monde a été détruit sous l'action vibrante de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. L'ordre sur lequel reposait jusque-là l'humanité a été révolutionné par cet unique et merveilleux système, dont les yeux mortels n'avaient jamais vu l'équivalent.
Plongez-vous dans l'océan de mes paroles, afin d'en pénétrer les secrets et de découvrir toutes les perles de sagesse que recèlent ses profondeurs.
Gardez-vous d'hésiter à embrasser la vérité de cette cause, par laquelle ont été révélées toutes les potentialités de la puissance de Dieu et a été établie sa divine souveraineté. Le visage rayonnant de joie, hâtez vous de le joindre.
C'est là l'immuable foi de Dieu, éternelle dans le passé, éternelle dans l'avenir. Que celui qui la cherche la trouve, et quant à celui qui se refuse à la chercher, à vrai dire, Dieu se suffit à Lui-même, et il n'a nul besoin de ses créatures.
Dis: Voici la balance infaillible que tient la main de Dieu, la balance où seront pesés tous ceux qui sont dans le ciel et tous ceux qui sont sur la terre, et où le sort de chacun d'eux sera déterminé, si vous êtes de ceux qui croient et qui reconnaissent cette vérité. Dis: Par elle, le pauvre est enrichi, et le savant est éclairé. Par elle, ceux qui ont cherché Dieu s'élèvent vers Lui.
Gardez-vous d'être parmi les hommes une cause de discorde. Fixez-vous, aussi fermement que la montagne inébranlable, dans la cause de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le Bienveillant.

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Chapitre: 71. "O peuples du monde, ne soyez pas effrayés quand se couche l'étoile du matin ..."

O peuples du monde, ne soyez pas effrayés quand se couche l'étoile du matin de ma beauté, et que le ciel de mon tabernacle se dérobe à vos yeux.
Levez-vous pour faire avancer ma cause parmi les hommes et exalter ma parole. Nous sommes en tout temps avec vous et Nous vous fortifierons du pouvoir de la vérité. Nous sommes, en vérité, tout-puissant.
Quiconque m'a reconnu, se lèvera pour me servir avec une telle résolution que les puissances de la terre et du ciel ne pourront mettre en échec son dessein.
Les peuples du monde sont profondément endormis. S'ils pouvaient sortir de leur sommeil, avec quelle ardeur ne se tourneraient-ils pas vers Dieu, l'Omniscient, le très-Sage. Tout ce qu'ils possèdent, ils le rejetteraient, fût-ce tous les trésors de la terre, pour se rappeler au souvenir de leur Seigneur et pour un seul mot de Lui.
Ainsi vous instruit Celui qui détient le secret des choses cachées, dans une tablette invisible à l'oeil de la création et qui n'a été révélée qu'à lui, l'omnipotent protecteur de tous les mondes.
L'ivresse de leurs mauvais désirs les trouble et les aveugle à ce point, qu'ils sont incapables de reconnaître le Seigneur de tous les êtres dont la voix s'élève de toutes parts, proclamant: "Il n'y a pas d'autre Dieu que moi, le Puissant, le très-Sage. "
Dis: Ne mettez point votre joie dans les choses que vous possédez. Elles sont aujourd'hui vôtres, mais demain d'autres les posséderont. Ainsi vous avertit Celui qui est l'Omniscient.
Dis: Pouvez-vous prétendre que ce que vous avez aujourd'hui est durable ou sûr ? Non, par moi-même, le très-Miséricordieux ! Vos jours s'enfuient comme le souffle du vent, et vos pompes et votre gloire passeront comme ont passé la gloire et les pompes de ceux qui furent avant vous.
Réfléchissez ô peuples ! Qu'est-il advenu de vos jours passés et de vos siècles révolus ? Heureux seulement les jours qui furent consacrés au souvenir de Dieu, et seulement bénies les heures passées à louer Celui qui est le très-Sage.
Par ma vie ! Ni les pompes des puissants de la terre, ni les grands biens des riches, ni même l'autorité des impies ne dureront. Tout, sur un seul mot de Lui, périra. Il est, en vérité, le Tout-Puissant, l'Omnipotent, Celui à qui rien ne saurait résister.
Quel avantage peut résider dans les choses que les hommes possèdent ? Ce qui leur eût été profitable, ils l'ont entièrement négligé. Mais avant peu, ils sortiront de leur sommeil et se trouveront incapables d'obtenir tout ce qu'ils auront négligé d'acquérir aux jours de leur Seigneur, le Tout-Puissant, le Loué.
S'ils le savaient, ils abandonneraient tout pour que leurs noms pussent être mentionnés devant son trône. En vérité, ils sont déjà parmi les morts.

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Chapitre: 72. "Que vos coeurs ne se troublent point, ô peuples, quand vous sera retirée ..."

Que vos coeurs ne se troublent point, ô peuples, quand vous sera retirée la gloire de ma présence et que cessera de s'agiter l'océan de ma parole. S'il est en ma présence une sagesse, il en est une autre en mon absence, encore que celle-ci reste impénétrable à tout autre qu'à Dieu, l'Incomparable, l'Omniscient.
Sachez, en vérité que, de notre royaume de gloire, Nous suivons attentivement tous vos actes et que quiconque se lèvera pour faire triompher notre cause, Nous l'assisterons des armées de l'Assemblée céleste et d'une milice choisie de nos anges.
O peuples de la terre ! Dieu, l'éternelle Vérité, m'est témoin que les flots d'une eau fraîche ont jailli des rocs et s'écoulent doucement, à travers la tendresse des paroles de votre Seigneur qui est libre de toute contrainte; et vous restez endormis!
Jetez ce que vous possédez, et sur les ailes du détachement, élancez-vous au-dessus de toutes choses créées. Ainsi vous l'ordonne le Seigneur de la création qui, par le mouvement de sa plume, a mis en révolution l'âme des hommes.
Soupçonnez-vous les hauteurs d'où votre Seigneur, le très Glorieux, vous appelle ? Pensez-vous avoir reconnu la plume avec laquelle votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms, vous donne ses ordres ? Non, par ma vie! Si vous le saviez, vous renonceriez au monde et vous vous hâteriez de tout votre coeur d'accéder à la présence du Bien-Aimé.
Vos esprits seraient saisis d'un tel transport au son de sa voix, qu'une commotion s'en produirait dans le monde plus grand de l'au-delà. Et combien plus en serait secoué votre misérable petit monde!
Ainsi, en gage de ma grâce, se sont abattues par torrents, du ciel de ma tendre bonté, les pluies de mes bienfaits, afin que vous puissiez être de ceux qui rendent grâces...
Prenez garde que les désirs charnels et les inclinations corrompues ne créent entre vous la discorde.
Soyez unis comme sont unis les doigts de la main et solidaires comme les membres d'un même corps. Ainsi vous conseille la plume de la révélation, si vous êtes du nombre des croyants.
Considérez la miséricorde de Dieu et ses dons. Il ne vous prescrit que ce qui vous est profitable, car pour Lui-même, il peut bien se passer de toutes ses créatures. Vos mauvaises actions ne peuvent pas plus Nous nuire que ne peuvent Nous profiter vos bonnes oeuvres.
Et c'est uniquement pour l'amour de Dieu que Nous vous adjurons de la sorte. De cela tout homme éclairé portera témoignage.

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Chapitre: 73. "Il est évident que lorsque tous les voiles qui cachent les réalités des manifestations ..."

Il est évident que lorsque tous les voiles qui cachent les réalités des manifestations des noms et attributs de Dieu et, qui plus est, de toutes choses créées, visibles ou invisibles, auront été déchirés, rien ne restera plus que ce signe de Dieu, qu'Il a mis Lui-même au-dedans de toutes ces réalités. Ce signe existera aussi longtemps qu'il plaira au Seigneur ton Dieu, Maître des cieux et de la terre.
Si telles sont les bénédictions répandues sur toutes choses créées, combien plus enviable est encore la destinée du vrai croyant dont l'existence et la vie doivent être considérées comme la raison première de toute la création.
De même que la foi, dans son principe, a existé depuis le commencement qui n'a pas de commencement et durera jusqu'à la fin qui n'a point de fin, de même le vrai croyant existera et durera éternellement. Son esprit ne cessera d'accomplir sa révolution dans l'orbite de la volonté de Dieu. Il durera autant que durera Dieu Lui-même. Il est manifesté à travers la révélation de Dieu et caché à son commandement.
Les plus hautes demeures du royaume de l'immortalité sont de toute évidence destinées à ceux qui ont cru en Dieu et en ses signes. La mort ne pourra jamais envahir ces saintes demeures.
Ainsi t'avons-Nous confié les signes de ton Seigneur, pour que tu puisses persévérer dans son amour et être de ceux qui comprennent cette vérité.

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Chapitre: 74. "Toute parole qui sort de la bouche de Dieu est douée d'une telle puissance ..."

Toute parole qui sort de la bouche de Dieu est douée d'une telle puissance qu'elle peut insuffler dans tout être humain une vie nouvelle, si vous êtes de ceux qui comprennent cette vérité.
Tous les ouvrages merveilleux que vous contemplez en ce monde sont dus à sa souveraine et sublime volonté et à l'exécution de son inflexible et prodigieux dessein.
De la seule révélation du mot "Modeleur", proclamant devant l'humanité son pouvoir de façonner, une puissance telle se dégage, qu'elle est capable d'engendrer, dans le cours des âges, tous les arts que la main de l'homme peut produire. Cela est d'une vérité certaine.
Ce mot resplendissant n'a pas plutôt été prononcé que les énergies qui l'animent, entrant en action au sein de toutes choses créées, fournissent les moyens et les instruments par lesquels ces arts peuvent être mis au jour et portés à leur perfection.
Toutes les merveilleuses acquisitions humaines dont vous êtes témoins sont la conséquence directe de la révélation de cet attribut. Dans les jours à venir, vous verrez des choses dont vous n'aurez jamais jusque-là entendu parler. Ainsi en a-t-il été décrété dans les tablettes de Dieu, et nul ne le peut comprendre sauf ceux dont la vue est pénétrante.
De même, à l'instant où sortira de ma bouche le mot exprimant mon attribut, "l'Omniscient", toutes choses créées selon leurs limites et capacités se trouveront investies du pouvoir de développer la connaissance des sciences les plus merveilleuses, et de la manifester dans le cours du temps selon l'ordre de Celui qui est le Tout-Puissant, l'Omniscient.
Sache à n'en point douter que la révélation de tout autre nom s'accompagne d'une semblable manifestation du pouvoir divin.
Toute lettre qui sort de la bouche de Dieu est, en vérité, une lettre-mère, comme chaque parole prononcée par Celui qui est la source de la révélation divine est une parole mère et comme sa tablette est une tablette-mère. Heureux qui saisit cette vérité.

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Chapitre: 75. "Déchirez en mon nom les voiles qui, si fâcheusement, obscurcissent votre vision ..."

Déchirez en mon nom les voiles qui, si fâcheusement, obscurcissent votre vision, et par le pouvoir qu'engendre votre croyance en l'unité de Dieu, brisez les idoles des vaines imitations. Entrez alors dans le saint paradis du bon plaisir du très-Miséricordieux.
Purifiez vos âmes de tout ce qui n'est pas Dieu et goûtez la douceur du repos au sein de son immense et puissante révélation, à l'ombre de sa suprême et infaillible autorité.
J'ai parfait en chacun de vous ma création, pour que l'excellence de mon ouvrage soit pleinement révélée aux yeux des hommes. Ne souffrez donc pas de rester enveloppés des voiles épais de vos égoïstes désirs.
Ainsi l'homme a toujours été et restera à jamais capable de sentir de lui-même la beauté de Dieu, le Glorifié. S'il n'en avait point la faculté, comment pourrait-il être rendu responsable de ne l'avoir pas fait ?
Si, au jour où tous les peuples de la terre seront rassemblés devant Dieu, il était demandé à un homme: "Pourquoi n'as-tu pas cru en ma beauté et t'es-tu détourné de moi ?" et que cet homme répondît: "Je n'ai fait ainsi que suivre l'exemple des autres dont pas un seul ne s'est trouvé pour tourner sa face vers la vérité", une telle sorte de justification serait assurément rejetée.
Car la foi de tout homme ne dépend de personne autre que lui-même. C'est là une des vérités enchâssées dans ma précieuse révélation, une vérité que j'ai révélée dans tous les livres célestes, que j'ai fait proclamer par la Langue de Grandeur et inscrire par la Plume du Pouvoir.
Méditez-la pour que, de votre vision interne et externe, vous puissiez percevoir les subtilités de la sagesse divine, découvrir les perles de la science céleste qu'en un clair et puissant langage, j'ai révélées dans cette sublime et incorruptible tablette, et éviter ainsi d'errer loin du trône sublime et de l'Arbre au-delà duquel il n'est point de passage, et de l'habitation de gloire et de puissance éternelle.
Les signes de Dieu brillent, aussi manifestes et resplendissants que le soleil, parmi les ouvrages de ses créatures.
Tout ce qui procède de Lui est d'un ordre différent et se distinguera toujours des inventions des hommes.
De la source de sa science se sont levées des étoiles innombrables de savoir et de sagesse, et du paradis de sa plume, l'haleine du Tout-Puissant n'a cessé de souffler sur les coeurs et les âmes des hommes. Heureux ceux qui ont reconnu cette vérité !

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Chapitre: 76. "Prête l'oreille, ô mon serviteur, à ce qui t'a été envoyé du trône de ton Seigneur ..."

Prête l'oreille, ô mon serviteur, à ce qui t'a été envoyé du trône de ton Seigneur, l'Inaccessible, le très Grand. Il n'y a d'autre Dieu que Lui.
Il a appelé à la vie ses créatures, afin qu'elles puissent connaître Celui qui est le Compatissant, le très-Miséricordieux.
Dans les cités de toutes les nations, il a envoyé ses messagers, avec mission d'annoncer aux hommes la nouvelle du paradis de son bon plaisir et de les conduire au port d'immuable sécurité, à la demeure d'éternelle sainteté et de gloire transcendante.
Quelques-uns, guidés par la lumière de Dieu, ont été admis à la cour de sa présence et ont bu à longs traits les eaux de vie éternelle que leur tendait la main de la résignation. Ils ont ainsi été comptés parmi ceux qui l'ont reconnu et qui ont cru en Lui. Mais d'autres se sont rebellés contre Lui et ont rejeté les signes de Dieu, le Tout-Puissant, l'Omnipotent, le très-Sage.
Les âges se sont écoulés pour atteindre leur consommation glorieuse en ce primat des jours, ce jour où l'Etoile du Matin du Bayán a paru à l'horizon de la miséricorde, où la beauté du très-Glorieux a resplendi en la personne d'Ali-Muhammad, le Báb.
Mais il ne s'était pas plutôt révélé que tous déjà se soulevaient contre lui. Certains l'accusaient d'avoir tenu des propos calomniateurs contre Dieu, le Tout-Puissant, l'Ancien des jours. D'autres le tenaient pour un homme frappé de folie, opinion que j'ai moi-même recueillie de la bouche d'un prêtre.
D'autres contestaient la juste prétention qu'il émettait d'être le Porte-Parole de Dieu, l'accusant même d'usurper à son profit la parole divine, d'en pervertir le sens, de vouloir créer une équivoque en la mêlant à ses propres paroles.
Et tandis qu'ils se réjouissaient sur leurs sièges terrestres, au ciel l'Oeil de Grandeur pleurait sur les choses que leurs bouches avaient proférées.
"Dieu, disait-il, m'est témoin, ô peuple! Je suis venu à vous, porteur d'une révélation du Seigneur votre Dieu, le Seigneur de vos pères. N'attachez pas vos regards sur les choses que vous possédez, mais plutôt sur celles que Dieu vous a envoyées. Cela - puissiez-vous le sentir - sera meilleur pour vous que toute la création.
Regardez avec plus d'attention encore, ô peuple ! Considérez le témoignage et les preuves de Dieu qui sont en votre possession et rapprochez les de la révélation qui vous est envoyée en ce jour, afin que la vérité, l'infaillible vérité vous soit indubitablement manifestée.
Ne vous engagez point, ô peuple, dans les voies du Malin, mais suivez la foi du miséricordieux, et soyez de ceux qui sont de vrais croyants.
Quel profit aurait un homme s'il ne réussissait pas à reconnaître la révélation de Dieu ? Absolument aucun. De cela, moi-même, l'Omnipotent, l'Omniscient, le très-Sage, je porte témoignage. "
Mais plus il les exhortait, et plus vive se faisait leur opposition, à tel point qu'enfin, ils le mirent à mort avec une honteuse cruauté. La malédiction de Dieu soit sur les oppresseurs !
Un petit nombre ont cru en lui; très peu, parmi nos serviteurs sont reconnaissants. Ceux-là, il les adjurait dans ses tablettes - et même dans chaque passage de ses merveilleux écrits - de ne se point consacrer en ce jour de la révélation promise, à quoi que ce fut, tant dans le ciel que sur la terre;
ô peuple ! disait-il, je me suis révélé à cause de sa manifestation, et je ne vous ai envoyé mon livre, le Bayán, qu'à seule fin d'établir la vérité de sa cause.
Craignez Dieu et gardez-vous de le combattre comme m'ont combattu ceux du Qur'an. Bien au contraire, aussitôt qu'on vous parlera de lui, hâtez-vous de vous tourner vers son visage et attachez-vous à tout ce qu'il vous révélera. Rien d'autre que lui ne peut vous être profitable, alors même que vous aligneriez, du premier au dernier, les témoignages de tous ceux qui vous ont précédés.
Et quand, au bout de quelques années, s'est ouvert le ciel du divin décret, et que dans les nuages des noms de Dieu est apparue - sous un vêtement nouveau - la beauté du Báb, ces mêmes individus se sont levés avec méchanceté contre Celui dont la lumière embrasse toutes choses.
Ils ont rompu son alliance et rejeté sa vérité, disputant avec lui, contestant ses signes, taxant de faux son témoignage et se joignant aux infidèles. Finalement, ils ont décidé de lui ôter la vie. Voilà où en viennent ceux qui se sont profondément enfoncés dans l'erreur.
Et lorsqu'ils se sont vus impuissants à atteindre leur but, ils ont ourdi des complots contre lui. Voyez comment, pour lui nuire, ils imaginent à chaque instant quelque nouveau stratagème, afin de déshonorer par là la cause de Dieu. Dis: Malheur à vous ! Par Dieu ! Vos machinations vous couvrent de honte.
Votre Seigneur, le Dieu de miséricorde, peut fort bien se passer de toutes ses créatures. Rien ne saurait accroître ni diminuer ce qu'Il possède. Si vous croyez, vous y trouverez votre propre avantage, et si vous ne croyez point, il n'y aura que vous à en pâtir. Jamais la main de l'infidèle ne pourra profaner la frange de sa robe.
Par la justice du Tout-Puissant ! O toi, mon serviteur qui crois en Dieu, si je te contais les choses qui me sont advenues, ni les coeurs ni les esprits humains ne pourraient supporter cet accablant récit. Dieu Lui-même m'en est témoin.
Veille sur toi et ne marche pas sur les traces de ces impies. Médite diligemment sur la cause de ton Seigneur. Efforce-toi de le connaître par Lui-même et non par les autres. Car nul autre que Lui ne peut t'être profitable. De cela, puisses-tu le comprendre, toutes choses créées portent témoignage.
Sors de derrière le voile par la permission de ton Seigneur, le très-Glorieux, l'Omnipotent et, sous les yeux de tous ceux qui sont dans le ciel et de tous ceux qui sont sur la terre, saisis, au nom de ton Seigneur, l'Inaccessible, le Très-Haut, le calice de l'immortalité, étanche ta soif et ne sois pas de ceux qui tardent.
J'en jure par Dieu ! Au moment où tes lèvres toucheront la coupe, l'Assemblée céleste t'acclamera, disant: "Bois avec une saine délectation, ô homme qui as cru en Dieu !"; et les habitants des cités immortelles s'écrieront: "Que la joie soit ton partage, ô toi qui as épuisé la coupe de son amour !"
et la Langue de Grandeur te saluera: "Grandes, dira-t-elle, sont les bénédictions qui t'attendent, ô mon serviteur, car tu as atteint ce qu'il n'est permis d'atteindre qu'à ceux qui se sont détachés de tout ce qui est dans les cieux et de tout ce qui est sur la terre, et qui sont les emblèmes du vrai renoncement !"

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Chapitre: 77. "Et maintenant, en ce qui concerne ta question touchant la création de l'homme ..."

Et maintenant, en ce qui concerne ta question touchant la création de l'homme, sache que sa nature est l'ouvrage de Dieu, le Gardien suprême, l'Etre subsistant par Lui-même.
Il a fait d'avance à chacun sa part - une part décrétée par sa puissance et dont l'exacte mesure est consignée dans ses tablettes puissantes et préservées. Mais la manifestation du potentiel dont chacun a été doté dépend de l'exercice que chacun fait de sa propre volonté. Vos actes à tous attestent cette vérité.
Considérez, par exemple, ce que défend le Bayán. Dieu a, dans ce livre, de sa propre autorité, décrété permis ce qu'il Lui a plu, et par le pouvoir de sa puissance souveraine, Il a interdit tout ce qu'Il a voulu. De cela le texte même du Bayán porte témoignage. Ne l'attesterez-vous pas vous-mêmes ? Mais si les hommes n'en ont pas moins, et sciemment, violé sa loi, faudra-t-il imputer leur conduite à Dieu ou à eux-mêmes ?
Soyez équitables en votre jugement. Tout ce qui est bon vient de Dieu, et tout ce qui est mauvais est le fait de l'homme. Ne comprendrez-vous pas ? Cette vérité a été révélée dans toutes les Ecritures.
Tout acte que vous ne faites encore que de méditer Lui est aussi clair que si vous l'aviez déjà accompli. Il n'y a d'autre Dieu que Lui.
Toute la création est sienne, avec tout ce qui appartient à cette création. Tout Lui est révélé, tout est enregistré dans ses saintes tablettes cachées.
Mais cette prescience divine ne détermine pas plus les actions humaines que le fait pour vous de savoir que tel événement doit se produire, ou le désir que vous avez qu'il se produise ne détermine cet événement.

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Chapitre: 78. "Pour ce qui est de ta question concernant l'origine de la création ..."

Pour ce qui est de ta question concernant l'origine de la création, tiens pour certain que la création de Dieu a existé de toute éternité et qu'elle ne cessera jamais d'être. Son commencement n'a pas eu de commencement, et sa fin n'aura point de fin.
Le nom de Dieu, le Créateur, postule une création, de même que son titre, le Seigneur des hommes, implique l'existence de serviteurs.
Quant aux paroles attribuées aux prophètes de l'ancien temps, telles que: "Au commencement était Dieu; il n'y avait point de créature pour le connaître", et "le Seigneur était seul, sans personne qui l'adorât", le sens en est clair et évident, et semblables propositions ne devraient jamais donner lieu à un malentendu.
De cette vérité portent témoignage ces paroles qu'Il a révélées: "Dieu était seul, il n'y avait personne autre que Lui. A jamais Il restera ce qu'Il a toujours été. "
Tout oeil doué de discernement percevra aisément que le Seigneur est maintenant manifeste, encore qu'il n'y ait personne pour reconnaître sa gloire.
Par quoi il faut entendre que l'Etre divin est établi dans une habitation qui se trouve hors de la portée et de la connaissance de quiconque n'est pas Lui.
Tout ce qui, dans le monde des contingences, peut être exprimé ou conçu, reste enfermé dans les limites inhérentes à la nature de ce monde. Dieu seul outrepasse ces limites.
Il existe, en vérité, de toute éternité, il n'a ni pair, ni partenaire; personne ne peut Lui être associé. Aucun nom ne peut être comparé à son nom. Aucune plume ne peut rendre sa nature ni aucune langue décrire sa gloire. Il restera à jamais exalté, et par-delà toute mesure, au-dessus de tout ce qui n'est pas Lui.
Considère le moment où se révèle aux hommes la manifestation suprême de Dieu. Avant que cette heure n'arrive, l'Etre éternel, qui est toujours inconnu des hommes et n'a pas encore proféré la parole de Dieu, est Lui-même l'Omniscient dans un monde où pas un homme ne l'a connu. Il est, en vérité, le Créateur sans création. Car à l'instant même précédant sa révélation, tout être créé devra rendre son âme à Dieu.
C'est là le jour dont il a été écrit: "A qui en ce jour appartiendra le royaume ?" Et nul ne se trouvera prêt à répondre !

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Chapitre: 79. "Quant à ta question concernant les mondes de Dieu ..."

Quant à ta question concernant les mondes de Dieu, sache en vérité que ces mondes sont infinis dans leur nombre autant que dans leur étendue. Nul ne les peut compter ni embrasser, si ce n'est Dieu, l'Omniscient, le très Sage.
Considère ton état quand tu es endormi. En vérité ce phénomène du sommeil est le plus mystérieux des signes de Dieu parmi les hommes, s'ils voulaient méditer ceci. Admire comment après un laps de temps considérable se réalise pleinement ce que tu as vu en rêve.
Si le monde où tu t'es trouvé dans ton songe était identique à celui dans lequel tu vis à l'état de veille, l'événement que tu as vu en rêve eût transpiré dans ce dernier monde au moment même que tu l'as, rêvé. Et toi-même, une fois réveillé, tu en aurais aussitôt été témoin. Comme tel n'est point le cas, il faut nécessairement que le monde où tu vis soit différent du monde dont tu as fait l'expérience dans ton rêve.
Ce dernier monde n'a, lui, ni commencement ni fin. Il serait vrai de dire qu'un tel monde se trouve, par le décret de Dieu, au-dedans de toi, enveloppé dans ta personne. Et l'on serait également fondé à soutenir que ton esprit ayant franchi les limites du sommeil, rompu les amarres qui l'attachaient à la terre, a, par la permission de Dieu, traversé un royaume qui se trouve caché dans l'essentielle réalité du monde terrestre.
En vérité, je te le dis, la création de Dieu embrasse des mondes indépendants de ce monde, et des créatures différentes des créatures dudit monde. Dans chacun de ces mondes et pour chacun d'eux, le Tout-Puissant a établi un ordre de choses que nul ne peut sonder que Lui, l'Omniscient, le très-Sage.
Médite sur ce que Nous t'avons révélé, afin de découvrir le dessein profond de Dieu, ton Seigneur, et le Seigneur de tous les mondes. Car dans cette révélation sont amassés les trésors des divins mystères.
Nous Nous sommes défendu d'insister sur ce sujet, à cause de l'affliction que Nous éprouvons de la conduite de ceux qui sont une création de nos paroles, si vous êtes de ceux qui écoutent notre voix.

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Chapitre: 80. "Tu m'as demandé si, mis à part les prophètes de Dieu et ses élus, l'homme ..."

Tu m'as demandé si, mis à part les prophètes de Dieu et ses élus, l'homme, après sa mort physique, conserve les mêmes caractéristiques: individualité, personnalité, conscience et intelligence qu'il possédait de son vivant.
Comment, s'il en était ainsi, disais-tu, la mort serait-elle impuissante à détruire en l'homme cette intelligence et cette conscience dont suffit à le priver une grave maladie, ou seulement quelque léger dommage infligé à ses facultés mentales tel qu'un simple évanouissement ?
Comment concevoir cette survie de la conscience et de la personnalité alors qu'auront été entièrement désintégrés les instruments qui sont la condition même de leur existence et de leur fonctionnement ?
Sache que l'âme humaine est exaltée au-dessus des infirmités du corps et de l'intelligence, au point de s'en trouver complètement indépendante. Le fait qu'une personne malade donne des signes de faiblesse d'âme est dû seulement aux obstacles que la maladie interpose entre son âme et son corps, car les indispositions de celui-ci ne sauraient aucunement affecter l'essence de celle-là.
Considère la lumière de la lampe. Encore que quelque objet puisse en intercepter l'éclat, cette lumière ne perd rien de sa puissance. De même, toute maladie qui afflige le corps humain est un obstacle qui empêche l'âme de manifester le pouvoir qui lui est inhérent.
Elle n'en montrera pas moins, à sa sortie du corps, une puissance et une influence qu'aucune force terrestre ne saurait égaler. Toute âme pure, évoluée et sanctifiée, sera alors douée d'un dynamisme extrêmement puissant et connaîtra une joie sans pareille.
Considère la lampe cachée sous le boisseau. Encore qu'elle y brille, son éclat est dérobé aux yeux des hommes. Considère de même le soleil qu'obscurcissent les nuages. Vois comme sa splendeur paraît avoir diminué, alors qu'en réalité la source de cette splendeur n'a rien perdu de sa force.
L'âme de l'homme peut être comparée au soleil, toutes choses sur la terre étant considérées comme son corps. Tant que ne s'interpose entre eux aucun obstacle extérieur, le corps reflète dans son intégralité la lumière de l'âme dont la puissance le maintient en vie. Mais aussitôt qu'un voile les sépare, l'éclat de la lumière semble diminuer.
Considère de nouveau le soleil que les nuages, cette fois, cachent entièrement. Bien que la terre reste illuminée de sa lumière, la part qu'elle reçoit de cette lumière est considérablement réduite. Et jusqu'à ce que ces nuages aient disparu, le soleil ne pourra pas briller dans la plénitude de sa gloire. Mais ni la présence des nuages ni leur absence ne peuvent, en aucune façon, affecter la splendeur inhérente au soleil.
L'âme de l'homme est le soleil dont son corps est illuminé et duquel il tire sa subsistance. C'est ainsi qu'il la faut regarder.
Considère, en outre, comment le fruit, avant d'être formé, réside en puissance dans l'arbre. Mettrais-tu celui-ci en morceaux que tu n'y pourrais découvrir la moindre trace de fruit. Et cependant vois avec quelle merveilleuse beauté, quelle perfection de formes ce fruit se manifeste à son apparition. Certains même, comme tu sais, n'atteignent leur complet développement qu'après avoir été retranchés de l'arbre.

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Chapitre: 81. "Revenons maintenant à ta question relative à l'âme humaine et à sa survie ..."

Revenons maintenant à ta question relative à l'âme humaine et à sa survie après la mort physique. Sache en vérité que l'âme, après qu'elle a été séparée du corps, continue de progresser dans un état et dans des conditions que ne sauraient changer ni les révolutions des âges et des siècles, ni les hasards et vicissitudes de ce monde, jusqu'à ce qu'elle ait accédé à la présence de Dieu.
Elle durera autant que dureront le royaume de Dieu, sa souveraineté, son empire et sa puissance. Elle manifestera les signes et attributs de Dieu, et révélera sa tendre bonté et sa générosité. Ma plume s'arrête, impuissante, quand je tente de décrire la gloire d'un si sublime état.
L'honneur que la main de miséricorde conférera à l'âme humaine est tel, qu'aucune parole ne le peut adéquatement révéler ni aucun autre moyen d'expression le décrire.
Bénie l'âme qui, à l'heure où elle est séparée du corps, se trouve purifiée des vaines imaginations des peuples de ce monde ! Une telle âme vit et se meut selon la volonté de son Créateur et parvient au suprême paradis. Les célestes houris, habitantes des plus hautes demeures, s'assemblent autour d'elle, et les prophètes et messagers de Dieu recherchent sa compagnie. Elle entretient librement ces êtres célestes de tout ce qu'elle a souffert dans le chemin vers Dieu, le Seigneur de tous les mondes.
Si l'homme savait ce qui est réservé à son âme dans les mondes de Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre, il se consumerait du désir d'atteindre un si sublime, un si resplendissant état...
La nature de l'âme après la mort ne peut jamais être décrite et il n'est ni opportun, ni permis de révéler son véritable caractère aux yeux des hommes.
L'unique mission des prophètes et messagers de Dieu est de guider l'humanité dans le droit chemin de la vérité.
L'objet de leur révélation est d'instruire tous les hommes de telle sorte qu'à l'heure de leur mort ils puissent, dans un état de pureté, de sainteté et de parfait détachement, s'élever jusqu'au trône du Très-Haut.
De la lumière qui rayonne de l'âme des prophètes dépendent le progrès du monde et l'avancement de ses peuples. Ils sont le levain qui fait lever le monde de l'être et ils constituent les forces animatrices grâce auxquelles se manifestent les arts et toutes les merveilles de ce monde.
C'est par eux que les nuages déversent leur eau bienfaisante et que la terre donne ses fruits. Tout phénomène nécessite une cause, une force motrice ou un principe animateur. Ce sont donc ces âmes, ces symboles d'abnégation qui ont toujours donné et qui continueront de donner l'impulsion suprême au monde de l'être.
Le monde de l'au-delà est aussi différent du monde terrestre que celui-ci diffère du monde que connaît l'enfant dans le sein de sa mère.
Et quand l'âme sera en la Présence divine, elle prendra la forme la plus convenable à son immortalité, la plus digne de son habitation céleste.
Son existence, toutefois, est contingente et non pas absolue, en tant que le contingent dépend d'une cause, tandis que l'absolu en est affranchi. L'existence absolue est le privilège exclusif de Dieu, exaltée soit sa gloire. Heureux celui qui saisit cette vérité.
Si tu méditais avec attention la conduite des prophètes de Dieu, tu reconnaîtrais et attesterais qu'il doit y avoir nécessairement d'autres mondes que celui-ci.
Les sages et les savants ont, en majorité, ainsi qu'il est rapporté par la Plume de Gloire dans la Tablette de Sagesse, rendu témoignage à la vérité de ce que les saintes Ecritures ont révélé. Les matérialistes, eux-mêmes ont, en leurs écrits, attesté la sagesse des messagers divins et reconnu que ce qu'ils disaient touchant l'enfer et le paradis, la récompense et le châtiment futurs, était inspiré du désir d'éduquer et d'élever les âmes des hommes.
Vois donc comment la plupart des hommes, quelles que soient leurs croyances ou leurs théories, ont reconnu l'excellence et admis la supériorité des prophètes de Dieu. Certains ont salué en ces perles de détachement des incarnations de la sagesse tandis que d'autres les tenaient pour des interprètes de la Divinité.
Et comment de telles âmes eussent-elles consenti à s'abandonner aux mains de leurs ennemis si elles avaient cru que tous les mondes de Dieu se réduisent à cette vie terrestre ? Auraient-elles, dans ces conditions, souffert de leur plein gré des afflictions et des tourments auxquels nul homme n'a été soumis, dont aucun n'a même jamais été témoin.

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Chapitre: 82. "Tu m'as interrogé sur la nature de l'âme ..."

Tu m'as interrogé sur la nature de l'âme. Sache, en vérité, que l'âme est un signe de Dieu, une gemme céleste dont la réalité a échappé aux plus savants des hommes et dont aucun esprit, si pénétrant qu'il soit, ne peut espérer sonder le mystère.
Elle est, de toutes choses créés, la première à proclamer l'excellence de son Créateur, à reconnaître sa gloire, à s'attacher à sa vérité et à se prosterner en adoration devant Lui.
Si elle reste fidèle à Dieu, elle reflétera sa lumière et, finalement, retournera à Lui. Mais si elle manque à l'allégeance qu'elle Lui doit, elle succombera à l'égoïsme et aux passions et finira par sombrer dans leurs abîmes.
Quiconque s'est, en ce jour, refusé à se laisser détourner de Celui qui est la Vérité éternelle, par les doutes et les vaines imaginations des hommes, quiconque n'a point souffert que le tumulte provoqué par les autorités ecclésiastiques et séculières l'empêchât de reconnaître le message divin, Dieu, le Seigneur de tous les hommes, le tiendra pour un de ses puissants signes, et il sera au nombre de ceux dont le nom a été inscrit dans son livre par la plume du Très-Haut.
Béni celui qui s'est rendu compte de la réelle grandeur d'une telle âme, qui a reconnu son rang et découvert ses vertus.
Il a beaucoup été écrit dans les livres anciens sur les divers degrés du développement de l'âme, tels que: concupiscence, irascibilité, inspiration, bienveillance, contentement, bon plaisir divin, etc. La plume du Très-Haut répugne cependant à insister sur ce sujet.
Toute âme qui, en ce jour, chemine humblement avec son Dieu et s'attache à Lui se trouvera honorée et glorifiée par toutes les qualifications et par tous les rangs excellents.
Quand l'homme est endormi, son âme ne peut être essentiellement affectée par un objet extérieur. Le caractère fondamental de celle-ci n'est alors susceptible d'aucun changement. Toute variation de son état doit être rapportée aux causes extérieures qui déterminent les mouvements de sa sensibilité.
Considère l'oeil humain. Encore qu'il ait la faculté de percevoir toutes choses créées, il suffit du plus léger obstacle pour obstruer sa vision au point de l'empêcher de distinguer n'importe quel objet.
Magnifié soit le nom de Celui qui a créé ces causes, et qui en est la Cause Première, qui a ordonné que dépendent d'elles tout changement, toute variation dans le monde de l'être.
Toute chose créée n'est dans l'univers qu'une porte ouverte sur la connaissance de Dieu, qu'un signe de sa souveraineté, qu'une révélation de ses noms, qu'un symbole de sa majesté, qu'un gage de sa puissance, qu'un moyen pour l'homme de s'engager dans son chemin...
En vérité, je te le dis, l'âme humaine est, dans son essence, un des signes de Dieu, un mystère parmi ses mystères. Elle est un des puissants signes du Tout-Puissant, le héraut qui proclame la réalité de tous les mondes de Dieu. En elle se cache ce que le monde est encore complètement incapable de comprendre.
Réfléchis profondément à la révélation de l'esprit de Dieu qui imprègne toutes ses lois, et vois le contraste entre Lui et cette basse et avide nature qui s'est rebellée contre Lui, qui empêche les hommes de se tourner vers le Seigneur des noms et les pousse à satisfaire leurs convoitises et leur perversité. L'âme humaine qui s'abandonne à cette nature s'est égarée fort avant dans le sentier de l'erreur...
Tu m'as encore demandé ce que devient l'âme une fois qu'elle est séparée du corps. Sache en vérité que si elle a suivi les voies de Dieu, elle retournera à Dieu, et sera recueillie pour la gloire du Bien-Aimé. Par la justice de Dieu ! Elle sera élevée à un état que ne saurait peindre aucune plume, ni aucune langue décrire.
L'âme qui est restée fidèle à la cause de Dieu, qui s'est tenue fermement dans son chemin sans en dévier jamais possédera, après son ascension, un tel pouvoir que tous les mondes créés par le Tout-Puissant en bénéficieront.
Une telle âme fournit, par ordre du Roi de perfection, le divin Educateur, le pur levain qui fait lever le monde de l'être, et crée la puissance par laquelle se produisent tous les arts et toutes les merveilles du monde.
Considère combien, pour lever, la farine a besoin de levain. Ces âmes, véritables symboles de renoncement, sont le levain du monde.
Médite ce sujet et sois de ceux qui rendent grâces. Dans plusieurs de nos tablettes, nous avons abordé ce sujet et montré les divers stades de développement de l'âme.
En vérité, je te le dis, l'âme humaine est au-dessus des lois qui régissent le mouvement. Elle reste immobile cependant qu'elle vole; et elle se meut tout en restant immobile.
Elle atteste, par elle-même, à la fois l'existence d'un monde qui est contingent, relatif, et la réalité d'un monde qui n'a ni commencement ni fin.
Admire comment tes rêves se réalisent sous tes yeux, de longues années après que tu les as eus. Considère l'étrangeté du mystère de ce monde qui t'est apparu dans tes rêves.
Médite sur l'insondable sagesse de Dieu et la multitude de ses révélations...Contemple la merveille des manifestations de l'oeuvre divine et médites-en le caractère et la portée.
Celui qui est le Sceau des prophètes a dit: "Accrois, ô mon Dieu, l'émerveillement que j'ai de toi, la stupéfaction où me plonge ton ouvrage !"
Pour ce qui est de ta question concernant le point de savoir si le monde physique est enfermé dans de certaines limites, sache que l'intelligence d'un pareil sujet dépend surtout de l'observateur lui-même. Dans un sens, ce monde physique est limité, et dans un autre, il est affranchi de toutes bornes.
De même que le seul vrai Dieu a toujours existé et ne cessera jamais d'être, de même la création n'a pas eu de commencement et n'aura jamais de fin. Néanmoins, tout ce qui est créé se trouve précédé d'une cause. Et voilà qui établit, sans l'ombre d'un doute, l'unité du Créateur.
Tu m'as, en outre, interrogé sur la nature des sphères célestes. Il faudrait, pour comprendre cette nature, rechercher le sens des allusions qui y ont été faites dans les livres anciens et découvrir leurs rapports avec ce monde physique, et l'influence qu'elles exercent sur lui.
Il n'est point de coeur qui ne s'émerveille devant un si troublant sujet, ni d'esprit que son mystère ne plonge dans la perplexité. Dieu seul en peut pénétrer le secret.
Les savants, qui ont fixé à plusieurs milliers d'années l'âge de la terre, ne se sont pas occupés de l'âge des autres planètes. Il faut aussi considérer les divergences que présentent entre elles les théories édifiées par ces savants.
Sache du moins que toute étoile fixe a ses propres planètes, et que chaque planète a ses propres créatures, dont le nombre ne peut être évalué.
O toi qui as fixé les yeux sur mon visage, l'Aurore de Gloire a en ce jour manifesté son éclat, et la voix du Très-Haut appelle l'humanité. Nous avons autrefois prononcé ces paroles: "Ce n'est le jour pour aucun homme de mettre en question son Seigneur".
Que quiconque a entendu l'appel de Dieu, exprimé par celui qui est l'Aube de Gloire, se lève et s'écrie: "Me voici, Seigneur de tous les noms, me voici; je suis là, me voilà, ô Créateur des cieux! J'atteste que par ta révélation les choses cachées dans les livres de Dieu ont été révélées, et que tout ce qu'ont rapporté les messagers, dans les saintes Ecritures, est accompli. "

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Chapitre: 83. "Considère la faculté de raisonner dont Dieu a doué l'homme en son essence ..."

Considère la faculté de raisonner dont Dieu a doué l'homme en son essence et, t'examinant toi-même, vois comment ta vue, ton ouïe, ton odorat, ta faculté de te mouvoir ou de rester immobile, de parler, de vouloir et de décider, enfin tout ce qui a trait à tes sens physiques et à tes perceptions spirituelles, ou tout ce qui les dépasse, procède de la raison et lui doit son existence.
En fait, tous tes mouvements dépendent si étroitement de cette faculté que toute atteinte portée à cette faculté dans ses relations avec le corps humain entraîne un arrêt immédiat du fonctionnement de tous les sens.
Il est clair et évident que tous les instruments de l'activité humaine que Nous venons de mentionner ne sauraient fonctionner sans la raison qui doit être considérée comme un signe de la révélation de Celui qui est le souverain Seigneur de tous. C'est par sa manifestation qu'ont été révélés tous ces noms et attributs, et la suspension de son activité équivaudrait à leur complète destruction.
Il serait tout à fait inexact de prétendre que la raison se confond, par exemple, avec le sens de la vue, car ce sens procède de la raison et fonctionne sous son contrôle. Il serait également puéril de soutenir qu'elle s'identifie avec l'ouïe, puisque ce sens reçoit de la seule faculté du raisonnement l'énergie nécessaire pour accomplir ses fonctions.
C'est une même relation qui unit cette faculté à tout ce qui, dans le temple humain, a reçu en dépôt ces noms et attributs. Ils ont tous été engendrés par l'opération de ce signe de Dieu qui d'ailleurs, en son essence, les dépasse infiniment. Et à ce point même que, comparés à sa gloire (comme du reste tout ce qui n'est point ce signe même), ils se résolvent en un pur néant et sombrent dans l'oubli.
Méditerais-tu, depuis cet instant jusqu'à la fin qui n'a point de fin, et avec toute l'intelligence qu'ont pu atteindre dans le passé ou qu'atteindront dans l'avenir les plus grands esprits, sur cette subtile réalité donnée par Dieu, ce signe de la révélation de l'Eternel, du très-Glorieux, que tu n'arriverais pas à en comprendre le mystère ni évaluer à son prix la vertu.
Ayant donc reconnu ton impuissance à parvenir à une adéquate compréhension de cette réalité qui demeure au-dedans de toi, tu admettras aisément la futilité de toute tentative de ta part, ou de la part de n'importe quel être créé, pour pénétrer le mystère du Dieu vivant, l'Etoile du Matin d'éternelle gloire, l'Ancien des jours qui n'ont point de fin.
Et cet aveu d'impuissance - qu'impose à tout esprit une mûre réflexion - représente l'apogée de l'intelligence humaine, marque le point culminant du développement de l'homme.

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Chapitre: 84. "Considère le seul vrai Dieu comme étant d'une autre essence ..."

Considère le seul vrai Dieu comme étant d'une autre essence que toutes choses créées et incommensurablement exalté au-dessus d'elles. Tout l'univers reflète sa gloire, tandis qu'Il reste toujours Lui-même intangible et transcendant. Telle est la vraie signification de l'unité divine.
Celui qui est la Vérité éternelle exerce sur le monde de l'existence une souveraineté indiscutable, et son image se reflète dans le miroir de la création. Toute existence dépend de Lui, et c'est de Lui que toutes choses créées tirent leur subsistance. Voilà le sens de l'unité divine, tel en est le principe fondamental.
D'aucuns, abusés par leurs vaines imaginations, ont conçu comme associées et partenaires de Dieu toutes choses créées, et ils se sont flattés d'être eux-mêmes les représentants de son unité. Mais, par Celui qui est le seul vrai Dieu ! ils ont été et ils continueront d'être les victimes d'une aveugle imitation, et ils les faut compter parmi ceux qui ont restreint la conception de la Divinité.
Il est un vrai croyant en l'unité de Dieu celui qui, loin de confondre unité et dualité permet à aucune notion de multiplicité d'obscurcir l'idée qu'il se fait de l'unité divine, et qui regarde l'Etre divin comme affranchi, par sa nature même, de toutes limitations des nombres.
La croyance en l'unité de Dieu consiste essentiellement à tenir pour une seule et même entité Celui qui est la manifestation de Dieu et Celui qui est l'invisible, l'inaccessible et inconnaissable Essence.
Il faut entendre par là que tout ce qui appartient au premier, ses faits et gestes, et quoi qu'il ordonne et quoi qu'il défende, tout cela, en tous ses aspects, dans toute rencontre et sans aucune réserve, doit être tenu pour identique à la volonté de Dieu Lui-même. Tel est le plus haut état où un vrai croyant en l'unité de Dieu puisse espérer s'élever. Béni l'homme qui, parvenu à cette condition, reste ferme dans sa croyance.

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Chapitre: 85. "O mes serviteurs ! Il convient de rafraîchir et revivifier vos âmes ..."

O mes serviteurs ! Il convient de rafraîchir et revivifier vos âmes par les faveurs et les grâces dont vous êtes inondés en ce printemps divin qui éveille les coeurs. ^
L'Etoile du Malin de sa grande gloire a répandu sur vous sa rayonnante splendeur, et les nuages de sa grâce illimitée vous ont enveloppés dans leur ombre. Quelle récompense sublime sera celle de celui qui ne s'est pas privé d'un si grand bienfait et qui a reconnu la beauté de son Bien-Aimé, en ceci: son nouveau vêtement.
Dis : O peuple ! La lampe de Dieu est allumée. Prenez garde que les vents impétueux de votre désobéissance n'en éteignent la lumière.
Le temps est venu de vous lever pour magnifier le Seigneur, votre Dieu. Ne recherchez point les conforts matériels, et gardez vos coeurs purs et sans tache.
Le Malin se tient en embuscade, prêt à vous prendre au piège. Armez-vous contre ses perfides stratagèmes et, guidés par la lumière du seul vrai Dieu, dégagez-vous des ténèbres qui vous enveloppent. Concentrez vos pensées sur le Bien-Aimé plutôt que sur vous-mêmes.
Dis: O vous qui êtes égarés, le messager divin, qui ne dit que la vérité, vous a annoncé la venue du Bien-Aimé. Voyez, il est maintenant parmi vous. Pourquoi donc être encore tristes et abattus ? Pourquoi ce découragement, alors que le Pluriel Caché est apparu sans voile au milieu de vous ?
Celui qui est le Commencement et la Fin, le Mouvement et l'Immobilité est maintenant manifeste devant vos yeux. Voyez comment, en ce jour, le commencement se reflète dans la fin et comment, de l'immobilité, s'engendre le mouvement.
Ce mouvement a été suscité par les puissantes énergies qui se dégagent, à travers la création, des paroles du Tout-Puissant. Celui qui a senti leur vivifiante influence sera porté par elles jusqu'à la cour du Bien-Aimé. Mais celui qui s'y est soustrait sombrera dans un irrémédiable désespoir.
Vraiment sage est celui que le monde et tout ce qui appartient au monde n'ont pu empêcher de reconnaître la lumière de ce jour, et que le vain bavardage des hommes n'a point détourné du droit chemin.
Mais semblable aux morts est celui que l'aube merveilleuse de cette révélation n'a pu stimuler de sa vivifiante brise. Il est, en vérité, un captif, celui qui, n'ayant point reconnu le Rédempteur suprême, a souffert que son âme restât enchaînée, en proie à l'impuissance et au désespoir, dans les fers de ses désirs.
O mes serviteurs ! Quiconque a goûté aux eaux de cette fontaine est parvenu à la vie éternelle, et quiconque a refusé de s'y abreuver s'est rendu semblable aux morts.
Dis: O artisans d'iniquité, la convoitise vous a jusqu'ici empêchés de prêter l'oreille à la douce voix de Celui qui suffit à tout. Chassez-la de vos coeurs, afin que son divin secret vous soit révélé. Voyez-le devant vous, aussi manifeste et resplendissant que le soleil en la pleine gloire de son midi.
Dis: O vous étourdis, une terrible épreuve vous menace, qui soudain vous viendra frapper. Faites diligence pour qu'elle passe sans vous atteindre. Reconnaissez le sublime caractère du nom du Seigneur, votre Dieu, venu à vous dans la grandeur de sa gloire. Il est, en vérité, l'Omniscient, l'Omnipossédant, le Protecteur suprême.

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Chapitre: 86. "Et maintenant, en ce qui concerne ta question sur le point de savoir si les âmes ..."

Et maintenant, en ce qui concerne ta question sur le point de savoir si les âmes humaines restent, après avoir été séparées des corps, conscientes les unes des autres, sache que les âmes du peuple de Bahá qui sont entrées dans l'Arche rouge et y ont été établies communieront entre elles si intimement, qu'en toutes leurs aspirations, tous leurs buts et tous leurs efforts, elles ne formeront qu'une seule et même âme.
Et voilà, en vérité, des âmes qui auront été bien informées, clairvoyantes et douées d'entendement. Ainsi en a décrété Celui qui est l'Omniscient, le très-Sage.
Ceux, parmi le peuple de Bahá, qui sont les habitants de l'arche de Dieu, connaissent tous parfaitement leurs états et conditions réciproques et ils sont unis entre eux par les liens d'une intime communion. Une telle union, cependant, dépend de leur foi et de leur conduite.
Ceux qui sont de même niveau et de même condition connaissent parfaitement leurs capacités, caractères, talents et mérites réciproques, alors que ceux qui sont d'un niveau inférieur sont incapables de comprendre de manière adéquate la condition de ceux qui sont d'un rang supérieur ou d'apprécier leurs mérites. Chacun recevra sa part de son Seigneur.
Béni l'homme qui s'est tourné vers Dieu et a marché fermement dans son amour, jusqu'à ce que son âme ait pris son essor vers Dieu, le souverain Seigneur de tous, l'Omnipotent, le Clément, le Miséricordieux.
En revanche, les âmes des infidèles - et cela je l'atteste - au moment de rendre à Dieu leur dernier souffle, prendront conscience de toutes les bonnes choses qu'elles auront négligé d'acquérir. Elles se lamenteront sur leur sort et s'humilieront devant Dieu, et elles continueront de le faire après qu'elles auront quitté leur corps.
Il est clair et évident qu'après leur mort physique, tous les hommes prendront conscience de la valeur de leurs actes et comprendront pleinement ce que leurs mains ont forgé. Je le jure par l'Etoile du Matin qui brille à l'horizon de la puissance divine !
Au moment où ils quitteront cette vie, les fidèles du seul vrai Dieu éprouveront une joie et une allégresse impossibles à décrire, tandis que ceux qui auront vécu dans l'erreur seront remplis d'une consternation sans égale et saisis de crainte et tremblements dont on ne peut se faire idée.
Heureux celui qui aura bu le vin de la foi, par la grâce et la multitude des bienfaits de Celui qui est le Seigneur de toutes les croyances...
Le jour est venu où les aimés de Dieu doivent tenir leurs yeux fixés sur sa manifestation, et s'attacher à tout ce qu'il plaît à cette manifestation de leur révéler.
Certaines traditions des âges anciens ne reposent sur aucun fondement, et les notions entretenues par les générations passées, et qui sont rapportées dans leurs livres, ont pour la plupart été influencées par les désirs d'une inclination corrompue.
Tu sais, toi-même, combien sont erronés la plupart des commentaires et interprétations des paroles de Dieu ayant maintenant cours parmi les hommes. Leur inexactitude a été parfois pleinement démasquée, notamment dans le cas où, les voiles ayant été déchirés qui séparaient leurs auteurs de la vérité, ceux-ci ont publiquement reconnu qu'ils n'avaient point saisi la signification d'une seule parole de Dieu.
Nous voudrions vous amener à comprendre que si les aimés de Dieu purifiaient leur coeur et leurs oreilles des vains propos qui furent émis autrefois, et s'ils tournaient leur âme vers Celui qui est l'Aurore de sa révélation et vers tout ce qu'Il a manifesté, une telle attitude serait jugée par Dieu hautement méritoire...
Magnifie son nom et sois de ceux qui rendent grâces. Transmets mon salut à mes bien-aimés, choisis par Dieu pour son amour, et auxquels il a permis de réaliser leurs aspirations. Et gloire à Dieu, le Seigneur de tous les mondes !

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Chapitre: 87. "Passons à ta question: Comment ne reste-t-il aucune trace des prophètes qui ..."

Passons à ta question:" Comment ne reste-t-il aucune trace des prophètes qui précédèrent Adam, le Père de l'humanité, ou des rois qui vivaient au temps de ces prophètes ? " Sache que l'absence de toute mention les concernant n'est pas une preuve que ces rois et ces prophètes n'aient point existé.
Le fait qu'aucun souvenir n'a été gardé d'eux doit être rapporté à leur extrême éloignement dans le temps, aussi bien qu'aux vastes changements survenus dans le monde depuis leur existence.
De plus, les modes d'écriture qui ont cours aujourd'hui étaient inconnus des générations préadamiques. Il fut même un temps où les hommes ignoraient complètement l'art d'écrire qu'ils remplaçaient par un système tout à fait inconnu de nos jours. Mais de longues explications seraient nécessaires pour un exposé convenable de la question.
Considère les différences qui se sont produites d'un âge à l'autre, depuis les jours d'Adam. Les diverses langues, si largement répandues, que parlent aujourd'hui les peuples de la terre, étaient inconnues à l'origine, comme l'étaient d'ailleurs les lois et coutumes actuellement en vigueur.
Le langage commun à l'humanité primitive, et dont il ne reste aucune trace, se diversifia à la longue dans un pays appelé Babel, lequel fut ainsi désigné parce que le terme "Babel" signifie "confusion des langues". Dans la suite, prévalut le syriaque, langue dans laquelle furent révélées les Ecritures sacrées de l'ancien temps.
Plus tard apparut Abraham, l'Ami de Dieu, qui répandit sur le monde la lumière de la révélation divine. Le langage qu'il employait lors de sa traversée du Jourdain prit le nom d' "hébreu"('Ibráni) qui signifie "langue de la traversée". Les livres de Dieu et les Ecritures sacrées furent rédigés dans cette langue, et ce n'est que fort longtemps après que l'arabe devint la langue de la révélation.
Au nombre et à l'importance des changements survenus dans le langage écrit et parlé depuis les jours d'Adam, tu peux mesurer ce que ces changements durent être avant lui.
Notre intention, en révélant ces paroles, est de montrer que le seul vrai Dieu, en son transcendant état, se trouve et restera pour l'éternité, infiniment au-dessus de la louange et des conceptions de tout ce qui n'est pas Lui.
Sa création a toujours existé et, de temps immémorial, des manifestations de sa gloire divine et des aurores d'éternelle sainteté ont été envoyées avec mission d'appeler l'humanité à reconnaître le seul vrai Dieu. Le fait que le nom de quelques-unes d'entre elles soit oublié, et que toute trace soit perdue de leur passage, doit être imputé aux troubles et aux vicissitudes survenus depuis dans le monde.
Certains livres font mention d'un déluge où sombra tout ce qui existait, souvenirs historiques aussi bien que le reste. D'autres cataclysmes effacèrent toute trace de nombreux événements. De plus, les récits d'ordre historique qui subsistent aujourd'hui présentent entre eux de grandes divergences.
Chaque peuple a sa version de l'âge de la terre et de sa propre histoire. Les uns font remonter leur origine à huit mille ans, d'autres à douze mille. Pour qui a lu le livre de Júk, il est clair que les divers récits historiques d'un même fait diffèrent largement. Dieu veuille que, tournant les yeux vers la sublime révélation, tu négliges absolument ces traditions et récits qui se contredisent les uns avec les autres.

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Chapitre: 88. "Sache que l'essence de justice et la source d'où elle dérive s'incarnent ..."

Sache que l'essence de justice et la source d'où elle dérive s'incarnent dans les préceptes prescrits par Celui qui est la manifestation de Dieu Lui-même parmi les hommes, si vous êtes de ceux qui reconnaissent cette vérité.
Il personnifie vraiment pour toute la création, le modèle par excellence de la justice. Même si sa loi devait semer l'épouvante dans les coeurs de tous ceux qui sont dans le ciel et sur la terre, cette loi ne serait encore que justice manifeste.
Les troubles et les terreurs que la révélation de cette loi peut jeter dans les coeurs sont comparables aux cris d'effroi du bébé privé du sein de sa mère, si vous êtes de ceux qui comprennent.
Si les hommes pouvaient pénétrer l'intention profonde de la révélation divine, ils rejetteraient toute crainte, et leur coeur se remplirait même d'allégresse et de gratitude.

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Chapitre: 89. "Sache, à n'en point douter que, de même que tu crois que la parole de Dieu ..."

Sache, à n'en point douter que, de même que tu crois que la parole de Dieu (exaltée soit sa gloire) dure éternellement, de même tu dois croire, et d'une foi aussi ferme, que la signification de cette parole ne saurait jamais être épuisée.
Ceux, toutefois, qui en sont les interprètes officiels, ceux dont le coeur est dépositaire de ses secrets, sont seuls à en pouvoir comprendre toute la sagesse.
Quiconque, en lisant les Ecritures sacrées, éprouve la tentation de choisir ce qui peut lui servir à récuser l'autorité des représentants de Dieu parmi les hommes, est en vérité semblable à un mort, bien que, selon les apparences extérieures, il semble marcher, converser avec ses voisins et partager leur nourriture et leur boisson.
Puisse le monde me croire ! Si tout ce qui se trouve enfermé dans le coeur de Bahá et tout ce qui lui a été enseigné par le Seigneur, son Dieu, le Seigneur de tous les noms, était dévoilé à l'humanité, il ne se trouverait pas un seul homme qui n'en fût confondu.
Combien grande est la multitude des vérités que le vêtement des mots ne saurait contenir ! Combien nombreuses sont ces vérités qu'aucune expression ne peut rendre de façon adéquate, dont le sens ne pourra jamais être dévoilé, et auxquelles il est impossible de faire l'allusion même la plus lointaine ! Combien de ces vérités doivent rester inexprimées jusqu'à ce que soit venu le temps fixé pour leur révélation !
Ainsi qu'il a été dit: "Tout ce qu'un homme sait, il ne le peut toujours communiquer; quant à ce qu'il peut communiquer, il n'est pas toujours opportun de le faire et ce qu'il pourrait opportunément communiquer ne correspond pas toujours à la capacité réceptive de ceux qui l'écoutent. "
Parmi ces vérités, il en est qui ne peuvent être révélées que dans la mesure où sont capables de les recevoir les dépositaires de la lumière de notre science et ceux qui reçoivent notre grâce cachée.
Nous prions Dieu de te fortifier de sa puissance et de te rendre capable de reconnaître Celui qui est la source de toute science, afin que tu puisses te détacher de tout savoir humain. "Que servirait en effet à un homme de courir après ce savoir, quand il a déjà trouvé et reconnu Celui qui est l'objet de toute connaissance ?"
Attache-toi à la racine du savoir et à Celui qui en est la source, afin de te rendre indépendant de tous ceux qui se prétendent versés dans la science humaine, et dont ni revendication ni preuve manifeste, pas plus que le témoignage d'un quelconque livre éclairé ne peuvent soutenir la prétention.

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Chapitre: 90. "Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre porte en soi la preuve directe ..."

Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre porte en soi la preuve directe des attributs et noms de Dieu, puisqu'en tout atome sont enchâssés des signes qui portent, de la révélation de cette grande lumière, un éloquent témoignage.
Il me paraît même que, sans la puissance de cette révélation, aucun être ne pourrait exister.
Combien resplendissantes sont les lumières de connaissance qui brillent dans un atome, et combien vastes les océans de sagesse qui s'enflent et s'agitent dans une goutte d'eau !
Mais cela est surtout, et à un suprême degré, vrai de l'homme qui, entre toutes choses créées, a été revêtu de la robe d'un tel bienfait, et choisi pour la gloire d'une telle distinction. Car en lui sont virtuellement révélés, à un degré qu'aucune autre chose créée ne saurait atteindre, tous les attributs et noms de Dieu. Ils lui sont tous applicables.
Ainsi qu'il a été dit: "L'homme est mon mystère, et je suis son mystère. " Multiples sont les versets qui, révélés à plusieurs reprises dans les livres célestes et les saintes Ecritures, s'inspirent de ce subtil et sublime thème.
Ainsi qu'il a été révélé: "Nous leur montrerons nos signes, à la fois dans le monde et en eux-mêmes. " Et de nouveau: "Et aussi en vous-mêmes, ne reconnaîtrez-vous pas les signes de Dieu ?" Et encore: "Et ne soyez point du nombre de ceux qui ont oublié Dieu, et qu'Il a rendus oublieux d'eux-mêmes. "
A ce propos, Celui qui est le Roi éternel - puissent les âmes de tous ceux qui habitent le tabernacle mystique Lui être offertes en sacrifice a Lui-même déclaré: "Il a connu Dieu, celui-là qui s'est connu lui-même. "...
De tout ce qui vient d'être dit, il ressort avec évidence que toutes choses portent témoignage de la révélation qui a été faites - en l'essentielle réalité de chacune d'elles - des noms et attributs de Dieu. Chacune, selon sa capacité, montre et exprime la connaissance de Dieu.
Cette révélation est puissante et d'une telle universalité qu'elle embrasse toutes choses, tant visibles qu'invisibles.
Ainsi qu'il a été révélé: "Existe-t-il hors de toi un pouvoir de révélation que tu ne possèdes pas et qui aurait pu te manifester ? Aveugle est l'oeil qui ne te voit point. "
De même le Roi éternel a dit: "Je n'ai perçu aucune chose si ce n'est que j'ai perçu Dieu en elle, Dieu avant elle ou Dieu après elle. "
Dans la tradition du Kumayl, il est encore écrit: "Vois: Une lumière a brillé du matin de l'éternité, et voilà que ses ondes ont pénétré la réalité essentielle des hommes. "
C'est en l'homme, la plus noble et la plus parfaite de toutes les choses créées, que se manifeste le mieux la force de cette révélation, et c'est lui qui en exprime le plus complètement sa gloire.
Et de tous les hommes, les plus parfaits, les plus éminents et les meilleurs sont les manifestations du Soleil de Vérité. Bien mieux, ce n'est que par l'opération de la volonté de ces manifestations et par l'effusion de leur grâce, que tous les autres vivent et se meuvent.

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Chapitre: 91. "Entre autres preuves de la vérité de cette révélation se trouve ..."

Entre autres preuves de la vérité de cette révélation se trouve celle-ci, qu'à tout âge et dans chaque dispensation, toutes les fois que l'invisible Essence s'est révélée dans la personne de sa manifestation, des âmes humbles et dégagées de toutes entraves terrestres se sont tournées, pour recevoir la lumière, vers le Soleil de la prophétie et la Lune de la direction divine, et ont ainsi trouvé l'accès de la divine présence.
D'où le mépris et les sarcasmes dont les ont toujours accablées les prêtres et les riches de leur temps. Ainsi qu'il l'a révélé au sujet de ceux qui errent: "Nous ne voyons en toi qu'un homme comme nous, dirent alors les chefs de son peuple qui ne croyaient point. Et nous ne trouvons parmi tes disciples que des êtres bas et dépourvus de jugement. Vraiment, nous ne voyons en vous tous, par rapport à nous, d'excellence d'aucune sorte. Nous vous tenons pour de vulgaires imposteurs. "
Et insistant dans leur critique de ces saintes manifestations: "Nul ne vous a suivis que les plus abjects d'entre nous, des gens qui ne méritent aucune attention. " Ils voulaient ainsi montrer que personne parmi les savants, les riches et les gens éminents n'avait cru en eux. C'est par de semblables preuves qu'ils cherchaient à établir la fausseté de Celui qui, pourtant, ne disait que la vérité.
Mais dans cette resplendissante dispensation, nombre de prêtres éclairés, d'hommes d'une science consommée, de docteurs d'une profonde sagesse ont accédé à sa cour, bu à la coupe de sa présence divine et reçu l'honneur de ses bienfaits les plus précieux.
Ils ont, pour l'amour du Bien-Aimé, renoncé au monde et à tout ce qu'il contient. Ce sont ceux-là qui, guidés par la lumière du Soleil de la révélation divine, ont reconnu et confessé sa vérité. Telle a été leur foi qu'ils n'ont point hésité, pour la plupart, à abandonner leurs biens et leurs proches pour s'attacher uniquement au bon plaisir du très-Glorieux.
Ils ont offert leur vie pour le Bien-Aimé et tout sacrifié pour suivre sa voie. Leurs poitrines ont servi de cibles aux traits de l'ennemi, et leurs têtes ont orné les piques des infidèles. Il n'est point de terre qui n'ait bu le sang de ces incarnations de renoncement, pas d'épée qui n'ait meurtri leurs cous. Leurs actes constituent à eux seuls un témoignage suffisant de la vérité de leurs paroles.
Ne suffira-t-il donc pas à convaincre le peuple d'aujourd'hui, ce témoignage rendu par ces saintes âmes dont le glorieux sacrifice a forcé l'admiration du monde ?
Ne suffit-il pas à confondre les traîtres qui ont, pour un denier, trahi leur foi, troqué l'immortalité contre ce qui périt, renoncé pour des sources amères au Kawthar de la présence divine, et qui ne songent qu'à usurper le bien d'autrui ? Tu vois toi-même comment, tout occupés qu'ils sont des vanités de ce monde, ils errent loin de Celui qui est le Très-Haut.
Soyez justes: Ne serait-il vraiment pas recevable le témoignage de ceux dont les actes confirment les paroles, qui accordent à leurs pensées intimes leur conduite extérieure ? Leur courage moral et leur endurance physique émerveillent les âmes en confondant les esprits.
Faudrait-il préférer la caution de ces êtres sans foi qui ne respirent que l'égoïsme et qui sont les prisonniers de leurs vaines imaginations ? Pareils à des oiseaux de ténèbres, ils ne lèvent leur tête de dessus l'oreiller que pour courir après les choses transitoires de ce monde, et ils n'ont de repos qu'ils n'aient réussi à avancer leurs sordides affaires.
Plongés dans leurs égoïstes désirs, ils ont totalement oublié le décret divin. De toute leur âme, ils poursuivent, le jour, des bénéfices matériels et ils emploient leurs nuits à satisfaire leurs désirs charnels. De quelle loi, de quels principes se pourrait-on réclamer pour prendre en considération le grossier refus de croire de ces esprits étroits et méprisables, et ignorer la loi de ceux qui, pour l'amour du bon plaisir de Dieu, ont renoncé à leur vie, à leurs biens, à leur réputation et à leur honneur ?...
Avec quel amour, quelle dévotion, quelle exultation, quels saints ravissements, ils sacrifièrent leur vie dans le sentier du très-Glorieux ! De cette vérité toutes choses portent témoignage.
Comment, après cela, vouloir rabaisser l'importance de cette révélation ? Aucun âge a-t-il été témoin d'événements aussi considérables ? Si de tels compagnons ne furent point de véritables serviteurs de Dieu, qui d'autre pourra-t-on désigner par ce titre ? Recherchèrent-ils jamais la gloire ou le pouvoir ? Aspirèrent-ils aux richesses ? Nourrirent-ils d'autre désir que celui de satisfaire le bon plaisir de Dieu ?
Et si de tels compagnons, avec leurs merveilleux témoignages et leurs oeuvres admirables, furent dans l'erreur, qui pourra jamais se réclamer de la vérité ?
Je jure par Dieu ! leurs actes constituent devant le monde une suffisante et irréfutable preuve de la vérité de cette révélation, pour tous ceux qui veulent méditer en eux-mêmes les ineffables mystères. "Et ceux qui agissent injustement connaîtront bientôt ce qui leur a été réservé !"
Considère ces martyrs d'une indubitable sincérité, à la droiture desquels le texte même du livre rend explicitement témoignage, et qui, ainsi que tu en as, toi-même, été témoin, ont tous sacrifié leur vie, leurs biens, leur femme, leurs enfants et tout ce qu'ils possédaient, et qui se sont ainsi élevés jusqu'aux plus hautes demeures du paradis.
Est-il juste de rejeter le témoignage rendu à la vérité de cette prééminente et glorieuse révélation par ces êtres sublimes, et de tenir pour recevables les accusations portées contre cette resplendissante lumière par des gens sans foi ni loi qui, pour l'amour de l'or et de la domination, ont renié leur croyance et rejeté Celui qui est le Chef suprême de l'humanité ?
Etant donné, surtout, que leur véritable caractère est maintenant connu de tous, qu'il est aujourd'hui avéré qu'ils n'abandonneraient pas pour l'amour de la sainte foi de Dieu la moindre parcelle de leur autorité terrestre, et bien moins encore leur vie, leurs biens et autres choses de même sorte.

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Chapitre: 92. "Le livre de Dieu est grand ouvert, et sa parole appelle à Lui tous les hommes ..."

Le livre de Dieu est grand ouvert, et sa parole appelle à Lui tous les hommes. Mais il ne s'en est trouvé qu'une poignée pour adhérer à sa cause, ou pour s'employer à la répandre. Ce petit nombre a reçu le divin élixir qui peut seul changer en or pur l'écume du monde, en même temps que le pouvoir d'administrer l'infaillible remède aux maux dont souffrent les enfants des hommes.
Aucun homme ne peut parvenir à la vérité éternelle sans avoir embrassé la vérité de cette inestimable, merveilleuse et sublime révélation.
Tendez l'oreille, ô amis de Dieu, à la voix de Celui que le monde a si injustement traité, et attachez-vous fermement à tout ce qui peut exalter sa cause. Il guide en vérité qui lui plaît en son droit chemin.
C'est là une révélation qui communique de la force aux faibles et couvre de richesse les destitués.
Consultez-vous les uns les autres dans un esprit d'extrême amitié et de parfaite fraternité et consacrez les précieux jours de votre vie à l'amélioration du sort du monde et à l'avènement de la cause de Celui qui est l'ancien et souverain Seigneur de tous. Il ordonne aux hommes ce qui est juste, et Il leur défend ce qui les dégrade.

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Chapitre: 93. "Sache que toute chose créée est un signe de la révélation de Dieu . . . "

Sache que toute chose créée est un signe de la révélation de Dieu. Chacune, selon sa capacité, est et restera un symbole du Tout-Puissant. Ayant décidé, Lui, le souverain Seigneur de tous, de révéler sa souveraineté dans le domaine des noms et attributs, il a, par un acte de sa volonté, fait de chaque chose créée un signe de sa gloire.
Si pénétrante et si répandue est cette révélation, qu'il n'y a rien dans l'univers qui n'en reflète la splendeur. Dans ces conditions, il ne saurait être question de considération d'éloignement ou de proximité. Si la main du divin pouvoir retirait aux choses créées ce don inestimable, l'univers en deviendrait aussitôt vide et désolé.
Admire combien, et par-delà toute mesure, le Seigneur est exalté au-dessus de toutes choses créées. Contemple sa majesté souveraine, son autorité, son pouvoir suprême. Si ces choses qu'Il a créées - exaltée soit sa gloire - et dont Il a fait des manifestations de ses noms et attributs, se trouvent, par la vertu de la grâce dont Il les a dotées, au-dessus de toutes conditions de proximité et d'éloignement, combien plus élevée doit se trouver la divine Essence qui les a appelées à l'existence !...
Médite ce qu'a écrit le poète: "Ne t'étonne pas que mon Bien-Aimé soit plus près de moi que je ne le suis moi-même; étonne-toi plutôt qu'en dépit de sa proximité, je reste, moi, si loin de Lui. "...
Se référant ainsi à ce que Dieu Lui-même a révélé: "Nous sommes plus près de l'homme que la veine de son coeur", le poète a, par allusion à ce verset, voulu dire que, tout pénétré que soit son être de la révélation de son Bien-Aimé - et à ce point que Celui-ci se trouve plus près de lui que la veine de son coeur -, et pour conscient et assuré qu'il soit d'une telle condition, il reste encore fort loin de Dieu.
Autrement dit, son coeur où siège le Miséricordieux et où trône la splendeur de sa révélation est pourtant oublieux de son Créateur; il s'est écarté de sa voie, privé de sa gloire, et il a subi la souillure des désirs terrestres.
Il convient, à ce propos, de rappeler que le seul vrai Dieu est, en Lui-même, exalté au-delà et au-dessus des conditions d'éloignement et de proximité. Sa réalité transcendante ne connaît pas de telles limitations. Sa relation avec ses créatures ne connaît point de degrés. Que certaines d'entre elles soient proches et que d'autres soient éloignées est attribuable aux manifestations elles-mêmes.
Le fait que le coeur humain soit le siège de la révélation de Dieu, le très-Miséricordieux, est attesté par les saintes déclarations que Nous avons autrefois révélées. Entre autres, se trouve celle-ci: "La terre et le ciel ne me peuvent contenir; ce qui, seul, peut me contenir, c'est le coeur de celui qui croit en moi et reste fidèle à ma cause. "
Combien souvent, toutefois, ce coeur humain, dépositaire de la lumière divine et siège de la révélation du Miséricordieux, s'écarte de Celui qui est la source de cette révélation et de cette lumière! C'est l'indocilité de son coeur qui l'éloigne ainsi de Dieu et le condamne à être séparé de Lui.
Quant aux coeurs pleinement conscients de sa présence, on peut dire, en vérité, qu'ils se sont approchés du trône du Tout-Puissant.
Considère, en outre, combien fréquemment l'homme cesse d'être conscient de lui-même, alors que Dieu, par sa connaissance qui englobé toute chose, reste toujours conscient de sa créature et continue de répandre sur elle l'éclat manifeste de sa gloire. Il est donc évident que, dans ces conditions, Il se trouve plus près de sa créature que celle-ci ne l'est elle-même. Et il le demeurera pour l'éternité, car tandis que l'homme est enclin à l'erreur et ignorant des mystères qu'il porte au-dedans de lui-même, le seul vrai Dieu, Lui, ne cesse de connaître, de percevoir et d'embrasser toutes choses ..."
Qu'on n'aille pas d'ailleurs imaginer qu'en disant que toutes choses créées sont les signes de la révélation de Dieu, Nous entendions - Dieu nous en préserve - que tous les hommes, bons ou mauvais, et croyants ou mécréants, sont égaux devant Dieu.
Notre assertion n'implique pas davantage que l'Etre divin - magnifié soit son nom et exalté sa gloire - soit en aucune façon comparable aux hommes, ni qu'Il puisse, en quelque manière, être associé avec ses créatures.
Cette erreur est commise par quelques insensés qui, tentant de se hausser jusqu'aux cieux de leurs vaines imaginations, ont prétendu que l'Unité divine signifiait que toutes choses créées sont des signes de Dieu, et qu'il s'ensuivait qu'aucune distinction ne saurait être établie entre eux. D'autres, les dépassant dans une telle erreur, vont jusqu'à prétendre que ces signes ne sont rien de moins que les pairs et associés de Dieu Lui-même.
Bonté divine! Il est, en vérité, un et indivisible, un dans son essence et un dans ses attributs ! Tout ce qui n'est pas Lui n'est rien en face de la resplendissante révélation d'un seul de ses noms - qui ne contient que la plus faible lueur de sa gloire -, mais combien moins en face de Dieu Lui-même !
Par la justice de mon nom, le Miséricordieux ! A la révélation de ces paroles, la plume du Très-Haut est agitée d'un tremblement douloureux. Combien chétive et insignifiante est l'évanescente goutte d'eau auprès des lames et des vagues houleuses de l'océan sans limites et sans fin de Dieu, et combien méprisable, au regard de l'ineffable gloire incréée de l'Eternel, apparaît tout ce qui est contingent et périssable!
Nous implorons pour ceux qui entretiennent de telles croyances et profèrent de tels propos le pardon du Dieu tout-puissant.
Dis: O peuple ! Comment comparer l'Etre subsistant par Lui-même à une éphémère pensée, et comment assimiler le Créateur à ses créatures qui ne sont que les signes tracés par sa plume ?
Que dis-je! ce qui sort de cette plume est exempt des imperfections inhérentes à toutes choses créées, et est infiniment exalté au-dessus d'elles.
Considère encore dans leurs mutuels rapports les signes de la révélation de Dieu. Le soleil, par exemple, qui n'est qu'un de ces signes, peut-il être mis au même rang que les ténèbres ? Le seul vrai Dieu m'en rend témoignage ! Nul homme ne le croira possible, à moins que son coeur ne soit desséché et ses yeux entièrement abusés.
Dites: Considérez votre propre personne. Vos ongles et vos yeux en font partie. Leur attribuerez-vous même rang et même valeur ? Si vous répondez "oui", en ce cas, dites alors: Vous avez en vérité accusé d'imposture le Seigneur, mon Dieu, le très-Glorieux, car vous coupez les uns alors que vous prenez soin des autres comme de votre propre vie.
Il n'est aucunement permis de transgresser les limites de son rang et de son état. Ceux-ci doivent être maintenus dans leur parfaite intégrité. Autrement dit, toute chose créée doit être considérée sous l'angle du rang qui lui a été assigné dans la hiérarchie des valeurs.
Cependant il ne faut pas perdre de vue que lorsque la lumière de mon nom, l' "Omnipénétrant" a répandu son éclat sur le monde, toute chose créée a été, selon un décret immuable, douée de la capacité d'exercer une influence particulière, et mise en possession d'une vertu distincte.
Considère, par exemple, les effets du poison. Encore que mortel, celui-ci, dans certaines conditions, peut exercer une influence bienfaisante.
Le pouvoir dont toute chose créée est imprégnée est la conséquence directe de la révélation de ce nom béni. Gloire à Celui qui est le Créateur de tous les noms et attributs !
Jetez au feu l'arbre pourri et séché, restez à l'ombre de l'arbre vert et florissant et prenez votre part de ses fruits.
La plupart de ceux qui vécurent aux jours des manifestations de Dieu ont émis des propos aussi déplacés. Ceux-ci sont recueillis tout au long dans les livres révélés et les saintes Ecritures.
Est vraiment croyant en l'unité de Dieu quiconque reconnaît en toutes choses créées et en chacune d'elles, le signe de la révélation de Celui qui est la Vérité éternelle, et non pas celui qui maintient que la créature ne se distingue pas du Créateur.
Considère, par exemple, comme se révèle la lumière à travers le nom d'Educateur donné à Dieu. Vois comment en toutes choses se manifestent les preuves de cette révélation, comment l'amélioration de tous les êtres en dépend.
Cette éducation est de deux sortes. L'une est universelle. Son influence pénètre toutes choses et entretient leur existence. C'est pour cette raison que Dieu s'est donné le titre de "Seigneur de tous les mondes". L'autre est réservée à ceux qui se sont mis à l'ombre de ce nom et qui ont recherché l'abri de cette puissante révélation.
Quant à ceux qui l'ont dédaignée, ils se sont eux-mêmes frustrés de ce privilège et ne peuvent bénéficier de la nourriture spirituelle envoyée par la grâce céleste de ce nom sublime.
Quel abîme sépare les uns des autres ! Si le voile était levé et qu'apparût dans la plénitude de sa gloire la condition de ceux qui se sont résolument tournés vers Dieu et qui, pour l'amour de Lui, ont renoncé au monde, la création tout entière en serait frappée de stupeur.
Ainsi qu'il a été déjà expliqué, le vrai croyant en l'unité de Dieu verra dans le croyant et dans l'incroyant les signes évidents de la révélation de ces deux noms.
Si cette révélation était retirée, tous périraient.
Considère de même comme se révèle la lumière, à travers le nom d'Incomparable, donné à Dieu. Vois comment cette lumière a enveloppé toute la création, comment toutes les choses créées manifestent les signes de son unité, attestent la réalité de Celui qui est la Vérité éternelle et proclament sa souveraineté, son unité et sa puissance.
Cette révélation est un gage de sa miséricorde qui a englobé toutes choses créées.
Ceux, toutefois, qui se sont érigés en associés de Dieu restent ignorants d'une telle révélation. Ils sont privés de la foi par laquelle ils auraient pu s'approcher de Lui et s'unir à Lui.
Vois comment les divers peuples et tribus de la terre rendent témoignage à son unité. S'ils ne portaient pas en eux-mêmes le signe de cette unité, ils n'eussent jamais reconnu la vérité des paroles: "Il n'y a d'autre Dieu que Dieu".
Et pourtant, vois comme ils ont lamentablement erré, comme ils se sont écartés de sa voie. En refusant de reconnaître la révélation souveraine, ils ont cessé de compter parmi les vrais croyants en l'unité de Dieu.
Ce signe de la révélation de l'Etre divin que portent malgré tout, en eux-mêmes, ceux qui se sont érigés en partenaires de Dieu, peut être, en un sens, considéré comme un reflet de la gloire dont sont illuminés les fidèles. Mais c'est là une vérité accessible à ceux-là seulement qui sont doués de compréhension.
Ceux qui ont vraiment reconnu l'unité de Dieu doivent être regardés comme les premiers à manifester ce nom. C'est eux qui ont bu à longs traits, dans la coupe que leur tendait la main de Dieu, le vin de l'Unité divine, et ils ont tourné vers Lui leurs faces. Quelle distance sépare ces êtres sanctifiés de ces hommes qui errent si loin de Dieu !...
Puisse le Seigneur permettre que, d'un regard acéré, tu perçoives en toutes choses le signe de la révélation de Celui qui est l'ancien Roi et que tu reconnaisses combien est exalté par-dessus toute la création cet Etre saint et sacré.
Telles sont, en vérité, la racine et l'essence même de la croyance en l'unité divine. "Dieu était seul; il n'y avait personne autre que Lui. " Il est maintenant ce qu'Il a toujours été. Il n'y a d'autre Dieu que Lui, l'Unique, l'Incomparable, le Tout-Puissant, le Sublime, le très-Grand.

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Chapitre: 94. "Passons maintenant à ce que tu as dit touchant l'existence de deux dieux ..."

Passons maintenant à ce que tu as dit touchant l'existence de deux dieux. Prends garde, prends bien garde d'être ainsi conduit à t'ériger en partenaire du Seigneur, ton Dieu. Il est, et a toujours été seul et unique, sans pair ni égal, éternel dans le passé, éternel dans l'avenir, indépendant de toutes choses, immanent, immuable et subsistant par Lui-même.
Il ne s'est adjoint aucun associé dans son royaume, aucun conseiller pour le guider, ni personne qui puisse Lui être comparé et dont la gloire puisse rivaliser avec sa gloire. De cela portent témoignage tous les atomes de l'univers et, par-delà, les hôtes des royaumes célestes, ceux qui occupent les régions les plus élevées et dont les noms sont rappelés devant le trône de gloire.
Du fond du coeur, rends témoignage à cette déclaration faite par Dieu Lui-même, et pour Lui-même, qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui, que tout ce qui n'est pas Lui n'existe que par son ordre, que tout a été façonné avec sa permission, est assujetti à sa loi, rentre dans l'oubli lorsqu'on le compare aux preuves glorieuses de son unité, et n'est que pur néant auprès des puissantes révélations de son unicité.
De toute éternité, Dieu fut un dans son Essence, un dans ses attributs, un dans ses oeuvres. Toute comparaison n'est applicable qu'à ses créatures et toute idée d'association est une notion qui n'appartient qu'à ceux qui le servent. Son Essence est incommensurablement exaltée au-dessus des descriptions que peuvent faire de Lui ses créatures.
Il est seul à occuper le trône de majesté transcendante, de suprême et inaccessible gloire. L'oiseau du coeur de l'homme, si haut qu'il plane, ne pourra atteindre les sommets de son inconnaissable Essence.
C'est Lui qui a appelé à l'être toute la création, Lui qui, par son ordre, a fait surgir du néant toute chose créée.
Et vraiment, cette créature née par la puissance de la parole que sa plume a révélée et qu'a dirigée l'index de sa volonté, peut-elle Lui être associée ou être tenue pour une incarnation de Dieu Lui-même ?
Toute allusion que puisse faire à son mystère la plume ou la parole humaine, toute conception que le coeur de l'homme puisse avoir de son Essence, tout cela reste incompatible avec la gloire du Créateur.
Tous les êtres se tiennent à sa porte, pauvres et désolés, impuissants devant la grandeur de sa puissance, simples esclaves en son royaume.
Il est, en vérité, assez riche pour se passer de toutes ses créatures. Quant au lien de servitude qui unit l'adorateur à l'Adoré, la créature à son Créateur, bien loin d'être l'indication de quelque mérite que les hommes pourraient posséder, il n'est qu'un gage de pure faveur de la grâce divine. De cela tout vrai croyant éclairé portera témoignage.

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Chapitre: 95. "Sache que, selon les décrets du livre de ton Seigneur ..."

Sache que, selon les décrets du livre de ton Seigneur, le Seigneur de tous les hommes, les faveurs qu'Il dispense à l'humanité resteront, comme toujours elles le furent, illimitées. La première et principale de ces faveurs est le don de l'intelligence.
L'intention du Tout-Puissant en conférant à l'homme ce don inestimable, a été de le rendre capable de connaître le seul vrai Dieu (exaltée soit sa gloire) et de l'accepter. Un tel don, en effet, le met à même de discerner la vérité en toutes choses; il le conduit à ce qui est juste et l'aide à découvrir les secrets de la création.
Vient ensuite le sens de la vue grâce auquel, d'abord, peut fonctionner l'intelligence. L'ouïe, la sensibilité et les autres sens sont également au nombre des dons dont le corps humain a été gratifié. Excessivement exalté est le Tout-Puissant qui a créé ces facultés et qui les a révélées dans le corps de l'homme.
Chacune de ces facultés est une preuve évidente de la majesté, de la puissance, de l'autorité et de l'universelle science de Dieu (exaltée soit sa gloire).
Considère le sens du toucher. Admire comment il s'étend au corps humain tout entier. Alors que l'ouïe et la vue se localisent, chacune, en un point particulier, le sens du toucher embrasse, lui, la charpente humaine tout entière. Glorifiée soit la puissance de Dieu, et magnifiée sa souveraineté !
Ces dons sont inhérents à l'homme même. Mais celui qui les surpasse tous, qui est incorruptible dans sa nature et qui appartient à Dieu Lui-même, c'est le don de la révélation divine. Tous les bienfaits accordés à l'homme par le Créateur, tant matériels que spirituels, dépendent de celui-là.
Il est en son essence et restera toujours le pain descendu du ciel. Il est le suprême témoignage de Dieu, la plus évidente manifestation de sa vérité, le signe de sa bonté parfaite, le gage de sa miséricorde universelle, la preuve de sa tendre providence, le symbole de sa grâce achevée.
Et celui qui, en ce jour, a reconnu sa manifestation, a, en vérité, reçu sa part de ce don suprême de Dieu. Rends grâces à Dieu pour un si grand bienfait. Elève la voix et dis: Sois loué, ô toi qui es le Désir de tout coeur éclairé !

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Chapitre: 96. "La plume du Très-Haut ne cesse d'appeler les hommes ..."

La plume du Très-Haut ne cesse d'appeler les hommes, et cependant combien peu prêtent l'oreille à sa voix ! Les habitants du royaume des noms se sont accrochés à l'aspect brillant du monde, oubliant que tout homme qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ne peut que s'apercevoir combien ses couleurs sont éphémères.
Une force de vie toute nouvelle anime en ce moment tous les peuples de la terre, mais personne n'en a découvert la cause ou perçu la raison.
Considère les peuples de l'Occident. Vois comment, en leur poursuite de réalisations médiocres et vaines, et pour en assurer l'établissement et le développement, ils ont sacrifié d'innombrables existences!
Quant aux peuples de la Perse, bien que dépositaires d'une merveilleuse et lumineuse révélation dont la renommée s'est répandue sur le monde entier, ils sont découragés et plongés dans une léthargie profonde.
O amis! ne négligez pas les vertus dont vous avez été doués, ne soyez pas indifférents à votre haute destinée. Ne souffrez point que vos labeurs soient perdus, à cause des vaines imaginations conçues par quelques coeurs pervers.
Vous êtes les étoiles du ciel de l'intelligence, la brise qui souffle au point du jour, les eaux au cours tranquille dont dépend la vie même de tous les hommes, les lettres inscrites sur le rouleau sacré de Dieu.
Profondément unis, et dans un esprit de fraternité parfaite, évertuez-vous à vous rendre capables d'accomplir ce qui convient en ce jour de Dieu.
En vérité, je vous le dis, discorde, dissensions et tout ce qu'abhorre l'esprit humain sont choses indignes de son importance.
Concentrez donc vos énergies sur la propagation de la foi de Dieu. Quiconque est digne de répondre à un si noble appel, qu'il se lève pour la répandre. Quant à celui qui ne peut le faire, qu'il délègue un autre pour proclamer en son lieu et place cette révélation dont la puissance a fait trembler dans leurs fondements les plus solides édifices, réduit les montagnes en poussière et confondu toutes les âmes.
Si la grandeur de ce jour était révélée dans sa plénitude, il n'est pas un homme qui, pour avoir part à sa gloire un instant seulement, ne sacrifierait des myriades d'existences et, à plus forte raison, ne renoncerait à ce monde et à ses trésors périssables !
Tenez-vous fermement dans les voies de la sagesse; puisse-t-elle guider toutes vos actions!
Dieu vous veuille fortifier dans l'accomplissement de sa volonté et vous faire apprécier comme il convient le rang sublime auquel Il a promu ceux qui se lèvent pour le servir et magnifier son nom. Que sur eux soient la gloire de Dieu, la gloire de tout ce qui existe sur la terre et dans le ciel, la gloire des hôtes du très exalté paradis, au ciel des cieux.

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Chapitre: 97. "Vois les doutes qu'ont semés dans le coeur des habitants de ce pays ..."

Vois les doutes qu'ont semés dans le coeur des habitants de ce pays ceux qui se sont insolemment érigés en partenaires de Dieu.
"Est-il possible, demandent-ils, de changer le cuivre en or ?" Dis: Certes, par mon Seigneur! cela est possible. Mais c'est un secret de notre Science. Nous le révélerons à qui Nous voudrons. Quiconque doute de notre pouvoir, qu'il demande au Seigneur, son Dieu, de lui découvrir ce secret et de l'assurer de son authenticité.
Mais si le cuivre peut être changé en or, l'or peut de la même façon être changé en cuivre, si vous êtes de ceux qui peuvent comprendre cette vérité. A tout minéral on peut faire acquérir la densité, la forme et la substance de chacun des autres minéraux. La science de ceci, que Nous possédons, se trouve dans le Livre caché.

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Chapitre: 98. "Dis ! O chefs de la religion ! Ne pesez pas le livre de Dieu selon les normes ..."

Dis ! O chefs de la religion ! Ne pesez pas le livre de Dieu selon les normes et les connaissances qui ont cours parmi vous, car ce livre est lui-même la balance juste assignée aux hommes. C'est sur cette balance parfaite que doit être pesé tout ce que possèdent les peuples et tribus de la terre, mais cette pesée doit être évaluée d'après son propre étalon, puissiez-vous le savoir.
L'oeil de ma tendre bonté verse des larmes amères de ce que vous ne soyez pas parvenus à reconnaître Celui que vous n'avez pourtant cessé d'appeler soir et matin, et durant tout le jour et toute la nuit.
Le visage blanc comme la neige et le coeur radieux, avance-toi, ô mon peuple, jusqu'au lieu sacré, couleur de pourpre, où le Sadratu'l-Muntahá lance ce cri: "Il n y a, en vérité, d'autre Dieu que moi, le Protecteur omnipotent, l'Etre subsistant par Lui-même. "
O chefs de la religion ! lequel d'entre vous peut bien rivaliser avec moi en clairvoyance ? Où se trouve celui qui osera se prétendre mon égal par ses paroles ou sa sagesse ? Il n'en est pas un seul, par mon Seigneur, le Miséricordieux !
Tout ce qui est sur la terre passera, et voici la face même de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le Bien-Aimé.
Nous avons, ô peuple, décrété que la fin dernière et la plus haute de tout savoir est la reconnaissance de Celui qui est l'objet de toute science, et voyez pourtant comment vous avez laissé votre savoir vous séparer, comme par un voile, de Celui qui est l'Aurore de cette lumière et par qui toute chose cachée a été révélée.
Ah ! si vous pouviez découvrir la source d'où se répand la splendeur de ce message, comme vous rejetteriez les peuples du monde et tout ce qu'ils possèdent pour vous rapprocher de ce bienheureux séjour de gloire.
Dis: Voici, en vérité, le ciel où est précieusement gardé le livre-mère, puissiez-vous le comprendre. C'est à cause de lui que le rocher a crié et que le buisson ardent, élevant la voix sur la montagne qui domine la Terre sainte proclama: "Le royaume est à Dieu, le souverain Seigneur de tous, le Tout-Puissant, Celui qui aime. "
Nous n'avons été dans aucune école et n'avons lu aucune de vos dissertations. Prêtez l'oreille aux discours par lesquels cet illettré vous appelle à Dieu, l'Eternel. Cela vous vaudra mieux que tous les trésors de la terre, le puissiez-vous comprendre !

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Chapitre: 99. "La croyance en Dieu se meurt dans tous les pays ..."

La croyance en Dieu se meurt dans tous les pays; rien de moins que son bienfaisant remède ne la peut rétablir.
Une impiété corrosive ronge les forces vitales de la société: quoi d'autre que l'élixir de cette puissante révélation pourrait la purifier et lui rendre la vie ?
Est-il au pouvoir de l'homme, ô Hakim, d'apporter aux éléments constituant les molécules de n'importe quelle matière un changement tel, que cette matière soit transmuée en or pur ? Eh bien, quelque troublante et difficile que paraisse cette tâche, le pouvoir Nous a été donné d'accomplir la tâche bien plus ardue de convertir les forces sataniques en puissances célestes. La force capable d'une telle transformation l'emporte sur la puissance de l'élixir lui-même.
Seule, la parole de Dieu peut revendiquer la capacité requise pour produire un changement si grand et d'une telle portée.

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Chapitre: 100. "Du trône de Dieu, la voix du Héraut divin déclare ..."

Du trône de Dieu, la voix du Héraut divin déclare: "O vous, mes bien-aimés, ne souffrez point que la frange de mon vêtement sacré soit souillée de la boue des choses de ce monde, et ne cédez pas aux impulsions de vos désirs corrompus.
L'Etoile du Matin de la révélation divine, qui brille dans la plénitude de sa gloire au ciel de cette prison, me rend témoignage.
Ceux dont les coeurs sont tournés vers Celui qui est l'objet de l'adoration de la création tout entière doivent, en ce jour, s'éloigner et se purifier de toutes choses créées, tant visibles qu'invisibles.
Et s'ils se lèvent pour enseigner ma cause, il faut qu'animés du souffle de Celui qui est sans contrainte, ils la répandent au loin sur la terre avec une ferme résolution, d'un esprit tout entier concentré sur Lui, d'un coeur détaché de toutes choses et d'une âme purifiée du monde et de ses vanités.
Qu'ils choisissent comme le meilleur viatique pour les soutenir au cours de leur voyage, la confiance en Dieu, et qu'ils se vêtent de l'amour de leur Seigneur, le très-Glorieux. A ces conditions, leurs paroles influenceront leurs auditeurs.
Combien large et profond est le fossé qui, en ce jour, Nous sépare de ceux qui, tout occupés de leurs passions mauvaises, ont mis leurs espérances dans les choses de la terre et dans leur gloire fugitive !
Souvent, en effet, la cour du Miséricordieux a paru à ce point dépourvue des richesses de ce monde, que ceux qui vivaient en étroite union avec lui se sont trouvés dans un cruel dénuement. Mais, en dépit de leurs souffrances, la plume du Très-Haut n'a jamais daigné parler des choses de ce monde et de ses trésors, ni même y faire la plus légère allusion.
Et si quelque présent lui a parfois été offert, il fut accepté en témoignage de sa grâce envers le donateur.
Bien entendu, s'il Nous plaisait de Nous approprier pour notre usage personnel tous les trésors de la terre, nul ne serait fondé à discuter notre autorité ni à contester notre droit. Mais peut-on imaginer acte plus méprisable que de solliciter, au nom du seul vrai Dieu, les richesses des hommes ?
Il t'incombe, comme il incombe à tout disciple de Celui qui est la Vérité éternelle, d'inviter les hommes à se purifier de tout attachement aux choses de la terre et de se laver de toutes leurs souillures, afin que sur tous ceux qui l'aiment se puisse respirer le suave parfum du vêtement du Très-Glorieux.
Quant à ceux qui possèdent la richesse, ils doivent marquer aux pauvres les plus grands égards, car grand est l'honneur que Dieu réserve aux destitués dont la patience sera restée inébranlable. Par ma vie ! Hormis celui qu'il peut plaire à Dieu de conférer, aucun honneur ne saurait être comparé à celui-là.
Grande, te dis-je, est la bénédiction que Dieu destine au pauvre qui tient son mal secret et l'endure avec patience. Et heureux le riche qui fait part de ses biens aux nécessiteux et les préfère à lui-même.
Quant à ces nécessiteux eux-mêmes, Dieu veuille qu'ils s'efforcent de trouver des moyens d'existence. C'est là un devoir qui, en cette grande révélation, a été prescrit à chacun, et dont l'accomplissement sera tenu par Dieu pour une bonne action. A qui l'observera fidèlement, l'aide de l'invisible ne fera jamais défaut. Il peut, par sa grâce, enrichir qui il Lui plaît. Il a, en vérité, pouvoir sur toutes choses.
Explique, ô Ali, aux aimés de Dieu que l'équité est la plus fondamentale des vertus. C'est en effet du point de vue du juste et de l'injuste que toutes choses en ce monde doivent être évaluées.
Médite un instant sur les malheurs et les afflictions que ce prisonnier a soufferts. Tous les jours de mon existence, je me suis trouvé à la merci de mes ennemis, tous les jours, j'ai enduré dans le chemin de l'amour de Dieu une tribulation nouvelle. Et jusqu'à ce que la cause de Dieu ait été largement répandue sur la terre, j'ai tout souffert avec patience.
Et s'il se lève maintenant quelqu'un qui, mû par ses vaines imaginations, s'efforce de répandre parmi les hommes les germes de la discorde, pourra-t-on dire que c'est de son côté que se trouve la justice ? Non, certes, par Celui dont la puissance s'étend sur toutes choses !
Par ma vie ! Mon coeur gémit et mes yeux versent des larmes amères sur le sort de la cause de Dieu et sur ceux qui ne comprennent pas ce qu'ils disent, et qui imaginent ce qu'ils ne peuvent pas comprendre.
Il convient, en ce jour, à tout homme de, s'attacher fermement au Nom suprême et de travailler à établir l'unité de la race humaine. Nul endroit où fuir, nul abri qui s'offre en dehors de lui.
Si donc, un homme venait à prononcer des paroles propres à détourner ses semblables des rivages de l'océan sans limites de Dieu et à diriger leur coeur vers quoi que ce soit d'autre que cet Etre manifeste et glorieux, un tel homme, en vérité, quelle que fût l'élévation du rang qu'il pourrait occuper, serait aussitôt dénoncé par la création tout entière comme s'étant lui-même privé des douces saveurs du Miséricordieux.
Dis: Soyez équitables en votre jugement, ô hommes dont le coeur est éclairé! Qui, en effet, ne l'est point, se trouve dénué de tout ce qui caractérise la vraie condition humaine.
Celui qui est la Vérité éternelle sait fort bien ce que les hommes recèlent en leur coeur.
Sa longue tolérance a enhardi ses créatures, car jusqu'à ce que l'heure soit venue, il ne déchirera point le voile.
Sa miséricorde prévalant sur la fureur de sa colère, beaucoup ont pensé que le seul vrai Dieu reste ignorant de ce qu'ils perpètrent dans le secret de leur coeur. Mais, par Celui qui est l'Omniscient ! le miroir de sa science ne cesse pas un instant de réfléchir avec une distincte et précise fidélité toutes les actions des hommes.
Dis: Loué sois-tu, ô toi qui caches les péchés des faibles et des abandonnés! Magnifié soit ton nom, ô toi qui pardonnes les offenses que t'ont faites les irréfléchis !
Nous avons défendu aux hommes de suivre les imaginations de leurs coeurs pervertis, afin qu'ils puissent reconnaître Celui qui est à la fois l'objet et la source souveraine de toute science, et croire à tout ce qu'il Lui plaît de leur révéler.
Vois comme ils sont retenus dans les liens de leurs chimères et de leurs vaines imaginations. Par ma vie! Ils sont les victimes de leurs propres stratagèmes et ils ne le savent pas. Vain et sans aucun profit est tout ce qui sort de leurs lèvres, et ils ne le comprennent point.
Nous prions Dieu qu'Il accorde sa grâce à tous les hommes et qu'Il les rende capables de le connaître et de se connaître eux-mêmes.
Par ma vie ! Quiconque a pu le connaître planera, détaché du monde et de tout ce qui lui appartient, dans l'immensité de son amour. Rien ne saurait l'arrêter dans son essor, et moins que tout le reste ceux qui, mûs par leurs vaines imaginations, disent ces choses que Dieu a défendues.
Dis: Le jour est venu où toute oreille doit être attentive à sa voix. Ecoutez l'appel de cet Opprimé, magnifiez le nom du seul vrai Dieu, ornez-vous de la parure de son souvenir et illuminez vos coeurs de la lumière de son amour. C'est là la clé qui ouvre les coeurs, le brillant qui polit les âmes.
Qui néglige ce qu'a prescrit, de l'index impérieux de sa volonté, le Seigneur tout-puissant, vit manifestement dans l'erreur.
Concorde et rectitude de conduite, plutôt que dissensions et inconduite, sont les vraies marques de la foi.
Proclame devant les hommes ce que t'a ordonné d'observer Celui qui dit la vérité et qui est le messager de la foi de Dieu. Ma gloire est sur toi, ô toi qui as invoqué mon nom, dont les regards sont dirigés vers ma cour et dont la langue célèbre la louange de ton Seigneur, le Bienfaisant.

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Chapitre: 101. "L'objet qui se trouve à la base de la révélation de tout livre céleste ..."

L'objet qui se trouve à la base de la révélation de tout livre céleste, que dis-je! de chaque verset de révélation divine, est d'ouvrir le coeur des hommes au sentiment de la justice et d'éveiller en même temps leur intelligence, afin que la paix et la tranquillité puissent fermement s'établir entre eux tous.
Tout ce qui leur inspire confiance, tout ce qui exalte leur condition et accroît leur contentement est recevable aux yeux de Dieu.
A quelles sublimes hauteurs l'homme se pourrait élever s'il se décidait à remplir sa destinée; mais à quelles profondeurs d'avilissement ne peut-il pas descendre, profondeurs que les plus infimes des créatures n'ont jamais atteintes.
Saisissez, ô amis, la chance que ce jour vous offre et ne vous privez point des généreuses effusions de la grâce divine. Je prie le Seigneur qu'Il rende chacun de vous capable de s'orner, en ce jour béni, de la parure des oeuvres pures et saintes. Il fait, en vérité, ce qu'Il veut.

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Chapitre: 102. "Prête une oreille attentive, ô peuple, à ce qu'en vérité, je te dis ..."

Prête une oreille attentive, ô peuple, à ce qu'en vérité, je te dis. Le seul vrai Dieu, exaltée soit sa gloire, a toujours considéré et ne cessera de considérer les coeurs des hommes comme son bien propre, sa propriété exclusive. Tout le reste, terre et mer, gloire et richesse, Il en a fait la part des rois et des princes de la terre.
Depuis le commencement qui n'a pas de commencement, devant sa manifestation a toujours été déployé l'étendard qui proclame: "Il fait ce qu'il Lui plaît. "
Obéir à ceux qui détiennent l'autorité et tenir fermement la corde de la sagesse, tel est en ce jour le devoir de l'humanité.
Les instruments essentiels à l'immédiate protection de la race humaine, à sa sécurité et à sa sûreté ont été remis aux mains des dirigeants de la société humaine qui les détiennent encore. Telle est la volonté de Dieu, tel est son immuable décret...
Nous caressons l'espoir qu'un des rois de la terre se lèvera pour l'amour de Dieu, afin d'assurer le triomphe de ce peuple persécuté et opprimé. Ce roi sera à jamais exalté et glorifié. Dieu a prescrit à ce peuple d'aider qui l'aidera, de se dévouer aux intérêts les plus sacrés de ses protecteurs et de leur garder en toute occasion un fidèle loyalisme.
Ceux qui me suivent ont donc le devoir de servir, en toutes circonstances, quiconque se lèvera pour le triomphe de ma cause, et de lui prouver en tout temps leur dévouement et leur fidélité.
Heureux l'homme qui écoute mes avis et les met en pratique ! Et malheur à qui ne les suit point !

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Chapitre: 103. "Dieu a, de sa bouche, d'où ne sort que la vérité ..."

Dieu a, de sa bouche, d'où ne sort que la vérité, et ceci dans toutes ses tablettes, rendu témoignage à ces paroles: "Je suis Celui qui vit dans le royaume de gloire d'Abhá. "
Par la justice de Dieu! Des hauteurs de cette condition sublime, sacrée, puissante et transcendante, Il voit tout, Il entend tout et, en cette heure, Il proclame: Béni sois-tu, ô Javád, pour avoir atteint ce qu'aucun homme avant toi n'avait atteint ! Je le jure par Celui qui est l'éternelle Vérité ! Par toi, les yeux des hôtes du paradis sublime ont été réjouis.
Le peuple, cependant, reste plongé dans l'indifférence. Si, pourtant, Nous révélions ton glorieux état, les hommes en seraient, en leur coeur, profondément troublés, leurs pas iraient chancelants, ceux qui sont des incarnations de vanité en seraient confondus, ils tomberaient à terre et, craignant d'entendre, ils se boucheraient les oreilles avec leurs doigts d'insouciance.
Ne te laisse par attrister par ceux qu'absorbent les choses de ce monde et qui ont ainsi perdu le souvenir de Dieu, le Grandissime. Par Celui qui est la Vérité éternelle! Le jour approche où s'abattra sur eux la colère du Tout-Puissant. Il est, en vérité, l'Omnipotent, l'universel Conquérant, le plus Fort.
Il purgera la terre des souillures de leur corruption et Il la donnera en héritage à ceux de ses serviteurs qui l'approchent.
Dis: O peuple ! Que la poussière emplisse vos bouches et que les cendres vous aveuglent pour avoir vendu au plus vil des prix, le divin Joseph.
Quelle misère est la vôtre, ô vous qui errez si loin de lui ! Vous êtes-vous imaginé que vous aviez le pouvoir de le dépasser, lui et sa cause ? Bien loin de là ! Et de cela, Lui-même, le plus Fort, le plus Exalté, le plus Grand, porte témoignage.
Bientôt vous sentirez passer sur vous les rafales de son châtiment, et la poussière de l'enfer vous recouvrira comme un linceul.
Ces hommes qui ont amassé les vanités et les hochets de la terre, et se sont avec dédain détournés de Dieu, ont à la fois perdu ce monde et l'autre. Avant peu, Dieu, de la main du pouvoir, leur ôtera leurs possessions et les dépouillera de la robe de sa munificence. Cela, ils le verront bientôt, et tu en rendras témoignage toi aussi.
Dis: O peuple ! Ne vous laissez pas décevoir par les illusions de cette vie, car le monde est déjà, avec tout ce qu'il renferme, sous la puissante étreinte de sa volonté. Il dispense à qui Il veut ses bienfaits, et à qui il Lui plaît, Il les retire. Il agit, en vérité, selon son bon plaisir.
Si le monde était à ses yeux de quelque valeur, Il n'en eût pas abandonné la possession à ses ennemis. Il ne leur en eût pas même laissé un grain de moutarde. Mais Il a permis que vous vous laissiez entraîner dans le tourbillon des affaires, à cause de ce que vos mains ont forgé contre sa cause.
C'est là, en vérité, un châtiment que vous vous êtes vous-mêmes délibérément infligé, le puissiez-vous comprendre! Continuerez-vous à faire vos délices de choses que Dieu tient pour méprisables, et par lesquelles il a voulu mettre à l'épreuve le coeur des hésitants ?

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Chapitre: 104. "O peuples de la terre, sachez qu'une calamité imprévue vous poursuit ..."

O peuples de la terre, sachez qu'une calamité imprévue vous poursuit et qu'un châtiment terrible vous attend. Ne croyez pas que ce que vous avez commis soit effacé de ma vue. Par ma beauté ! Toutes vos actions sont gravées en caractères visibles sur des tablettes de chrysolithe.

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Chapitre: 105. "Sachez, ô rois de la terre, que Celui qui est le souverain Seigneur de tous est venu ..."

Sachez, ô rois de la terre, que Celui qui est le souverain Seigneur de tous est venu. Le royaume est à Dieu, le Protecteur omnipotent, l'Etre subsistant par Lui-même. N'adorez que Dieu seul et, d'un coeur joyeux, tournez vos regards vers votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms.
C'est là, le puissiez-vous comprendre, une révélation auprès de laquelle rien n'existe de ce que vous pouvez posséder.
Nous vous voyons jubiler de ce que vous avez amassé pour d'autres, et vous exclure vous-mêmes des mondes que rien sauf ma Tablette préservée ne pourrait dénombrer. Les trésors que vous avez ainsi entassés vous ont entraînés fort loin de votre objectif final. Cela ne vous convient pas, puissiez-vous le comprendre!
Purifiez vos coeurs de toutes souillures terrestres et hâtez-vous d'entrer dans le royaume de votre Seigneur, le Créateur de la terre et du ciel, qui a fait trembler le monde et gémir tous ses peuples, excepté ceux qui ont renoncé à tout et se sont attachés à observer ce qu'ordonnait la Tablette Cachée.
Voici le jour où Celui qui s'entretenait avec Dieu a atteint la lumière de l'Ancien des jours et où, à cette coupe qui a fait gonfler les mers, il a bu à longs traits les eaux pures de la réunion.
Dis: Par le seul vrai Dieu ! Le Sinaï gravite autour de l'aube de la révélation, cependant que, des sommets du royaume, la voix de l'Esprit de Dieu proclame: "Empressez-vous, ô superbes de la terre, et hâtez-vous vers lui. "
Le Carmel, poussé en ce jour par son adoration ardente, se hâte d'accéder à sa cour, tandis que, du coeur de Sion part le cri: "La promesse est accomplie! Ce qu'avaient annoncé les saintes Ecritures de Dieu, le très-Exalté, le Tout-Puissant, l'Adoré, est rendu manifeste. "
O rois de la terre ! En ce lieu, scène d'un événement d'une transcendante splendeur, a été révélée la plus grande Loi. Toute chose cachée fut mise au jour en vertu de la volonté du suprême Ordonnateur, Celui qui a inauguré la dernière heure et par qui la Lune a été fendue en deux, et tous les décrets irrévocablement proclamés.
Vous n'êtes, ô rois de la terre que d'humbles vassaux. Celui qui est le Roi des rois est apparu, vêtu de la plus merveilleuse gloire, et il vous appelle à lui, le Protecteur dans le danger, l'Etre subsistant par Lui-même.
Prenez garde que l'orgueil ne vous empêche de reconnaître la source de la révélation et que les choses de ce monde ne vous séparent, comme par un voile, de Celui qui est le Créateur du ciel.
Levez-vous pour servir Celui qui est le Désir de toutes les nations, qui vous a créés d'une de ses paroles et vous a désignés pour être, en tout temps, les emblèmes de sa souveraineté.
Par la justice de Dieu! Nous n'avons pas l'intention de mettre la main sur vos royaumes. Notre mission est de prendre et de garder le coeur des hommes. Sur eux, Bahá tient ses regards attachés. De cela, le puissiez-vous comprendre, le royaume des noms porte témoignage.
Quiconque suit son Seigneur renoncera au monde et à tout ce qu'il contient. Quel doit donc être le détachement de Celui qui tient un rang si auguste ! Abandonnez vos palais, et hâtez-vous d'obtenir l'accès de son royaume. Cela, en vérité, vous sera profitable à la fois en ce monde et dans l'autre, et le Seigneur du royaume des cieux s'en porte garant, le puissiez-vous savoir.
Combien grande sera la félicité du roi qui se lèvera pour servir ma cause en mon royaume, et se détachera de tout ce qui n'est pas moi ! Un tel roi aura sa place parmi les compagnons de cette Arche rouge que Dieu a préparée pour le peuple de Bahá.
Tous devront glorifier son nom, révérer sa condition, l'aider à ouvrir les portes des cités avec la clef de mon nom, le Protecteur omnipotent des habitants de tous les royaumes visibles et invisibles.
Un tel roi sera l'oeil même de l'humanité, la parure lumineuse du front de la création, une source de bénédictions pour le monde tout entier. Offrez, ô peuple de Bahá, vos biens pour le soutenir, que dis-je ! vos vies mêmes.

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Chapitre: 106. "L'omniscient Médecin tient sous son doigt le pouls de l'humanité ..."

L'omniscient Médecin tient sous son doigt le pouls de l'humanité. Il diagnostique la maladie et, en son infaillible sagesse, il prescrit le remède.
Tout âge a son problème propre, toute âme son aspiration particulière. Le remède qui convient aux afflictions du présent jour ne saurait être celui que réclameront les maux d'un âge ultérieur.
Enquérez-vous soigneusement des besoins de l'âge où vous vivez et que toutes vos délibérations portent sur ce que cet âge exige et requiert.
Nous sentons bien les afflictions innombrables qui accablent l'humanité. Nous la voyons, sur son lit de douleur, languissante, cruellement éprouvée et profondément désillusionnée.
Mais ceux que l'orgueil empoisonne se sont interposés entre la malade et le divin, l'infaillible Médecin. Voyez comment ils ont entraîné tous les hommes, eux-mêmes y compris, dans les filets de leurs ruses. Ils ne sont pas plus capables de découvrir la cause de la maladie que d'en trouver le remède. La droiture est pour eux duplicité, et ils prennent leur ami pour un ennemi.
Prêtez l'oreille à la douce mélodie de ce prisonnier. Dressez-vous! Et que vos voix s'élèvent pour réveiller ceux qui sont endormis!
Dis: O vous qui êtes semblables aux morts, la main de la bonté divine vous tend les eaux de vie. Hâtez-vous d'y apaiser votre soif. Quiconque, en ce jour, renaîtra ne mourra jamais, quiconque restera parmi les morts plus jamais ne revivra.

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Chapitre: 107. "Celui qui est votre Seigneur, le trés-Miséricordieux, nourrit en son coeur le désir ..."

Celui qui est votre Seigneur, le trés-Miséricordieux, nourrit en son coeur le désir de voir la race humaine ne faire qu'une seule âme et qu'un seul corps.
Hâtez-vous, en ce jour qui éclipse tous les autres jours créés, de gagner votre part de la grâce et de la miséricorde divines. Grande est la félicité réservée à l'homme qui renonce à tout ce qu'il possède dans le désir d'obtenir les choses de Dieu ! Cet homme est, Nous l'attestons, parmi les bénis de Dieu.

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Chapitre: 108. "Nous avons fixé pour vous un temps déterminé, ô peuples ! ..."

Nous avons fixé pour vous un temps déterminé, ô peuples ! Si, quand cette heure sonnera, vous négligez de vous tourner vers Dieu, il vous saisira avec violence et suscitera de graves afflictions qui vous assailleront de toutes parts. Terrible, en vérité, sera le châtiment que le Seigneur vous infligera.

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Chapitre: 109. "O Kamál ! Les cimes auxquelles, par la grâce de Dieu, l'homme mortel peut ..."

O Kamál ! Les cimes auxquelles, par la grâce de Dieu, l'homme mortel peut atteindre en ce jour ne lui ont pas encore été révélées. Le monde de l'existence jusqu'ici n'a jamais possédé, et il ne possède pas encore, la capacité de recevoir une telle révélation. Le jour cependant approche où, par la vertu de son ordre, une si grande faveur deviendra possible pour les hommes.
Bien que toutes les nations se dressent contre Lui, et que se liguent, pour miner sa cause, tous les rois de la terre, sa puissance restera inébranlée.
En vérité, Il dit ce qui est et Il convie l'humanité à marcher dans la voie de Celui qui est l'Incomparable, l'Informé.
Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation.
Le Tout-Puissant m'en rend témoignage: Agir ainsi que font les bêtes des champs est indigne de l'homme. Les vertus qui conviennent à sa dignité sont la tolérance, la compassion, la miséricorde, et une tendre bonté à l'égard de tous les peuples et de toutes les tribus de la terre.
Dis: O amis ! Buvez abondamment de ces eaux cristallines que fait couler la grâce de Celui qui est le Seigneur des noms.
Laissez aussi les autres prendre, en mon nom, leur part de ces eaux de vie, afin qu'en toute contrée ceux qui conduisent les hommes reconnaissent l'intention dans laquelle la Vérité éternelle a été révélée, et la raison pour laquelle ils ont eux-mêmes été créés.

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Chapitre: 110. "Le grand Etre dit: O vous enfants des hommes ! L'objet fondamental de la foi ..."

Le grand Etre dit: O vous enfants des hommes ! L'objet fondamental de la foi de Dieu et de sa religion est de sauvegarder les intérêts de la race humaine, d'établir son unité et de développer entre les hommes l'esprit d'amour et de fraternité.
Ne souffrez pas que cette foi devienne, parmi vous, une source de trouble et de discorde, de haine et d'inimitié. Tel est le droit chemin que vous devez suivre, la fondation immuable sur laquelle vous devez bâtir. Tout ce que vous édifierez sur de tels fondements, les chances et les vicissitudes de ce monde n'en pourront entamer la résistance, ni le cours des siècles innombrables en miner la structure.
Notre espoir est que les chefs des religions du monde et tous leurs dirigeants s'unissent pour travailler à la réforme de cet âge et au relèvement de ses destinées; après avoir attentivement étudié les besoins du monde, qu'ils se consultent et, par une mûre et soigneuse délibération, qu'ils administrent à ce monde malade et cruellement affligé le remède que demande son état...
Il incombe à ceux qui détiennent l'autorité de rester modérés en toutes choses. Tout ce qui sort des bornes de la modération cesse d'exercer une influence bienfaisante.
Considérez, par exemple, la liberté, la civilisation et d'autres biens analogues. Quelque favorables qu'ils puissent paraître aux hommes d'entendement, si on les pousse à l'excès, leur influence devient néfaste...
Dieu veuille que, sous les efforts soutenus exercés par leurs dirigeants, leurs savants et leurs sages, les peuples du monde soient amenés à reconnaître où sont leurs plus grands intérêts.
Jusqu'à quand l'humanité s'obstinera-t-elle dans sa perversité ? Combien de temps encore fera-t-elle triompher l'injustice ? Combien de temps le chaos régnera-t-il parmi les hommes, et la discorde agitera-t-elle la face de la société ? Les vents du désespoir soufflent, hélas ! de toutes les directions, et les querelles qui divisent et affligent l'humanité s'enveniment chaque jour.
L'ordre actuel des choses est lamentablement défectueux, et des signes d'imminente convulsion et de désordre peuvent être discernés.
Je prie Dieu (exaltée soit sa gloire) ! qu'Il veuille, par sa grâce, éveiller les peuples de la terre, qu'Il permette que les résultats de leur conduite leur soient favorables, et qu'Il les assiste dans l'accomplissement de tout ce qui est convenable à leur état.

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Chapitre: 111. "O peuples et tribus en lutte sur la terre ! Tournez-vous vers l'unité ..."

O peuples et tribus en lutte sur la terre ! Tournez-vous vers l'unité, afin que brille sur vous l'éclat de sa lumière.
Rassemblez-vous et, pour l'amour de Dieu, prenez la résolution de déraciner tout ce qui est cause de lutte entre vous. Alors la splendeur du grand Luminaire du monde enveloppera la terre entière, et ses habitants deviendront les citoyens d'une même cité, ils siégeront sur un seul et même trône. Cet Opprimé, dès les premiers temps de sa vie, n'a eu d'autre désir que celui-là, et il n'en aura jamais d'autre.
Il n'est point douteux, en effet, que tous les peuples de la terre, à quelque race ou religion qu'ils appartiennent, tirent leur inspiration spirituelle d'une même source céleste et qu'ils sont les sujets d'un seul Dieu.
La diversité des règles et ordonnances religieuses qui les régissent tient à la diversité même des besoins et exigences propres aux âges où elles leur furent révélées.
A l'exception du petit nombre de celles qu'a inspirées la perversité humaine, toutes viennent de Dieu, toutes sont un reflet de sa volonté et de son dessein.
Armés du pouvoir de la foi, levez-vous pour briser les idoles de vos vaines imaginations qui sèment parmi vous la discorde. Attachez-vous à ce qui vous rassemble et vous unit. C'est là, en vérité, le sublime message qui vous a été transmis et révélé par le livre-mère. A ceci, la Langue de Grandeur, de son habitation de gloire, rend témoignage.

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Chapitre: 112. "Considérez les troubles qui depuis tant d'années affligent la terre ..."

Considérez les troubles qui depuis tant d'années affligent la terre et le profond désarroi qui s'est finalement emparé de ses peuples. Le monde n'a cessé d'être ravagé par la guerre ou frappé de calamités imprévues et soudaines. Mais bien qu'il soit ainsi plongé dans la misère et la détresse, personne n'a pris le temps de chercher les raisons d'un tel état de choses.
Chaque fois que le vrai conseiller a voulu donner un avertissement, voyez! tous l'ont dénoncé comme un semeur de discorde et ils ont nié la légitimité de ses droits. Combien déconcertante est pour l'esprit une telle attitude !
Il n'est pas deux hommes dont on puisse dire qu'ils soient unis extérieurement et intérieurement. Alors qu'ils ont tous été créés pour une harmonieuse entente, on ne voit partout que signes de malice et de discorde.
Le grand Etre dit: Voici, ô mes bien-aimés, que vient d'être établi le tabernacle de l'union; ne vous regardez donc plus comme des étrangers. Vous êtes les fruits d'un même arbre, les feuilles d'une même branche.
Nous caressons l'espoir que la lumière de la justice brillera sur le monde et le débarrassera de la tyrannie. Si les rois et princes de la terre, qui sont les symboles de la puissance de Dieu (exaltée soit sa gloire !), se levaient résolument pour se dévouer à tout ce qui peut servir les plus hauts intérêts de l'humanité, le règne de la justice serait assurément établi parmi les hommes, et la splendeur de sa lumière envelopperait le monde tout entier.
Le grand Etre dit: Les piliers jumeaux de la récompense et du châtiment, sur lesquels ont été établis l'ordre du monde et sa stabilité, ne cesseront jamais de les soutenir...
Et dans un autre passage, Il a écrit: " Prenez garde, ô vous tous qui dirigez le monde, qu'il n'est sur la terre aucune force dont le pouvoir de conquête égale celui que possède la force de la justice et de la sagesse...
Béni le roi qui s'avance, l'étendard de la sagesse déployé devant lui, et les bataillons de la justice formant son arrière-garde. Un tel roi est, en vérité, la parure qui orne le front de la paix et le visage de la sécurité.
Nul doute que si l'étoile du matin de la justice, que voilent les nuages de la tyrannie, venait à répandre son éclat sur les hommes, la face de la terre en serait complètement changée

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Chapitre: 113. "T'imagines-tu, ô Ministre du sháh en la cité (Constantinople) ..."

T'imagines-tu, ô Ministre du sháh en la cité (Constantinople), que je tienne en ma main le sort définitif de la cause de Dieu ? Crois-tu que sa marche puisse être arrêtée par mon emprisonnement, par la honte qui m'a été infligée ou même par ma mort et ma complète annihilation ? Misérables sont les pensées que tu as conçues en ton coeur ! Tu es, en vérité, de ceux qui suivent les vaines imaginations de leur coeur.
Il n'y a d'autre Dieu que Lui. Il a toute puissance pour manifester sa cause, exalter son témoignage, réaliser la moindre de ses volontés, et l'élever à une position si éminente que ni tes mains ni les mains d'aucun de ceux qui se sont détournés de Lui ne puissent l'atteindre, ni lui faire du tort.
Crois-tu pouvoir mettre en échec sa volonté, l'empêcher d'exécuter son jugement ou d'exercer sa souveraineté ? Prétendrais-tu que quelque chose dans le ciel ou sur la terre puisse résister à sa foi ? Non, par Celui qui est la Vérité éternelle ! rien dans toute la création ne peut contrecarrer son dessein.
Renonce donc à ce qui n'est chez toi que pure suffisance, car jamais l'orgueil n'a pu tenir lieu de la vérité. Sois de ceux qui se repentent et retournent à Dieu, le Dieu qui t'a créé, qui t'a nourri et qui a fait de toi un ministre parmi ceux qui professent ta foi.
Sache, de plus, que c'est Lui qui, par son ordre, a créé tout ce qui est dans le ciel et sur la terre. Comment la créature qui, sur son ordre, a surgi du néant, pourrait-elle prévaloir contre Lui ? Dieu est infiniment au-dessus de ce que vous imaginez de Lui, ô peuple de malice!
Si cette cause est la cause de Dieu, il n'est point d'homme qui puisse prévaloir contre elle; et si elle n'est pas de Dieu, vos prêtres et, parmi vous, ceux qui suivent leurs désirs corrompus et qui se sont révoltés contre Lui, n'auront aucune peine à la renverser.
N'as-tu pas entendu rapporter ce qu'un homme de la famille de Pharaon, un croyant, a dit il y a longtemps, et ce que Dieu révéla à l'Apôtre qu'Il avait choisi entre tous pour lui confier son message et faire de lui la source de sa miséricorde envers tous ceux qui habitent sur la terre ?
Il dit, et la vérité parlait par sa bouche: "Tuerez-vous un homme parce qu'il dit: "Mon Seigneur est Dieu", alors qu'il est venu à vous, apportant des preuves de sa mission ? S'il est un imposteur, son mensonge retombera sur lui, mais s'il dit la vérité, une part au moins de ce dont il vous a menacés vous frappera. "
Voilà ce que Dieu a révélé à son bien-aimé, dans son livre infaillible. Et pourtant vous n'avez pas tendu l'oreille à son commandement, vous avez dédaigné sa loi, rejeté l'avis donné par son livre, et vous vous êtes rangés parmi ceux qui errent loin de Lui.
Combien de pauvres êtres, chaque année, tous les mois même, ont été mis à mort à cause de vous ! Combien d'injustices avez-vous perpétrées, d'une iniquité telle que l'oeil de la création n'en avait jamais vu de semblables, ni aucune chronique rapporté de pareilles. Combien d'enfants et de bébés à la mamelle qui, par votre cruauté, sont devenus orphelins, de pères qui pleurent leurs fils, de soeurs qui languissent dans le deuil d'un frère, d'épouses qui se lamentent sur la mort d'un mari, leur unique soutien !
Votre iniquité s'est accrue chaque jour jusqu'à ce que vous en arriviez à tuer Celui qui n'avait jamais détaché ses regards de la face de Dieu, le Sublime, le très-Grand. Si seulement vous l'aviez mis à mort comme les hommes ont coutume de faire quand ils se détruisent les uns les autres ! Mais vous l'avez tué dans des circonstances telles qu'on n'en a jamais vu de semblables.
Les cieux ont versé sur lui des larmes amères, et les âmes de ceux qui sont prés de Dieu en ont crié de douleur. N'était-il pas un rejeton de l'ancienne maison de votre prophète ? Le fait qu'il était descendant direct de l'Apôtre n'était-il pas connu de vous ? Pourquoi donc lui avez-vous infligé ce qu'aussi loin qu'on remonte dans l'histoire nul homme n'avait jamais infligé à un autre ?
Par Dieu ! la création n'a jamais vu votre pareil. Vous avez mis à mort un rejeton de la maison de votre prophète, et vous continuez de vous réjouir et de vous divertir sur vos sièges d'honneur!
Vous prononcez des imprécations contre ceux qui, avant vous, perpétrèrent les crimes que vous avez perpétrés et pendant ce temps, vous restez inconscients de vos propres atrocités ! Soyez donc équitables en votre jugement.
Ceux que vous maudissez, sur qui vous appelez la vengeance du ciel, ont-ils fait autre chose que ce que vous-mêmes avez fait ? N'ont-ils pas mis à mort le descendant de leur prophète, comme vous avez mis à mort le descendant du vôtre ? Votre conduite n'est-elle pas exactement semblable à la leur ? Comment donc osez-vous prétendre vous différencier d'eux, ô semeurs de discorde parmi les hommes ?
Et quand vous lui eûtes ôté la vie, un de ses fidèles se leva pour venger sa mort. C'était un inconnu, et nul n'était au courant de son dessein. Il accomplit finalement ce qui avait été préordonné. Il convient donc que vous n'accusiez que vous-mêmes des crimes que vous avez commis, si vous pouvez seulement juger avec équité.
Qui sur la terre a fait ce que vous avez fait ? Personne, par Celui qui est le Seigneur de tous les mondes ! Tous les chefs et rois de la terre honorent et révèrent les descendants de leurs prophètes et de leurs saints, le puissiez-vous comprendre ! Vous avez, au contraire, assumé la responsabilité d'actes qu'aucun homme avant vous n'avait jamais perpétrés, et vous avez ainsi fait se consumer de chagrin tous les coeurs éclairés.
Et cependant, vous restez plongés dans l'insouciance, tout à fait inconscients de la méchanceté de vos actes. Vous avez poussé la perversité jusqu'à vous lever contre Nous, encore que Nous n'ayons rien fait qui justifie votre inimitié.
N'avez-vous donc aucune crainte du Dieu qui vous a créés et façonnés, à qui vous devez votre force et qui vous a unis à ceux qui s'en sont remis à Lui (les musulmans) ?
Jusqu'à quand vous obstinerez-vous dans votre perversité ? Combien de temps encore refuserez-vous de réfléchir, de sortir de votre sommeil et de votre insouciance ? Combien de temps encore méconnaîtrez-vous la vérité ?
Méditez en votre esprit. Avez-vous, en dépit de votre conduite et des oeuvres perverses de vos mains, réussi à étouffer le feu de Dieu ou à éteindre la lumière de sa révélation - lumière qui a enveloppé de son éclat ceux qui sont plongés dans l'océan houleux de l'immortalité et attiré les âmes qui croient en son unité et la soutiennent.
Ne savez-vous pas que la main de Dieu est plus puissante que vos mains, que son irrévocable décret l'emporte sur tous vos stratagèmes, qu'Il est au-dessus de ses serviteurs, qu'Il est à la hauteur de son dessein, qu'Il fait ce qu'Il veut, qu'il ne Lui sera point demandé compte de ce qu'il Lui aura plu de faire, qu'Il ordonne selon son bon plaisir, qu'Il est enfin le Tout-Puissant, l'Omnipotent ?
Et si vous croyez que c'est là la vérité, que ne cessez-vous alors de vous tourmenter, et que ne faites-vous la paix en vous-mêmes ?
Vous perpétrez chaque jour une injustice nouvelle, et vous ne cessez de me traiter comme vous m'avez traité dans le passé, encore que je ne me sois jamais mêlé de vos affaires. Je ne vous ai jamais fait d'opposition, ni ne me suis rebellé contre vos lois. Et voyez comment vous m'avez, finalement, fait prisonnier sur cette terre reculée !
Mais tenez pour certain que, quoi que vos mains ou les mains des infidèles aient ouvré, pas plus qu'autrefois la cause de Dieu n'en sera aujourd'hui affectée, ni ses voies le moins du monde altérées.
Faites attention à mes avertissements ô habitants de Perse ! Si je péris entre vos mains, Dieu en suscitera un autre qui occupera le siège rendu vacant par ma mort, car telle fut la méthode suivie par Dieu dans le passé, et la méthode de Dieu ne varie point.
Chercheriez-vous à éteindre sa lumière qui brille sur sa terre ? Sachez que Dieu s'oppose à vos desseins. Il ne cessera de rendre plus parfaite sa lumière, quelque horreur que vous ayez de celle-ci dans le secret de vos coeurs.
Arrête-toi pour réfléchir, ne fût-ce qu'un instant, ô Ministre, et sois équitable en ton jugement. Qu'avons-Nous commis qui te puisse justifier de Nous avoir diffamé auprès des ministres du roi, et d'avoir suivi tes mauvais penchants, en dénaturant la vérité et en proférant tes calomnies contre Nous ?
Nous ne nous sommes jamais, toi et moi, rencontrés que dans la maison de ton père, lors de la commémoration du martyre de l'Imám Husayn. En ces rencontres, l'occasion ne s'est jamais offerte à aucun de nous de faire connaître aux autres ses vues et ses croyances, soit par des conversations, soit par des discours. Tu rendras toi-même témoignage à la vérité de mes paroles, si tu es sincère.
Je n'ai fréquenté aucune autre assemblée où tu aies pu, pas plus d'ailleurs que n'importe qui, connaître mes pensées. Comment donc, sans m'avoir entendu, me peux-tu condamner ?
Ne sais-tu pas que Dieu (exaltée soit sa gloire !) a dit: "A qui vient à vous avec des paroles d'accueil, ne dites jamais: "Tu n'es pas un croyant. " "N'écartez pas de vous ceux qui, soir et matin, appellent à grands cris le Seigneur, avides de voir sa face. "
Tu as, en vérité, négligé de suivre les prescriptions du livre de Dieu, et cependant tu prétends être un croyant ! Mais en dépit de ce que tu as fait, et bien que Nous ayons reçu de toi et d'autres des offenses qu'aucun croyant en l'unité de Dieu ne saurait supporter, je ne nourris contre toi, ni contre qui que ce soit, aucun mauvais vouloir, Dieu m'en est témoin!
Ma cause n'est pas en d'autres mains que les mains de Dieu, et ma confiance n'est placée en personne autre que Lui.
Avant peu, vos jours passeront comme passeront les jours de ceux qui, orgueilleusement, se croient aujourd'hui supérieurs à leur voisin.
Bientôt, rassemblés en la présence de Dieu, il vous sera demandé compte de vos actions. Vous en recevrez le juste salaire, et misérable est la demeure des malfaiteurs.
Par Dieu ! Si tu prenais conscience de ce que tu as fait, sûrement tu pleurerais amèrement sur toi-même, tu chercherais en Dieu un refuge, et tu languirais et te lamenterais tous les jours de ta vie, jusqu'à ce que tu aies obtenu de Dieu ton pardon, car il est, en vérité, le très-Généreux, le Munificent.
Mais occupé que tu es, de tout ton coeur et de toute ton âme, des vanités de ce monde, tu persisteras jusqu'à l'heure de ta mort dans l'insouciance. Et ce n'est qu'après ton départ de la terre que tu découvriras la vérité de ce que Nous t'avons révélé.
Tu trouveras alors tes actions consignées dans le livre où les oeuvres de ceux qui sont sur la terre, qu'elles soient d'un poids supérieur ou inférieur au poids d'un atome, sont toutes consignées. Fais donc attention à mes avis et, du fond de ton coeur, écoute mes discours, ne néglige aucune de mes paroles, et ne sois pas de ceux qui rejettent ma vérité.
Ne te fais point gloire des choses qui t'ont été données. Ne détache pas tes yeux de ce qui a été révélé dans le livre du Seigneur, le Protecteur dans le danger, le très-Glorieux: "Et lorsqu'ils eurent oublié leurs avertissements, Nous leur ouvrîmes les portes de toutes choses ", comme Nous vous avons ouvert, à toi et à tes pareils, les portes de cette terre et de tout ce qui orne celles-ci.
Attends-toi donc à ce qui a été promis dans la seconde partie de ce verset sacré, car c'est la promesse du Tout-Puissant, du très-Sage, et ce n'est pas une vaine promesse.
Je ne sais quel chemin vous avez choisi de suivre et qu'effectivement vous suivez, ô congrégation de ceux qui me voulez du mal! Nous vous adjurons de vous tourner vers Dieu, Nous vous rappelons son jour, Nous vous annonçons la nouvelle de la possibilité qui vous est offerte de vous unir à Lui, Nous vous ouvrons l'accès de sa cour, et Nous faisons descendre sur vous les signes visibles de son étonnante sagesse.
Et voyez cependant, comment vous Nous rejetez, comment, par les mensonges que vos bouches ont proférés, vous Nous condamnez comme si Nous étions un infidèle et comment vous ourdissez vos complots contre Nous !
Et quand Nous manifestons à vos yeux ce qu'en sa bonté Dieu Nous a accordé, vous dites: "Ce n'est là que pure magie !" Les mêmes objections furent élevées par les générations qui vous ont précédés et qui étaient toutes semblables à la vôtre, le puissiez-vous comprendre !
Mais vous vous êtes ainsi privés des bienfaits de Dieu et de sa grâce, et vous ne les obtiendrez plus jamais jusqu'au jour où il jugera entre Nous et vous, et Il est, en vérité, le meilleur des Juges.
Certains parmi vous ont dit: "C'est lui qui a voulu se faire passer pour Dieu !" Par Dieu Lui-même ! Voilà une grossière calomnie: Je ne suis qu'un serviteur de Dieu, qui a cru en Lui et en ses signes, en ses prophètes et en ses anges.
Ma langue et mon coeur, et tout mon être intime, comme mon être extérieur, attestent qu'il n'est point d'autre Dieu que Lui, que tous les autres êtres furent créés à son commandement et façonnés par l'opération de sa volonté. Il n'y a d'autre Dieu que Lui, le Créateur, Celui qui peut ressusciter les morts, qui donne la vie à toutes choses, et qui la leur retire à son gré.
Je suis Celui qui répands au loin la nouvelle des bienfaits dont sa bonté m'a favorisé. Si c'est là une transgression contre Dieu, je suis, en vérité, le plus grand des transgresseurs.
Moi et les miens, nous sommes à votre merci. Faites de nous selon votre bon plaisir, et surtout n'hésitez point: Que je puisse retourner vers Dieu mon Seigneur, là où, enfin, je ne verrai plus vos visages. Tel est, en vérité, mon désir le plus cher, mon voeu le plus ardent. Dieu, qui me voit, en sait assez long sur mon compte.
Pense que tu te trouves sous le regard de Dieu, ô Ministre du sháh! Car si tu ne le vois pas, il te voit, Lui, clairement. Observe et juge équitablement notre cause.
Qu'avons-Nous commis qui te puisse ainsi soulever contre Nous, et inciter à Nous calomnier auprès du peuple, si tu es parmi les justes ? Nous avons quitté Tihrán sur l'ordre du roi et, avec sa permission, Nous avons transféré en Iráq notre résidence. Comment, s'il avait eu quelque chose à me reprocher, le roi m'eût-il rendu la liberté ? Et si j'étais innocent, pourquoi Nous as-tu infligé des tribulations que n'a jamais souffertes aucun de ceux qui professent ta foi ?
Un seul de mes actes, depuis mon arrivée en Iráq, a-t-il tendu à la subversion de l'autorité qui y est établie ? Qui pourrait prétendre avoir surpris en notre conduite quoi que ce fut de répréhensible ? Fais toi-même, auprès des habitants de ce pays une enquête, afin de te mettre à même de discerner la vérité.
Nous habitions depuis onze ans ce pays quand arriva, pour représenter ton gouvernement, ce ministre que notre plume se refuse à nommer, qui s'adonnait au vin et à la débauche qui suivait ses passions et commettait des iniquités, et qui dépravé, corrompit le pays d'Iráq. De cela, si tu es de ceux qui cherchent à connaître la vérité et que tu t'en enquières auprès d'eux, la plupart des habitants de Baghdád porteront témoignage.
C'est lui qui, au mépris de toute justice, s'emparait du bien de son prochain, violait tous les commandements de Dieu et commettait ce que Dieu réprouve. Finalement, obéissant à ses penchants, il se leva contre Nous et s'engagea dans les voies de l'iniquité.
Dans une lettre à toi adressée, il lança ses accusations et, bien qu'il n'apportât pas la moindre preuve contre Nous, tu le crus sur parole et tu abondas dans son sens. Tu ne demandas aucune explication, tu ne procédas à aucune enquête, tu ne recherchas aucune preuve ni aucun témoignage dignes de foi qui eussent pu t'aider à distinguer l'erreur de la vérité et à juger avec discernement.
Afin de découvrir quelle sorte d'homme il était, renseigne-toi personnellement, tant auprès des ministres qui se trouvaient alors en Iráq que du gouverneur de la ville (Baghdád) et de son haut conseiller, afin que la vérité te soit connue et que tu sois exactement informé sur notre cas.
Dieu nous en est témoin, jamais, en aucune circonstance, Nous ne lui avons fait, pas plus d'ailleurs qu'à d'autres, la moindre opposition. Nous n'avons jamais fait que suivre en toute circonstance les préceptes de Dieu, Nous gardant soigneusement de Nous ranger parmi les fauteurs de désordres. Lui-même en témoigne d'ailleurs.
Son intention était de mettre la main sur Nous et de Nous renvoyer en Perse afin d'exalter par là sa renommée. Tu as, aux mêmes fins, commis le même crime. Vous vous valez donc tous deux aux yeux de Dieu, le souverain Seigneur de tous, l'Omniscient.
Nous ne cherchons point, en t'adressant ces paroles, à alléger le fardeau de notre malheur ni à t'amener à intercéder pour Nous auprès de qui que ce soit. Non certes, par Celui qui est le Seigneur de tous les mondes !
Mais Nous t'avons exposé toute l'affaire pour que, prenant peut-être ainsi conscience de ce que tu as fait, tu t'abstiennes désormais d'infliger à d'autres ce que tu Nous as infligé à Nous-mêmes et que, sincèrement repentant devant Dieu qui t'a créé et qui a créé toutes choses, tu agisses à l'avenir avec plus de discernement. Cela vaudra mieux pour toi que tout ce que tu possèdes, et notamment ton ministère dont les jours sont comptés.
Veille à ne point te faire le complice de l'injustice. Etablis fermement ton coeur dans l'équité, n'altère pas la cause de Dieu, et sois de ceux qui tiennent leurs regards fixés sur les révélations de son livre. Ne cède, en aucun cas, aux impulsions de tes mauvais désirs. Garde la loi de Dieu, ton Seigneur, le Bienfaisant, l'Ancien des jours.
Tu retourneras certainement en poussière et tu périras ainsi que toutes les choses dont tu t'es délecté. Voilà ce que te dit la Langue de grandeur et de vérité.
Rappelle-toi les avertissements donnés par Dieu dans le passé, afin de ne pas être de ceux qui négligent son avertissement. Il a dit, et la vérité parle par sa bouche: "De la terre, Nous vous avons créés, à la terre Nous vous renverrons, et de la terre Nous vous tirerons une seconde fois. " Voilà ce que Dieu a décrété pour tous ceux, petits et grands, qui sont sur la terre.
Il ne convient donc pas à celui qui a été créé avec de la poussière, qui y retournera et qui en sera tiré à nouveau, de s'enfler d'orgueil devant Dieu et devant ceux qu'Il aime, de les considérer avec une fierté méprisante et d'être rempli d'une dédaigneuse arrogance.
Ce qui plutôt vous convient, à toi et à tes pareils, c'est de vous soumettre à ceux qui sont les manifestations de l'unité de Dieu, d'avoir d'humbles égards pour les fidèles qui ont tout quitté pour l'amour de Lui et se sont détachés de toutes les choses qui absorbent l'attention des hommes et les détournent de la voie du Seigneur, le très-Glorieux, le Loué.
Ainsi vous faisons Nous connaître ce qui vous sera profitable, et ce qui profitera à ceux qui ont placé dans le Seigneur toute leur confiance et tout leur espoir.

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Chapitre: 114. "Ecoute, ô Roi (le Sultán Abdul'l-'Aziz), le discours de Celui qui ne dit que la vérité ..."

Ecoute, ô Roi (le Sultán Abdul'l-'Aziz), le discours de Celui qui ne dit que la vérité, qui ne te demande pas de lui donner en récompense les choses que Dieu t'a accordées, celui qui jamais ne s'écarte du droit chemin.
C'est lui qui t'appelle à Dieu, ton Seigneur, qui te montre la voie droite conduisant au vrai bonheur, afin que tu puisses être parmi les bienheureux.
Garde-toi, ô Roi, de t'entourer de ministres qui suivent leurs inclinations corrompues, qui ont négligé ce qui leur a été confié et manifestement trahi leur mission. Sois bienfaisant aux autres comme Dieu t'est bienfaisant, et ne laisse pas à la merci de tels ministres les intérêts de ton peuple.
Garde la crainte de Dieu, et sois de ceux qui agissent avec droiture. Entoure-toi de ministres en qui tu puisses respirer le parfum de la justice et de la foi, prends leur avis, gardes-en ce qui t'en semblera le meilleur, et sois de ceux dont la conduite est généreuse.
Tiens pour certain que quiconque ne croit pas en Dieu n'est ni digne de confiance, ni véridique. Telle est, en effet, la vérité, l'indubitable vérité. Celui qui trahit Dieu trahit aussi son roi. Rien ne peut le détourner du mal, rien ne peut l'empêcher de trahir son voisin, rien ne peut l'induire à marcher dans la voie droite.
Prends soin de ne pas remettre aux mains d'autrui les rênes des affaires de ton Etat, ne place pas ta confiance en des ministres qui ne la méritent point, ne sois pas de ceux qui vivent dans l'insouciance.
Evite ceux dont le coeur se détourne de toi, ne leur accorde pas ton crédit, et ne les charge point de tes affaires ni des affaires de ceux qui professent ta foi.
Veille à ce que le loup ne se puisse déguiser en berger du troupeau de Dieu, et ne laisse pas à la merci des méchants le sort de ceux qu'Il aime.
N'attends pas de ceux qui violent les commandements de Dieu qu'ils soient dignes de quelque confiance, ou qu'ils puissent être sincères dans la foi qu'ils professent. Evite-les donc, et garde-toi toi-même soigneusement, de peur d'être victime de leurs ruses et de leurs méfaits. Sépare-toi d'eux, fixe tes regards sur Dieu, ton Seigneur, le très-Glorieux, le très-Généreux.
Celui qui se donne entièrement à Dieu, Dieu, sans aucun doute, sera avec lui; et celui qui a mis sa confiance en Dieu, Dieu le gardera en vérité de tout mal, et le protégera contre les complots des méchants.
Si tu tendais l'oreille à mes discours et si tu suivais mes conseils, Dieu t'élèverait à une position si éminente que, sur toute la terre, les mauvais desseins des hommes ne sauraient t'atteindre ni te nuire.
Observe, ô Roi, de tout ton coeur et de toutes tes forces, les commandements de Dieu et ne marche pas dans les sentiers de l'oppresseur. Prends en mains et tiens fermement les rênes du gouvernement de ton peuple, et examine personnellement tout ce qui s'y rapporte. Que rien ne t'échappe, car là est pour toi le bien le plus sûr.
Rends grâces à Dieu de t'avoir choisi entre tous comme chef suprême de ceux qui professent ta foi. Il te convient, en effet, d'apprécier à leur juste prix les bienfaits dont Dieu t'a favorisé et de magnifier continuellement son nom.
C'est la meilleure louange que tu Lui puisses adresser que d'aimer ceux qu'Il aime, de sauvegarder les intérêts de ses serviteurs, de les protéger contre les traîtres et de faire en sorte qu'ils ne soient plus opprimés.
Tu dois, en outre, renforcer parmi eux la loi de Dieu, afin d'être toi-même du nombre de ceux qui sont fermement établis dans cette loi.
Si, par toi, les rivières de la justice venaient à répandre leurs eaux parmi tes sujets, Dieu assurément t'assisterait des armées de l'invisible et du visible, et te fortifierait dans tes affaires. Il n'y a d'autre Dieu que Lui. La création est sienne, avec tout son empire. Et à Lui retourneront les oeuvres des fidèles.
Ne te repose pas sur tes trésors. Mets toute ta confiance dans la grâce de Dieu, ton Seigneur. Compte sur Lui en tout ce que tu fais, et sois de ceux qui se soumettent à sa volonté. Laisse-le t'assister de son aide et t'enrichir de ses trésors qui sont, en vérité, tous les trésors de la terre et du ciel. Il les accorde à qui il Lui plaît, et à qui Il veut il les retire. Il n'est pas d'autre Dieu que Lui, l'Omnipossédant, le Loué.
Tous les autres ne sont que des pauvres au seuil de sa miséricorde; tous sont impuissants devant la révélation de sa souveraineté et implorent ses faveurs.
Ne passe jamais les bornes de la modération et traite équitablement ceux qui te servent. Donne-leur selon leurs besoins, mais jamais dans la mesure qui leur permettrait d'entasser pour eux-mêmes des trésors, de parer leurs personnes, d'embellir leurs intérieurs, d'acquérir ce qui ne leur serait aucunement profitable et les mettrait seulement au nombre des extravagants.
Exerce envers eux une indéfectible justice, de sorte que nul d'entre eux ne soit dans le besoin ni ne regorge de richesses. Ce n'est là que justice manifeste.
Ne permets pas que des esprits abjects dominent les coeurs nobles et dignes d'honneur, ne souffre point que de belles âmes soient à la merci d'êtres vils et méprisables.
Or, c'est un tel ordre de choses, et cela Nous l'attestons, que Nous avons constaté lors de notre arrivée dans la ville (Constantinople). Nous avons vu, parmi ses habitants, tels qui possédaient d'immenses fortunes et vivaient dans une richesse excessive, alors que d'autres souffraient toutes les abjections de la pauvreté. Cela ne saurait convenir à ta souveraineté ni être tenu pour digne de ton rang.
Accueille donc mes avis et efforce-toi de gouverner avec équité, afin que Dieu puisse exalter ton nom et répandre au loin dans le monde la renommée de ta justice.
Veille à ne pas agrandir tes ministres aux dépens de tes sujets. Crains les soupirs du pauvre et du juste qui, à chaque lever de l'aurore, se lamentent sur leur triste sort, et sois pour eux un bienveillant souverain. Ils sont, en vérité, tes trésors sur la terre. Il te convient donc de mettre tes trésors à l'abri des assauts de ceux qui voudraient te les dérober.
Enquiers-toi de leurs affaires et inquiète-toi chaque année, chaque mois même, de leur condition. Ne sois pas de ceux qui négligent leur devoir.
Garde sous les yeux l'image de l'infaillible balance de Dieu, et comme si tu te tenais en personne devant le Seigneur même, chaque jour et à tout instant du jour, pèse tes actions sur cette balance.
Fais toi-même tes comptes avant d'y être convié au jour du règlement, où la crainte de Dieu fera trembler le coeur des négligents et où nul n'aura la force de rester debout.
Il convient à tout roi d'être aussi bienfaisant que le soleil qui assure la croissance de tous les êtres et donne à chacun son dû, et dont les bienfaits ne proviennent pas de lui-même, mais de la volonté du Tout-Puissant, de l'Omnipotent.
Un roi devrait être aussi généreux, aussi libéral dans sa clémence que les nuages qui, sur l'ordre du Maître suprême, de l'Omniscient, déversent leurs ondées bienfaisantes sur tous les pays.
Prends soin de ne pas t'en remettre entièrement à d'autres des affaires d'Etat. Nul mieux que toi-même ne pourrait remplir tes fonctions.
Ainsi, Nous te rendons clairs nos sages avis, afin de te permettre de passer de la main gauche de l'oppression à la main droite de la justice, et de t'approcher du resplendissant océan des faveurs de Dieu. Telle est la voie que suivirent, avant toi, les rois qui gouvernèrent avec équité, sans jamais s'écarter d'une rigoureuse justice.
Tu es l'ombre de Dieu sur la terre. Efforce-toi donc d'agir de la manière qui convient à un rang aussi éminent et aussi majestueux. Tu ne saurais, sans déroger à un honneur aussi grand et inestimable, t'abstenir de suivre les enseignements qui, par Nous, te sont envoyés du ciel.
Retourne donc à Dieu attache-toi fermement à Lui, purifie ton coeur des vanités du monde, et ne souffre pas qu'un amour étranger y entre et s'y établisse. Jusqu'à ce que tu en aies ôté toute trace d'amour profane, l'éclat de la lumière divine n'y pourrait briller, car Dieu n'a donné à chacun qu'un seul coeur. Tel est, en vérité le divin décret enregistré dans son ancien livre.
Et puisque le coeur humain, tel que Dieu l'a fait, est un et indivisible, il te convient de veiller à ce que les affections du tien ne soient pas divisées. Attache-toi donc, avec toute la tendresse de ton coeur, à l'amour de Dieu et renonce à tout autre amour, afin de te plonger ainsi dans l'océan de son unité et de devenir un vrai défenseur de celle-ci.
Dieu m'en est témoin: Je n'ai, en te révélant ces paroles, d'autre objet que de te détacher des choses transitoires de la terre, et de t'aider à entrer dans le royaume de la gloire éternelle, afin qu'avec la permission de Dieu tu l'habites et y règnes...
Par Dieu, je le jure, ô Roi: Je n'ai point dessein de me plaindre auprès de toi de ceux qui me persécutent. C'est à Dieu que j'expose mes griefs et mon chagrin, à Dieu qui m'a créé et qui les a créés, qui connaît bien la situation de part et d'autre, et qui veille sur toutes choses.
J'ai seulement Voulu les mettre en garde contre les conséquences de leurs actions dans l'espoir qu'ils pourraient peut-être ainsi s'abstenir d'en traiter d'autres comme ils m'ont traité moi-même, et se ranger finalement parmi ceux qui suivent mes avis.
Les tribulations qui Nous accablent, le dénuement dont Nous souffrons, les tourments divers qui de toutes parts Nous assaillent, tout cela passeras comme passeront les plaisirs dont se délectent nos ennemis et l'abondance dont ils jouissent. Telle est la vérité qu'aucun homme ne peut rejeter.
Les jours prendront bientôt fin où Nous aurons été abaissé dans la poussière, comme se termineront avant peu les Jours de leurs honneurs. Dieu, assurément, jugera entre Nous et eux, et Il est, en vérité, le plus juste des juges.
Nous rendons grâces à Dieu pour tout ce qui nous est advenu, et comme Nous l'avons fait, dans le passé pour ce qu'Il Nous avait réservé, nous endurerons patiemment, dans l'avenir, tout ce qu'Il Nous destine. En Lui, j'ai placé ma confiance, et dans ses mains j'ai remis ma cause.
Il ne saurait manquer de récompenser qui souffre sans se plaindre et met en Lui toutes ses espérances.
La création est sienne, avec tout son empire. Il exalte qui Il veut, et qui bon Lui semble, Il l'abaisse. Il ne Lui sera point demandé compte de ses actes. Il est, en vérité, le très-Glorieux, le tout-Puissant.
Que ton oreille, ô Roi, soit attentive aux paroles que Nous t'avons adressées. Contrains l'Oppresseur à renoncer à sa tyrannie, et retranche du milieu de ceux qui professent ta foi les artisans d'iniquité.
Par la justice de Dieu! Les tribulations que Nous avons souffertes sont telles que l'angoisse étreint la plume qui les voudrait rapporter. En supporter le récit dépasserait d'ailleurs les forces de tout croyant en l'unité de Dieu, qui se fait le défenseur de celle-ci.
Si grandes ont été nos souffrances, que nos ennemis mêmes en ont pleuré avec tout être doué de discernement.
Et toutes ces épreuves Nous ont été infligées en dépit de notre démarche auprès de toi, et bien que Nous ayons invité le peuple à se ranger à ton ombre, afin que tu sois une forteresse pour ceux qui croient en l'unité de Dieu et la soutiennent.
T'ai-je, ô Roi, jamais désobéi ? Ai-je jamais transgressé aucune de tes lois ? Quelqu'un des ministres qui t'ont représenté en l'Iráq peut-il établir contre moi la preuve du moindre manquement à mon loyalisme a ton égard ? Non, par Celui qui est le Seigneur de tous les mondes !
Pas un moment, Nous ne nous sommes rebellé contre toi, ni contre aucun de tes ministres. Et jamais, avec la volonté de Dieu, Nous ne le ferons davantage à l'avenir, dussions-Nous être soumis à des épreuves plus cruelles que celles qui Nous ont été infligées dans le passé.
Jour et nuit, et soir et matin, Nous avons prié Dieu pour toi, le suppliant qu'Il te rende obéissant à sa loi, et qu'Il te puisse garder des assauts des méchants. Fais-en donc avec Nous selon ton bon plaisir, et traite-Nous comme il convient à ton état et comme il sied à ta souveraineté.
En tout ce que tu entreprends et entreprendras, n'oublie jamais la loi de Dieu. Dis: Louange à Dieu, le Seigneur de tous les mondes !

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Chapitre: 115. "La plume de la révélation a, ô Dhabih, dans la plupart des tablettes ..."

La plume de la révélation a, ô Dhabih, dans la plupart des tablettes divinement révélées, transcrit ces paroles: Nous avons recommandé aux aimés de Dieu de toujours veiller à ce que le bord de notre vêtement sacré ne soit point souillé de la boue des actions défendues ni taché de la poussière d'une conduite répréhensible. Nous les avons en outre exhortés à tenir leurs regards fixés sur ce qui a été révélé dans nos tablettes.
Si leur oreilles internes avaient été attentives aux divins conseils provenant de l'aurore de la plume du très-Miséricordieux et s'ils avaient écouté sa voix, la plupart des peuples de la terre seraient maintenant ornés de la parure de sa direction. Ce qui, cependant, avait été préordonné s'est accompli.
Une fois encore, de cette prison, la plus grande des prisons, la Langue de Grandeur de l'Ancien des jours révèle ces paroles, enregistrées dans ce rouleau sacré, d'une blancheur de neige: "O vous, les bien-aimés du seul vrai Dieu, sortez des étroites retraites où vous confinent vos désirs corrompus, pour vous avancer hardiment dans la vaste immensité du royaume de Dieu et vous établir dans les prairies du détachement et de la sainteté, afin que, guidée par le parfum de vos oeuvres, l'humanité tout entière se dirige vers l'océan de l'éternelle gloire de Dieu.
Défendez vous de tout attachement aux affaires de ce monde et de toute ingérence dans les activités politiques de ceux qui le dirigent.
Le seul vrai Dieu - exaltée soit sa gloire - a donné aux rois le gouvernement de la terre, et nul n'a le droit d'aller à l'encontre des vues réfléchies de ceux qui détiennent l'autorité.
Ce que Dieu s'est pour Lui-même réservé, ce sont les cités des coeurs des hommes dont les clefs sont, en ce jour, représentées sur la terre par les amis de Celui qui est la Vérité souveraine. Que Dieu leur accorde, à tous et à chacun d'entre eux, d'ouvrir, par la puissance du plus grand Nom, les portes de ces cités. Voilà ce que veut dire "aider le seul vrai Dieu", - thème que Celui qui, tous les jours, fait se lever l'aurore, traite dans tous ses livres et toutes ses tablettes.
Il convient, en outre, aux amis de Dieu d'être indulgents à l'égard de leur prochain, d'observer envers toutes choses le plus parfait détachement, et de montrer en toutes circonstances une sincérité et une droiture telles, que tous les peuples de la terre reconnaissent en eux les représentants de Dieu parmi les hommes.
Considère à quelles hauteurs sublimes s'élèvent les injonctions du Tout-Puissant, et combien abjectes sont les demeures où habitent ces faibles âmes. Heureux ceux qui, sur les ailes de la certitude, s'envolent dans les cieux que leur ouvre la plume de ton Seigneur, le très-Miséricordieux.
Admire, ô Dhabih, les oeuvres de Dieu, la Vérité souveraine, et dis: Combien grande est la force de sa puissance qui embrasse tous les mondes ! Exalté, immensément exalté est son détachement au-dessus de la portée et de la connaissance de la création !
Glorifiée, glorifiée soit sa douceur infinie qui a fait se fondre les coeurs de tous ceux qui se sont approchés de Dieu !
En dépit des tribulations sans nombre que Nous avons souffertes aux mains de nos ennemis, Nous n'avons cessé de proclamer devant les chefs d'Etat ce que Dieu voulait qui fut proclamé, afin que toutes les nations sachent qu'il n'est sorte d'affliction qui puisse empêcher la plume de l'Ancien des jours d'accomplir son dessein. Sa plume se meut par la permission de Celui qui réduit en poussière les os putréfiés.
Il convient qu'en vue d'une si grande entreprise, tous ceux qui l'aiment ceignent leurs reins, et qu'au lieu de commettre des actions viles et méprisables, ils fixent toutes leurs pensées sur ce qui est propre à assurer le triomphe de la cause de Dieu.
Si tu considérais, ne fût-ce qu'un instant, les ouvrages visibles et les actes de Celui qui est la Vérité éternelle, tu te jetterais à terre et, le front dans la poussière, tu t'écrierais: O toi qui es le Seigneur des seigneurs, j'atteste que tu es le Seigneur de la création et l'Educateur souverain de tous les êtres, tant visibles qu'invisibles!
J'atteste que ton pouvoir embrasse l'univers tout entier et que les armées de la terre ne sauraient t'effrayer, pas plus que ne sauraient t'empêcher d'accomplir ton dessein toutes les puissances conjuguées des peuples et des nations du monde.
Je confesse que tu n'as d'autre désir que la régénération du monde, l'établissement de l'unité de ses peuples et le salut de tous ses habitants.
Réfléchis un instant et considère la conduite que doivent tenir les amis de Dieu, les hauteurs auxquelles ils doivent s'envoler. Prie, à toute heure, ton Seigneur, le Dieu de miséricorde, de les aider à faire sa volonté. Il est, en vérité, le Tout-Puissant, le très-Glorieux, l'Informé.
L'emprisonnement que subit cet Opprimé, ô Dhabih, ne l'a pas affecté et ne saurait jamais le faire pas plus d'ailleurs que la perte de ses biens matériels ou son exil, ou même son martyre, et les humiliations qui lui sont infligées ne peuvent le blesser.
Mais ce qui le chagrine, ce sont les mauvaises actions que commettent les aimés de Dieu, et qu'ils imputent à Celui qui est la Vérité souveraine. Telle est, en vérité, la cause de mon affliction, et Celui qui a pouvoir sur toutes choses m'en rend Lui-même témoignage.
Ce qui m'a cruellement peiné, ce sont les prétentions tous les jours renouvelées du peuple du Bayan. Quelques-uns ont proclamé leur allégeance à l'une de mes branches (mes fils), tandis que d'autres, guidés par leurs propres ambitions, ont élevé des prétentions personnelles.
O Dhabih ! La Langue de Grandeur dit: Par moi-même, qui dis la vérité ! Toutes les dispensations du passé atteignent dans cette très puissante révélation leur consommation dernière et la plus haute.
Quiconque, après lui, se prétend porteur d'une révélation n'est qu'un vil imposteur. Puisse Dieu l'aider à rétracter et répudier pareille prétention. Nul doute, s'il se repent, que le Seigneur ne lui pardonne. Mais s'il s'obstine dans son erreur, Dieu assurément enverra quelqu'un qui le traitera sans miséricorde. Dieu est, en vérité, le Tout-Puissant, l'Omnipotent.
Vois comment le peuple du Bayán a été incapable de reconnaître que tout ce qu'a révélé ma précédente manifestation, annonciatrice de ma beauté, n'avait d'autre objet que de préparer ma révélation présente et la proclamation de ma cause. Jamais, sans moi - et Celui qui est la Vérité souveraine m'en rend témoignage - elle n'aurait déclaré ce qu'elle a déclaré.
Vois comment ces insensés ont considéré comme un divertissement et un passe-temps la cause de Celui qui est l'Omnipossédant, l'Inaccessible. Ils inventent chaque jour un nouveau stratagème qui les oblige à un nouveau repli. Mais si ce qu'ils disent était vrai, comment la stabilité de la cause de Dieu pourrait-elle être établie ?
Médite cela en toi-même, et sois de ceux dont la vue est perçante, qui scrutent avec attention, qui restent fermes dans leur dessein et confiants en leur croyance.
Ta foi doit être telle que si l'humanité tout entière venait à émettre des prétentions qu'aucun homme n'a jamais élevées ni qu'aucun esprit ne conçut jamais, tu les ignorerais entièrement et les rejetterais résolument, pour te tourner vers Celui qui est l'objet de l'adoration des mondes.
Par la justice de ma propre personne ! Grande est, vous dis-je, cette cause, grande par-delà toute mesure ! Puissant, inconcevablement puissant est ce jour ! Béni l'homme qui, en un tel jour, oublie toutes choses et ne détache pas ses regards de Celui dont la face rayonne sur tous ceux qui sont dans les cieux et sur tous ceux qui sont sur la terre.
Il faut que ta vue soit perçante, ô Dhabih, que ton âme soit de diamant et tes pieds d'airain, si tu veux rester inébranlable sous les assauts des désirs égoïstes qui grondent sourdement dans le coeur des hommes.
Telle est la ferme injonction que t'adresse, mue par la volonté de l'ancien Roi, la plume du plus grand Nom. Garde-la comme la prunelle de tes yeux et sois de ceux qui rendent grâces.
Efforce-toi, nuit et jour, de servir la cause de Celui qui est la Vérité éternelle, et détache-toi de tout ce qui n'est pas Lui. Par moi-même ! Tout ce que tu vois en ce jour périra. Et c'est à un état suprêmement élevé que tu parviendras toi-même si tu restes ferme dans la cause de ton Seigneur.
C'est à Lui que doivent tendre tous les mouvements de ton activité et en Lui que tu trouveras le repos définitif.

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Chapitre: 116. "N'entendez-vous pas, ô Rois de la Chrétienté, la voix de Jésus, l'Esprit de Dieu ..."

N'entendez-vous pas, ô Rois de la Chrétienté, la voix de Jésus, l'Esprit de Dieu, qui dit: "Je m'en vais et je vous reviendrai ?" Pourquoi donc, lorsqu'il vous est revenu environné de célestes nuées, n'êtes-vous pas allés à lui, pour contempler sa face et être de ceux qui accèdent à sa présence ?
Jésus dit dans un autre passage: "Quand viendra l'Esprit de Vérité, il vous enseignera toute vérité. " Et pourtant, voyez comment, lorsqu'il vous a apporté cette vérité, vous vous êtes refusés à tourner vers lui vos visages, comment vous avez continué de vous livrer à vos caprices et à vos plaisirs.
Vous ne l'avez point accueilli, vous n'avez pas recherché sa présence pour entendre de sa bouche les versets de Dieu et prendre votre part de la sagesse aux multiples formes du Tout-Puissant, le très-Glorieux, le très-Sage. Vous avez, par votre faute, empêché que soufflât sur vous la brise de Dieu et que s'en répandît dans vos âmes le suave parfum.
Vous avez préféré rôder encore, avec une délectation mauvaise, dans la vallée de vos désirs corrompus. Mais vous passerez et avec vous passera ce que vous possédez. Vous serez bientôt rappelés à Dieu et, en la présence de Celui qui rassemblera toute la création, il vous sera demandé compte de vos actes...
Vingt années, ô Rois, se sont écoulées, durant lesquelles Nous avons été soumis, chaque jour, à l'agonie d'une tribulation nouvelle. Nul de ceux qui Nous ont précédé n'a enduré ce que Nous avons souffert. Puissiez-vous le comprendre ! Ceux qui se sont levés contre Nous, Nous ont mis à mort, ils ont répandu notre sang, pillé nos biens et violé notre honneur. Encore qu'informés de la plupart de nos maux, vous n'avez jamais arrêté la main de l'agresseur.
N'est-ce pas cependant votre devoir le plus clair que de refréner la tyrannie de l'oppresseur et de traiter équitablement vos sujets, afin que soit pleinement démontré à toute l'humanité que vous avez un haut sentiment de la justice ?
Dieu a remis entre vos mains les rênes du gouvernement du peuple pour que vous le gouverniez avec équité, que vous sauvegardiez les droits des opprimés et punissiez les artisans d'injustice.
Si vous négligez les devoirs que Dieu vous a imposés dans son livre, vos noms seront comptés parmi ceux qu'Il juge injustes. Lourde serait ainsi votre erreur.
Rejetterez-vous, pour vous attacher à vos vaines imaginations, les commandements de Dieu, le très-Exalté, l'Inaccessible, l'Irrésistible, le Tout-Puissant ? Rejetez plutôt ce que vous possédez pour vous attacher à ce que Dieu vous ordonne d'observer.
Cherchez sa grâce, car celui qui la cherche est dans son droit chemin.
Considérez l'état auquel Nous sommes réduit, voyez les maux et tribulations qui Nous accablent. Ne vous désintéressez pas de notre cas, ne fût-ce qu'un instant, et jugez avec équité entre Nous et nos ennemis. Cela sera pour vous d'un avantage manifeste. Nous vous faisons ce récit et Nous vous rapportons les choses qui Nous sont advenues, afin que vous puissiez Nous délivrer de nos maux et alléger notre fardeau. Que celui d'entre vous qui le voudra nous soulage; quant à celui qui s'y refusera, eh bien, mon Seigneur est assurément le meilleur des secours.
Avertis le peuple, ô serviteur, et communique-lui les choses que Nous t'avons envoyées; ne te laisse effrayer par rien ni personne et ne sois pas de ceux qui hésitent.
Le jour est proche où Dieu exaltera sa cause et magnifiera son témoignage aux yeux de tous ceux qui sont sur la terre et dans les cieux.
Mets en Dieu, en toutes circonstances, ton entière confiance, fixe sur Lui ton regard et détourne-toi de ceux qui répudient sa vérité. Que Dieu, ton Seigneur, soit ta seule aide, ton unique secours.
Nous Nous sommes engagé à assurer ton triomphe sur la terre et à exalter notre cause au-dessus de tous les hommes, encore qu'aucun roi ne se soit trouvé qui veuille se tourner vers toi.

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Chapitre: 117. "En vue de révéler les conditions qu'exigent la paix et la tranquillité du monde ..."

En vue de révéler les conditions qu'exigent la paix et la tranquillité du monde, ainsi que le progrès de ses peuples, le grand Etre a écrit: Le temps doit venir où sera universellement ressentie l'impérieuse nécessité d'une vaste assemblée d'hommes représentant le monde tout entier. Les rois et dirigeants de la terre devront la constituer, prendre part à ses délibérations, et aviser aux voies et moyens propres à établir entre les hommes la grande paix du monde.
Une telle paix exige une réconciliation complète entre les grandes puissances, en vue de la tranquillité des peuples.
Si un roi s'avisait de prendre les armes contre un autre, tous devraient unanimement se lever pour l'en empêcher. A cette condition, les nations du monde n'auraient besoin d'armements que pour préserver la sécurité de leurs royaumes et assurer l'ordre à l'intérieur de leur propre territoire. Ainsi seraient garanties la paix et la tranquillité de tous les peuples, nations et gouvernements.
Nous caressons l'espoir que les rois et gouvernants de la terre, qui sont ici-bas les miroirs du tout puissant et doux nom de Dieu, pourront réaliser cet état de choses, et préserver l'humanité des assauts de la tyrannie...
Le jour approche où tous les peuples du monde adopteront une langue universelle et une écriture commune. Quand ceci sera réalisé, tout voyageur, dans quelque ville qu'il s'arrête, aura l'impression d'y être chez lui.
Ce sont là choses absolument essentielles et obligatoires. Il incombe à tout homme doué de compréhension et de pénétration de faire passer dans la réalité et dans les faits ce qui est écrit...
Il est vraiment un homme celui qui, aujourd'hui, se consacre au service de la race humaine tout entière.
Le grand Etre dit : Heureux et béni est celui qui se lève pour servir les intérêts les plus élevés des peuples et tribus de la terre. Dans un autre passage, il proclame: Ce n'est point d'aimer son propre pays qu'il convient de se glorifier, c'est d'aimer le monde tout entier. La terre est un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens.

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Chapitre: 118. "Gardez la crainte de Dieu, ô Rois de la terre ..."

Gardez la crainte de Dieu, ô Rois de la terre, et soyez attentifs à ne point transgresser les bornes que Dieu a fixées. Obéissez aux injonctions qui sont données dans son livre, et gardez-vous d'en outrepasser les limites.
Veillez à n'être injustes envers personne, fût-ce dans la mesure d'un grain de moutarde. Suivez le sentier de la justice, car c'est là, en vérité, le droit sentier.
Conciliez vos différends et réduisez vos armements, tant pour l'allégement de vos dépenses que pour la tranquillité de vos esprits et de vos coeurs. Apportez remède aux dissensions qui vous divisent, et vous n'aurez plus besoin de vous armer que dans la mesure nécessaire à la protection de vos cités et de vos territoires.
Craignez Dieu et veillez à ne jamais passer les bornes de la modération, à ne vous mettre jamais au nombre des extravagants.
Nous avons appris que vous ne cessez d'accroître vos dépenses et que vous en faites peser le fardeau sur les épaules de vos sujets. C'est là, en vérité, plus qu'ils n'en peuvent supporter et c'est, de votre part, une grande injustice.
Décidez avec justice entre les hommes et soyez parmi eux des emblèmes d'équité. C'est là ce qu'il vous convient de faire, ce qui sied à votre état. Gardez-vous de traiter injustement qui en appelle à vous et se met sous votre sauvegarde.
Vivez dans la crainte de Dieu, et soyez de ceux qui mènent une vie pieuse. Ne vous reposez jamais sur votre puissance, vos armées ou vos trésors.
Mettez votre foi et votre confiance en Dieu qui vous a créés et cherchez son aide en toutes vos affaires. Le secours ne vient que de Lui, et Il le donne à qui il veut, à l'aide des armées du ciel et de la terre.
Sachez que les pauvres sont le dépôt que Dieu vous a confié. Veillez à ne pas trahir sa confiance en les traitant injustement et à ne pas marcher dans la voie des félons. Vous serez certainement appelés à rendre compte de ce dépôt le jour où sera installée la balance de la justice, le jour où il sera rendu à chacun selon son dû et où les actes de tous, riches ou pauvres, seront rigoureusement pesés.
Si vous ne prenez pas garde aux avis qu'en un clair et incomparable langage Nous vous révélons dans cette tablette, le châtiment de Dieu vous assaillira de toutes parts, et la sentence de sa justice sera prononcée contre vous. Vous n'aurez, ce jour-là, aucun pouvoir de Lui résister, et vous reconnaîtrez votre impuissance.
Ayez pitié de vous-mêmes et de vos sujets. Jugez entre eux selon les préceptes édictés par Dieu dans sa sainte et sublime tablette, tablette où il assigne à toutes choses et à chacune les limites fixées pour elles, où Il donne une claire explication de toutes choses, et qui est en elle-même un avertissement pour tous ceux qui croient en Lui.
Examinez notre cause, informez-vous des choses qui Nous sont advenues et décidez équitablement entre Nous et nos ennemis, et soyez de ceux qui agissent avec justice envers leur prochain.
Si vous n'arrêtez pas la main de l'oppresseur, si vous ne sauvegardez pas les droits le l'opprimé, de quoi pourrez-vous vous vanter parmi les hommes ? De quoi au juste pourrez-vous être fiers ? Vous ferez-vous gloire de ce que vous mangez et buvez, des richesses que vous avez amassées et mises en réserve, du prix et de la variété des ornements dont vous vous parez ?
Si la vraie gloire consistait en la possession de ces choses périssables, la terre sur laquelle vous marchez devrait alors se vanter de vous être supérieure, car c'est elle qui, par le décret du Tout-Puissant, vous fournit et vous accorde ces choses. Elle contient dans ses entrailles, selon ce que Dieu a ordonné, tout ce que vous possédez. D'elle, en signe de sa miséricorde, vous tirez toutes vos richesses.
Considérez donc votre condition et la chose dont vous vous faites ainsi gloire! Et puissiez-vous en prendre conscience !
Non! par Celui qui tient dans sa main le royaume tout entier de la création ! Votre vraie et durable gloire ne réside que dans votre ferme adhésion aux préceptes de Dieu, dans votre observation sincère de ses lois, dans votre résolution de veiller à leur application et de suivre le droit chemin.

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Chapitre: 119. "O Dirigeants de la terre, pourquoi avez-vous obscurci l'éclat du Soleil ..."

O Dirigeants de la terre, pourquoi avez-vous obscurci l'éclat du Soleil et cherché à l'empêcher de luire ?
Ecoutez le conseil que vous donne la plume du Très-Haut, afin que vous-mêmes, et les pauvres avec vous, puissiez obtenir la paix et la tranquillité. Nous prions Dieu qu'Il vous assiste dans l'établissement de la paix sur la terre. Il fait, en vérité, ce qu'il Lui plaît.
O Rois de la terre ! Nous vous voyons accroître vos dépenses chaque année et en faire supporter la charge par vos sujets. Cela est manifestement tout à fait injuste.
Craignez les soupirs et les larmes de cet Opprimé et n'imposez pas de fardeaux excessifs à vos peuples. Ne les dépouillez pas pour vous construire des palais; et même, choisissez pour eux ce que vous choisiriez pour vous.
Nous vous exposons ainsi ce qui vous sera profitable, si seulement vous pouviez le comprendre.
Vos peuples sont vos trésors. Prenez garde que votre gouvernement ne viole les commandements de Dieu et que ceux dont vous avez la charge ne soient livrés aux mains des voleurs. C'est par eux que vous régnez et que votre subsistance est assurée, et c'est avec leur concours que vous faites des conquêtes. Et cependant, avec quel dédain vous les considérez. Comme c'est étrange, vraiment étrange !
Puisque vous avez refusé la paix suprême, attachez-vous du moins à maintenir une paix imparfaite qui vous permettra peut-être d'améliorer quelque peu votre propre condition et celle de vos sujets.
O Souverains de la terre, réconciliez-vous, afin de n'avoir à vous armer que dans la mesure nécessaire à la défense de vos territoires et de vos empires.
Gardez-vous de négliger l'avis de l'Omniscient, du Fidèle. Soyez unis, ô Rois de la terre, car de la sorte la tempête de la discorde s'apaisera parmi vous et vos peuples trouveront le repos, si vous êtes de ceux qui comprennent.
Si l'un de vous prenait les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce ne sera là que justice manifeste.

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Chapitre: 120. "O vous, élus du peuple pour le représenter en chaque pays ! Consultez-vous ..."

O vous, élus du peuple pour le représenter en chaque pays ! Consultez-vous, et dans toutes vos délibérations, n'ayez souci que de ce qui est profitable à l'humanité et de nature à améliorer sa condition, si vous êtes de ceux qui cherchent avec soin la justice.
Voyez dans le monde une image du corps humain qui, parfaitement sain lors de sa création, se trouve ensuite, sous l'effet de causes diverses, affligé de désordres et de maladies graves.
Pas un seul jour, les souffrances de ce corps malade n'ont été allégées et, pis encore, son état s'est aggravé par le traitement de médecins ignorants qui, donnant libre cours à leurs idées personnelles, se sont gravement trompés. Et si parfois, par les soins d'un médecin capable, la maladie était guérie en un point du corps, les autres parties restaient affectées par le mal.
Nous le voyons aujourd'hui à la merci de dirigeants ivres d'orgueil, incapables de discerner clairement leurs propres intérêts et plus encore de reconnaître une révélation qui les déconcerte et dans laquelle ils voient un défi à l'ordre existant. Toutes les fois que l'un d'entre eux paraît s'efforcer d'en améliorer la condition, qu'il l'avoue ou non, il n'a en réalité d'autre objet que son propre gain, et ce motif intéressé restreint son pouvoir de guérir ou de soulager.
Le remède souverain ordonné par le Seigneur, le moyen le plus puissant pour la guérison du monde entier, c'est l'union de tous ses peuples en une cause universelle, une même foi. Ceci ne peut, en aucune façon, être obtenu, sinon par le pouvoir d'un médecin habile, tout-puissant et inspiré. Telle est la vérité et tout le reste n'est qu'erreur.

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Chapitre: 121. "Dis: O vous qui m'enviez et qui cherchez à me faire du mal ! ..."

Dis: O vous qui m'enviez et qui cherchez à me faire du mal ! Que la fureur de votre rage contre moi vous confonde !
Voici que se lève à l'horizon de ma révélation - enveloppant de son éclat toute l'humanité - l'Etoile du matin de la gloire, et cependant, plongés dans une complète indifférence, vous vous dérobez à sa splendeur !
Ayez pitié de vous-mêmes, ne rejetez pas l'appel de Celui en qui vous avez déjà reconnu la vérité, ne soyez pas des transgresseurs.
Par la justice du seul vrai Dieu! Si vous rejetez cette révélation, vous deviendrez pour toutes les nations de la terre un objet de mépris et de dérision, car pour défendre la vérité de votre cause, c'est vous qui avez proclamé à la face du monde les témoignages de Dieu, le Protecteur souverain, le Tout-Puissant, le très-Glorieux, l'Omniscient.
Et maintenant qu'Il vous envoie sa révélation nouvelle, parée de la gloire d'une irrésistible souveraineté, voilà ô étourdis que vous êtes, que vous lui tournez le dos !
Ah ça! prétendriez-vous éteindre l'éclat du Soleil ou en éclipser la splendeur ? Alors, par ma vie Vous n'atteindrez jamais votre but, dussiez-vous appeler à votre aide tout ce qui vit sur la terre et dans les cieux.
Vivez dans la crainte de Dieu et ne rendez pas vos oeuvres vaines. Tendez l'oreille à ses paroles, et ne soyez pas de ceux qui sont séparés de Lui comme par un voile.
Dis: Dieu m'en est témoin! Je n'ai jamais rien souhaité pour moi-même. Mon unique désir est la victoire de Dieu et le triomphe de sa cause. Il suffit, Lui, à juger entre vous et moi.
Si vous purifiez vos yeux, vous verriez aisément que mes actes témoignent de la vérité de mes paroles, et que sur mes paroles se guident toutes mes actions.
Aveugles sont vos yeux ! N'avez-vous point senti la grandeur de la puissance et de la souveraineté de Dieu! N'avez-vous point vu sa gloire et sa majesté ? Malheur à vous, ramassis d'envieux et de méchants.
Ecoutez mes paroles et ne tardez pas, ne fût-ce qu'un moment. Voilà ce que vous enjoint Celui qui est la beauté du très Miséricordieux, afin que, vous détachant des choses que vous possédez, vous montiez jusqu'aux sommets d'où vous découvrirez, reposant à l'ombre de sa révélation, la création tout entière.
Dis: Il n'est pour vous, en ce jour, ni abri ni refuge, ni personne qui puisse vous protéger ou vous défendre de la fureur de sa colère ou de la force de son pouvoir, jusqu'à ce que vous vous soyez mis à l'ombre de sa révélation. Et c'est cette révélation, en vérité, qui s'est manifestée à vous en la personne de cet Adolescent.
Que Dieu soit donc glorifié pour une vision si resplendissante, si précieuse, si merveilleuse ! Détachez-vous de ce qui n'est pas moi, et tournez vos faces vers ma face, car cela sera meilleur pour vous que toutes les choses que vous possédez. De la vérité de mes paroles, par ma parole même qui exprime la vérité et embrasse toutes choses, la Langue de Grandeur porte témoignage.
Dis: Pensez-vous que votre allégeance à sa cause Lui puisse jamais profiter, ou qu'en répudiant la vérité vous Lui puissiez causer quelque dommage ? Certes non, par moi-même, le Victorieux, l'Inaccessible, le Très-Haut !
Déchirez les voiles des noms et détruisez leur royaume. Par ma Beauté ! Il est maintenant venu Celui qui est le monarque de tous les noms, Celui par qui, depuis le commencement qui n'a pas de commencement, chacun de ces noms fut créé, Celui qui, par son seul commandement, continuera d'en créer autant que bon Lui semblera. Il est, en vérité, le Tout-Puissant, le très-Sage.
Gardez-vous de vous dépouiller du vêtement de la direction divine. Etanchez votre soif à la coupe que les adolescents du ciel élèvent au-dessus de vos têtes.
Ainsi vous l'ordonne Celui qui a plus de pitié de vous que vous n'en avez vous-mêmes, Celui qui n'attend de vous ni récompense, ni gratitude.
Sa récompense lui vient de Celui qui, par le pouvoir de la vérité, l'a envoyé auprès de vous, qui l'a choisi pour être, auprès de la création tout entière, son propre témoignage et qui l'a proclamé tel. C'est Lui qui lui a donné le pouvoir de manifester tous ses signes.
Regardez encore, afin de percevoir les choses auxquelles vous appelle la Langue de l'Ancien des jours et d'être de ceux qui saisissent la vérité.
Avez-vous jamais entendu raconter par vos pères d'autrefois ou par les générations qui les ont précédés, en remontant même jusqu'au premier Adam, qu'une personne, venant dans le nimbe de la révélation, investie d'une souveraineté manifeste et transcendante, ayant à sa droite le royaume de Dieu et à sa gauche toute la puissance et la gloire de son empire éternel, qui soit précédée par les armées de Dieu, le Tout-Puissant, l'Irrésistible, l'Omnipotent, et qui récite sans cesse des versets dont les esprits humains les plus savants et les plus sages sont incapables de saisir la signification, avez-vous jamais entendu raconter que la dite personne puisse, malgré tout cela, apporter un message qui ne soit pas de Dieu ?
Ayez donc quelque discernement et dites la vérité, la vérité parfaite, si vous prétendez être honnêtes et d'esprit élevé.
Dis: Les versets que Nous avons révélés sont aussi nombreux que ceux qui furent envoyés au Báb dans la précédente révélation.
Que celui qui doute des paroles prononcées par l'Esprit de Dieu cherche la cour de notre présence, qu'il entende nos versets divinement inspirés et qu'il constate de ses yeux les preuves évidentes de notre revendication.
Dis: Par la justice du Tout-Puissant ! La mesure des bienfaits de Dieu est comble, sa parole est accomplie, la lumière de son visage est révélée. Sa souveraineté embrasse la création tout entière, la gloire de sa révélation est manifeste et ses bienfaits se répandent sur toute l'humanité.

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Chapitre: 122. "L'homme est le talisman suprême. Mais, faute d'une éducation convenable ..."

L'homme est le talisman suprême. Mais, faute d'une éducation convenable, il a été frustré de ce qui lui appartient en propre.
D'un mot sorti de la bouche de Dieu, il a été appelé à l'être; d'un autre, il a été rendu capable de reconnaître la source où il doit puiser son éducation; par un troisième mot lui ont été garanties sa condition et sa destinée.
Le grand Etre dit: Voyez en l'homme une mine riche en gemmes d'une inestimable valeur. Mais, seule, l'éducation peut révéler les trésors de cette mine et permettre à l'humanité d'en profiter.
Tout homme qui méditerait ce qu'ont révélé les Ecritures envoyées du ciel de la sainte volonté de Dieu, reconnaîtrait sans peine que leur objet est d'amener chaque être humain à considérer qu'il ne forme avec tous les autres qu'une seule et même âme, afin qu'ainsi le sceau portant les paroles: "Le royaume sera à Dieu" puisse être imprimé dans tous les coeurs, et que la lumière de la bonté, de la grâce et de la miséricorde divines enveloppe toute l'humanité.
Le seul vrai Dieu - exaltée soit sa gloire - n'a rien souhaité pour Lui-même. L'allégeance des hommes ne Lui est d'aucun profit, pas plus que leur perversité ne lui cause du tort.
L'Oiseau du royaume de la parole s'écrie sans discontinuer: " Pour toi j'ai voulu toutes choses, et toi aussi je t'ai voulu, par amour pour toi-même. "
Si seulement les sages et les savants du temps présent laissaient l'humanité respirer le parfum de l'amour et de la fraternité, tout coeur doué d'entendement comprendrait ce que "vraie liberté" veut dire, et découvrirait le secret de la paix inaltérable et de l'absolue tranquillité.
Si la terre pouvait s'élever à de telles hauteurs et se laisser éclairer par la lumière qui y règne, on pourrait, en vérité, dire d'elle: "Tu n'y apercevras ni dépressions, ni collines élevées. "

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Chapitre: 123. "Les générations qui vous ont précédés, où ont-elles fui ? ..."

Les générations qui vous ont précédés, où ont-elles fui ? Et ceux qu'entourait, pendant leur vie, ce que le monde contenait de plus beau et de plus aimable, où sont-ils maintenant ? Profitez du moins de la leçon, ô peuples, et ne soyez pas de ceux qui dévient du droit chemin. D'autres, avant peu mettront la main sur ce que vous possédez et occuperont vos demeures. Prêtez l'oreille à mes paroles et ne vous rangez pas au nombre des insensés.
Pour chacun de vous, le plus grand des devoirs est de choisir pour lui-même ce sur quoi nul ne saurait empiéter, ce dont personne ne le pourrait déposséder. Et cela - le Tout-Puissant en porte témoignage -, c'est l'amour de Dieu, le puissiez-vous comprendre !
Bâtissez-vous des maisons que ni la pluie ni les inondations ne puissent détruire, et où vous soyez à l'abri des changements et des hasards de cette vie. Telles sont les instructions que vous donne Celui que le monde a lésé et qu'il a rejeté.

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Chapitre: 124. "Combien merveilleuse est l'unité du Dieu vivant ..."

Combien merveilleuse est l'unité du Dieu vivant et immuable à jamais - unité qui s'élève au-dessus de toutes les limitations et dépasse la compréhension de toutes choses créées.
Il a, de toute éternité, résidé dans son inaccessible séjour de gloire et de sainteté et, pour l'éternité, Il continuera de siéger sur les sommets de sa grandeur et de sa souveraineté absolues. Combien sublime est son incorruptible Essence, entièrement indépendante de la connaissance qu'en peuvent avoir toutes choses créées, et incommensurablement exaltée au-dessus de la louange de tous les habitants des cieux et de la terre !
En vertu de sa faveur et de sa bonté, Il a déposé en toute chose créée un signe probant de sa science, puisé à la source sublime afin que, pour sa part, chacune d'elles ne soit pas frustrée et puisse manifester cette science selon sa capacité et son rang. Ce signe est le miroir de sa beauté dans le monde de la création.
Plus il aura été fait d'efforts pour purifier ce noble et sublime miroir, plus fidèlement il réfléchira la gloire des noms et attributs de Dieu, et mieux il révélera les merveilles de ses signes et de sa science.
Chacune des choses créées sera mise à même (tant est grand ce pouvoir de réflexion) de révéler le potentiel de son état pré-ordonné, de se rendre compte de ses capacités et de ses limites, et de témoigner de cette vérité: "En vérité Il est Dieu; il n'y a pas d'autre Dieu que Lui. "
Il n'est pas douteux, en effet, qu'en conséquence des efforts que feront les hommes pour développer leurs facultés spirituelles ce miroir puisse être si bien purifié de toutes souillures terrestres et de toute insinuation satanique, qu'il devienne capable de s'approcher des prairies de la sainteté et des cours de la fraternité éternelle.
En vertu, cependant du principe qu'il est un temps pour chaque chose, et pour tout fruit une saison, c'est seulement aux jours de Dieu que seront complètement libérées les énergies latentes dans cet inestimable don fait aux hommes, et que la gloire printanière en sera pleinement manifestée.
Bien que, en effet, chaque jour ait sa part, préétablie, de la merveilleuse grâce divine, les jours mêmes de la manifestation de Dieu présentent un caractère unique et ont une importance qui dépasse la compréhension de l'esprit humain.
Telle est la vertu enclose en eux que, si les coeurs de tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre étaient, en ces jours d'éternelles délices, mis en présence de cette Etoile du Matin de gloire inaltérable, et accordés à l'unisson de sa volonté, chacun d'eux se trouverait exalté au-dessus de toutes choses terrestres, rayonnant de sa lumière et sanctifié par sa grâce.
Salut à cette grâce qu'aucune bénédiction, si grande soit-elle, ne saurait surpasser, et honneur à cette tendre bonté que l'oeil de la création n'a jamais vue ! Incommensurablement exalté est-Il au-dessus de tout ce qu'on rapporte de Lui ou de tout ce qu'on Lui attribue.
C'est pourquoi, en ces jours, aucun homme n'aura besoin de son voisin. Il a été déjà abondamment démontré qu'en ces temps fixés par Dieu, la majorité de ceux qui ont cherché et atteint sa cour sacrée ont révélé une science et une sagesse telles que nul autre que ces saintes âmes n'en a jamais compris et n'en comprendra jamais la moindre parcelle, malgré de longues études et un long enseignement.
C'est en vertu de ce pouvoir qu'aux jours de la manifestation de l'Etoile du Matin de la vérité, les bien-aimés de Dieu sont exaltés au-dessus de tout savoir humain, ils échappent à son influence et cependant, de leurs coeurs et des sources de leurs pouvoirs innés jaillit, sans discontinuer, la plus pure essence du savoir et de la sagesse humaine.

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Chapitre: 125. "O mon frère ! Quand le vrai chercheur s'engage ..."

O mon frère ! Quand le vrai chercheur s'engage dans le sentier de la recherche qui mène à la connaissance de l'Ancien des jours, il doit avant toute chose purifier son coeur - siège de la révélation des mystères intimes de Dieu - de la noire poussière de la science acquise et des insinuations sataniques. Il doit sanctifier son âme - ce sanctuaire de l'amour éternel du Bien-Aimé - de toute souillure terrestre, et la détacher de tout ce qui est l'eau et la boue des choses sans réalité.
Il lui faut enfin si bien épurer ses sentiments qu'il n'y reste aucune trace d'amour ou de haine, de peur qu'aveuglément l'amour ne l'incline à l'erreur, ou que la haine ne le détourne de la vérité.
Combien nombreux, en effet, ainsi que tu en es toi-même témoin, sont ceux qui, en ce jour, par amour ou par haine, se sont privés de contempler la Face immortelle et se sont détournés de ceux qui incarnent les divins mystères, pour vagabonder sans aucun guide dans le désert de l'erreur et de l'oubli.
Que le chercheur, à tout instant, mette en Dieu seul toute sa confiance, qu'il renonce aux relations terrestres et se détache de ce monde de poussière pour s'attacher uniquement à Celui qui est le Seigneur des seigneurs.
Qu'il ne s'estime jamais supérieur à qui que ce soit, mais qu'au contraire il efface de la tablette de son coeur toute trace d'orgueil et de vanité, qu'il pratique fermement la patience et la résignation, qu'il observe le silence et s'abstienne de tout vain bavardage. Car la langue est un feu qui couve, et l'abus des paroles est un poison mortel.
Si le feu matériel consume le corps, le feu de la langue dévore à la fois l'âme et le coeur. Alors que la force du premier ne dure qu'un moment, les effets du second persistent durant un siècle. Celui qui cherche vraiment Dieu doit aussi regarder la médisance comme un crime et s'en garder à jamais, car elle éteint le feu du coeur et étouffe la vie de l'âme.
Il doit se contenter de peu et s'affranchir de tout désir inconsidéré.
Il doit chercher à s'allier à ceux qui sont détachés des choses de ce monde et à éviter les vaniteux.
Qu'à chaque lever de l'aurore, il communie avec Dieu, et persévère de toute son âme dans la quête de son Bien-Aimé. Qu'il consume à la flamme de son tendre nom toute pensée perverse et s'écarte, avec la rapidité de l'éclair, de tout ce qui n'est pas Lui.
Il doit encore secourir les pauvres et ne jamais refuser aux destitués sa faveur. Car s'il a l'obligation de se montrer bon envers les animaux combien plus impérieuse est cette obligation à l'endroit de son prochain, doué du pouvoir de la parole.
Qu'il n'hésite pas à offrir sa vie pour son Bien-Aimé; qu'il ne permette pas à la critique d'autrui à son endroit de le détourner de la vérité.
Que ce qu'il ne désire pas pour lui-même, il ne le souhaite point aux autres, et qu'il ne promette jamais au-delà de ce qu'il peut tenir.
Qu'il se garde de toutes ses forces de fréquenter les artisans d'iniquité, mais qu'il prie pour la rémission de leurs péchés. Qu'il pardonne au pécheur et ne méprise jamais sa condition misérable, car nul ne sait comment lui-même finira.
Combien souvent il arrive qu'un pécheur atteigne, à son heure dernière, l'essence même de la foi, se décide finalement à boire à la coupe de l'immortalité et prenne son vol vers l'Assemblée céleste, alors qu'un dévot croyant, à l'heure fixée pour l'ascension de son âme, tombe au contraire, par suite d'un changement radical, dans les derniers degrés de la géhenne.
Notre intention, en révélant ces substantielles et convaincantes paroles, est de persuader celui qui cherche la vérité, qu'il doit tenir pour transitoires, voire pour un pur néant, toutes choses autres que Dieu qui est l'Objet de toute adoration.
Ces traits constituent quelques-uns des attributs des âmes élevées et sont la marque distinctive de ceux dont l'esprit s'est porté aux choses spirituelles. Il en a déjà été question à propos des qualités requises pour les voyageurs engagés dans le sentier de la connaissance positive.
C'est lorsque le voyageur détaché, le chercheur sincère a rempli ces conditions essentielles, et c'est seulement alors, qu'on peut dire de lui qu'il est un vrai chercheur de la vérité. Quand il aura rempli les conditions impliquées dans la première partie du verset: "Quiconque fait effort à notre intention...", il jouira des bénédictions promises dans ces paroles: "Dans nos chemins, Nous le guiderons en vérité. "
Les ténèbres de l'erreur ne seront chassées de l'esprit de celui qui cherche, les brumes du doute et de la crainte n'en seront dissipées, et les lumières de la connaissance et de la certitude n'envelopperont tout son être, qu'après que la brise de l'amour divin aura soufflé sur son âme, et qu'en son coeur aura été allumée la lampe de la vraie quête de Dieu, c'est-à-dire de l'effort soutenu, du désir ardent, de la dévotion passionnée, de l'amour fervent, du ravissement et de l'extase.
Alors le Héraut mystique, resplendissant comme l'aurore au seuil de la cité de Dieu, annoncera la joyeuse nouvelle de l'Esprit et, faisant retentir la trompette du savoir, il tirera du sommeil de l'insouciance les coeurs, les âmes et les esprits.
Alors la multitude des bienfaits du Tout-Puissant et des torrents de grâce de l'Esprit saint insufflera dans l'âme du chercheur sincère une vie si nouvelle qu'il découvrira en lui-même des yeux nouveaux, de nouvelles oreilles, un coeur et un esprit renouvelés. Il contemplera les signes, devenus pour lui manifestes, de l'univers tout entier, et il pénétrera les mystères cachés de l'âme.
Voyant tout désormais avec l'oeil même de Dieu, il percevra dans chaque atome une porte le menant aux régions de la certitude absolue. En toutes choses, il découvrira les mystères de la révélation divine et les preuves éclatantes d'une éternelle manifestation du Tout-Puissant.
Je le jure par Dieu! Quiconque suivra le chemin de la direction divine et s'efforcera de s'élever jusqu'aux sommets de la vertu, parviendra à ce sublime et glorieux état. Fût-il à mille lieues de distance, il percevra le parfum de Dieu et verra nettement se lever, au-dessus de l'Etoile du Matin de toutes choses, la resplendissante aurore de la direction divine. Toute chose, si petite soit-elle, lui sera une révélation et le conduira à son Bien-Aimé, Objet de sa quête.
Si grand sera le discernement de ce chercheur qu'il distinguera le vrai du faux comme il distingue le soleil de l'ombre.
Du point le plus lointain de l'Occident, s'il y demeure, il pourra reconnaître et respirer les suaves parfums que Dieu répand dans les coins les plus reculés de l'Orient.
De même, tous les signes de Dieu - ses paroles merveilleuses, ses oeuvres grandioses et ses actions puissantes -, il les distinguera clairement des oeuvres, des paroles et des agissements des hommes, aussi sûrement que l'orfèvre distingue une pierre précieuse d'un caillou ou que l'homme distingue le printemps de l'automne, le froid de la chaleur.
Quand le canal de son âme sera libéré de l'entrave des attaches terrestres, celle-ci percevra infailliblement, même à des distances incommensurables, l'haleine du Bien-Aimé, et guidée par son parfum béni, elle se dirigera vers la cité de Certitude et elle y entrera. Là s'offrent aux yeux du chercheur les merveilles de l'ancienne sagesse du Tout-Puissant.
Dans le bruissement des feuilles de l'arbre qui fleurit au jardin de cette cité, il perçoit toutes les choses cachées. Les hymnes de gloire et de louange qui montent du sable des allées vers le Seigneur des seigneurs, atteignent à la fois son ouïe interne et externe, et de son oeil interne il pénètre les mystères du "retour" et de la "résurrection".
Ineffable est la gloire des signes, des témoignages, révélations et splendeurs réservés à cette cité par Celui qui est le Roi des noms et attributs. Qui l'atteint peut, sans eau, étancher sa soif et, sans feu, s'embraser de l'amour de Dieu.
Dans chaque pousse d'herbe sont enfermés les mystères d'une impénétrable sagesse, et de tous les buissons de roses, les rossignols, par myriades, déversent, dans l'extase, leur mélodie. Dans l'épanouissement des tulipes merveilleuses se déploie le mystère du feu qui brûle dans le buisson ardent sans jamais se consumer, et des douces saveurs de la sainteté se dégage le parfum de l'esprit messianique.
La richesse y est dispensée sans or, et l'immortalité conférée sans mort préalable.
Dans chaque feuille sont amassées des délices ineffables, et toutes les salles recèlent d'innombrables mystères.
Ceux qui vaillamment se livrent à la quête de Dieu, quand ils auront atteint le parfait renoncement, seront si attachés à cette cité, ils feront si bien corps avec elle que l'idée d'en être séparés, ne fût-ce qu'un moment, leur sera tout à fait inconcevable.
De la Jacinthe de cette assemblée, ils recevront des preuves infaillibles, et de la beauté de sa Rose et de la mélodie de son Rossignol d'irréfragables témoignages.
Dans mille ans environ, cette cité sera renouvelée et ornée de nouveau...
Cette cité n'est autre que la parole de Dieu, révélée à chaque âge et dans chaque dispensation. Aux jours de Moïse, ce fut le Pentateuque, aux jours de Jésus, l'Evangile, aux jours de Muhammad, le Prophète de Dieu, le Qur'án. C'est aujourd'hui le Bayán. Et dans la dispensation de Celui que Dieu manifestera, ce sera son propre livre auquel se doivent nécessairement référer les livres de toutes les dispensations précédentes, le livre sublime et transcendant entre tous.

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Chapitre: 126. "Quel que soit le lieu où l'on puisse Nous bannir ..."

Quel que soit le lieu où l'on puisse Nous bannir et si grande que soit la tribulation qu'on Nous inflige, ceux qui forment le peuple de Dieu doivent, avec une ferme résolution et la plus entière confiance, tenir leurs yeux fixés sur l'aurore de gloire, et s'adonner de tout leur coeur à ce qui peut conduire à l'amélioration du monde et à l'éducation de ses peuples.
Tout ce qui Nous est advenu dans le passé a servi les intérêts de notre révélation et accru la puissance de son rayonnement. Il en sera de même de tout ce qui pourra Nous advenir dans l'avenir.
Attachez-vous du fond du coeur à la cause de Dieu. Elle vous a été envoyée par Celui qui est l'Ordonnateur souverain, le très-Sage.
Nous avons ainsi, avec la plus parfaite bonté et la plus grande miséricorde, convié et conduit les peuples et les nations à ce qui leur sera vraiment profitable. L'Etoile du Matin de la vérité qui brille dans toute sa gloire Nous en rend témoignage!
Ceux qui forment le peuple de Dieu n'ont d'autre ambition que de revivifier le monde, d'en ennoblir la vie et de régénérer ses peuples. Droiture et bon vouloir ont été de tout temps la marque de leurs relations avec tous les hommes.
Leur conduite est le miroir de leur vie intérieure, et celle-ci, en même temps, reflète cette conduite.
Aucun voile ne cache ni n'obscurcit les vérités sur lesquelles leur foi est établie. Ces vérités ont été mises à nu devant les hommes et ne sauraient être par eux méconnues. Leurs actes mêmes attestent la vérité de ces paroles.
Tout oeil capable de discernement peut, en ce jour, percevoir l'aube de la révélation divine, et toute oreille attentive reconnaîtra la voix qui sortit du buisson ardent.
Telle est l'impétuosité du torrent de la miséricorde divine, que Celui là même qui est l'aurore des signes de Dieu et qui révèle les témoignages de sa gloire, se tient au milieu des peuples de la terre et converse familièrement avec eux sans qu'aucun voile le cache à leurs yeux.
Combien vinrent à Nous d'un coeur enclin à la malice, et qui cependant Nous quittèrent en amis loyaux et dévoués! Les portes de la grâce sont ouvertes toutes grandes à la face des hommes.
Nous avons eu extérieurement les mêmes égards pour le juste et pour le pécheur, afin que celui qui a fait le mal puisse, par bonheur atteindre l'océan sans limites du pardon divin.
Notre nom: "Celui qui ne dévoile pas" les péchés a répandu une telle lumière sur les hommes que le pervers s'est imaginé qu'il pouvait se ranger parmi les hommes pieux.
Nul de ceux qui Nous cherchent ne sera déçu, et à qui tourne vers Nous sa face, l'accès de notre coeur ne sera point refusé...
O amis ! Soutenez de vos bonnes oeuvres et par une conduite qui trouve grâce devant Lui, la cause du seul vrai Dieu, exaltée soit sa gloire !
Et que celui qui, en ce jour, s'y efforce, ferme les yeux à tout ce qu'il possède pour les ouvrir aux choses de Dieu. Qu'il cesse de s'occuper de lui-même et de ses intérêts matériels et n'ait souci que de ce qui peut servir à exalter le nom irrésistible du Tout-Puissant.
Qu'il débarrasse son coeur de toute passion mauvaise et de toute inclination corrompue, car la crainte de Dieu est l'épée qui lui donnera la victoire, l'instrument primordial par lequel il réalisera son dessein.
La crainte de Dieu est en effet l'armure qui défend sa cause, le bouclier qui rend victorieux son peuple. Elle est l'étendard qu'aucun homme ne peut abattre, elle représente une force avec laquelle aucun pouvoir terrestre ne saurait rivaliser. C'est par son aide qu'avec la permission du Seigneur des armées, ceux qui se sont approchés de Dieu ont pu soumettre et conquérir les citadelles des coeurs des hommes.

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Chapitre: 127. "Si vous voulez, ô peuple, parvenir à la connaissance de Dieu ..."

Si vous voulez, ô peuple, parvenir à la connaissance de Dieu et découvrir la grandeur de sa puissance, regardez-moi avec mes propres yeux et non avec les yeux de tout autre que moi. Autrement vous n'arriverez jamais à me reconnaître, alors même que vous méditeriez sur ma cause aussi longtemps que durera mon royaume, et que vous réfléchiriez sur toutes choses créées pendant l'éternité de Dieu, le souverain Seigneur de tous, l'Omnipotent, l'Eternel, le très-Sage.
Nous avons ainsi manifesté la vérité de notre révélation, afin que les négligents puissent sortir de leur torpeur et se ranger au nombre de ceux qui comprennent.
Voyez la honteuse condition de ces hommes qui savent fort bien que j'ai offert et moi-même et les miens dans le chemin de Dieu, pour qu'ils gardent leur foi envers Lui, de ces hommes qui m'ont vu assailli de toutes parts par mes ennemis, aux jours où tous les coeurs étaient saisis de crainte, aux jours où ils se dérobaient eux-mêmes aux yeux des amis de Dieu et de ses ennemis, occupés qu'ils étaient de pourvoir à leur sûreté et d'assurer leur repos.
Nous avons finalement réussi à manifester la cause de Dieu, et Nous avons même porté si haut sa grandeur que, excepté ceux qui, dans leur coeur, voulaient du mal à cet Adolescent, tout le peuple et ceux qui se sont associés au Tout-Puissant ont reconnu la souveraineté de Dieu et la puissance de son empire.
Et pourtant voyez comment, en dépit de cette révélation dont l'influence pénètre toutes choses créées, et malgré l'éclat sans précédent de cette lumière, les fidèles du Bayán refusent maintenant de croire en moi et ne cessent de me combattre.
Quelques-uns se sont détournés du chemin de Dieu, ils ont rejeté l'autorité de Celui en qui ils avaient d'abord cru et ils ont pris une insolente attitude envers Dieu, le Tout-Puissant, le Protecteur suprême, le très-Sublime, le très-Grand.
D'autres ont hésité et se sont arrêtés en son chemin, considérant que la cause du Créateur ne serait valable, en sa vérité la plus profonde, qu'à condition de recevoir l'approbation de celui qui fut créé par ma volonté.
C'est ainsi que leurs oeuvres ont été réduites à néant, et ils ne l'ont pas compris.
Parmi eux se trouve celui qui, jaugeant Dieu à sa propre mesure, a méconnu les noms de Dieu au point de se lever contre moi, de me condamner comme digne du dernier supplice, et de m'imputer les offenses dont il s'est lui-même rendu coupable.
C'est pourquoi j'expose ma peine et ma souffrance à Celui-là seul qui m'a créé et m'a chargé de son message. A lui je rends grâces et louange pour ce qu'Il a voulu, pour ma solitude et l'angoisse que j'ai soufferte des mains de ces hommes qui errent si loin de Lui.
Comme je l'ai déjà fait jusqu'ici, j'endurerai patiemment toutes les tribulations et continuerai de mettre en Dieu toute ma confiance.
Je Lui adresserai cette supplication: Guide, ô mon Dieu, tes serviteurs jusqu'à la cour de ta faveur et de ta bonté, et ne souffre point qu'ils soient privés des merveilles de ta grâce et de la multitude de tes bénédictions. Car ils ne savent pas ce que leur réserve ta miséricorde qui embrasse toute la création.
Ils, sont, ô Seigneur, extérieurement, faibles et impuissants; et intérieurement ce ne sont que des orphelins. Tu es le Généreux, le Munificent, le très-Sublime, le très-Grand.
Ne déchaîne pas contre eux, ô mon Dieu, la fureur de ton courroux, arrête-les dans la voie du mal jusqu'à ce qu'aient été manifestées les merveilles de ta miséricorde, afin qu'alors ils te puissent revenir et demander pardon des fautes qu'ils ont commises contre toi. Car tu es, en vérité, le Clément, le très-Miséricordieux.

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Chapitre: 128. "Dis: Convient-il qu'un homme se dise le disciple du Seigneur ..."

Dis: Convient-il qu'un homme se dise le disciple du Seigneur, le Tout-Puissant et qu'il accomplisse en même temps en son coeur les oeuvres du Malin ? Par Dieu! C'est là grossière inconvenance, et Celui qui est la beauté du très-Glorieux m'en rend témoignage.
Le puissiez-vous comprendre ! Purgez vos coeurs de l'amour des choses de ce monde, vos langues de tout souvenir qui n'est point son souvenir, votre être tout entier de ce qui peut vous détourner de contempler sa face, ou vous induire à céder aux impulsions de vos désirs corrompus.
Que Dieu soit votre crainte, et rangez-vous parmi ceux qui suivent le sentier de la justice.
Dis: Si votre conduite, ô peuple, est en opposition avec ce que vous professez, comment vous pourrez-vous distinguer de ceux qui, tout en confessant leur foi dans le Seigneur, leur Dieu, aussitôt qu'Il vint à eux, enveloppé des nuées de la sainteté, refusèrent de le reconnaître et répudièrent sa vérité ?
Dépouillez-vous vous dis-je, de tout attachement au monde et à ses vanités. Fuyez-les dans la mesure où ils vous induisent en concupiscence et vous détournent de vous engager dans le droit et glorieux sentier.
Sachez que, par "le monde", il faut entendre: Ignorer Celui qui est votre Créateur et vous occuper de tout autre que Lui. La "vie à venir" signifie, au contraire, les choses qui, sûrement, vous rapprochent de Dieu, le très-Glorieux, l'Incomparable.
Ce qui, en ce jour, vous détourne de l'amour de Dieu n'est rien d'autre que le monde. Fuyez-le donc afin d'être parmi ceux qui sont bénis.
Si, toutefois, un homme épris de la beauté des choses terrestres désire s'en parer et prendre sa part des bienfaits que le monde procure, il le peut faire sans dommage, à condition de ne pas permettre à quoi que ce soit de s'interposer entre Dieu et lui, car Dieu a, en effet, créé pour ceux de ses serviteurs qui croient en Lui, toutes les bonnes choses de la terre et des cieux.
Rassasiez-vous, ô peuple, des bonnes choses que Dieu vous a accordées, et ne vous privez d'aucun de ses merveilleux bienfaits. Sachez seulement Lui rendre grâces et louanges, et Lui être du fond du coeur reconnaissants.
O toi, qui, pour chercher Dieu, n'a point craint de fuir ta demeure, proclame devant les hommes le message de ton Seigneur, afin qu'ils s'abstiennent de céder aux impulsions de leurs désirs corrompus et qu'ils gardent le souvenir de leur Seigneur, le très-Sublime, le très-Grand.
Dis: Craignez Dieu, ô peuple et défendez-vous de jamais répandre le sang d'aucun de vos semblables. Ne vous disputez pas avec votre voisin, et soyez de ceux qui font le bien. Gardez-vous de troubler l'ordre établi sur la terre par votre Créateur, et ne suivez pas les traces de ceux qui errent loin de Lui.
Quiconque se lève pour enseigner la cause de son Seigneur doit d'abord s'instruire lui-même afin que ses discours attirent les coeurs de ceux qui l'écoutent. S'il ne s'instruit pas lui-même, les paroles qui sortiront de sa bouche ne pourront influencer le coeur du chercheur.
Prenez garde, ô peuple, d'être du nombre de ceux qui donnent aux autres des conseils qu'eux-mêmes oublient de suivre. Les paroles ainsi prononcées, et par-delà ces paroles, la réalité de toutes choses, et par-delà cette réalité, les anges qui approchent Dieu, les accuseraient de mensonge.
Si toutefois, un de ces hommes réussissait à influencer quelqu'un, ce succès devrait être attribué non à lui, mais plutôt à l'influence des paroles de Dieu, ainsi qu'il a été décrié par Celui qui est le Tout-Puissant, le très-Sage!
Devant Dieu, il est considéré comme une lampe qui répand sa lumière et qui, cependant, ne cesse de se consumer au-dedans d'elle-même.
Dis: Ne commettez pas, ô peuples, ce qui attirerait sur vous la honte ou ce qui déshonorerait la cause de Dieu devant les hommes, et ne vous mettez pas au nombre des artisans d'iniquité.
Evitez les choses que votre esprit condamne. Fuyez le mal sous toutes ses formes, selon la défense qui vous en a été faite dans le livre que nul ne peut toucher si Dieu ne l'a lavé de toute trace de culpabilité et ne le considère pas comme pur.
Soyez équitables envers vous-mêmes et à l'égard d'autrui, afin de faire éclater par vos actes, au milieu de nos serviteurs fidèles, les preuves de la justice.
Gardez-vous de jamais empiéter sur le bien de votre prochain. Montrez-vous dignes de sa confiance, et ne refusez pas aux pauvres leur part des bienfaits que la grâce de Dieu vous a accordés. En vérité, Il récompensera l'homme charitable et lui rendra avec usure ce qu'il aura donné. Il n'y a d'autre Dieu que Lui.
La création est sienne avec tout son empire. Il accorde ses bienfaits à qui Il veut, et à qui il Lui plaît, Il les refuse. Il est, en vérité, le grand Dispensateur, le très-Généreux, le Bienveillant.
Dis: Enseignez la cause de Dieu, ô peuple de Bahá, car Il a fait à chacun un devoir de proclamer son message, et Il tient cette proclamation pour un acte méritoire entre tous. Un tel acte n'est acceptable que lorsque celui qui enseigne la cause croit lui-même fermement en Dieu, le Protecteur suprême, l'Indulgent, le Tout-Puissant.
Il a, de plus, ordonné que cette cause soit enseignée par la puissance de la parole humaine et non par un recours à la violence. Tel est le commandement envoyé du royaume de Celui qui est le très-Sublime, le très-Sage.
Gardez-vous d'entrer en contestation avec qui que ce soit: au contraire, efforcez-vous, par vos manières affables et vos exhortations les plus convaincantes, de faire pénétrer la vérité dans l'esprit de votre auditeur. Si celui-ci se laisse persuader, ce sera pour son plus grand bien; s'il n'en est rien, détournez-vous de lui et tournez votre visage vers la cour sacrée de Dieu, demeure d'une resplendissante sainteté.
N'entrez en conflit avec qui que ce soit concernant les biens et affaires de ce monde, car Dieu les a abandonnés aux mains de ceux qui ont fondé en eux tout leur espoir.
Dans le monde tout entier, Il a fait choix pour Lui-même du coeur de l'homme, ce coeur qui peut être conquis par les armées de la révélation et des saintes paroles. Ainsi en a-t-il été ordonné par le doigt de Bahá, sur la tablette de l'irrévocable décret de Dieu, par le commandement de l'Ordonnateur suprême, l'Omniscient.

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Chapitre: 129. "O voyageur qui marche dans le chemin de Dieu ! Prends ta part ..."

O voyageur qui marche dans le chemin de Dieu ! Prends ta part de l'océan de sa grâce, ne te prive pas des choses qui restent cachées dans ses profondeurs. Sois de ceux qui ont reçu leur part de ses trésors.
Une seule goutte de cet océan, si elle était versée sur tous ceux qui sont sur la terre et dans les cieux, suffirait pour les enrichir des bienfaits de Dieu, le Tout-Puissant, l'Omniscient, le très-Sage.
Avec les mains du renoncement, puise dans ces eaux vivifiantes et répands-les sur toutes choses créées, afin qu'ainsi purifiées et affranchies de toutes les limitations humaines, elles accèdent à cette région sainte et resplendissante du très exalté trône de Dieu.
Ne t'afflige point si tu te trouves seul à le faire. Que Dieu te suffise. Communie intimement avec son Esprit et sois de ceux qui rendent grâces.
Proclame la cause de ton Seigneur devant tous ceux qui sont sur la terre et dans les cieux. Si quelque homme répond à ton appel, fais briller devant lui les perles de la sagesse du Seigneur, ton Dieu, que son Esprit t'a envoyées, et sois de ceux qui croient sincèrement. Et si tel autre rejette ton offre, détourne-toi de lui et mets ta confiance dans le Seigneur, ton Dieu, le Seigneur de tous les mondes.
Par la justice de Dieu ! Quiconque, en ce jour, ouvre les lèvres pour prononcer le nom de son Seigneur, les armées de l'inspiration divine descendront sur lui du ciel de mon nom, l'Omniscient, le très-Sage. Sur lui descendra aussi toute l'Assemblée céleste, chacun de ses membres portant haut un calice de pure lumière. Ainsi en a-t-il été préordonné dans le royaume de la révélation de Dieu, au commandement de Celui qui est le très-Glorieux, le Tout-Puissant.
Là se tient cachée sous le saint voile, prête au service de Dieu, une milice de ses élus qui sera manifestée aux hommes, qui servira sa cause et qui n'aura peur de rien, alors même que se lèverait pour lui faire la guerre la race humaine tout entière.
Ce sont les membres de cette milice qui, aux regards des habitants de la terre et des citoyens du ciel, se lèveront un jour pour acclamer à grands cris le nom du Tout-Puissant et appeler les enfants des hommes dans le chemin de Dieu, le très-Glorieux, le Loué. Suis-les et n'aie peur de personne.
Sois de ceux qui, si agités qu'ils soient dans le sentier du Créateur, par le tumulte du monde, ne peuvent jamais s'attrister, et dont la résolution reste inébranlable sous le blâme de la critique.
Va donc de l'avant, armé de la tablette de Dieu et de ses signes, rejoins ceux qui ont cru en moi et annonce-leur la nouvelle de notre très saint paradis. Avertis ensuite ceux qui se sont associés avec Lui.
Dis: Je viens à vous du trône de gloire, ô peuple, porteur d'une déclaration de Dieu, le Tout-Puissant, le très-Sublime, le très-Grand.
Dans ma main, je tiens le témoignage de Dieu, votre Seigneur et le Seigneur de vos ancêtres. Pesez-le dans la juste balance que vous possédez, la balance du témoignage des prophètes et messagers de Dieu. Si vous le trouvez fondé en vérité, si vous croyez qu'il vienne de Dieu, prenez garde de le critiquer, de rendre ainsi vos oeuvres vaines et d'être comptés parmi les infidèles.
Et ce témoignage est, en vérité, le signe même de Dieu. Il a été envoyé par le pouvoir de la vérité. C'est par lui que la validité de la cause de Dieu a été démontrée aux hommes, et par lui que l'emblème de la pureté a été hissé entre la terre et le ciel.
Dis: C'est le rouleau mystique, scellé, dépositaire de l'irrévocable décret de Dieu, portant les mots tracés par le doigt même de la sainteté, et qui, jusqu'ici enveloppé du voile de l'impénétrable mystère, a été envoyé en gage de la grâce de Celui qui est le Tout-Puissant, l'Ancien des jours. Nous y avons décrété le destin de tous les habitants de la terre et de tous les citoyens du ciel, et consigné la science de toutes chose, de la première à la dernière.
Rien ne peut Lui échapper ni le frustrer de tout ce qui a été créé dans le passé ou qui sera créé à l'avenir, le puissiez-vous comprendre !
Dis: La révélation envoyée par Dieu s'est très certainement répétée, et la main de notre puissance étendue sur la création a couvert de son ombre tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre.
Par le pouvoir de la vérité, de la vérité même, Nous avons fait apparaître une infinitésimale lueur de notre impénétrable mystère, et voici que, pour avoir seulement entrevu, dans un éclair, cette lumière de pourpre enveloppant le Sinaï de notre révélation ceux-là mêmes ont expiré, qui avaient reconnu l'éclat de là splendeur sinaïque.
Ainsi est descendu dans les nuées de son témoignage celui qui est la Beauté du très-Miséricordieux, et le décret s'est trouvé accompli par la vertu de la volonté de Dieu, le très-Glorieux, le très-Sage.
Dis: Sors de ta chambre sacrée, ô céleste Houri qui habite le sublime paradis ! Drape-toi, comme il te conviendra, dans le vêtement de soie de l'immortalité, et revêts, au nom du très-Glorieux, la robe de lumière.
Ecoute ensuite les accents, d'une merveilleuse douceur, de la voix qui part du trône de ton Seigneur, l'Inaccessible, le Très-Haut. Dévoile ta face, et révèle la beauté de la Houri aux yeux noirs, et ne souffre pas que les serviteurs de Dieu soient privés de contempler la lumière de ton resplendissant visage.
Ne t'afflige pas des soupirs des habitants de la terre ni des lamentations des citoyens du ciel. Laisse-les périr dans la poussière de l'extinction finale. Qu'ils rentrent dans le néant puisqu'ils ont allumé dans leur poitrine la flamme de la haine !
Entonne ensuite de ta voix la plus mélodieuse, à la face des peuples de la terre et du ciel, l'hymne de louange, en souvenir de Celui qui est le Roi des noms et attributs de Dieu. Telle est la destinée que Nous avons décrétée pour toi. Rien ne peut Nous empêcher d'accomplir notre dessein.
Garde-toi de te dépouiller, ô essence de pureté, de ta robe de resplendissante gloire. Mieux, enrichis-toi sans cesse davantage dans le royaume de la création, en te parant des vêtements incorruptibles de ton Dieu, afin que par toi soit reflétée dans toutes choses créées l'image de beauté du Tout-Puissant et que la grâce de ton Seigneur, dans la plénitude de sa puissance, soit insufflée dans toute la création.
Si sur quelqu'un tu respires le parfum de l'amour de ton Seigneur, sacrifie-toi pour lui, car Nous t'avons créé à cette fin, et de temps immémorial, en présence de l'assemblée de nos élus, Nous avons fait alliance avec toi pour cet objet précis.
Reste patiente lorsque ceux dont le coeur est aveuglé t'accablent des traits de leurs vaines imaginations. Abandonnes les à eux-mêmes, car ils obéissent aux suggestions des méchants.
Sous l'oeil attentif des habitants du ciel, proclame avec éclat: Je suis la céleste Houri, le rejeton engendré de l'esprit de Bahá. Mon habitation est la demeure de son nom, le très-Glorieux.
Devant l'Assemblée céleste, j'étais parée de l'ornement de ses noms. Enveloppée du voile de l'inviolable sécurité, j'étais alors cachée aux yeux des hommes.
Je crois me rappeler que j'entendis une voix, d'une douceur divine incomparable, venant de la droite du Dieu de miséricorde, et voici que le paradis tout entier, en son désir d'entendre ses accents et de contempler la beauté de Celui qui les émettait, se mit à trembler devant moi.
Ainsi avons-Nous révélé, dans le plus doux des langages, en cette lumineuse tablette, les versets que proféra, dans le Quayyúmu'l-Asmá', la Langue de l'Eternité.
Dis: Il ordonne ce que bon Lui semble par la vertu de sa souveraineté, et d'un seul commandement, il fait tout ce qu'Il veut. Et Il ne Lui sera pas demandé compte de ce qu'il Lui aura plu d'ordonner. Il est, en vérité, l'Irréductible, le Tout-Puissant, le très-Sage.
Ceux qui ont refusé de croire en Dieu et se sont rebellés contre sa souveraineté restent les victimes impuissantes de leurs inclinations et de leurs désirs corrompus. Ils retourneront à leur demeure, dans le feu de l'enfer; pitoyable est la demeure des négateurs de la foi !

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Chapitre: 130. "Sois généreux dans la prospérité ..."

Sois généreux dans la prospérité, et dans l'adversité ne cesse de rendre grâces.
Mérite la confiance de ton voisin, et ne lui montre jamais qu'un visage amical et souriant.
Sois le trésor du pauvre, admoneste le riche, réponds à la plainte du nécessiteux et garde la sainteté de tes promesses.
Sois équitable en ton jugement et réservé dans tes paroles. Ne sois injuste envers personne, et montre à tous une douceur parfaite.
Sois une lampe pour ceux qui marchent dans les ténèbres, une consolation pour les affligés, une mer pour ceux qui ont soif, un refuge pour ceux qui sont dans la détresse, un soutien et un défenseur des victimes de l'oppression.
Que la droiture et l'intégrité marquent tous tes actes.
Sois un foyer pour l'étranger, un baume pour ceux qui souffrent, une forteresse pour les fugitifs, des yeux pour les aveugles, un phare pour les égarés.
Sois une parure pour le visage de la vérité, une couronne sur le front de la fidélité, un pilier du temple de la rectitude, un souffle de vie pour le corps de l'humanité, un drapeau des armées de la justice, un flambeau qui brille à l'horizon de la vertu, une rosée pour le sol desséché du coeur humain, une arche sur l'océan de la connaissance, un soleil dans le ciel de la bonté, une gemme au diadème de la sagesse, une lumière qui brille au firmament de ta génération, un fruit de l'arbre d'humilité.

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Chapitre: 131. "La plume de l'ancien Roi n'a jamais cessé de rappeler le souvenir des aimés de Dieu ..."

La plume de l'ancien Roi n'a jamais cessé de rappeler le souvenir des aimés de Dieu. Ce furent, en un temps, des rivières de miséricorde qui coulèrent d'elle, et c'est par son mouvement que le livre de perspicacité de Dieu fut, dans un autre temps, révélé.
Nul ne peut Lui être comparé. Sa parole est sans rivale. C'est Lui qui, de toute éternité, a été établi sur le trône de grandeur et de puissance.
Les avis sortis de ses lèvres comblent les besoins de toute l'humanité, et il n'est pas une seule de ses admonestations qui ne lui soit profitable.
Le seul vrai Dieu en porte témoignage, et ses créatures, à leur tour, attesteront que jamais je ne me suis dérobé aux yeux des hommes, ne fût-ce qu'un instant, et que jamais je n'ai consenti à me protéger de leurs attaques. A la face du monde je me suis levé, et je les ai sommés d'accomplir mon bon plaisir.
Je n'ai d'autre objet que d'améliorer le monde et d'assurer la tranquillité de ses peuples.
Le bien-être de l'humanité, sa paix et sa sécurité ne pourront être obtenus si son unité n'est pas fermement établie. Et cette unité ne pourra être elle-même réalisée tant que seront négligés les avis qu'a révélés la plume du Très-Haut.
Par la seule puissance des paroles qu'Il a prononcées, la race humaine peut être, tout entière, illuminée de la lumière de l'unité, et le souvenir de son nom sacré suffit à embraser les coeurs des hommes et à brûler tous les voiles qui leur cachent sa gloire.
Une seule action juste est douée d'une force capable de faire voler la poussière au plus haut des cieux. Elle peut rompre tous les liens et rappeler même à l'existence une force qui, après s'être dépensée, se trouve entièrement épuisée...Soyez purs, ô peuple de Dieu, soyez purs; soyez justes, soyez justes...
Dis: O peuple de Dieu! Tout ce qui peut assurer la victoire de Celui qui est la Vérité éternelle, ses armées et ses auxiliaires sur la terre, tout cela est consigné, aussi clair et manifeste que le soleil, dans les livres sacrés et les Ecritures.
Ces armées ne sont autres que les actions justes, la conduite et le caractère qui trouvent grâce devant Lui.
Quiconque, en ce jour, se lève pour servir notre cause et appelle à son aide les armées de la probité, des oeuvres saintes et de la bonne conduite, accomplit un acte dont l'influence se fera très certainement sentir à travers le monde tout entier.

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Chapitre: 132. "L'intention du seul vrai Dieu (exaltée sois sa gloire!) en se révélant aux hommes ..."

L'intention du seul vrai Dieu (exaltée sois sa gloire!) en se révélant aux hommes est de mettre au jour les perles enfouies dans la mine de leur être intime et essentiel.
L'essence de la foi de Dieu et de sa religion réside, en ce jour, dans le principe que la diversité des confessions et croyances religieuses ne doit être à aucun prix, parmi les hommes, une cause de discorde.
Ces règles et observances, ces puissants systèmes religieux si fermement établis, procédent d'une même source et sont les rayons d'une seule lumière. Le fait qu'ils diffèrent doit être tout entier rapporté à la diversité des besoins que présentaient les âges où ils furent promulgués.
Ceignez vos reins, ô peuple de Bahá, pour apaiser le tumulte des luttes et dissensions religieuses qui agitent les nations de la terre, de telle sorte qu'il n'en reste aucune trace.
Pour l'amour de Dieu et de ceux qui le servent, levez-vous pour soutenir cette sublime et si importante révélation.
La haine et le fanatisme religieux sont un feu dévorant dont nul ne saurait étouffer la violence. Seule, la main du pouvoir divin peut délivrer l'humanité des ravages qu'il exerce.
La parole de Dieu est une lampe dont la lumière tient dans ces mots: Vous êtes les fruits d'un même arbre, les feuilles d'une même branche. Que vos relations avec vos semblables soient toujours empreintes d'amour et d'harmonie, de l'esprit le plus amical et le plus fraternel.
Celui qui est l'Etoile du Matin de la vérité en porte témoignage ! Si puissante est la lumière de l'unité qu'elle peut illuminer toute la terre. Le seul vrai Dieu, Celui qui connaît toutes choses, rend Lui-même témoignage à la vérité de ces paroles.
Efforcez-vous d'atteindre cet état transcendant et sublime par lequel peuvent être assurées la protection et la sécurité de l'humanité tout entière. Un tel but dépasse tous les autres, une telle aspiration est la reine des aspirations.
Mais tant que ne seront pas dissipés les nuages qui obscurcissent l'étoile du matin de la justice, il sera difficile à la gloire de cet état de se dévoiler aux yeux des hommes...
Fréquentez tous les hommes ô peuple de Bahá, dans un esprit amical et fraternel.
Si vous sentez que vous possédez quelque vérité et un joyau dont les autres soient privés, faites-leur en part avec bonté et bonne grâce. S'ils l'acceptent, votre but est atteint. En cas de refus, abandonnez-les à eux-mêmes, en priant toutefois Dieu de les guider. Gardez-vous de toute rudesse à leur égard.
Un langage bienveillant est l'aimant qui attire les coeurs des hommes. C'est le pain de l'esprit, il revêt les mots de signification, il est la fontaine d'où coule la lumière de la sagesse et de l'intelligence...

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Chapitre: 133. "Les commandements de Dieu ont été envoyés du ciel de sa très auguste révélation ..."

Les commandements de Dieu ont été envoyés du ciel de sa très auguste révélation. Chacun les doit diligemment observer. De leur rigoureuse observance ont toujours dépendu et continueront de dépendre la distinction suprême de l'homme, son réel avancement et sa victoire finale.
Quiconque garde les commandements de Dieu obtiendra le bonheur éternel.
Une double obligation s'impose à qui a reconnu l'Etoile du Matin de l'unité de Dieu et professé la vérité de Celui qui en est la manifestation.
C'est d'abord de rester ferme en son amour, d'une fermeté telle que ni les clameurs de l'ennemi ni les prétentions futiles de l'ambitieux ne le puissent détourner de son attachement à Celui qui est la Vérité éternelle, d'une fermeté, enfin, qui ne leur accorde aucune attention.
C'est ensuite d'observer les lois qu'Il a prescrites, qu'Il a toujours édictées et qu'Il continuera d'édicter, et par lesquelles la vérité peut être distinguée et séparée du mensonge.

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Chapitre: 134. "Le premier et principal devoir de l'homme ..."

Le premier et principal devoir de l'homme, immédiatement après qu'il a reconnu Celui qui est la Vérité éternelle, est de rester ferme dans sa cause.
Attachez-vous donc à cette cause, et soyez de ceux dont l'esprit est solidement fixé et établi en Dieu. Il n'est pas d'acte, si méritoire soit-il, qui puisse être comparé à l'exercice de cette sorte de constance, qui est, en vérité, le roi des actes. Et de cela, ton Seigneur, le Très-Haut, le Tout-Puissant, porte Lui-même témoignage.
Les vertus et attributs divins sont, tous, évidents et manifestes. Il se trouvent mentionnés et décrits dans tous les livres célestes. Parmi eux sont la droiture, la rectitude, la pureté du coeur dans la communion avec Dieu, la tolérance, la résignation à tout ce que décrète le Tout-Puissant, le parfait contentement de ce qu'Il accorde, la patience, mieux même, la reconnaissance dans les tribulations et le complet abandon en toutes circonstances à sa volonté.
La pratique de ces vertus se range aux yeux de Dieu parmi les actes les plus hauts et les plus louables. En fait, tous les autres lui sont et lui demeureront toujours subordonnés...
L'esprit qui donne la vie au coeur humain est la connaissance de Dieu, et son plus bel ornement est la connaissance de cette vérité qu' "il fait ce qu'Il veut et qu'Il ordonne ce que bon Lui semble". Son vêtement est la crainte de Dieu, et sa perfection réside dans la fermeté en sa foi.
C'est ainsi que Dieu instruit celui qui le cherche. Il aime, en vérité celui qui se tourne vers Lui. Il n'y a d'autre Dieu que Lui, le Clément, le Généreux. Toute louange à Dieu, le Seigneur de tous les mondes !

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Chapitre: 135. "O Lettre du Vivant ! L'oreille de Dieu a entendu ton appel ..."

O Lettre du Vivant ! L'oreille de Dieu a entendu ton appel, et ses yeux ont lu ta supplique. Il s'adresse à toi de son séjour de gloire, et te révèle les versets envoyés par l'Etre subsistant par Lui-même, Celui qui secourt dans les périls.
Tu es bénie pour avoir entièrement aboli l'idole du moi et des vaines imaginations, et déchiré le voile des fantaisies puériles par le pouvoir de la puissance de ton Seigneur, le Protecteur suprême, le Tout-Puissant, l'unique Bien-Aimé.
Tu es, en vérité, de ces Lettres choisies qui excellent par rapport à toutes les autres lettres. C'est pourquoi tu as été élue de Dieu, par la bouche de ton Seigneur, le Báb, dont le visage répand toujours un éclat qui enveloppe et continuera d'envelopper la création tout entière.
Rends grâces au Tout-Puissant et magnifie son nom, pour t'avoir aidée à reconnaître une cause qui a fait trembler les coeurs des habitants des cieux et de la terre, qui a provoqué les cris de tous les hôtes des royaumes de la création et de la révélation, et par laquelle les coeurs des hommes avec tous leurs secrets ont été sondés et mis à l'épreuve.
De son royaume de gloire, ton Seigneur, le très-Elevé (le Báb) t'adresse ces paroles: Grande est la bénédiction qui t'attend, ô Lettre du Vivant, pour avoir cru en moi et refusé de m'humilier devant l'Assemblée céleste, pour avoir tenu ton engagement, déchiré le voile des imaginations vaines et fixé tes regards sur le Seigneur, ton Dieu, le Seigneur de l'invisible et du visible, le Seigneur du sanctuaire hautement fréquenté.
Je suis content de toi, car au jour où toutes les faces devenaient mornes et sombres, j'ai trouvé la tienne rayonnant d'une pure lumière.
Dis: O peuple du Bayán ! Ne vous avions-Nous pas adjurés, dans toutes nos tablettes et Ecritures cachées, de ne point céder à vos passions mauvaises et à vos inclinations corrompues, mais de tenir vos yeux fixés sur la scène de gloire transcendante, au jour où serait dressée la toute-puissante Balance, et où les douces mélodies de l'Esprit de Dieu couleraient à flots de la droite du trône de votre Seigneur, le Protecteur omnipotent, le Tout-Puissant, le Saint des saints ?
Ne vous avions-Nous pas défendu tout attachement aux choses propres à vous séparer de la manifestation de notre Beauté, dans sa seconde révélation, ces choses fussent-elles les incarnations mêmes des noms de Dieu et de toute leur gloire, ou révélassent-elles ses attributs et leur empire ?
Et cependant voyez comment, à peine m'étais-je révélé, que vous m'avez rejeté, vous vous êtes détournés de moi, pour vous joindre à ceux qui considèrent les signes de Dieu comme un jeu et un passe-temps. Par ma Beauté! Rien de vous, en ce jour, ne sera agréé, dussiez-vous continuer à vous prosterner en adoration devant Dieu pendant l'éternité de son empire.
Car toute chose dépend de sa volonté, et la valeur de chaque acte est conditionnée par son consentement et son bon plaisir. L'univers entier n'est en sa main qu'une poignée d'argile.
En ce jour, Dieu n'entendra pas le cri de quiconque ne l'aura pas reconnu et aimé. Telle est l'essence de sa foi, si vous pouviez le savoir.
Vous contenterez-vous de ce qui n'est que fumée vaine, et renoncerez-vous à l'océan dont les eaux, par la vertu de la volonté de Dieu, rafraîchissent les âmes des hommes ? Malheur à vous pour avoir répondu de façon si vaine et méprisable aux bienfaits de votre Dieu ! Vous êtes, en vérité, de ceux qui m'ont rejeté dans ma première révélation.
Puissent vos coeurs le comprendre ! Levez-vous et, devant Dieu, faites pénitence pour tous vos manquements à votre devoir envers Lui. Tel est le commandement que je vous donne, si vous pouvez l'entendre.
Par moi-même ! Ni le peuple du Qur'án, ni celui de la Torah, ni celui de l'Evangile, ni celui d'aucun autre livre n'ont jamais commis ce que vos mains ont perpétré!
J'ai, moi-même, consacré ma vie à la défense de la vérité de cette foi. Je vous ai, moi-même, annoncé, dans toutes mes tablettes, l'avènement de sa révélation. Et pourtant, Il ne s'était pas plutôt Lui-même manifesté dans sa seconde révélation,- revêtu de la gloire de Bahá et paré de la robe de sa grandeur - que vous vous rebelliez contre Celui qui est le Protecteur suprême, l'Etre subsistant par Lui-même.
Prenez garde, ô peuple ! Ayez honte de ce qui m'est advenu entre vos mains dans le chemin de Dieu, et veillez à n'être pas du nombre de ceux qui ont rejeté ce qui leur avait été envoyé du ciel de la transcendante gloire de Dieu !
Telles sont, ô Lettre du Vivant, les paroles que ton Seigneur a prononcées et qu'Il t'envoie des royaumes célestes. Proclame-les devant ses serviteurs, afin qu'ils sortent de leur sommeil et demandent pardon à Dieu qui les a formés et façonnés, et qui leur a envoyé cette très resplendissante, très sainte et manifeste révélation de sa beauté.

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Chapitre: 136. "Dis: Libérez vos âmes ô peuple ! des entraves de l'égoïsme ..."

Dis: Libérez vos âmes ô peuple ! des entraves de l'égoïsme et purifiez-les de tout attachement à ce qui n'est pas moi. Mon souvenir purifie toutes choses de la corruption, le puissiez-vous comprendre.
Dis: Si toutes choses créées dépouillaient le voile des vanités et désirs terrestres, la main de Dieu, en ce jour, les revêtirait, toutes et chacune, de la robe de ces paroles "il fait ce qu'il Lui plaît dans le royaume de la création", afin que toutes, par là, manifestent sa souveraineté. Exalté soit-Il, le souverain Seigneur de toutes choses, le Tout-Puissant, le Protecteur suprême, le très-Glorieux, l'Omnipotent.
Entonne, ô mon serviteur, comme les entonnèrent ceux qui maintenant sont près de Dieu, les versets que tu as reçus de Lui, afin que ton âme s'embrase de la douceur de ta propre mélodie, et que tu attires les coeurs de tous les hommes.
Quiconque, dans l'intimité de sa chambre, récite les versets révélés par Dieu, les anges dispersés dans l'univers répandront le parfum des mots sortis de sa bouche, faisant ainsi palpiter à travers le monde le coeur de tous les justes. Ceux-ci pourront d'abord n'en pas ressentir l'effet, mais tôt ou tard l'influence ne pourrait manquer de s'en exercer sur leur âme.
Ainsi furent ordonnés, par la vertu de la volonté de Celui qui est la source de toute puissance et de toute sagesse, les mystères de la révélation de Dieu.
O Khalil ! Dieu m'en rend témoignage, bien que ma plume coure encore sur le papier, au fond de son coeur, elle pleure et connaît une détresse cruelle.
La lampe, qui brûle devant le trône, gémit et se lamente sur les souffrances infligées à la Beauté antique par ceux qui n'existaient que par sa volonté. Dieu Lui-même connaît la vérité de mes paroles et il en porte témoignage.
Il n'est pas un homme dont l'oreille, sourde aux bruyantes clameurs des infidèles, et tendue vers la voix de toutes choses créées, n'ait entendu les lamentations et les sanglots que leur arrachent les tribulations que Nous avons endurées de la part de ceux de nos serviteurs qui n'ont pas cru en Nous et se sont rebellés contre Nous.
Ainsi t'avons-nous fait apparaître une lueur de ce qui Nous est advenu, pour que tu connaisses nos souffrances et pour que tu endures toi-même, avec patience, tes propres afflictions.
Lève-toi pour aider ton Seigneur, en tout temps et toutes circonstances, et sois de ses auxiliaires dévoués. Invite donc le peuple à prêter une oreille attentive aux paroles que l'Esprit de Dieu a consignées dans cette radieuse et resplendissante tablette.
Dis: Ne semez point, ô peuple, parmi les hommes les germes de la discorde, ne vous querellez jamais avec votre voisin.
Soyez patients en toutes circonstances, et mettez en Dieu votre entière confiance. Dans le service du Seigneur, armez-vous de l'épée de la sagesse et de la parole. C'est là ce qui sied à la condition d'homme, et se départir d'une telle attitude est indigne de Dieu, le souverain Seigneur de tous, le Glorifié.
Mais le peuple, égaré, reste plongé dans l'insouciance. Ouvrez, ô peuple, les portes des coeurs des hommes avec les clefs du souvenir de celui qui est le Souvenir de Dieu et la Source de la sagesse.
Il a élu dans le monde les coeurs de ses serviteurs pour en faire le siège de la révélation de sa gloire. Purifiez donc ces coeurs de toute souillure, afin qu'y puissent être gravées les choses pour lesquelles ils furent créés. C'est là, pour eux, en vérité, un gage de la bienfaisante faveur de Dieu.
Parez vos langues de sincérité, ô peuple, et ornez vos âmes de la parure de l'honnêteté. Gardez-vous, ô peuple, d'agir traîtreusement envers quiconque. Soyez les représentants de Dieu parmi ses créatures, et les emblèmes de sa générosité au milieu de son peuple.
Ceux qui cèdent à leurs convoitises et à leurs inclinations corrompues ont gravement erré et ils ont dispersé leurs efforts. Ils sont, en vérité, du nombre des égarés.
Efforcez-vous, ô peuple, de tenir vos regards dirigés vers la miséricorde de Dieu, afin que vos coeurs restent accordés à son merveilleux souvenir, que vos âmes s'appuient avec confiance sur sa grâce et sa bonté, et que vos pieds foulent toujours le sentier de son bon plaisir. Tels sont les conseils que je vous donne. Puissiez-vous suivre mes conseils !

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Chapitre: 137. "Il en est qui tiennent pour permis d'empiéter sur le bien de leur prochain ..."

Il en est qui tiennent pour permis d'empiéter sur le bien de leur prochain et font peu de cas de l'injonction que Dieu leur a adressée dans son livre. Que le malheur tombe sur eux et que le châtiment du Dieu tout-puissant, l'Omnipotent, les frappe.
Par Celui qui brille au-dessus de l'aurore de la sainteté ! La terre fût-elle convertie en or et en argent, nul de ceux qui, vraiment, se sont élevés jusqu'au ciel, n'aurait pour elle un regard et moins encore daignerait-il en prendre et retenir la moindre parcelle. Nous avons déjà, dans un langage d'une beauté exquise, traité ce thème en langue arabe.
Quiconque a goûté à la douceur de ces paroles ne consentira jamais à sortir des bornes que Dieu lui a fixées ni à tourner ses regards vers ce qui n'est pas son Bien-Aimé.
De son oeil interne, il reconnaît aisément combien vaines et fugitives sont les choses de ce monde, et il placera toutes ses affections dans les choses du ciel.
Dis: Honte à vous qui vous osez prétendre les amants de l'ancienne Beauté! Que les tribulations qu'elle a souffertes, que le fardeau d'angoisse qu'elle a supporté pour l'amour de Dieu vous soient une leçon.
Que vos yeux s'ouvrent ! A quoi en effet auront servi ses travaux et la multitude des épreuves qu'elle a endurées, si finalement ils n'aboutissent qu'à des déclarations aussi méprisables et à une si pitoyable conduite ? Il n'est pas de voleur, pas d'artisan d'iniquité qui, aux jours antérieurs à ma révélation, n'ait tenu les mêmes propos et accompli les mêmes actes !
En vérité, je vous le dis: Tendez l'oreille aux doux accents de ma voix, et purifiez-vous de la souillure de vos passions mauvaises et de vos désirs corrompus.
Ceux qui habitent le tabernacle de Dieu et qui sont établis dans le séjour de la gloire éternelle, fussent-ils mourants de faim, refuseraient d'étendre la main sur les biens de leur voisin, quelque vil et méprisable qu'il pût être, et de se les approprier injustement.
L'intention du seul vrai Dieu, en se manifestant, est d'appeler les hommes au sentiment de la droiture et de la sincérité, de la piété et de la loyauté, de la résignation et de la soumission à la volonté divine, de la patience et de la bonté, de la justice et de la sagesse. Son objet est de revêtir tout homme du manteau de la sainteté et de le parer de l'ornement des oeuvres saintes et bonnes.
Dis: Ayez pitié de vous-mêmes et de vos semblables, et ne souffrez pas que la cause de Dieu - cette cause qui dépasse incommensurablement l'essence même de la sainteté - soit souillée de la tache de vos vaines fantaisies et de vos imaginations inconvenantes et corrompues.

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Chapitre: 138. "O Dieu de miséricorde, toi de qui la puissance pénètre toutes choses créées ..."

O Dieu de miséricorde, toi de qui la puissance pénètre toutes choses créées, tu vois tes serviteurs, tes esclaves, observer durant le jour, selon le bon plaisir de ta volonté, le jeûne que tu leur as prescrit, et se lever dès l'aurore pour prononcer ton nom et célébrer ta louange, dans l'espoir qu'ils obtiendront ainsi leur part des bonnes choses amassées dans les coffres de ta grâce et de ta bonté.
Je te supplie, ô toi qui tiens dans tes mains les rênes de toute la création, et sous ta domination le royaume tout entier de tes noms et de tes attributs, je te supplie de ne pas priver, en ce jour, tes serviteurs des bienfaisantes averses qui pleuvent des nuages de ta miséricorde et de ne pas les empêcher d'avoir leur part de l'océan de ton bon plaisir.
Tous les atomes de la terre portent témoignage, ô mon Seigneur, de la grandeur de ta puissance et de ta souveraineté, et tous les signes de l'univers attestent la gloire de ta majesté et de ta puissance.
Sois donc compatissant, ô toi qui es le souverain Seigneur de tous, le Roi des jours qui n'ont point de fin, le Maître de toutes les nations, aie pitié de tes serviteurs qui tiennent fermement la corde de tes commandements et qui s'inclinent devant les révélations de tes lois, envoyées du ciel de ta volonté.
Tu vois, ô mon Seigneur, comme leurs yeux sont levés vers le ciel de ta tendre bonté, comme leurs coeurs reposent sur l'océan de tes bienfaits, comme leurs voix s'effacent aux doux accents de ta voix qui les appelle des hauteurs de ta sublime condition, en ton nom, le très-Glorieux.
Assiste, ô mon Seigneur, tes bien-aimés qui, pour obtenir les choses que tu possèdes, ont tout abandonné de ce qu'ils possédaient et qui, pour avoir ainsi renoncé au monde et mis dans ton royaume de gloire toutes leurs affections, sont accablés d'épreuves et de tribulations.
Protège-les, je t'en supplie, ô mon Seigneur, contre les assauts que leur livrent leurs passions mauvaises et leurs désirs corrompus, et aide-les à obtenir les choses qui leur seront profitables en ce monde et dans l'autre.
Je te prie, ô mon Seigneur, par ton nom caché, ton nom précieux qui, dans le royaume de la création, appelle à grands cris tous les peuples pour les rassembler au séjour de gloire transcendante, sous l'arbre au-delà duquel il n'est point de passage, de faire pleuvoir sur nous et sur tes serviteurs les pluies torrentielles de ta miséricorde, afin qu'elles nous purifient du souvenir de tout ce qui n'est pas toi, et nous fassent toucher aux rivages de l'océan de ta grâce.
Ordonne, ô Seigneur, de ta plume sublime, ce qui immortalisera nos âmes dans le séjour de gloire, perpétuera nos noms dans ton royaume, et abritera nos vies dans les trésors de ta protection, et nos corps dans la forteresse de ta retraite inviolable.
Ton pouvoir s'étend sur toutes choses, tant passées que futures. Il n'y a d'autre Dieu que toi, le Protecteur omnipotent, l'Etre subsistant par Lui-même.
Tu vois, ô Seigneur, nos mains suppliantes tendues vers le ciel de ta faveur et de ta bonté. Emplis-les des trésors de ta munificence et de ta généreuse faveur.
Pardonne-nous, pardonne à nos pères et à nos mères, et accorde-nous ce que nous avons désiré de l'océan de ta grâce et de ta divine générosité.
Agrée, ô Bien-Aimé de nos coeurs, toutes les oeuvres que nous avons accomplies dans ton chemin. Tu es, en vérité, le très-Puissant, le très-Sublime, l'Incomparable, l'Unique, le Clément, le Bienveillant.

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Chapitre: 139. "Que ton oreille, ô Nabil-i-A'zam, soit attentive à la voix de l'Ancien des jours ..."

Que ton oreille, ô Nabil-i-A'zam, soit attentive à la voix de l'Ancien des jours qui, à grands cris, t'appelle du royaume de son nom, le très-Glorieux.
C'est Lui qui, maintenant, des royaumes célestes, proclame ces paroles qui pénètrent dans leur plus intime essence toutes choses créées: "Je suis Dieu, en vérité, et il n'y a pas d'autre Dieu que moi. Je suis Celui qui, de toute éternité, fut la source de toute souveraineté et de tout pouvoir, et qui, à travers l'éternité, continuera d'exercer son pouvoir et d'étendre sa protection sur toutes choses créées. Ma preuve est dans la grandeur de ma force et de ma souveraineté qui embrassent toute la création. "
Béni sois-tu, ô mon nom, parce que tu es entré dans mon arche sainte, et parce que tu te hâtes, par le pouvoir de ma souveraine et très sublime puissance, sur l'océan de la grandeur, et que tu t'es rangé parmi mes favoris dont les noms ont été inscrits par le doigt de Dieu.
Tu as vidé la coupe de vie que te tendaient les mains de cet Adolescent autour duquel gravitent les manifestations du très-Glorieux, et dont ceux qui sont les aurores de la miséricorde exaltent, jour et nuit, la radieuse présence.
Que sa gloire soit avec toi, car venu de Dieu, tu es retourné. A Dieu, franchissant le seuil de la cour de gloire impérissable, le lieu qu'aucun mortel ne peut jamais décrire. Là, soulevée par la brise de sainteté, chargée de tous les parfums de l'amour de ton Seigneur, ton âme s'est émue au-dedans de toi, et les eaux de l'entendement en ont soudain effacé toutes traces d'impiété et d'éloignement de Dieu.
En reconnaissant celui qui est, parmi les hommes, l'incarnation du Souvenir de Dieu, tu as obtenu l'accès du paradis même de ce Souvenir. Rends donc grâces à Dieu de t'avoir fortifié dans la défense de sa cause, et d'avoir fait éclore dans le jardin de ton coeur les fleurs de la connaissance et de l'entendement. Ainsi, sa grâce t'a enveloppé et a enveloppé la création tout entière.
Garde-toi de laisser à quoi que ce soit le pouvoir de te chagriner. Libère-toi de tout attachement aux vaines insinuations des hommes et tourne le dos aux stériles et subtiles controverses de ceux qu'un voile sépare de Dieu.
Proclame ensuite ce que l'esprit t'inspirera pour le service de la cause de ton Seigneur, afin de remuer profondément les âmes des hommes et d'incliner leurs coeurs vers cette cour bénie et toute glorieuse...
Sache que Nous avons entièrement annulé la loi de l'épée comme moyen de venir en aide à notre cause, et que Nous lui avons substitué le pouvoir né de la parole des hommes. Ainsi en avons-Nous irrévocablement décrété par le pouvoir de notre grâce.
Dis: ô peuple! Ne semez point parmi les hommes les germes de la discorde et abstenez-vous de toute querelle avec votre voisin, car le Seigneur a commis aux soins des rois de la terre le monde et ses cités, et il a fait d'eux, par la vertu de la souveraineté qu'il Lui a plu de leur conférer, des emblèmes de sa propre puissance.
Il ne s'est réservé aucune part de cette domination du monde. Celui qui est la Vérité éternelle en rendra Lui-même témoignage: Ce qu'Il s'est réservé, ce sont les cités des coeurs des hommes, afin de les purifier de toutes souillures terrestres et de les rendre capables d'approcher le sanctuaire sacré que les mains des infidèles ne peuvent jamais profaner.
Ouvrez donc, ô peuple, la cité du coeur humain avec les clefs de la parole. Ainsi vous avons-Nous, selon un décret préétabli, tracé votre devoir.
Par la justice de Dieu! Le monde et ses vanités, et sa gloire, et tous les plaisirs qu'il peut offrir, tout cela est, aux yeux de Dieu, d'aussi peu de valeur que la poussière et que les cendres. Que dis-je! tout cela est plus méprisable encore. Puissent les coeurs des hommes le comprendre!
Purifiez-vous entièrement, ô peuple de Bahá, des souillures du monde et de tout ce qui lui appartient. Dieu, Lui-même, m'en rend témoignage, les choses de la terre ne sont point dignes de vous. Abandonnez-les donc à ceux qui les désirent, et attachez vos yeux à cette sainte et étincelante vision.
Ce qui vous convient, c'est l'amour de Dieu et de Celui qui est la manifestation de son essence, ainsi que la rigoureuse observance de tout ce qu'il Lui a plu de vous prescrire, le puissiez-vous savoir.
Dis: Que la droiture et la courtoisie soient votre parure. Ne dépouillez jamais la robe de la justice et de la tolérance, afin que, de vos coeurs, les doux parfums de la sainteté se répandent sur toutes choses créées.
Dis: Gardez-vous, ô peuple de Bahá, de marcher dans les voies de ceux dont les actes démentent les paroles. Evertuez-vous à vous rendre capables de manifester les signes de Dieu devant les peuples de la terre et d'être les miroirs de ses commandements.
Que vos actes soient un guide pour toute l'humanité, car la conduite de la plupart des hommes, qu'ils soient de haute ou basse condition, diffère grandement de ce qu'ils professent.
C'est par vos actes que vous vous distinguerez des autres et que l'éclat de votre lumière se répandra sur la terre.
Heureux l'homme qui suit mes conseils et garde les préceptes donnés par Celui qui est l'Omniscient, le très-Sage !

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Chapitre: 140. "O Muhammad-Ali ! Grande est la bénédiction qui t'attend ..."

O Muhammad-Ali ! Grande est la bénédiction qui t'attend pour avoir orné ton coeur de la parure de l'amour de ton Seigneur, le très-Glorieux, le Loué. Celui qui s'est élevé en ce jour à ce glorieux état a atteint le souverain bien.
N'attache aucune importance à l'humiliation à laquelle les bien-aimés de Dieu ont, en ce jour, été soumis. Cette humiliation est plus glorieuse que tous les honneurs temporels et élévations terrestres.
Quel plus grand honneur peut être imaginé que celui qui était conféré, par la langue de l'Ancien des jours quand il rappelait le souvenir de ses bien-aimés dans sa suprême prison ?
Le jour approche où les nuages qui la voilent ayant été complètement dissipés, la lumière de ces paroles "Tout honneur appartient à Dieu et à ceux qui l'aiment" apparaîtra, aussi manifeste que la lumière du soleil, à l'horizon de la volonté du Tout-Puissant.
Tous les hommes, les grands aussi bien que les humbles, ont cherché et cherchent encore à atteindre un si grand honneur. Et pourtant, aussitôt que le Soleil de Vérité eut répandu son rayonnement sur le monde tous ont été privés de ses bienfaits et séparés, comme par un voile, de sa gloire resplendissante, à l'exception de ceux qui ont tenu fermement la corde de l'inlassable providence du seul vrai Dieu et qui, détachés de tout ce qui n'était pas Lui, se sont tournés vers sa cour sainte.
Rends grâces à Celui qui est le Désir de tous les hommes de t'avoir accordé ce grand honneur. Avant peu le monde et tout ce qu'il contient sera une chose oubliée, et tout honneur appartiendra à ceux qu'aime ton Seigneur, le très-Glorieux, le très-Généreux.

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Chapitre: 141. "Un livre a été, en vérité, envoyé du ciel aux hommes ..."

Un livre a été, en vérité, envoyé du ciel aux hommes capables d'entendement! Il prescrit d'observer la justice et d'accomplir des oeuvres vertueuses et il défend de céder aux désirs charnels et aux inclinations corrompues, afin que les enfants des hommes puissent sortir de leur sommeil.
Dis: Suivez, ô peuple, ce qui vous a été prescrit dans nos tablettes et détournez-vous des coupables machinations ourdies par ceux qui sèment la discorde et qui imputent à Dieu, le très-Saint, le très-Glorieux, le très-Sublime, le mal qu'ils commettent eux-mêmes.
Dis: C'est afin que vous vous purifiez de toutes souillures terrestres que Nous avons accepté de subir toutes sortes de maux et de tourments. Pourquoi, alors, refusez-vous de méditer en profondeur sur notre objectif ? Par la justice de Dieu ! Quiconque réfléchira aux tribulations que Nous avons endurées, son âme assurément en fondra de douleur. Ton Seigneur Lui-même porte témoignage de la vérité de mes paroles.
Nous avons, pour vous purifier de toute corruption terrestre, soutenu le poids de toutes les calamités, et pourtant vous restez indifférents !
Dis: il convient à celui qui tient fermement le bord de notre robe de se garder pur de tout ce qui peut déplaire à l'Assemblée céleste. Ainsi en a décrété ton Seigneur, le très-Glorieux, dans sa claire tablette.
Dis: Vous écarterez-vous de mon amour pour commettre ce qui attristerait mon coeur ?
Qu'est-ce donc qui vous peut empêcher de comprendre ce qui vous a été révélé par Celui qui est l'Omniscient, le très-Sage ?
Nous voyons, en vérité, toutes vos actions. Si Nous percevons en elles le doux parfum de la pureté et de la sainteté, Nous ne manquerons pas de vous bénir. Alors, les habitants du paradis magnifieront votre nom, et chanteront votre louange parmi ceux qui sont près de Dieu.
Accroche-toi au bord de la robe de Dieu, et tiens-toi fermement à sa corde, corde que nul ne peut rompre. Prends garde de te laisser détourner de l'accomplissement de tes bons désirs par les vaines clameurs de ceux qui ont répudié cette sublime proclamation.
Annonce ce qui t'a été prescrit dans cette tablette, alors même que tous les peuples se lèveraient pour t'en empêcher. Ton Seigneur est, en vérité, l'Irrésistible, l'indéfectible Protecteur.
Ma gloire soit avec toi et avec ceux de mes aimés qui se sont joints à toi. Ils sont, en vérité, de ceux qui trouveront le bonheur.

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Chapitre: 142. "Je le jure, par la beauté du Bien-Aimé ! Voici la miséricorde ..."

Je le jure, par la beauté du Bien-Aimé ! Voici la miséricorde qui a embrassé toute la création, le jour où la grâce de Dieu s'est répandue et a pénétré toutes choses.
Les eaux vives de ma clémence, ô Ali, se précipitent en pluie torrentielle, et mon coeur fond sous la chaleur de ma tendresse et de mon amour.
Jamais je n'ai pu me faire aux afflictions advenues à mes aimés ni aux peines qui peuvent troubler la joie de leur coeur.
Chaque fois que mon nom, le "très-Miséricordieux", apprenait que l'un de mes aimés avait prononcé une parole contraire à mon désir, aussitôt, frappé de douleur et désolé, il regagnait sa demeure; et chaque fois que mon nom, "Celui qui cache" découvrait qu'un de mes fidèles avait infligé à son prochain quelque honte ou humiliation, triste et chagriné, il s'en retournait de même vers sa retraite de gloire, pour y pleurer et s'y affliger amèrement.
Et quand il arrivait que mon nom, "l'éternelle Clémence" s'aperçut que l'un de mes amis avait commis une transgression, il jetait des cris de détresse et, terrassé par l'angoisse, il s'abattait dans la poussière d'où une milice d'anges invisibles venait le relever pour le transporter dans son habitation des royaumes célestes.
Par moi-même, le seul Vrai ! ô Ali, le feu qui embrase le coeur de Bahá est plus ardent que le feu qui brûle dans ton coeur, et la voix de sa plainte couvre le bruit de ta lamentation.
Toutes les fois qu'un péché commis parmi eux était rapporté à la cour de sa présence, la Beauté antique en était si humiliée qu'elle eût voulu cacher aux yeux de tous les hommes la gloire de son visage, car elle avait, à tout moment, fixé son regard sur leur fidélité et sur tout ce que e celle-ci impose.
Les paroles que tu as écrites n'avaient pas été plutôt lues en ma présence, que l'océan de ma fidélité s'enflait en moi, la brise de mon pardon soufflait sur ton âme, l'arbre de ma tendre bonté te couvrait de son ombre, et les nuages de ma générosité faisaient pleuvoir sur toi leurs bienfaits.
J'en jure par l'Etoile du Matin qui brille à l'horizon de l'éternité, je compatis à tes chagrins et me lamente avec toi sur ta tribulation...Je porte témoignage des services que tu m'as rendus et des tourments que tu as subis pour l'amour de moi. Tous les atomes de la terre proclament l'amour que je te porte.
L'appel que tu as lancé, ô Ali, est hautement recevable à mes yeux. Proclame ma cause à la fois par ta langue et par ta plume. A grands cris, et avec un tel zèle et une telle ferveur que tous les hommes en soient enflammés, conduis-les vers Celui qui est le souverain Seigneur de tous les mondes.
Dis: O mon Seigneur, mon Bien-Aimé, Instigateur souverain de tous mes actes, Etoile Polaire de mon âme,Voix qui crie au plus profond de mon être, Objet de l'adoration de mon coeur ! Sois loué pour avoir permis que je tourne vers toi ma face, que mon âme se soit enflammée à ton souvenir et pour m'avoir aidé à proclamer ton nom et à chanter tes louanges.
Mon Dieu, mon Dieu ! Si nul ne se trouvait qui s'écartât de ton sentier, comment pourrait être déployé l'emblème de ta clémence, comment serait hissée la bannière de ta généreuse faveur ? Et si l'iniquité n'était point commise, qu'est-ce donc qui te proclamerait "Celui qui cache" les péchés des hommes, le Clément, l'Omniscient, le très-Sage ?
Que ma vie soit offerte en sacrifice pour les offenses de ceux qui pèchent contre toi, puisque sur ces offenses se répandent les douces effluves des tendres miséricordes de ton nom, le Compatissant, le très-Miséricordieux.
Puisse ma vie être sacrifiée pour les fautes de ceux qui pèchent contre toi, puisque c'est par ces transgressions mêmes que le souffle de ta grâce et le parfum de ta tendre bonté se répandent parmi les hommes.
Puisse, enfin, le plus intime de moi-même être offert pour les fautes de ceux qui ont péché contre toi, puisque ces péchés ont eu pour résultat de faire briller à l'horizon de ta bonté l'Etoile du Matin de tes faveurs sans nombre, et pleuvoir, des nuages de ton infaillible providence, leurs dons, sur toutes choses créées.
Je suis, ô mon Seigneur, celui qui t'a confessé la multitude de ses méfaits et qui a reconnu ce qu'aucun homme n'a jamais reconnu. Je me suis hâté d'atteindre l'océan de ton pardon, et j'ai cherché un refuge à l'ombre de ta gracieuse faveur.
Permets, je t'en supplie, ô toi qui es le Roi éternel et le Protecteur souverain de tous les hommes, que je puisse manifester ce qui soulèvera les âmes et les coeurs jusqu'à l'immensité sans limites de ton amour, et les fera communier avec ton Esprit.
Fortifie-moi par le pouvoir de ta souveraineté, afin que je puisse aider toutes choses créées à se tourner vers l'aube de ta manifestation et la source de ta révélation.
Aide-moi, ô mon Seigneur, à m'abandonner entièrement à ta volonté et à me lever pour te servir, car je ne tiens à cette vie terrestre pour d'autre dessein que celui d'atteindre le tabernacle de ta révélation et le séjour de ta gloire.
Tu me vois, ô mon Dieu, détaché de tout ce qui n'est pas toi, et humblement soumis à ta volonté. Traite-moi selon ce qui te convient et comme il convient à ta grandeur et à ta gloire.
O Ali, les bienfaits de Celui qui est le Seigneur de tous les mondes t'ont été et te sont encore accordés.
Armé de sa force et de sa puissance, lève-toi pour servir sa cause et magnifier son saint nom. Que ton ignorance du savoir humain, ton incapacité de lire et d'écrire ne chagrinent point ton coeur. Le seul vrai Dieu tient en ses mains puissantes les clefs des portes de sa grâce infiniment variée. Il les a toujours ouvertes et continuera de les ouvrir à la face de tous ceux qui le servent.
Je voudrais espérer que cette brise de la divine douceur continuera à souffler, en tous temps, de la prairie de ton coeur sur le monde entier, de telle sorte que ses effets puissent en être manifestés dans tous les pays. Il est Celui qui a pouvoir sur toutes choses. Il est, en vérité, le Tout-Puissant, le très-Glorieux, l'Omnipotent.

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Chapitre: 143. "Sois béni, ô mon serviteur, pour avoir reconnu la vérité ..."

Sois béni, ô mon serviteur, pour avoir reconnu la vérité et rompu avec celui qui, ayant répudié le très Miséricordieux, a été déclaré pervers dans la Tablette-Mère.
Marche fermement dans l'amour de Dieu, reste inébranlable en sa foi et soutiens sa cause du pouvoir de ta parole. Tels sont les ordres que te donne le Miséricordieux, prisonnier aux mains de ses oppresseurs.
Si jamais la tribulation t'atteint à cause de moi, rappelle à ton souvenir mes maux et mes tourments, mon emprisonnement et mon exil. Nous te transmettons ainsi ce qui Nous a été envoyé par Celui qui est le très-Glorieux, le très-Sage.
Par moi-même ! Le jour approche où Nous aurons enroulé le monde et tout ce qu'il contient et où Nous établirons à sa place un ordre nouveau. Il a, en vérité, pouvoir sur toutes choses.
Purifie ton coeur afin de pouvoir garder mon souvenir, et ferme tes oreilles à tout bruit étranger pour qu'elles puissent entendre mes paroles. Tourne ensuite ta face vers le sanctuaire où trône ton Seigneur, le Dieu de miséricorde, et dis: Sois loué, ô mon Seigneur, pour m'avoir rendu capable de reconnaître la manifestation de toi-même et m'avoir aidé à affermir mon coeur en la cour de ta présence, objet de l'adoration de mon âme.
Par ton nom qui amena les cieux à s'ouvrir et la terre à se fendre, je te supplie d'ordonner pour moi ce que tu as ordonné pour ceux qui se sont détournés de tout autre que toi et dont les coeurs se sont fermement attachés à toi.
Permets que je sois établi en ta présence sur le siège de vérité et dans le tabernacle de gloire. Tu peux ce que tu veux. Il n'y a pas d'autre Dieu que toi, le très-Glorieux, le très-Sage.

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Chapitre: 144. "La plume du Très-Haut a décrété pour chacun l'obligation d'enseigner cette cause ..."

La plume du Très-Haut a décrété pour chacun l'obligation d'enseigner cette cause...Dieu, sans aucun doute, inspirera quiconque se détachera de tout ce qui n'est pas Lui, et Il fera jaillir à flots de son coeur l'eau pure des sages paroles. En vérité, ton Seigneur, le très-Miséricordieux, a le pouvoir de faire ce qu'il Lui plaît et d'ordonner ce que bon Lui semble.
Si, considérant le monde, tu arrivais à prendre conscience du caractère fugitif des choses qui lui appartiennent, tu ne choisirais pas d'autre chemin que celui du service de la cause de ton Seigneur. Rien ne pourrait te détourner de célébrer sa louange, dussent tous les hommes se lever pour t'en empêcher. Va donc droit devant toi et persévère dans son service.
Dis: O peuple! Le jour est venu, qui vous avait été promis dans toutes les Ecritures. Craignez Dieu et ne vous refusez pas à reconnaître Celui pour qui vous avez été créés. Hâtez-vous de le joindre. Cela vous vaudra mieux que le monde et tout ce qu'il contient. Puissiez-vous le comprendre !

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Chapitre: 145. "Si tu viens en contact avec le destitué ou l'opprimé, ne te détourne pas ..."

Si tu viens en contact avec le destitué ou l'opprimé, ne te détourne pas de lui avec dédain, car le Roi de Gloire veille sans cesse sur l'un et l'autre. Il les entoure d'une tendresse dont, seuls, peuvent se faire une idée ceux-là qui ont fondu leurs désirs dans la volonté de leur Seigneur, le Clément, le très-Sage.
O vous, riches de la terre! Ne vous détournez pas de la face du pauvre qui gît dans la poussière, mais traitez-le, au contraire, en ami, et souffrez qu'il vous fasse le récit des malheurs dont l'impénétrable décret de Dieu l'a affligé. Par la justice du Tout-Puissant ! Tandis que vous l'accueillerez avec bonté, l'Assemblée céleste vous regardera, elle exaltera votre nom et glorifiera votre action.
Bénis sont les savants qui ne s'enorgueillissent pas de leur science, et sages sont les justes qui, au lieu de railler les pécheurs, tiennent leurs fautes cachées, afin que leurs défauts ne soient point dévoilés aux yeux des hommes.

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Chapitre: 146. "C'est notre souhait et vif désir que chacun de vous devienne ..."

C'est notre souhait et vif désir que chacun de vous devienne pour les hommes une source de bonté, et un exemple de droiture pour l'humanité.
Prenez garde de vous préférer à votre prochain. Tenez vos regards fixés sur celui qui est le Temple de Dieu parmi les hommes. Il a, en vérité, offert sa vie en rançon pour la rédemption du monde. Il est, en vérité, le très-Généreux, le Clément, le Très-Haut.
Si quelque différend s'élève entre vous, songez que je suis toujours au milieu de vous, et à cause de mon nom et en témoignage de votre amour de ma cause manifeste et resplendissante, fermez les yeux sur vos fautes et vos défauts réciproques.
Il nous serait doux de voir qu'en tout temps, dans le paradis de mon bon plaisir, la concorde et le bon vouloir président à vos relations, et que de tous vos actes se dégage le parfum de l'amitié et de l'unité, de la tendre bonté et de la parfaite fraternité. Ainsi vous conseille l'Omniscient, le Fidèle.
Si Nous respirons au milieu de vous ce parfum d'amitié, Nous serons toujours avec vous. Notre coeur se réjouira, car rien d'autre que cela ne pourrait Nous satisfaire. De ceci tout homme de véritable entendement rendra témoignage.

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Chapitre: 147. "Le plus grand Nom me rend témoignage! ..."

Le plus grand Nom me rend témoignage! Combien triste il serait qu'en ce jour quelqu'un de vous mît son coeur dans les choses transitoires de ce monde!
Levez-vous et attachez-vous fermement à la cause de Dieu. Aimez-vous tendrement les uns les autres. Uniquement pour l'amour du Bien-Aimé, brûlez, à la flamme du feu qui ne s'éteint point, le voile de l'égoïsme et, le visage rayonnant de lumière et de joie, associez-vous avec vos semblables.
Vous avez pu observer sous tous ses aspects la conduite de Celui qui est, au milieu de vous, la Parole de Vérité. Et vous savez parfaitement combien il est dur pour cet Adolescent de laisser s'attrister à cause de lui, ne fût-ce qu'un moment, le coeur de n'importe lequel des aimés de Dieu.
La parole divine a enflammé le coeur du monde; combien regrettable serait-il s'il vous arrivait de n'en être pas vous-mêmes embrasés.
Plaise à Dieu que vous regardiez cette nuit bénie comme la nuit de l'unité, et qu'unissant étroitement vos âmes, vous preniez la détermination de vous parer des attributs d'un caractère bon et estimable.
Que votre principal souci soit de sauver l'être déchu de l'abîme qui menace de l'engloutir, et de l'amener à embrasser l'ancienne foi de Dieu.
Votre conduite envers votre prochain doit être telle, qu'elle manifeste clairement les signes du seul vrai Dieu.
Vous êtes, en effet, parmi les hommes les premiers à être recréés par son Esprit, les premiers à l'adorer, à plier le genou devant Lui et à graviter autour de son trône de gloire.
Je le jure par Celui qui m'a amené à révéler ce qui Lui a semblé bon! Les habitants du royaume céleste vous connaissent mieux que vous ne vous connaissez vous-mêmes.
Croyez-vous que ce soient là paroles vides et vaines ? Si seulement vous aviez la capacité d'apercevoir les choses que voit votre Seigneur, le très-Miséricordieux - choses qui attestent l'excellence de votre rang, qui témoignent de la grandeur de votre mérite, et proclament la sublimité de votre condition!
Dieu veuille que vos désirs et vos passions indomptées ne vous privent point de ce qu'Il vous a destiné !

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Chapitre: 148. "O Salmán ! Tout ce qu'ont pu dire ou écrire les sages et les mystiques ..."

O Salmán ! Tout ce qu'ont pu dire ou écrire les sages et les mystiques n'est jamais sorti et ne pourra jamais sortir des limites strictement assignées à l'esprit fini de l'homme.
A quelque hauteur que s'élève l'esprit des plus sublimes des hommes, et si grandes soient les profondeurs où puissent pénétrer les âmes détachées et compréhensives, ces esprits et ces âmes ne pourront jamais aller au-delà de leurs propres conceptions et pensées.
Les méditations des plus profonds penseurs, les dévotions du plus saint d'entre les saints, les plus hautes expressions de louange qu'ils puissent atteindre par la plume ou la parole ne seront jamais qu'un reflet de ce qui a été créé en eux par la révélation du Seigneur, leur Dieu.
Quiconque médite cette vérité admettra sans peine qu'il est certaines limites que ne pourra jamais franchir l'être humain.
Toute tentative qui, depuis le commencement qui n'as pas de commencement, a été faite pour imaginer et connaître Dieu, s'est heurtée aux exigences mêmes de sa propre création, création qu'Il a appelée à l'être par une opération de sa volonté, et qui n'a d'autre fin que Lui-même.
Il est incommensurablement exalté au-dessus de tous les efforts humains pour comprendre son essence, ou de toute langue humaine pour décrire son mystère. Aucune relation directe ne peut jamais exister entre Lui et les choses qu'Il a créées, pas plus que ses créatures ne peuvent, par leurs allusions les plus abstruses et les plus lointaines, rendre justice à sa Personne.
Par sa volonté omnipénétrante, il a appelé à l'existence toutes les choses créées. Il est et a toujours été voilé dans l'éternité de sa sublime et indivisible Essence, et il restera a jamais caché dans l'inaccessibilité de sa gloire et de sa majesté.
Tout ce qui est dans le ciel et tout ce qui est sur la terre n'existe que par son ordre et n'a passé du pur néant au royaume de l'être que par sa seule volonté. Comment donc la créature ainsi formée par le Verbe de Dieu pourrait-elle comprendre la nature de Celui qui est l'Ancien des jours ?

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Chapitre: 149. "Quiconque, en ce jour, se lèvera et, avec un entier détachement ..."

Quiconque, en ce jour, se lèvera et, avec un entier détachement de tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, mettra ses affections en Celui qui est l'Aurore de la sainte révélation de Dieu, en vérité, je vous le dis, toutes choses créées lui seront soumises par la vertu d'un seul des noms du Seigneur, son Dieu, l'Omniscient, le très-Sage.
Sache, à n'en point douter, que l'Etoile du Matin de la vérité a, en ce jour, répandu sur le monde un éclat dont les âges passés n'avaient jamais contemplé la splendeur. Laissez, ô peuple, briller sur vous la lumière de sa gloire, et ne soyez pas du nombre des négligents.

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Chapitre: 150. "Quand viendra la victoire, tout homme se dira croyant et se hâtera ..."

Quand viendra la victoire, tout homme se dira croyant et se hâtera vers l'unique refuge de la foi de Dieu.
Heureux ceux qui, dans les jours d'épreuves mondiales, seront restés fermes dans la cause et auront refusé de dévier tant soit peu de sa vérité.

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Chapitre: 151. "Dégagez-vous, ô rossignols de Dieu, des épines et des ronces de la misère ..."

Dégagez-vous, ô rossignols de Dieu, des épines et des ronces de la misère et du malheur, et prenez votre essor vers le jardin de roses d'inaltérable splendeur.
O mes amis qui habitez la terre ! Hâtez-vous vers votre habitation céleste. Annoncez-vous les uns aux autres la joyeuse nouvelle: "Il est venu Celui qui est le Bien-Aimé. Couronné de la gloire de la révélation de Dieu, il a ouvert à la face des hommes les portes de son antique paradis!"
Que tous les yeux se réjouissent, que toutes les oreilles soient dans l'allégresse, car le temps est venu de contempler sa beauté et d'entendre sa voix.
Proclamez devant tous ceux dont l'amour aspirait à ce temps béni: "Voyez, votre Bien-Aimé est venu parmi les hommes !" Et aux messagers du Monarque d'amour, apprenez la nouvelle: "Voici que l'Adoré est apparu dans la plénitude de sa gloire!"
O amants de sa beauté, que l'angoisse de la séparation fasse place à la joie de l'éternelle réunion, et que la douceur de sa présence dissipe l'amertume de l'éloignement de sa cour !
Voyez comme, des nuages de la gloire divine, se déversent aujourd'hui sur le monde les multiples grâces de Dieu. Tandis qu'aux jours passés c'était l'amant qui suppliait son Bien-Aimé et courait après Lui, c'est en ce jour le Bien-Aimé Lui-même qui appelle ses amants et les invite à l'accès de sa présence. Veillez à ne point perdre une faveur si précieuse, gardez-vous de sous-estimer pareil gage de sa grâce.
N'abandonnez pas pour ce qui périt les biens incorruptibles. Levez le voile qui obscurcit votre vision, dissipez les nuages qui l'enveloppent, afin de contempler sans voile la face de votre Bien-Aimé, et qu'ainsi votre oeil voie ce qu'aucun oeil n'a vu, et votre oreille entende ce qu'aucune oreille n'a entendu.
Oiseaux mortels, entendez-moi ! Dans la roseraie de splendeur inaltérable, une Fleur est sur le point d'éclore, auprès de laquelle toute autre fleur n'est qu'une épine, et dont l'éclat glorieux fait pâlir et se flétrir l'essence même de la beauté.
Levez-vous donc, et de tout l'enthousiasme de vos coeurs, de toute l'ardeur de vos âmes, de la pleine ferveur de votre volonté, et de toute la puissance de vos énergies, efforcez-vous d'atteindre le paradis de sa présence, de respirer le parfum de la Fleur incorruptible et les douces saveurs de la sainteté, et d'obtenir enfin votre part de cette fragrance de gloire céleste.
Celui qui suivra ce conseil brisera ses chaînes, s'abandonnera aux extases de l'amour, comblera le désir de son coeur et remettra son âme à Dieu. Brisant les barreaux de sa cage, telle la colombe mystique, il prendra son essor vers son nid d'éternelle sainteté.
La nuit succède au jour, et le jour à la nuit, les heures et les moments de votre vie ne sont pas plutôt venus qu'ils sont déjà passés, et pourtant aucun de vous n'a jamais encore consenti, ne fût-ce qu'un instant, à se détacher de tout ce qui périt.
Faites diligence afin que les courts instants qui vous appartiennent encore ne soient pas dissipés et perdus. C'est avec la rapidité même de l'éclair que vos jours passeront et que vos corps reposeront sous une couche de poussière. Que pourrez-vous faire alors ? Comment pourrez-vous expier vos fautes passées ?
Le Flambeau qui ne s'éteint pas brille dans la nudité de sa gloire. Voyez comme, à sa flamme, se sont consumés tous les voiles mortels. O vous qui êtes comme des papillons amoureux de sa lumière! Bravez tout danger et livrez vos âmes à sa flamme dévorante.
O vous qui avez soif de Lui ! Libérez-vous de toute affection terrestre et hâtez-vous d'embrasser votre Bien-Aimé. D'une ardeur sans égale, empressez-vous de l'atteindre.
La Fleur jusqu'ici jalousement cachée à la vue des hommes s'offre à vos yeux sans aucun voile. Le Bien-Aimé se tient devant vous dans le plein éclat de sa gloire. Sa voix invite à s'unir à Lui tous les êtres saints et sanctifiés. ^
Heureux qui répond à cet appel. Heureux qui est parvenu jusqu'à Lui et a contemplé la lumière d'un visage si merveilleux.

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Chapitre: 152. "Ton oeil est un dépôt qui m'appartient ..."

Ton oeil est un dépôt qui m'appartient; ne souffre pas que la poussière des vains désirs en ternisse l'éclat. Ton oreille est un signe de ma bonté; ne permets pas que le tumulte des impulsions inconvenantes t'empêche d'entendre ma parole qui pénètre toute la création.
Ton coeur est mon trésor, ne laisse pas la main traîtresse de l'égoïsme dérober les perles que j'y ai amassées.
Ta main est le symbole de ma tendre bonté, ne l'empêche pas de tenir fermement mes saintes tablettes, mes tablettes cachées...
Sans que tu m'en aies prié, j'ai répandu sur toi ma grâce. Sans que tu aies rien demandé, j'ai réalisé ton désir. Encore que tu en fusses indigne, j'ai choisi à ton intention mes bienfaits les plus précieux, et j'en ai répandus sur toi un nombre incalculable...
O mes serviteurs ! soyez aussi résignés et soumis que la terre, afin que du sol de votre être puissent fleurir les jacinthes multicolores saintes et parfumées de ma science.
Comme le feu, jetez des flammes, pour que s'y consument les voiles de l'insouciance, et que par elles, les coeurs glacés et obstinés s'embrasent sous l'action des vivifiantes énergies de l'amour de Dieu.
Soyez enfin légers comme la brise et, comme elle, libres de toute entrave, afin d'obtenir l'accès de ma cour sacrée et de mon inviolable sanctuaire.

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Chapitre: 153. "O toi, fidèle ami, victime de l'exil ! Etanche avec les eaux saintes de ma grâce la soif ..."

O toi, fidèle ami, victime de l'exil ! Etanche avec les eaux saintes de ma grâce la soif qu'a provoquée parmi les hommes leur négligence et, par la matinale lumière de ma présence divine, dissipe la sombre tristesse où le réduisait mon éloignement.
Ne souffre pas que le lieu où demeure l'éternel amour que je te porte soit détruit par la tyrannie des désirs mauvais et ne voile pas la beauté de cet Adolescent par la poussière des passions égoïstes.
Revêts-toi de l'essence de la justice, et que ton coeur ne connaisse d'autre crainte que la crainte de Dieu. N'obstrue pas par les épines et les onces des imaginations vaines et déréglées la source lumineuse de ton âme, et n'arrête pas le cours des eaux vives qui coulent de la fontaine de ton coeur.
Mets en Dieu toutes tes espérances et attache-toi fermement à son infaillible miséricorde. Qui d'autre que Lui pourrait enrichir les destitués et élever les déchus de leur abaissement ?
Si vous pouviez, ô mes serviteurs, découvrir les océans cachés, les océans sans rivage de mon incorruptible richesse, vous tiendriez certainement pour rien le monde et la création tout entière.
Puisse la flamme de la recherche de Dieu brûler en vos coeurs d'une ardeur telle, qu'elle vous permette d'atteindre votre but suprême et sublime - cet état glorieux où vous approcherez votre Bien-Aimé et Lui serez unis.
Ne laissez pas, ô mes serviteurs, vos vains espoirs et vos futiles imaginations saper les fondements de votre croyance en Dieu, le très-Glorieux. De telles chimères détournent les hommes du droit chemin, et elles ne leur ont jamais été d'aucun profit.
Pensez-vous, ô mes serviteurs que la main de mon universelle, transcendante et tutélaire souveraineté puisse jamais être enchaînée, que le flot de mon ancienne, éternelle et pénétrante miséricorde puisse s'arrêter de couler, que les nuages de mes sublimes et incomparables bienfaits cessent jamais de pleuvoir sur les hommes ?
Pouvez-vous imaginer que les oeuvres merveilleuses qui proclament mon divin et irrésistible pouvoir puissent périr ou que la puissance de mon dessein et de ma volonté cesse de présider aux destins de l'humanité ? Et si vous n'imaginez rien de pareil, pourquoi vous êtes-vous efforcés d'empêcher l'immortelle beauté de mon visage sacré et gracieux d'être dévoilée aux yeux des hommes ? Pourquoi avez-vous lutté pour que la manifestation de l'Etre tout-puissant et tout-glorieux ne pût répandre sur la terre l'éclat de sa révélation ?
Si vous étiez équitables en votre jugement, vous reconnaîtriez sans peine la joie qui enivre la réalité essentielle de toutes choses créées devant cette nouvelle et merveilleuse révélation, l'illumination que reçoivent de l'éclat de sa gloire tous les atomes de la terre.
Vaines et misérables sont vos imaginations ! Retournez sur vos pas, ô mes serviteurs, et tendez vos coeurs vers Celui qui vous a créés. Libérez-vous de vos affections mauvaises et corrompues, et hâtez-vous d'embrasser la lumière du feu éternel qui brille sur le Sinaï de cette mystérieuse et transcendante révélation.
Ne corrompez pas le sens primitif de la sainte et universelle parole de Dieu et ne cherchez pas à en profaner la sainteté, ou à en rabaisser le sublime caractère.
O étourdis ! Sachez que si les merveilles de ma miséricorde embrassent toutes choses créées, tant visibles qu'invisibles, que si les révélations de ma grâce et de ma bonté pénètrent chaque atome de l'univers, en revanche, redoutable est la verge dont je châtie les méchants, et terrible le déchaînement de ma colère.
D'une oreille purifiée de toute vaine gloriole et de tous désirs terrestres, écoutez les avis que, dans ma bonté miséricordieuse, je vous ai révélés, et de votre oeil interne et externe contemplez les éclatantes preuves des merveilles de ma révélation.
O mes serviteurs ! Ne vous privez pas de l'immortelle et resplendissante lumière qui brille dans la lampe de la gloire divine. Laissez vos coeurs s'illuminer joyeusement de la flamme de l'amour divin. Nourrissez cette flamme de l'huile de la direction divine et abritez-la de votre fidélité. Gardez-la sous le globe de la confiance et du détachement de tout ce qui n'est pas Dieu, de peur que les méchants murmures de l'impie n'en éteignent la lumière.
O mes serviteurs ! Ma sainte révélation, ma révélation d'ordre divin peut être comparée à un océan dont les profondeurs recèlent des perles d'un grand prix et d'un incomparable orient.
C'est le devoir de tout chercheur de Dieu de faire diligence pour atteindre les rivages de cet océan, afin qu'en proportion de l'ardeur de sa recherche et des efforts qu'il déploie, il participe aux bienfaits préordonnés dans les irrévocables tablettes cachées de Dieu.
S'il ne se trouve personne pour diriger ses pas vers ces rivages, si personne ne se lève pour chercher Dieu, pourra-t-on dire qu'une telle carence a privé l'océan de sa puissance ou diminué tant soit peu les trésors qu'il recèle ? Combien vaines, combien méprisables sont les imaginations que vos coeurs ont forgées et forgent encore!
O mes serviteurs ! Le seul vrai Dieu m'en est témoin ! Cet immense, cet insondable océan est là qui s'enfle et qui s'agite tout près, étonnamment près de vous. Voyez, il est plus près même de vous que la veine de votre coeur!
En un clin d'oeil, si vous voulez, vous le pouvez atteindre et prendre votre part de cette impérissable faveur, de cette grâce donnée par Dieu, de ce don incorruptible, de ce puissant bienfait d'une gloire ineffable.
O mes serviteurs ! Si vous pouviez concevoir les merveilles de munificence et de bonté dont j'ai voulu faire de vos âmes les dépositaires, en vérité vous rompriez tout attachement aux choses créées et vous parviendriez ainsi à une connaissance de vous-mêmes qui serait la compréhension de mon Etre propre.
Vous vous trouveriez indépendants de tout ce qui n'est pas moi et, de votre oeil interne et externe, aussi manifestes que la révélation de mon nom resplendissant, vous verriez les mers de ma tendre bonté et de ma générosité s'agiter au-dedans de vous.
Ne souffrez point que vos vaines fantaisies, vos passions mauvaises, le manque de sincérité et l'aveuglement de votre coeur ternissent l'éclat ou souillent la sainteté d'un si sublime état.
Vous êtes dans la situation de l'oiseau qui, du plein essor de ses ailes, joyeusement et avec une entière confiance, plane dans l'immensité des cieux, jusqu'au moment où, sollicité par la faim, il fonce avidement sur l'eau et la boue de la terre, et là, pris dans les rêts de ses désirs, se trouve incapable de reprendre son vol vers les royaumes d'où il vient. Impuissant à secouer le fardeau qui pèse sur ses ailes souillées, ce pauvre oiseau, jusque-là hôte du paradis, doit maintenant chercher dans la poussière une demeure.
O mes serviteurs ! Ne polluez donc pas vos ailes de la boue des vains désirs et de la perversité, et ne souffrez point que la poussière de l'envie et de la haine en ternisse le lustre, afin de pouvoir vous envoler dans les cieux de mon divin savoir.
O mes serviteurs ! Par la permission du Dieu tout-puissant, j'ai tiré, pour vous les révéler, du trésor de sa sagesse et de sa science, les perles que recélaient les profondeurs de son éternel océan. J'ai invité les célestes houris à relever le voile qui les cachait et je les ai vêtues de mes paroles de suprême sagesse et de pouvoir souverain.
De la main du divin pouvoir, j'ai, de plus, descellé le vin choisi de ma révélation et j'en ai répandu sur toutes choses créées le saint parfum, le parfum caché, chargé de musc.
Qui d'autre que vous-mêmes pourra être blâmé si, délibérément, vous vous privez de telles effusions de la transcendante grâce de Dieu qui embrasse toutes choses, si vous vous privez d'une révélation si éclatante de sa resplendissante miséricorde.
O mes serviteurs ! Rien d'autre ne brille en mon coeur que l'immortelle lumière de l'aurore de la direction divine, et de ma bouche ne sort que l'essence de la vérité révélée par le Seigneur votre Dieu.
Ne suivez donc pas vos désirs terrestres, ne rompez pas l'alliance de Dieu, ne violez point le serment que vous Lui avez prêté.
D'une ferme résolution, de toute l'affection de votre coeur, et en donnant à vos paroles leur pleine signification, tournez-vous vers Lui, et ne marchez point dans les voies de l'insensé.
Le monde n'est qu'une vaine et vide parade, un pur néant n'ayant que l'apparence de la réalité. Ne mettez pas en lui vos affections.
Ne brisez pas le lien qui vous unit à votre Créateur, ne soyez pas de ceux qui se sont écartés de ses sentiers et qui errent loin de Lui.
En vérité, je vous le dis, le monde est semblable à ces mirages du désert que le voyageur altéré prend pour de l'eau et que de tout son pouvoir il s'efforce d'atteindre, jusqu'au moment où y étant parvenu, il s'aperçoit que ce n'était qu'illusion pure.
Le monde peut être encore comparé à l'image sans vie de la bien-aimée qu'après une longue recherche l'amant finit par trouver et qui, à sa grande déception, se révèle telle, qu'elle ne peut, hélas ! satisfaire ni apaiser sa faim.
O mes serviteurs ! Ne vous laissez point attrister si, en ces jours et sur ce plan terrestre, des choses ont été ordonnées et manifestées par Dieu, qui se trouvent contraires à vos désirs, car d'autres jours vous sont réservés, de joie bénie, ceux-là, et de délices célestes.
Des mondes spirituels, d'une gloire sacrée, vous seront dévoilés. Vous êtes appelés par Dieu à participer, dès ce monde et en l'autre, à leurs bienfaits, à en partager les joies, à avoir votre lot de leur grâce vivifiante. De tous, sans nul doute, vous obtiendrez un jour la possession.

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Chapitre: 154. "Mets en garde, ô Salmán, les bien-aimés du seul vrai Dieu ..."

Mets en garde, ô Salmán, les bien-aimés du seul vrai Dieu contre une vue trop critique des dits et écrits des hommes. Qu'ils les abordent plutôt dans un esprit de large compréhension et de cordiale sympathie. Toutefois, les hommes qui, dans leurs écrits incendiaires, ont imprudemment mené l'assaut contre les enseignements de la cause de Dieu, devront être traités différemment.
Il incombe à chacun de réfuter, dans toute la mesure de sa capacité, les arguments qui sont opposés à la foi de Dieu. Ainsi en a décrété Celui qui est le Tout-Puissant, l'Omnipotent.
Qui désire servir la cause du seul vrai Dieu, doit la soutenir de sa plume et de sa parole, sans recourir à l'épée ni à aucune autre sorte de violence. Nous avons déjà révélé cette injonction et Nous la confirmons aujourd'hui, si vous êtes de ceux qui comprennent.
Par la justice de Celui qui, au coeur de toutes choses créées, crie en ce jour: "Il n'y a pas d'autre Dieu que moi !" Si un homme se lève pour défendre la cause de Dieu contre ses assaillants, quelque petite que soit sa part dans cette défense, un tel homme recevra dans le monde à venir un si grand honneur, que sa gloire en sera un objet d'envie pour l'Assemblée céleste. Il n'est point de plume qui soit capable de peindre les hauteurs où il se sera ainsi élevé, pas de langue qui en puisse décrire la splendeur.
Car quiconque se tient ferme et inébranlable dans cette sainte, glorieuse et sublime révélation, un tel pouvoir lui sera donné, qu'il pourra affronter toutes les forces du ciel et de la terre et leur résister. De cela, Dieu Lui-même est témoin.
O vous, bien-aimés de Dieu ! Ne demeurez pas sur vos lits de repos; au contraire, des que vous reconnaissez votre Seigneur, le Créateur, et que vous entendez parler de ce qui lui est advenu, secouez-vous et empressez-vous de lui venir en aide.
Déliez vos langues pour proclamer sans cesse sa cause sacrée. Cela vaudra mieux pour vous que tous les trésors tant passés que futurs, si vous êtes de ceux qui comprennent cette vérité.

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Chapitre: 155. "Le premier devoir que Dieu prescrit à ses serviteurs est la reconnaissance ..."

Le premier devoir que Dieu prescrit à ses serviteurs est la reconnaissance de celui qui est l'Aurore de sa révélation et la Fontaine de ses lois, qui représente la Divinité à la fois dans le royaume de sa cause et dans le monde de la création. Quiconque accomplit ce devoir a atteint le souverain bien, et quiconque en est privé s'est écarté du bon chemin, même s'il a accompli toutes les bonnes actions possibles.
A tout homme qui a atteint ce sublime état, cette cime de la transcendante gloire, il convient aussi d'observer tous les commandements de Celui qui est le Désir du monde.
Ces devoirs jumeaux sont inséparables. L'un ne va pas sans l'autre. Ainsi en a décrété Celui qui est la source de l'inspiration divine.
Ceux que Dieu a doués de clairvoyance reconnaîtront aisément que les préceptes qu'Il a édictés constituent les plus hauts et les plus puissants moyens de maintenir l'ordre dans le monde et la sécurité des peuples. Qui se détourne de ces préceptes se range parmi les êtres vils et insensés.
Nous vous avons, en vérité, ordonné de résister aux impulsions de vos passions mauvaises et de vos désirs corrompus, et de ne pas dépasser les limites fixées par la plume du Très-Haut, car elles sont le souffle de vie pour toutes choses créées.
Les mers de la sagesse et de la parole divine se sont gonflées au souffle de la brise du très-Miséricordieux. Hâtez-vous, ô hommes d'entendement, d'y étancher votre soif.
Ils ont gravement erré aux yeux de Dieu, l'Omnipotent, le Très-Haut, ceux qui ont rompu l'alliance de Dieu en violant ses commandements, et qui ont rétrogradé.
O vous peuples du monde! Sachez, à n'en point douter, que mes commandements sont les lampes de ma tendre providence parmi mes serviteurs et les clefs de ma miséricorde pour mes créatures. Voilà ce qu'a envoyé du ciel de sa volonté votre Seigneur, le Seigneur de la révélation.
Si un homme appréciait la douceur de ce que, de ses lèvres, le très-Miséricordieux a voulu dire, possédât-il les trésors de la terre, cet homme renoncerait à tous sans exception pour défendre la vérité d'un seul de ses commandements qui brillent à l'aurore de sa tendre sollicitude et de sa générosité.
Dis: De mes lois se dégage le doux parfum de mon vêtement, et par elles seront plantés sur les plus hauts sommets tes étendards de la victoire.
Du ciel de ma gloire omnipotente, la langue de mon pouvoir adresse à ma création ces paroles : "Observe mes commandements pour l'amour de ma beauté. "
Heureux l'amant qui respire en ces paroles le divin parfum du Bien-Aimé, chargé de l'arôme d'une grâce qu'aucun langage ne saurait décrire.
Par ma vie ! Quiconque a bu le vin choisi de justice que lui tendent les mains de ma généreuse faveur gravitera autour de mes commandements qui brillent à l'aube de ma création.
Ne croyez pas que Nous vous ayons révélé un simple code de lois. Non, plus exactement, c'est le vin de choix que, par les doigts de la force et du pouvoir, Nous avons décacheté. De ceci porte témoignage ce qu'a dévoilé la Plume de révélation. Méditez cela, ô hommes à l'esprit pénétrant !...
Toutes les fois que paraissent mes lois, tel le soleil, dans le ciel de ma parole, elles doivent être fidèlement obéies de tous, lors même que se fendrait, devant un tel décret, le ciel de toutes les religions.
Il fait ce qu'il Lui plaît. Il choisit, et nul ne peut discuter son choix. Tout ce que commande le Bien-Aimé est, par là même vraiment aimé. Celui qui est le Seigneur de la création en porte témoignage.
Quiconque a respiré le doux parfum du très-Miséricordieux et reconnu la Source de cette parole se réjouira en voyant de ses propres yeux les traits acérés de l'ennemi, qui lui permettront d'établir la vérité des lois de Dieu parmi les hommes. Heureux celui qui se tourne vers cette Source et comprend la signification de son décret décisif.

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Chapitre: 156. "De l'aurore de gloire, Celui qui est la Vérité éternelle a dirigé ses regards ..."

De l'aurore de gloire, Celui qui est la Vérité éternelle a dirigé ses regards vers le peuple de Bahá et Il lui adresse ces paroles : "Appliquez-vous à développer parmi les enfants des hommes le bien-être et la tranquillité.
Que votre esprit et votre volonté se consacrent à l'éducation des peuples et des tribus de la terre, afin que de sa face disparaissent, par le pouvoir du plus grand Nom, toutes les dissensions qui la divisent, et que tous les hommes ne soient plus que les défenseurs d'un même ordre et les habitants d'une même cité.
Illuminez et sanctifiez vos coeurs. Ne permettez pas qu'ils soient profanés par les épines de la haine et les ronces de la malice.
Vous êtes, tous, les habitants d'un même monde et vous avez été créés d'une même volonté. Béni celui qui se mêle à tous ses semblables dans un esprit de parfaite bonté et d'amour".

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Chapitre: 157. "Ceux qui, pour enseigner notre cause, ont abandonné leur pays ..."

Ceux qui, pour enseigner notre cause, ont abandonné leur pays, l'esprit de fidélité les fortifiera de son pouvoir. Selon l'ordre qu'en a donné Celui qui est le Tout-Puissant, le très-Sage, ils marcheront escortés d'une milice choisie de nos anges.
Combien grande est la bénédiction réservée à celui qui a été admis à l'honneur de servir le Tout-Puissant ! Par ma vie ! Il n'est point d'oeuvre si grande soit-elle, exception faite des actions ordonnées par Dieu, le Tout-Puissant, qui soit comparable à l'oeuvre de son service. Un tel service est le prince de tous les actes vertueux et la parure de toute bonne action. Ainsi en a ordonné Celui qui est le Révélateur souverain, l'Ancien des jours.
Quiconque se lève pour enseigner notre cause doit, de toute nécessité, se détacher des choses terrestres, et faire du triomphe de notre foi son suprême objectif. Ainsi en a-t-il été décrété dans la Tablette Gardée.
Et lorsqu'il se résout, pour l'amour de la cause de son Seigneur, à quitter sa maison, il lui faut choisir comme le meilleur viatique pour son voyage la confiance en Dieu, et revêtir la robe de la vertu. Ainsi en a décrété Dieu, le Tout-Puissant, le Loué.
S'il est vraiment embrasé de son amour et s'il a renoncé à toutes choses créées, les paroles qu'il prononcera enflammeront son auditoire. En vérité, ton Seigneur est l'Omniscient, l'Informé.
Heureux l'homme qui entend notre voix et qui répond à notre appel. Il est, en vérité, de ceux qui Nous approcheront.

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Chapitre: 158. "Dieu a prescrit à chacun le devoir d'enseigner sa cause ..."

Dieu a prescrit à chacun le devoir d'enseigner sa cause. Quiconque se lève pour remplir ce devoir doit nécessairement, pour que sa parole attire les coeurs réceptifs à son appel, se parer d'un caractère intègre et louable. Autrement, il ne pourra jamais influencer ses auditeurs.

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Chapitre: 159. "Considérez l'étroitesse d'esprit des hommes. Ils demandent ce qui leur est nuisible ..."

Considérez l'étroitesse d'esprit des hommes. Ils demandent ce qui leur est nuisible et rejettent ce qui leur profiterait. Ils errent, en vérité, fort loin du droit chemin.
Tels aspirent à la liberté et s'en font gloire. Mais ceux-là mêmes sont plongés dans les ténèbres de l'ignorance. La liberté, en effet, conduit finalement à une sédition dont les flammes ne peuvent être étouffées. Ainsi vous prévient Celui qui est le Calculateur, l'Omniscient.
Sachez que l'incarnation même de la liberté, son plus parfait symbole, n'est autre que l'animal. Ce qui sied à l'homme, c'est la soumission à toutes les contraintes propres à le garder contre sa propre ignorance et à le protéger de la malfaisance des artisans d'iniquité.
Le désir de la liberté conduit l'homme à s'écarter des règles de la rectitude de conduite et à porter atteinte à la dignité de sa condition. Il l'amène à descendre au niveau le plus bas de la dépravation et de la perversité.
Considérez les hommes comme un troupeau de moutons qui a besoin du berger pour le protéger. Voilà la vérité, l'indubitable vérité.
Certes, Nous approuvons, en certains cas, l'exercice de la liberté, mais Nous refusons de la sanctionner pour d'autres cas. Nous sommes, en vérité, l'Omniscient.
Dis: Si peu que vous en ayez l'idée, la vraie liberté pour l'homme consiste à se soumettre à mes commandements. S'il observait tout ce que Nous lui avons envoyé du Ciel de la révélation, il atteindrait certainement à la liberté véritable.
Heureux est l'homme qui discerne l'intention de Dieu dans tout ce qu'Il a révélé du ciel de sa volonté qui pénètre toutes choses.
Dis: La liberté qui vous est profitable ne peut être trouvée que dans une complète servitude envers Dieu, l'éternelle Vérité. Quiconque a goûté à sa douceur ne l'échangerait pas pour l'empire de la terre et du ciel.

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Chapitre: 160. "Il est un vrai croyant en l'unité de Dieu celui qui ..."

Il est un vrai croyant en l'unité de Dieu celui qui, en ce jour le regardera comme incommensurablement exalté au-dessus de toutes les comparaisons et rapprochements qu'en ont pu faire les hommes. Il a erré gravement celui qui a confondu avec Dieu Lui-même ces images et comparaisons.
Considérez la relation qui existe entre l'artisan et son ouvrage, entre le peintre et sa peinture. Pourrait-on soutenir que l'oeuvre de leurs mains se confond avec eux-mêmes ? Par Celui qui est le Seigneur du trône exalté et de la terre ! Cette oeuvre ne saurait être regardée que comme une illustration de l'excellence et de la perfection de son auteur.
O Shaykh, ô toi qui as fait à Dieu l'abandon de ta volonté !
Par abandon absolu et union perpétuelle à Dieu, il faut entendre que les hommes doivent perdre complètement leur volonté dans la volonté de Dieu, et qu'ils doivent considérer leurs propres désirs comme de purs néants devant le plan divin.
Quoi que commande le Créateur à ses créatures, elles le doivent accomplir diligemment, avec la plus vive ardeur et la plus parfaite allégresse. Elles ne doivent en aucune façon permettre à leur imagination d'obscurcir leur jugement, ni prendre leurs propres chimères pour la voix de l'Eternel.
Dans la prière du jeûne, Nous avons révélé: Si, par ta volonté, ces paroles sortant de tes lèvres leur étaient adressées: "Observez le jeûne par amour pour ma beauté, ô peuple, et ne fixez aucune limite à sa durée", je jure par la majesté de ta gloire que chacun d'eux l'observerait fidèlement, qu'ils s'abstiendraient de tout ce qui viole ta loi, et qu'ils continueraient à jeûner jusqu'à ce qu'ils te rendent leur âme. Voilà en quoi consiste le total abandon de sa volonté à la volonté de Dieu.
Médite ceci, afin de boire si possible les eaux de vie éternelle qui glissent au travers des paroles du Seigneur de toute l'humanité, et de pouvoir attester que le seul vrai Dieu a toujours été immensément exalté au-dessus de ses créatures. Il est en vérité, l'Incomparable, l'Eternel, l'Omniscient, le très-Sage.
L'état d'absolue soumission dépasse tout autre rang et restera supérieur à jamais. Il te convient de te consacrer à la volonté de Dieu. Tout ce qui a été révélé dans sa tablette n'est qu'un reflet de sa volonté. Ta consécration doit être si complète que toute trace de désir terrestre soit bannie de ton coeur. Voilà ce que la véritable unité signifie.
Implore Dieu de t'aider à rester inébranlable en ce chemin et à guider les peuples du monde vers Celui qui est le Maître souverain et manifeste, qui s'est révélé lui-même, revêtu d'un habit distinctif, et qui proclame un divin et spécifique message. C'est là l'essence de la foi et de la certitude.
Ceux-là qui adorent l'idole qu'ont sculptée leurs imaginations et l'appellent Réalité essentielle méritent d'être comptés parmi les païens. De cela le très-Miséricordieux porte témoignage en ses tablettes. Il est en vérité l'Omniscient, le très-Sage.

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Chapitre: 161. "Ceins tes reins et prépare tes forces afin de pouvoir ..."

Ceins tes reins et prépare tes forces afin de pouvoir, autant que possible, amener ton prochain à la loi de Dieu, le très-Miséricordieux. Un tel acte, en vérité, aux yeux de Dieu, l'Omnipossédant, le Très-Haut, passe en excellence tous les autres.
Ta fermeté dans sa cause doit être telle, qu'aucune chose terrestre ne te puisse détourner de ton devoir. Alors même que tous les pouvoirs de la terre se ligueraient contre toi et que tous les hommes te combattraient, tu dois rester inébranlable.
En portant le message de Celui qui a fait pointer l'aurore de la direction divine, sois aussi libre que le vent. Vois comme le vent, fidèle aux ordres qu'il a reçus de Dieu, souffle sur toutes les régions de la terre. Ni leur aspect désolé, ni les signes qu'elles donnent de leur prospérité ne le sauraient peiner ou réjouir. Il souffle dans toutes les directions, selon l'ordre de son Créateur.
Ainsi doit faire quiconque prétend aimer le seul vrai Dieu. Il lui faut fixer son regard sur les fondements de sa foi et travailler diligemment à la propagation de celle-ci. Qu'il proclame le message de Dieu uniquement pour l'amour de Lui et que, dans le même esprit, il reçoive la réponse de celui qui écoute sa parole.
Quiconque l'acceptera et croira recevra sa récompense; celui qui s'y refusera ne recevra rien d'autre que son propre châtiment.
A la veille de notre départ d'Iráq, Nous avons averti nos fidèles qu'ils devraient s'attendre à voir paraître les Oiseaux de Ténèbres. Nul doute, en effet, que ne s'élève dans certains pays, comme il est advenu ces dernières années, le croassement du Corbeau. Mais, quoi qu'il arrive, cherchez refuge dans le seul vrai Dieu, afin qu'Il vous garde des ruses de l'imposteur.
En vérité, je vous le dis, dans cette très puissante
révélation, toutes les dispensations du passé ont atteint leur consommation finale et la plus haute. Ainsi vous avise votre Seigneur, l'Omniscient, le très-Sage. Louange à Dieu, le Seigneur de tous les mondes !
L'homme a reçu du très-Miséricordieux la faculté de voir, et il a été aussi doué par Lui du pouvoir d'entendement. D'aucuns l'ont représenté comme le type du "microcosme", alors qu'il est en réalité le type du "macrocosme".
Les potentialités inhérentes à la condition de l'homme, la pleine mesure de sa destinée sur la terre, l'excellence innée de sa réalité essentielle, tout cela doit être manifesté en ce jour promis de Dieu.
La plume du Très-Haut, de tout temps et en toutes circonstances, a rappelé, avec joie et avec tendresse, le nom de ses bien-aimés et elle leur a conseillé de marcher dans ses voies.
Heureux celui que les vicissitudes de ce monde n'ont pu détourner de reconnaître l'aurore de l'unité de Dieu, et qui résolument, au nom de cet Etre subsistant par Lui-même, a bu le vin scellé de sa révélation. Un tel homme sera compté parmi les hôtes du paradis dans le livre de Dieu, le Seigneur de tous les mondes.

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Chapitre: 162. "Loué soit Dieu qui a enjolivé le monde d'une parure ..."

Loué soit Dieu qui a enjolivé le monde d'une parure et l'a revêtu d'un habit d'apparat dont aucune puissance terrestre, si forts que soient ses bataillons, si grande sa richesse et profonde son influence, ne pourrait le dépouiller.
Dis: L'essence de tout pouvoir, la fin dernière et suprême de toute la création appartient à Dieu. La source de toute majesté, objet de l'adoration de tout ce qui est sur la terre et dans les cieux, est à Dieu.
Les forces qui ont leur origine sur cette terre de poussière sont, en raison même de leur nature, indignes de toute considération.
Dis: Les fontaines où s'alimente la vie de ces oiseaux ne sont point de ce monde. La source en est hors de la portée de l'humaine compréhension.
Où est celui qui peut éteindre la lumière allumée par la main resplendissante de blancheur du Tout-Puissant ? Où trouver l'homme qui étouffera le feu allumé par la puissance de ton Seigneur, le Tout-Puissant, l'Irrésistible, l'Omnipotent.
C'est la main du divin pouvoir qui a éteint les flammes de la dissension. Il a le pouvoir de faire ce qu'Il veut. Il dit: Que cela soit; et cela est.
Dis: Les furieuses tempêtes et les tourbillons du monde et de ses habitants ne peuvent ébranler les fondations sur quoi repose, solide comme le roc, la stabilité de mes élus.
Par la grâce de Dieu ! Qu'est-ce qui a pu amener ces gens à réduire à l'esclavage et à emprisonner les bien-aimés de Celui qui est la Vérité éternelle ?...
Le jour cependant approche où les fidèles verront briller, de l'aurore de gloire, en sa pleine splendeur, l'Etoile du Matin de la justice. Ainsi t'instruit de sa triste et cruelle prison, le Seigneur de tous les êtres.

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Chapitre: 163. "O membres de la race humaine ! Tenez-vous fermement à la corde ..."

O membres de la race humaine ! Tenez-vous fermement à la corde que nul ne saurait rompre. Tous les jours de votre vie, vous en tirerez profit car sa force vient de Dieu, le Seigneur de tous les mondes.
Attachez-vous à la justice et à l'équité, et détournez-vous des murmures des insensés, de ceux qui errent loin de Dieu, de ceux qui, se parant des ornements de la science, ont condamné à mort celui qui est la Fontaine de sagesse.
Mon nom les a élevés aux plus hauts grades, et pourtant je ne m'étais pas plutôt manifesté à leurs yeux, qu'au mépris de toute justice, ils prononçaient contre moi la sentence de mort !
Ainsi notre plume vous a révélé la vérité, et cependant le peuple reste plongé dans l'inertie !
Quiconque s'attache à la justice ne peut, en aucune circonstance dépasser les bornes de la modération. Il discerne la vérité en toutes choses, guidé qu'il est par Celui qui voit tout.
La civilisation, tant vantée par les représentants plus qualifiés des arts et des sciences, apportera de grands maux à l'humanité, si on lui laisse franchir les limites de la modération. Ainsi vous avise Celui qui est l'Omniscient.
La civilisation d'où découle tant de bien lorsqu'elle reste modérée deviendra, si elle est portée à l'excès, une source aussi abondante de mal. Méditez ceci ô peuples, et ne soyez pas du nombre de ceux qui errent dans le désert de l'erreur. Le jour approche où elle dévorera de ses flammes toutes les cités du monde, alors que la Langue de Grandeur proclamera: "Le royaume est à Dieu, le Tout-Puissant, le Loué!" Toutes les autres choses sont soumises à ce même principe de modération.
Rends grâce à ton Seigneur qui s'est souvenu de toi dans cette tablette merveilleuse. Loué soit Dieu, le Seigneur du trône glorieux !
Tout homme qui examinerait mûrement ce qu'a révélé la plume du Très-Haut et qui en sentirait la douceur, se trouverait certainement débarrassé et délivré de ses propres désirs, et entièrement soumis à la volonté du Tout-Puissant. Heureux l'homme qui parvient à ce haut état et ne se prive pas d'une faveur si précieuse !
Nous ne pouvons en ce jour, approuver le timoré qui cherche à dissimuler sa foi ni sanctionner la conduite du croyant déclaré qui proclame bruyamment son allégeance à cette cause. Tous deux devraient obéir aux conseils de la sagesse et s'évertuer diligemment à servir les meilleurs intérêts de la foi.
Que tout homme observe la conduite de cet Opprimé et en fasse l'objet de ses méditations. Nous avons, depuis l'aube de cette révélation et jusqu'au présent jour, à la fois refusé de Nous cacher de nos ennemis et de Nous retirer de la société de nos amis.
Bien qu'accablé d'une myriade d'afflictions et de chagrins, Nous avons, avec une puissante confiance, commandé aux peuples de la terre de se tourner vers l'Aurore de gloire.
La plume du Très-Haut répugne à faire, à cette occasion, le récit des malheurs qu'elle a endurés. Les révéler serait, sans aucun doute, plonger dans la douleur les meilleurs de nos fidèles, ceux qui sont les vrais soutiens de l'unité de Dieu et se sont dévoués à sa cause. Il dit certes la vérité, et Il est Celui qui entend tout, l'Omniscient.
Nous avons passé au milieu de nos ennemis la plus grande partie de notre existence, et voyez comme Nous Nous trouvons aujourd'hui dans un nid de serpents.
Cette Terre sainte a été mentionnée et exaltée dans toutes les Ecritures sacrées. Sur elle ont paru les prophètes de Dieu et ses élus. Elle est le désert dans lequel ont erré tous les messagers de Dieu et d'où s'est élevé leur cri: "Me voici, ô mon Dieu, me voici !" Elle est la Terre promise sur laquelle Celui qui est la révélation de Dieu était destiné à se manifester. Elle est la vallée de l'insondable décret de Dieu, le lieu d'une blancheur de neige, la terre d'inaltérable splendeur.
Tout ce qui se passe en ce jour a été prédit par les anciennes Ecritures.
Ce sont ces mêmes Ecritures cependant qui ont unanimement condamné les habitants de cette terre. Ils ont, une fois, reçu le flétrissant stigmate de "génération de vipères". Et voyez comment, aujourd'hui, cet Opprimé, tout en étant entouré d'une "génération de vipères", appelle à grands cris tous les hommes vers Celui qui est l'ultime Désir du monde, le Sommet et l'Aurore de gloire.
Heureux l'homme qui a écouté la voix de Celui qui est le Seigneur du royaume de la parole, et malheur aux négligents qui se sont écartés de sa vérité.

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Chapitre: 164. "Sache que toute oreille capable d'entendre, si elle est pure et sans tache ..."

Sache que toute oreille capable d'entendre, si elle est pure et sans tache, doit en tout temps et d'où qu'elle vienne, écouter la voix qui prononce ces paroles sacrées: "En vérité nous venons de Dieu, et à Lui nous retournerons. "
Les mystères de la mort physique de l'homme et de son retour n'ont pas été divulgués et ils restent toujours cachés. Par la justice de Dieu ! S'ils étaient révélés, ils provoqueraient parmi les hommes un tel effroi et un tel chagrin, que certains en périraient, tandis que d'autres seraient saisis d'une telle joie qu'ils souhaiteraient de mourir aussitôt et, d'une ardeur incessante, ils prieraient le seul vrai Dieu (exaltée soit sa gloire !) de hâter leur fin.
La mort tend à tout croyant confiant une coupe qui, en vérité, est la vie. Elle donne la joie et apporte l'allégresse. Elle confère la vie éternelle.
Quant à ceux qui ont goûté à ce fruit de l'existence terrestre de l'homme, qui est la reconnaissance du seul vrai Dieu, exaltée soit sa gloire !, leur existence dans l'au-delà sera telle que Nous ne la pouvons décrire. La connaissance en est réservée à Dieu seul, le Seigneur de tous les mondes.

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Chapitre: 165. "Quiconque se réclamera d'une révélation directe de Dieu, avant l'expiration ..."

Quiconque se réclamera d'une révélation directe de Dieu, avant l'expiration d'au moins mille années, devra être tenu pour un imposteur et un menteur. Nous prions Dieu de l'amener par sa grâce à se rétracter et à répudier pareille prétention. S'il se repent, nul doute que Dieu ne lui pardonne. Mais s'il s'obstine dans son erreur, Dieu, assurément, enverra quelqu'un qui le traitera sans miséricorde.
Terrible, en vérité, est le châtiment de Dieu. Quiconque donne à ce verset une signification autre que celle qu'il offre de toute évidence est, en vérité, privé de l'Esprit de Dieu et de sa miséricorde qui embrasse toutes choses créées.
Craignez Dieu et ne suivez pas vos vaines imaginations. Non, suivez plutôt le commandement de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le très-Sage.

==== FIN DU TEXTE ====
Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh
Préface
Le concept de révélation progressive, tel que Bahá'u'lláh l'expose, implique que, pour un bahá'í, les Ecritures saintes sont formées de l'ensemble des textes révélés par les fondateurs des grandes religions du passé. Ainsi, la Bible, le Coran et, dans la mesure où l'on peut les considérer comme authentiques, les textes fondateurs de l'hindouisme, du bouddhisme, du zoroastrisme...font partie du bagage religieux du bahá'í. En effet, échappant au double piège du syncrétisme et de l'éclectisme, la foi bahá'íe accepte et intègre, dans une perspective historique, toutes les révélations du passé, se présentant elle-même comme une nouvelle effusion de l'Esprit dans l'histoire du monde.
En réponse aux promesses sacrées de Moïse, Bouddha, Jésus ou Muhammad, Bahá'u'lláh affirme inaugurer l'ère nouvelle de l'accomplissement, le royaume de Dieu sur la terre. La présente compilation offre des extraits de textes révélés par le fondateur de la foi bahá'íe. Denier en date d'une longue lignée de messagers divins Bahá'u'lláh (18l7-1892) connut le sort de ses prédécesseurs : incompréhension et persécution. Il vécut la plus grande partie de sa mission prophétique en exil et en prison, et termina sa vie terrestre en Terre sainte, aux abords du mont Carmel. Ces quarante années furent propices à une mise par écrit de son message : pendant de longues périodes, l'écrit fut le seul lien possible entre lui et ses disciples. Ses textes révélés, innombrables, furent très tôt collectés et constituent un ensemble d'écrits authentiques unique dans l'histoire religieuse du monde. La présente compilation réunit des extraits de nombreux ouvrages de Bahá'u'lláh et constitue une première approche de son message. Les sujets abordés y sont variés et trop nombreux pour être tous cités ici, allant de l'unicité de Dieu à l'identité des messagers divins et à l'affirmation de l'unité de l'humanité. Le lecteur y trouvera ample matière à réflexion, découvrant des textes religieux compatibles avec notre époque et qui, souvent, la précèdent. Il y trouvera aussi les principes religieux, intellectuels, moraux et sociaux indispensables à une transformation de la société mondiale pour que l'évolution de notre planète ne soit plus synonyme de danger, d'instabilité et de tensions mais au contraire, source de développement, d'harmonie et de progrès, pour l'être humain et pour la société. Il ressentira dans ces lignes le souffle puissant de l'Esprit divin inspirant, une fois encore, un de ces grands prophètes dont le message, créateur de nouvelles valeurs, fonde les civilisations.
Au-delà de l'aspect essentiel, spirituel et religieux, abordé dans cet ouvrage, la communauté bahá'íe travaille, de par le monde, à former une communauté humaine incarnant les principes sociaux révélés par Bahá'u'lláh, dans le but de les offrir en modèle à l'humanité. Car c'est à une transformation totale de l'individu et de la société que nous sommes appelés pour répondre aux défis de l'Histoire.
Pierre Spierckel.

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