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LE MONT CARMEL
Phare Spirituel de l'Humanité à travers les Âges
par Eric Bernard COFFINET

1. Introduction
2. La Genèse (animisme)
3. YHWH est mon Dieu (judaïsme)
3.1. Récits bibliques
3.2. La symbolique d'Elie
3.2.1. Pour les juifs et les musulmans
3.2.2. pour les chrétiens
4. L'ascension du Carmel sur les ailes de l'Esprit (christianisme)
4.1. Les sites religieux du Mont Carmel
4.1.1. le sommet (le lieu du sacrifice)
4.1.2. la caverne haute d'Elie
4.1.3. la source d'Elie
4.1.4. la caverne basse d'Elie
4.2. L'ordre monastique du Carmel
4.2.1. les premiers ermites latins du Carmel
4.2.2. l'ordre en Europe
4.2.3. le retour en Terre Sainte
4.2.4. la spiritualité du Carmel
5. Et la Carmel vit la Gloire de YHWH (foi bahà'ie)
5.1. Bàb
5.2. Bahà'u'llàh
5.2.1. son exil et son message
5.2.2. un monde nouveau
5.2.3. Saint-Jean-d'Acre et le Carmel
5.3. 'Abdu'l-Bahà
5.4. Shoghi Effendi Rabbàni
5.5. Maison Universelle de Justice
6. Tablette de Carmel (révélée par Bahà'u'llàh sur le Mont Carmel en 1891)
7. Références tirées de la Bible
8. Références tirées du Coran

1. INTRODUCTION

Dans sa lente émergence de la nuit de l'ignorance et de la sauvagerie, l'Homme fut constamment guidé à travers les âges par la Lumière divine qui transforma certains lieux en " phares spirituels ".
Parmi ces innombrables lieux saints qui influencèrent le destin de l'humanité se trouvent le Mont Sinaï, où Moïse reçut les Tables de la Loi, le Golgotha, où fut crucifié Jésus-Christ, le Mont Hirá, où le Prophète Muhammad reçut les premiers versets de la Révélation coranique, et aussi le Mont Moriah, où Abraham fut sur le point de sacrifier son fils, où fut placée l'Arche d'Alliance dans le Temple de YHWH, où Jésus-Christ prêcha et chassa les marchands du Temple, d'où enfin s'éleva le Prophète Muhammad pour son voyage nocturne à travers les sept cieux.
Il convient en ces jours d'y ajouter le Mont Carmel, dont le nom " Kérem El " signifie en hébreux " le Verger ou le Vignoble de Dieu ". Le Carmel surplombe la ville de Haïfa, au nord d'Israël, et s'avance majestueusement dans la mer comme la proue d'une éternelle et surhumaine Arche de Noé. Depuis l'aube des temps, il fut considéré comme une terre sacrée et est actuellement l'un des lieux saints de la Foi Bahá'íe.
C'est sa fabuleuse épopée que je vais essayer de vous conter...

2. LA GENÈSE

Les recherches archéologiques effectuées au nord de la Palestine permettent d'affirmer que 3 populations humaines distinctes occupèrent cette région au début du Pléistocène supérieur.
Sur le site de Zuttiyeh, au nord-ouest du lac de Galilée, furent découverts des fragments de crâne d'homo sapiens archaïque n'ayant aucun lien avec les néandertaliens, et dont l'âge est estimé entre 200000 et 250000 ans.
Dans les grottes de Tabun et de Kébara, situées sur les flancs du Mont Carmel, on trouva, entre autre, deux squelettes de type néandertalien âgés de 50000 à 60000 ans.
Celles de Skhul, sur le flanc du Mont Carmel, et de Qafzeh, près de Nazareth, livrèrent de nombreux squelettes humains datant de 80000 à 100000 ans, dont l'aspect " moderne " et la grande stature les firent qualifier de " Proto-Cro-Magnons "
Mais la découverte la plus extraordinaire fut celle des préoccupations spirituelles et religieuses de ces hommes, comme le montra sans l'ombre d'un doute l'exploration des différentes tombes retrouvées. Ces pratiques funéraires, qui apparurent au cours de la période moustérienne, sont un fait de civilisation sans rapport avec le type des populations concernées car elles furent pratiquées aussi bien par les hommes de néandertal que par les hommes " modernes ". Dans les sept sépultures considérées comme des inhumations certaines ( trois à Skhul, trois à Qafzeh et une à Kébara ), de nombreux signes témoignent de l'existence d'une culture symbolique, comme par exemple l'utilisation de coquillages perforés, de fleurs ou de poudre d'ocre rouge.
L'âge d'une des tombes de Qafzeh est estimé à 92000 ans, ce qui en ferait la plus ancienne sépulture connue actuellement dans le monde : il s'agit d'une fosse creusée dans le calcaire où fut inhumé le corps d'un adolescent, avec un bois de cerf intentionnellement déposé comme offrande en travers du cou.
L'inhumation d'un homme adulte néandertalien dans la grotte de Kébara révéla d'autres informations très intéressantes : le squelette reposait dans une fosse mais le crâne avait disparu, bien que la mandibule, l'os hyoïde et les vertèbres cervicales étaient intacts et occupaient leurs positions anatomiques. Une étude détaillée révéla que les néandertaliens eux-mêmes avaient prélevé ce crâne après la disparition des chairs, et on n'a pu imaginer aucune raison autre que religieuse à une telle pratique. On constata aussi que l'aspect " moderne " de l'os hyoïde permettait d'envisager la possibilité d'un langage articulé pour cet homme de Neandertal...
N'est-il pas extraordinaire de découvrir qu'en des temps immémoriaux le Mont Carmel et les régions environnantes exerçaient déjà une attirance sur des êtres aptes à la parole et préoccupés par l'éternel question de la vie et de la mort ?

3. YHWH EST MON DIEU

3.1. Récit Biblique

Le Mont Carmel entra dans l'histoire religieuse des hommes comme le lieu de l'affrontement entre les prêtres païens de Baal et le Prophète Elie ( Elijah ), dont le nom signifie " YHWH est mon Dieu ".
L'unité religieuse et politique du royaume de Salomon ne survécut pas à la mort de celui-ci en 928 av. JC et le pays se scinda en deux royaumes, Israël au nord avec Samarie comme capitale et Juda au sud avec Jérusalem, qui passèrent les premières décennies de leur existence à s'entre-déchirer. Cette guerre fratricide les affaiblit face aux peuples voisins et les força à composer entre eux et à rechercher des alliances à l'extérieur. C'est ainsi que le roi de Samarie Achab fils d'Omri régna de 874 à 852 av. JC et épousa Jézabel, fille du puissant roi phénicien de Sidon Ethbaal. Celle-ci introduisit à la cour les cultes païens de Baal et d'Astarté, et fit tuer les prêtres de YHWH. (1° Rois 16/29-33 et 18/4)
Le couple royal s'attira ainsi les foudres de l'incorruptible et inflexible prophète Elie, " dévoré d'un zèle jaloux pour YHWH, Dieu de l'univers " (1° Rois 19/10,14). Elie le Thischbite multiplia à leur encontre remontrances et menaces (1° Rois 18/18 et 21/19-26) et alla jusqu'à défier en duel, selon l'ordre de YHWH, les prêtres de Baal qu'il ridiculisa et extermina au Mont Carmel, démontrant ainsi l'inanité de leur culte. (1° Rois 18/17-40)

3.2. La Symbolique d'Elie

Elie est vénéré à la fois par les communautés juive, chrétienne, musulmane et druze, qui s'associent avec ferveur pour célébrer sa fête, sur le Mont Carmel, tous les 20 juillet.

3.2.1. Pour les juifs et les musulmans : Les juifs et les musulmans considèrent Elie sous deux aspects : d'une part comme un prophète qui lutta pour détourner son peuple du dieu Baal (Coran 6/85, 37/123-132 et les 2 Livres de Rois), et d'autre part, à cause de son ascension miraculeuse (Vie des Prophètes d'Al-Kisà'i, 2° Rois 2/8-14), comme un personnage mythique et légendaire servant d'intermédiaire entre le ciel et la terre, et venant visiter les hommes en secret pour les secourir et les éduquer.
Le Coran raconte la rencontre de Moïse avec un jeune homme inconnu, qui commet des actes apparem ment injustes et insensés avant d'en expliquer à Moïse révolté la profonde sagesse (Coran 18/65-82). Bien que le nom de ce jeune homme ne soit pas cité, la littérature musulmane ultérieure lui donna celui de El-Khader (le Vert ou l'Immortel) et l'associa au Prophète Elie. La tradition rabbinique rapporte une histoire très semblable dans la rencontre d'Elie avec Rabbi Yehoshua ben Levi.

3.2.2. Pour les chrétiens : Par sa vie et ses qualités, Elie est décrit dans la littérature patristique comme l'archétype du moine chrétien car il mena une vie solitaire dans le silence, le jeûne et la prière, volontairement soumis à la pauvreté, à la chasteté et à l'obéissance.
Elie est supposé vierge, il est célibataire, chaste et continent pour garder sa pureté. L'absence de charges familiales lui permet de vivre dans la solitude et la pauvreté pour se consacrer entièrement à Dieu et être soumis humblement et volontairement à Sa volonté, même si cela peut sembler parfois en contradiction avec les traditions les mieux établies, comme par exemple quand YHWH le fait nourrir par des corbeaux, animaux impurs (Dt 14/11-14, Lv 11/13-15, 1° Rois 17/2-6), avec une viande d'origine inconnue et donc rituellement impure. (Lv 11 et 17/10-15, Dt 14)
Vêtu de peaux de bêtes (2° Rois 1/8), Elie habite dans les lieux désertiques et les grottes du Mont Carmel et de l'Horeb (1° Rois 17/2-7 et 19/9), loin du monde, du mal et des persécutions de la reine Jézabel, dans le silence, la contemplation et la prière, se nourrissant frugalement quand il ne jeûne pas, car une ascèse est nécessaire pour conserver sa " virginité ", se détacher du monde et purifier son cœur avant de rencontrer Dieu. (1° Rois 19/8-18)
Cette vie de détachement n'exclut nullement la solidarité envers les pauvres comme la veuve de Sarepta (1° Rois 17/8-24), et une grande liberté de parole envers les puissants quand il faut dénoncer l'injustice, comme dans le cas de Naboth (1° Rois 21/1-19), ou proclamer la parole de Dieu. Cette pauvreté matérielle est en fait une richesse spirituelle et un abandon en Dieu, qui pourvoit à tous les besoins (1°Rois 17/4-6 et 19/5-8) et confère la vie éternelle en permettant l'enlèvement au ciel d'Elie dans un tourbillon de feu devant les yeux de son disciple Elisée (2° Rois 2/8-14), sa présence lors de la transfiguration de Jésus-Christ (Mt 17/1-8, Mc 9/2-8, Lc 9/28-36) et son retour avant l'Avènement du Messie. (Ml 4/5-6)
Elie est une des grandes figures de la Bible dont la prière est efficace, que ce soit pour attirer du ciel l'eau ou le feu (1° Rois 18/36-38 et 18/41-46), la vie ou la mort (1° Rois 17/8-24, 2° Rois 1/9-15). Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que des ermites vinrent s'établir sur le Mont Carmel, près de la source d'Elie, pour communier avec l'esprit du prophète en se recueillant sur les lieux où il vécut.

4. L'ASCENSION DU CARMEL SUR LES AILES DE L'ESPRIT

4.1. Les Sites Religieux du Mont Carmel :
Les traditions et légendes locales relient particulièrement le Prophète Elie avec quatre sites de la chaîne montagneuse du Mont Carmel, qui s'étire sur 25 km de long et 6 km de large: la caverne basse creusée à la base occidentale du promontoire, la caverne haute située sur l'esplanade du promontoire, la source d'Elie située à l'entrée de la vallée du Wadi 'ain es-Siah, et le point culminant (482m) du Carmel appelé en arabe El-Muhraqa.

4.1.1. Le Sommet : El-Muhraqa : Le sommet du Mont Carmel est traditionnellement lié au lieu de la défaite des prêtres de Baal par le prophète Elie (El-Muhraqa = le lieu du sacrifice). On y trouve un monument mégalithique constitué d'un cercle de 12 grandes pierres avec au centre une citerne creusée dans la roche, qui était un lieu de pèlerinage pour les hébreux. A l'époque byzantine, des moines y habitaient dans les grottes environnantes, puis les arabes y érigérent un petit sanctuaire dont les ruines furent visibles jusqu'au 19ème siècle. Au sommet du mont s'élève actuellement une chapelle dédiée à Saint Elie, devant laquelle se dresse la statue du Prophète.

4.1.2. Caverne Haute : L'historien romain Tacite rapporte que le Mont Carmel fut un haut lieu religieux depuis la haute antiquité et probablement lié au culte du Baal Hadad du Carmel. Certaines légendes assurent même que Pythagore aimait se retirer sur le Mont Carmel pour y méditer (Encyclopaedia Universalis Vol 4 p.1024). A l'époque romaine, le culte de Jupiter Carmelus Heliopolitanus y fut apparemment célébré. La caverne haute est mentionnée pour la première fois par des auteurs byzantins en rapport avec le monastère de Sainte Marguerite construit durant le 5ème ou 6ème siècle, et détruit par les Perses de Khosro II Parviz en 614.

4.1.3. La Source d'Elie : Des recherches archéologiques récentes ont mis à jour les imposants vestiges d'un monastère avec ses dépendances et d'une chapelle près de la source d'Elie qui jaillit dans la vallée du Wadi 'ain es-Siah. Il s'agit probablement des ruines du premier monastère érigé par les ermites latins, et en faveur duquel le pape Urbain IV publia en 1263 un bulle recommandant aux fidèles de contribuer financièrement à la construction.

4.1.4. La Caverne Basse : La caverne basse, surnommée " l'école des prophètes ", renferme plusieurs centaines de graffitis grecs païens datant probablement du 2ème siècle av. JC et témoignant qu'à l'époque hellénique elle a pu être le centre d'un culte dédié à Adonis ou Tammouz et lié à la fertilité. Au 1er siècle de l'ère chrétienne, Vespasien, alors commandant en chef des légions romaines durant la guerre contre les juifs, y fit pratiquer des sacrifices pour savoir si les augures étaient favorables à ses visées impériales. Au 6ème siècle, les Byzantins édifièrent sur ce site le monastère de Saint Elie, en même temps que celui de Sainte Marguerite sur le l'esplanade du promontoir. Puis une petite église fut ensuite construite à l'extérieure de la caverne durant les croisades et dans le flanc gauche de cette grande caverne fut creusé un oratoire dédié à la Madonne, car selon la légende la Sainte Famille y aurait passé une nuit en revenant de son exil en Egypte. L'époque arabe apporta de nouvelles légendes concernant El-Khader (le Vert ou l'Immortel) et la vénération du site par les Druzes et les Arabes. Après avoir été un sanctuaire successivement païen, chrétien et musulman, cette grande caverne d'Elie longtemps négligée des juifs est aujourd'hui transformée en synagogue.
Dans son " Voyage en Orient ", l'écrivain français Lamartine, écrivit en date du 22 octobre 1832 : " Journée de repos passée au monastère du mont Carmel ou à parcourir les sites de la montagne et les grottes d'Elie et des prophètes. La principale de ces grottes, évidemment taillée de main d'homme dans le roc le plus dur, est une salle d'une prodigieuse élévation ; elle n'a d'autre vue que la mer sans bornes, et on y entend d'autre bruit que celui des flots qui se brisent continuellement contre l'arrête du cap. Les traditions disent que c'était là l'école où Elie enseignait les sciences des mystères et des hautes poésies. L'endroit était admirablement choisi, et la voix du pieux prophète, maître de toute une innombrable génération de prophètes, devait majestueusement retentir dans le sein creusé de la montagne qu'il sillonnait de tant de prodiges et à laquelle il a laissé son nom. " (cité dans : Carmel, le mont du retour p.15)

4.2. Histoire de l'Odre Monastique du Carmel

4.2.1. Les Premiers Ermites Latins : Les premières notices historiques sur la réunion d'ermites latins au Mont Carmel se trouvent dans le livre du moine grec Phocas, rédigé en 1185 (P.G. t.CXXXIII Acta Sanctorum t.II maii p.I-VIII, cité dans le Dictionnaire de Théologie Catholique). Après avoir donné quelques informations sur la montagne sainte, Phocas écrit : " En cet endroit, il y eut autrefois un grand édifice dont les ruines existent encore ; le temps qui n'épargne rien et les invasions ennemies l'ont presque entièrement détruit. Depuis peu de temps, un moine aux cheveux blancs, revêtu de la dignité sacerdotale et venu de Calabre, fixa sa demeure à la suite d'une vision du prophète Elie, dans les masures de cet édifice ; il y construisit un petit rempart avec une tour et une chapelle et réunit environ dix frères autour de lui ; il y habite encore aujourd'hui ".
Pour sa part, Benjamin de Tuleda, qui visita les lieux saints en 1163, rapporte qu'en son temps il existait déjà une chapelle près de la grotte d'Elie, bâtie en l'honneur du prophète par deux fils d'Edom (c'est ainsi qu'il désignait Aymeric et Berthold).
Et Jacques de Vitry, évêque de Saint Jean d'Acre, écrit vers 1220, que " d'autres ermites, à l'exemple et à l'imitation du prophète Elie, homme saint et solitaire, vivaient dans la retraite sur le Mont Carmel, principalement dans cette portion de montagne qui domine la ville de Porphyre appelée aujourd'hui Caïffa (Haïfa) ; ils habitaient de petites cellules dans les rochers, auprès de la fontaine d'Elie, et non loin du monastère de la bienheureuse Marguerite, tels que des abeilles du Seigneur, faisant un miel d'une douceur toute spirituelle. " (Histoire des Croisades 1829 p.89 et suivantes, cité dans le Dictionnaire de Théologie Catholique)
Les fouilles archéologiques effectuées sur le Mont Carmel font penser qu'à l'époque des croisades le couvent originel des ermites latins se trouvait à côté de la source d'Elie, à l'entrée du vallon du Wadi 'ain es-Siah, alors que l'esplanade du promontoir était plutôt occupée par les moines grecs orthodoxes qui reconstruisirent un petit monastère sur les ruines de l'ancien.
N'ayant pas de saint fondateur comme les autres congrégations, les ermites du Mont Carmel se consacrèrent à la Vierge Marie et firent remonter leurs origines à Elie et Elisée par une succession ininterrompue d'anachorètes considérés comme les " Carmes de l'Ancienne Alliance " (Hb 11/37-38), tels que les esséniens et les thérapeutes dont parlèrent Pline, Josèphe, Philon et Eusèbe. La tradition carmélitaine donne au fondateur historique de la congrégation des ermites du Mont Carmel le nom de Berthold de Solignac (+1198), qui aurait été parent d'Aymeric de Malifaye, patriarche d'Antioche (1141-1193 ?).
Son successeur, Broccard, demande et obtient vers 1207 du patriarche de Jérusalem, Saint Albert de Verceil, une règle très courte et mieux adaptée à leur vie érémitique et contemplative que celle de Saint Augustin apparemment suivie jusqu'alors. Dans cette règle originelle, il est ordonné " d'avoir un prieur, d'avoir des cellules séparées les unes des autres, d'y demeurer et d'y vaquer jour et nuit à l'oraison, d'y réciter les Heures ou des Pater, si l'on ne sait pas lire, de bâtir un oratoire au milieu des cellules pour y entendre la messe en commun chaque matin, de tenir châpitre chaque dimanche, de jeûner de l'Exaltation de la Sainte Croix à Pâques, de faire abstinence perpétuelle, de travailler de ses mains, de garder le silence de Vêpres à Tierce du jour suivant. " (Bruno de Jésus-Marie, Etudes Carmélitaines XX p.6-7, cité dans le Dictionnaire d'Histoire et de Géographie Ecclésiastiques)
Malheureusement, cette règle n'eut pas le temps d'être officiellement approuvée avant le 4ème Concile de Latran (1215) qui interdit d'établir de nouveaux ordres religieux dans l'Eglise, et les ermites du Carmel furent contraints de lutter pour survivre face aux prélats de Terre Sainte qui contestaient leur existence en tant que congrégation. La confirmation tant attendue survint enfin le 30 janvier 1226, selon la légende après que le pape Honorius III eut été sévèrement admonesté par une apparition de la Vierge Marie, sous la protection de laquelle s'étaient placés les ermites du Carmel. Cette règle primitive fut de nouveau confirmée en 1229 par le pape Grégoire IX, qui interdit cependant aux Carmes de recevoir des biens immobiliers et des rentes, infléchissant ainsi l'évolution de l'ordre initialement érémitique en ordre mendiant.
Les Carmes ne se répandirent que très lentement en Terre Sainte et dès 1238, à la suite des revers militaires éprouvés par les Croisés, ils commencèrent d'essaimer en Occident. Bien qu'épargnés dans un premier temps par les musulmans, sans doute à cause de leur vénération pour le prophète Elie, les Carmes perdirent les uns après les autres tous leurs établissements de Palestine et de Syrie jusqu'à la prise de Saint-Jean-d'Acre avec le destruction finale du Monastère du Carmel et le massacres de tous ses moines en 1291. Cet événement tragique marqua la fin de la présence des Carmes en Orient pour plusieurs siècles.

4.2.2. L'Ordre en Europe : Replié en Europe, l'ordre se propagea rapidement à travers la chrétienté mais dut s'adapter aux conditions de vie occidentales et la règle fut modifiée par Saint Simon Stock, puis définitivement approuvée vers 1247 par une bulle du pape Innocent IV définissant l'appellation officielle des " Frères de Notre-Dame du Mont Carmel ".
Le 2ème Concile de Lyon (1274), qui supprima de nombreuses communautés, mis une nouvelle fois en péril l'existence de l'Ordre de Carmes, mais celui-ci survécut finalement grâce au soutient des papes Honorius IV et Boniface VIII. Les Carmes subirent l'influence des Dominicains et modelèrent leurs institutions sur les leurs, orientant leur ordre initialement mendiant et contemplatif vers l'enseignement et les missions.
Le pape Eugène IV se vit contraint d'adoucir en 1431 les rigueurs de la règle originelle, ce qui entraîna une scission entre les " observantins " et les " conventuels ou mitigés ". La branche féminine des Carmélites fut fondée en 1451 par Jean Soreth, réformée par Sainte Thérèse d'Avila puis approuvée par le pape Pie IV en 1562.
Pour palier les nombreux dérèglements survenus dans l'ordre monastique au fil du temps et retrouver l'esprit originel, une réforme fut effectuée en 1564 par Saint Jean de la Croix (1542-1591), selon les conseils et sous l'influence de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582). Ainsi furent fondés les " Carmes déchaux ou déchaussés ", ainsi appelés parce qu'ils allaient pieds nus dans leurs sandales. Ces Carmes de la nouvelle observance furent affranchis de toute dépendance à l'égard de l'ancien ordre par le pape Clément VIII en 1593.

4.2.3. Le Retour en Terre Sainte : Malgré plusieurs tentatives au cours des siècles, l'ordre ne put reprendre définitive-ment pied sur le Mont Carmel que le 29 novembre 1631, lorsque l'émir Ahmed Turabay accorda au carme déchaux Prosper du Saint-Esprit (Martin Garayzabal) l'autorisation de reconstruire un couvent sur le Mont Carmel.
Celui-ci aménagea d'abord pour la vie communautaire quelques grottes situées aux alentours de " l'école des prophètes ", mais dû bientôt chercher un autre emplacement à cause de l'hostilité des mulsulmans qui considéraient que ce sanctuaire était le leur. Il choisit et aménagea donc en couvent une autre grotte située plus haut sur la pente du promontoir et appelée la " grottes des disciples d'Elie ", où les Carmes déchaux vécurent durant 130 ans.
Au terme d'une lutte d'influence contre les moines grecs orthodoxes et les religieux musulmans, les Carmes déchaux reçurent finalement en 1767 l'autorisation de reconstruire un monastère sur l'esplanade du promontoire, au dessus de la caverne haute d'Elie. Des rapports postérieurs aux croisades racontent que des visiteurs entraient dans cette caverne par le dessus pour voir le lit de pierre d'Elie. D'autres rapports du 17ème siècle indiquent que l'on creusa d'abord une fenêtre, puis une porte, et que finalement tout le pan rocheux occidental fut entièrement enlevé, y compris le passage par où Elie descendait probablement dans son lieu de retraite. Le carme déchaux Jean-Baptiste de Saint Alexis (Bertoldo Antonio Gioberti) reconstruisit de 1767 à 1774 un monastère avec une chapelle, dont le maître autel fut élevé à l'aplomb de cette grotte. Eglise et monastère furent dynamités en 1821 par 'Abdu'lláh Páshá et reconstruits par le carme déchaux Jean-Baptiste du Très Saint Sacrement (Charles Casini) de 1827 à 1836. Le complexe actuel est communément appelé Stella Maris, d'après le nom du phare voisin construit en 1867.

4.2.4. La Voie Mystique du Carmel : Les hommes et les femmes qui suivirent la voie du Carmel le firent en réponse à une triple vocation : humaine, baptismale et monastique.
Une vocation humaine à la création en participant à l'œuvre de Dieu, pour que Son amour et Sa justice soient manifestées sur terre malgré le péché originel. La règle du Carmel rend obligatoire la travail manuel ou intellectuel pour participer à l'évolution du monde (Gn 2/15), gagner ses moyens de subsistance (Gn 3/19), et se tenir éloigné de l'oisiveté et des tentations du Malin. Mais ce travail doit être effectué en silence et dans un esprit de service pour devenir une ascèse conduisant à la liberté du corps, du cœur et de l'esprit sans laquelle il n'y a pas d'évolution spirituelle.
La vocation baptismale est de vivre en Jésus-Christ et de suivre son exemple avec foi et espérance. C'est cette foi qui guide l'amant à travers le vide et l'obscurité des sens et de l'esprit jusqu'à la beauté de l'Aimé, comme l'a décrit Saint Jean de la Croix dans ses œuvres mystiques " la Montée du Carmel " et " la Nuit Obscure ", car Dieu est tellement lumineux qu'Il en devient pour nous ténèbres, " comme l'éclat du soleil aveugle la chauve-souris ".
C'est cette foi qui justifie et permet de prononcer les vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance de la vocation monastique. Cette démarche n'est pas une soumission passive à une contrainte extérieure mais un choix libre et conscient d'abandon à la volonté divine, dépouillant le cœur de tout ce qui n'est pas Dieu, le transformant en temple du Saint-Esprit. (1° Co 6/19-20)
La règle du Carmel tente d'harmoniser deux modes de vie apparemment incompatibles : la vie érémitique et contemplative d'une part, la vie cénobitique et apostolique d'autre part. Le silence quotidien, la solitude des cellules monacales et la clôture isolant le monastère du reste du monde permettent la vie de prière et de contemplation indispensable pour être à l'écoute du souffle divin, mais le véritable silence s'épanouit dans l'annonce de la Parole de Dieu (1° Rois 19/9-18), et la solitude authentique s'élargit en une communion mystique universelle. La vie du Carmel est une vie dans l'Eglise, avec l'Eglise, pour l'Eglise - ce " corps vivant " du Christ qui embrasse le monde entier dans l'universel - et les forces puisées dans la prière et la contemplation trouvent leur accomplissement dans la vie missionnaire et l'enseignement.
Ainsi vécurent les religieux du Carmel, générations après générations, contemplant et chantant les merveilles de Dieu, œuvrant pour qu'apparaissent enfin de " nouveaux cieux " et une " nouvelle terre " (Es 65/17-25, Ap 21/1-4), et priant pour que le Christ revienne bientôt " dans la gloire de son Père ". (Mc 8/38)

5. ET LE CARMEL VIT LA GLOIRE DE YHWH (Es 35/1-2)

5.1. Le Bàb :

La Perse du 19ème siècle agonisait dans les ténèbres de l'ignorance, du fanatisme et de la corruption. Mais dans la nuit du 22 au 23 mai 1844, une lumière éblouissante dissipa cette obscurité spirituelle, un tremblement de terre éventra les sépulcres des dogmes poussiéreux et la Parole de Dieu ramena les morts à la vie. (Coran 36/51, 39/69, 50/41-42, 78/17-20, 79/6-7, 82/1-4)
Cette nuit-là, un jeune marchand persan de Shíráz nommé Mírzá 'Alí Muhammad et surnommé le Báb ( en arabe : " La Porte ", 1819-50 ) annonça qu'il était le Mihdí attendu par tous les musulmans au Jour de la Résurrection. Sa parole se répandit comme un feu à travers la Perse et entraîna immédiatement de la part des autorités politiques et ecclésiastiques une persécution d'une cruauté et d'une sauvagerie inouïes. Après des années d'emprisonnement, le Báb fut fusillé à Tabríz le 9 juillet 1850.
En apparence, le feu allumé par le Báb dans le cœur des hommes n'avait produit que des cendres, mais sur cette terre calcinée il sema l'espoir de la venue imminente du " Promis de tous les Âges ". Comme Saint Jean-Baptiste, le Báb annonça la venue de la Lumière de Dieu sur terre, et comme lui, il traça les mots de cette bonne nouvelle avec son sang. (Es 40/3-5, Ml 3/1 et 4/5-6, Mt 14/1-12, Jn 1/6-10)

5.2. Bahà'u'llàh

5.2.1. Son Exil et Son Message : Parmi les plus éminents disciples du Báb se trouvait Mírzá Husayn 'Alí Núrí (1817-92), fils d'un ministre du Sháh, qui fut enchaîné durant plusieurs mois dans la sinistre prison souterraine de Téhéran. C'est dans ce Síyáh-Chál (" la fosse ou le trou noir "), vers la fin de l'année 1852, qu'une révélation mystique lui fit prendre conscience de son rôle messianique et adopter le surnom de Bahá'u'lláh, ce qui signifie en arabe " la Gloire, la Splendeur, la Lumière de Dieu ".
Voici comment il rapporte lui-même ces événements : " Je n'étais qu'un homme comme les autres, endormi sur ma couche, et voici que les brises du Très-Glorieux ont soufflé sur moi et m'ont donné la connaissance de tout ce qui a été. Cela ne vient pas de moi mais de Celui qui est Tout-Puissant et Omniscient. Et Il m'a ordonné d'élever la voix entre la terre et les cieux; et pour cela, il m'est advenu ce qui a fait couler les larmes de tout homme de discernement... Je ne suis qu'une feuille agitée par les vents de la volonté de ton Seigneur, le Tout-Puissant, le Très-Glorifié... Son irrésistible appel m'a atteint et m'a fait célébrer ses louanges parmi tous les peuples. J'étais vraiment comme un mort lorsque son comman- dement fut énoncé. La main de la volonté de ton Seigneur, le Compatissant, le Miséricordieux, m'a transformé...Par ma vie ! ce n'est pas de ma propre volonté que je me suis révélé moi-même, mais c'est Dieu qui, de son propre choix, m'a manifesté...Chaque fois que je choisissais de rester en paix et d'être silencieux, voilà que la Voix du Saint-Esprit, se tenant sur ma droite, me réveillait. Le Plus-Grand Esprit apparaissait devant mon visage, Gabriel me couvrait de son ombre, et L'Esprit de Gloire s'agitait au fond de moi-même, m'ordonnant de me lever et de rompre mon silence." (Dieu passe près de nous p.127-128)
Considérant son illustre lignage et de ses relations influentes, ses persécuteurs eurent peur de l'exécuter comme ses compagnons, et ils se résignèrent à l'exiler le plus loin possible en espérant sa mort. N'est-il pas étonnant de constater que l'on puisse suivre pas à pas sa destinée à travers certains passages de l'Ancien Testament ?
Ainsi, Esaïe prophétisa que : " Bientôt celui qui est courbé sous les fers sera délivré ; il ne mourra pas dans la fosse, et son pain ne lui manquera pas. Je suis l'Eternel, ton Dieu, qui soulève la mer et fais mugir les flots. L'Eternel des Armées est son nom. Je mets mes paroles dans ta bouche, et je te couvre de l'ombre de ma main, pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre, et dire à Sion : tu es mon peuple ! " (Es 51/14-16)
Et dans son livre, Ezéchiel révèle qu'après avoir quitté le Temple, la " Gloire de Dieu " ( en arabe : Bahá'u'lláh ) y revient en passant par la porte (en arabe : Báb) qui était du côté de l'Orient, pour y résider éternellement (Ez 43/1-7). Ezéchiel raconte que c'est la troisième fois qu'il a cette vision de la " Gloire de Dieu ", où il discerne comme une " figure d'homme " (Ez 1/26-28)
Bien que cette prophétie fut faite durant l'exil de Juda à Babylone, il semble difficile de la rapporter uniquement à l'édification matérielle du second Temple, puisque celui-ci fut détruit complètement, alors que la " Gloire de Dieu " doit y résider éternellement parmi les hommes. Ne peut-on y voir plutôt l'annonce symbolique de la venue de l'Esprit de Dieu dans un temple humain, un Prophète, comme le fit Jésus-Christ en se comparant au Temple ou à la Porte par laquelle arrive le salut ? (Jn 2/18-22 et 10/1-9)
Enfin, le Prophète Michée (Mi 7/11-15) annonça encore plus précisément à Israël que : " Le jour où l'on rebâtira tes murs, ce jour-là tes limites seront reculées. " Or, dans la seconde moitié du 19ème siècle, les juifs commencèrent à revenir en Palestine pour rebâtir leur pays, et un mouvement missionnaire chrétien d'une ampleur sans précédent propagea la connaissance de la Bible à travers le monde entier. "En ce jour, on viendra vers toi de l'Assyrie et des villes d'Egypte, de l'Egypte jusqu'au fleuve, d'une mer à l'autre, et d'une montagne à l'autre. " A la même époque, Bahá'u'lláh fut exilé de Téhéran à Bagdad (1853-63), où il se retira un temps comme ermite dans les montagnes du Kurdistan (1854-56). Puis il traversa l'antique Assyrie et la Mer Noire jusqu'à Constantinople (Istanbul) et Andrinople ( Edirne, 1863-68 ), et enfin la Méditerranée jusqu'à l'Egypte et la Palestine, où il fut exilé jusqu'à sa mort à Saint Jean d'Acre ('Akká ou Akko, 1868-92), près du Mont Carmel et d'un fleuve côtier. " Le pays sera dévasté à cause de ses habitants, à cause du fruit de leurs œuvres. Pais ton peuple avec ta houlette, le troupeau de ton héritage, qui habite solitaire dans la forêt au milieu du Carmel ! Qu'ils paissent sur le Basan et en Galaad, comme aux jours d'autrefois. Comme au jour où tu sortis du pays d'Egypte, je te ferai voir des prodiges. " Tout comme il s'écoula 40 ans entre la sortie d'Egypte et l'entrée dans la Terre Promise de Canaan, le ministère de Bahá'u'lláh dura 40 années (1852-92) durant lesquelles il fut le Bon Pasteur du Carmel et révéla des prodiges.
Bahá'u'lláh affirma sans ambiguïté, avec force et constance, qu'il est le " Promis de tous les Âges ", attendu par les fidèles de chaque religion pour établir à la " fin des temps " " l'âge d'or " ou le "royaume de Dieu " sur terre : il est le Messie fils de David " Eternel des Armées " pour les juifs, le retour de Jésus-Christ pour les chrétiens et les musulmans, Sháh Bahrám pour les zoroastriens, le 5ème Bouddha Maytreya pour les bouddhistes et le 10ème Avatar de Krishna pour les hindouistes.
Voici ce qu'il écrit sur ce " Retour " : " O vous, les Juifs ! Si vous voulez crucifier une seconde fois Jésus, l'Esprit de Dieu, mettez-moi tout de suite à mort, car Il s'est, en ma personne, manifesté à vous une seconde fois. Traitez-moi comme il vous plaira, car j'ai fait vœu de sacrifier ma vie dans le chemin de Dieu. Je ne saurais craindre personne, même si toutes les puissances de la terre se liguaient contre moi. Et vous, disciples de l'Évangile, s'il vous plaît de tuer Muhammad, l'Apôtre de Dieu, saisissez-vous de moi et me mettez à mort, car je suis Lui et ma personne est identique à Sa personne. Traitez-moi selon votre bon plaisir, car la plus profonde aspiration de mon cœur est d'accéder à la présence de mon Bien-Aimé, dans Son royaume de gloire. Tel est le divin décret, si vous le voulez savoir. Et vous, disciples de Muhammad, si vous vous sentez le désir de cribler de balle la poitrine de Celui qui vous a fait envoyer Son livre, le Bayán, portez sur moi les mains et me persécutez, car je suis Son Bien-Aimé, la manifestation de Sa propre personne, quoique mon nom ne soit pas Son nom. Je suis venu enveloppé des nuées de la gloire, et Dieu m'a investi d'une invincible souveraineté. Il est, en vérité, l'Omniscient. J'attends vraiment de vous le traitement que vous avez accordé à Celui qui est venu avant moi. De cela toutes choses portent témoignage, si vous êtes de ceux qui écoutent. Et vous, enfin, disciples du Bayán, si vous avez résolu de verser le sang de Celui dont le Báb a proclamé la venue, de qui Muhamad a prophétisé l'avènement après que Jésus-Christ Lui-même en eût annoncé la révélation, me voici devant vous, tout prêt et sans défense. Agissez envers moi selon votre bon plaisir. " (Extraits des Ecrits de Bahà'u'llàh p.67-68)
Ces explications éclairent d'un jour nouveau les apparentes contradictions entre les paroles de Saint Jean-Baptiste et celles de Jésus-Christ à propos de l'identité du premier : bien que Jean répondit aux juifs qu'il n'était pas physiquement Elie, mais " la voix de celui qui crie dans le désert " (Jn 1/19-23), Jésus-Christ affirma qu'il était bien spirituellement l'Elie qui doit venir avant le Messie, car Jean-Baptiste manifestait l'esprit, la puissance et les qualités d'Elie. (Mt 11/13-14 et 17/10-13)
Si vous exigiez de Bahá'u'lláh des miracles comme preuves d'une telle prétention, quel sens cela pourrait-il avoir quand les évangiles révèlent que même les faux prophètes peuvent en faire ( 2° Th 2/9 et Mt 24/24) et que Jésus réprimanda Thomas pour n'avoir pas cru sans avoir vu ? (Jn 20/26-29) Comparant symboliquement les Prophètes aux arbres, Jésus-Christ conseilla d'examiner leurs fruits pour distinguer les bons des mauvais (Mt 7/15-20) : que fit donc Bahá'u'lláh, quels fruits donna cet " Arbre de Vie " (Ap 22/1-2) et quelles tempêtes dut-il affronter ?
Sacrifiant ses biens et sa liberté, endurant avec patience les maux du corps causés par les mauvaises conditions de détention et une tentative d'empoisonnement, et les maux du cœur infligés par la haine et la trahison de son entourage, Bahá'u'lláh répandit à travers le Moyen-Orient son message de paix, d'amour et de justice (Es 9/5-7 et 11/1-12, Jn 16/12-15). L'aura qui émanait de sa personne et la douceur de ses paroles étaient telles qu'il entrait dans chaque ville comme une bête enchaînée en proie à l'animosité de tous et en repartait comme un souverain régnant sur les cœurs de ses anciens ennemis.
Ce n'est qu'en 1863, à Bagdad, que Bahá'u'lláh révéla à son entourage la réalité de sa Mission divine reçue 10 ans plutôt dans la prison souterraine de Téhéran, et il attendit jusqu'en 1867, lors de son exil à Andrinople, pour l'annoncer au monde entier par une succession de lettres et d'épîtres adressées aux chefs politiques et religieux des grandes puissances de l'époque.
Bahá'u'lláh estime lui-même que l'ensemble de ses Ecrits occupe une centaine de volumes, dont le cœur est constitué par les épîtres appelées Kitáb-i-Íqán (le Livre de la Certitude, 1862) et Kitáb-i-Aqdas (le Livre le Plus Saint, 1873), ainsi que par les Tablettes révélées après ce dernier. L'essence de son message est que la cause et le but ultime de tout ce qui existe dans l'univers sont la Parole et l'Amour de Dieu, qui est et restera à jamais au-delà de toute compréhension, description ou louange humaines, et qui Se manifeste à travers Ses Envoyés afin de devenir visible, audible et compréhensible pour les hommes. (Jn 14/7-10)
Il écrit ainsi : " Pour tout cœur éclairé, il est évident que Dieu, l'Essence inconnaissable, l'Être divin, est immensément exalté au-dessus de tout attribut humain, tel qu'existence corporelle et faculté de monter et de descendre, d'entrer et de sortir. Il serait tout à fait incompatible avec Sa gloire que le langage des hommes pût adéquatement célébrer Sa louange, ou que le cœur humain fut capable de pénétrer Son insondable mystère. Il est et a toujours été voilé dans l'éternité de Son Essence, et Il restera éternellement caché aux yeux des hommes. Nul regard ne peut Le saisir, mais Lui saisit tout ; Il est le Subtil, Celui qui perçoit tout. La porte de toute connaissance de l'Ancien des jours se trouvant ainsi fermée à la face de tous les êtres, fidèle à la promesse qu'Il a donnée par ces paroles : "Sa grâce a surpassé toutes choses, ma grâce les a toutes embrassées", Celui qui est la Source de grâce infinie a fait surgir du royaume de l'esprit, sous la forme du temple humain, ces gemmes lumineuses de sainteté, et Il les a manifestées aux hommes, pour qu'elles puissent communiquer au monde les mystères de l'Être immuable et lui expliquer les subtilités de Son impérissable Essence. Ces purs miroirs, ces aurores de l'ancienne gloire sont, tous sans exception, les représentants sur la terre de Celui qui est l'Orbe central de l'univers, qui en représente l'Essence et la Fin dernière. De Lui procèdent leur science et leur puissance ; de Lui procède leur souveraineté. La beauté de leur visage n'est qu'un reflet de Son image, et leur révélation n'est qu'un signe de Sa gloire immortelle. Ils sont les dépositaires de la science divine et de la céleste sagesse. Par eux est transmise une grâce infinie et révélée une lumière qui ne saurait faiblir ".( Extraits des Ecrits de Bahà'u'llàh p.32-33)
Bahá'u'lláh compare cette suite ininterrompue de prophètes à des médecins parfaitement sages et compétents qui prescrivent les remèdes les mieux adaptés aux divers stades de croissance de l'humanité : " Contemple de ton œil interne la chaîne des Manifestations successives qui relie la manifestation d'Adam à celle du Báb. J'atteste devant Dieu que toutes furent envoyées par l'opération de la volonté divine, que chacune d'elles a apporté un message spécifique et a reçu un livre spécial de révélation divine, avec mission de dévoiler les mystères d'une puissante tablette. La mesure de la révélation à laquelle chacune d'elle s'est identifiée avait été préordonnée de manière précise. Et cela est un gage de notre faveur envers elles, si vous êtes de ceux qui peuvent comprendre cette vérité(...)Les prophètes de Dieu doivent être considérés comme des médecins dont la tâche est d'accroître le bien-être du monde et de ses peuples, afin de guérir, par l'esprit d'unité, la maladie d'une humanité divisée. Personne n'a le droit de mettre en doute leurs paroles ni de discuter leur conduite, car ils sont les seuls qui puissent prétendre avoir compris le malade et diagnostiqué exactement son cas. Il n'est point d'homme, si intelligent soit-il, à qui il soit permis d'atteindre les sommets où s'est élevée la sagesse du Médecin divin. Rien d'étonnant en conséquence, si ce Médecin prescrit aujourd'hui un remède différent de celui qu'il a ordonné autrefois. Comment en pourrait-il être autrement, alors que la maladie exige pour chacune des ses phases un traitement particulier ? De même, toutes les fois que les prophètes de Dieu ont illuminé le monde de l'éclat resplendissant de l'Étoile du Matin de la science divine, c'est invariablement par les moyens les plus convenables à l'âge où ils apparaissent qu'ils ont appelé les peuples à embrasser la Lumière de Dieu. Ils ont pu de la sorte dissiper les ténèbres de l'ignorance et répandre sur le monde la gloire de leur science. Et comme, d'autre part, leur seul et unique objet a toujours été, dans toutes les dispensations, de guider les égarés et d'apporter la paix aux affligés, c'est vers leur intime essence que tout homme doué de discernement doit d'abord tourner ses regards. " (Extraits des Ecrits de Bahà'u'llàh p.50-51, 54)

5.2.2 Un Nouveau Monde : L'évolution est à la base de l'univers : tout ce qui existe apparaît, se développe jusqu'à sa maturité, puis dépérit pour finalement disparaître en donnant naissance à quelque chose que l'on espère meilleur et supérieur. Ainsi en est-il des sociétés humaines que l'on peut comparer à un œuf : tout comme l'œuf fécondé par les informations génétiques se détruit pour donner naissance au poussin qui lui est supérieur, l'ancienne société décadente " fécondée " par la Parole divine ( lôgos dans le texte grec de la Bible Septante ) se transforme en une autre société plus parfaite et plus développée. Grâce au Verbe divin transmis par Moïse, un troupeau d'esclaves devint un peuple célèbre au temps de Salomon pour sa puissance et ses qualités ; par la parole de Dieu que révéla Jésus-Christ, l'empire romain décadent donna naissance à la civilisation chrétienne occidentale qui explora l'univers de l'atome aux étoiles ; et sous l'influence du Message Divin annoncé par Muhammad, les sauvages tribus d'Arabie acquirent une culture éblouissante qui fut le flambeau de l'humanité durant des siècles.
Les religions nous apparaissent diverses car elles aussi sont soumises à la loi de l'évolution et sont constituées de deux parties : l'une est intangible, éternelle, et rappelle les qualités spirituelles nécessaires à l'homme (Mt 5/17-19) ; l'autre traite des lois sociales indispensables au bon fonctionnement de la société et doit se modifier pour s'adapter au temps, au lieu et à l'évolution des peuples (Mt 9/16-17). Il est clair que la Parole divine transmise par chaque Prophète en son temps fut une source de vie, de paix et de savoir pour l'humanité de l'époque (Jn 1/1-4 et 6/22-58). Grâce à elle, les hommes s'éduquèrent et réalisèrent succes- sivement l'unité des familles, des tribus, des royaumes et des nations, tant matériellement que spirituellement.
L'Humanité est actuellement au seuil d'une civilisation mondiale et il est devenu évident que les anciennes recettes ne réussiront pas à résoudre ses problèmes actuels. Aura-t-elle besoin d'une religion nouvelle ou " rénovée " pour réaliser son unité à l'échelle de la planète ? A cette question répondirent affirmativement le Báb et Bahá'u'lláh, qui donna dans le Kitáb-i-Aqdas et les Tablettes complémentaires révélées postérieurement des recommandations et des lois nouvelles pour que l'Humanité guérisse de ses maux et atteigne sa maturité dans l'amour, la paix, l'unité et la justice. Tout comme une graine minuscule contient en puissance l'arbre le plus parfait avec toutes ses branches, ses feuilles, ses fleurs et ses fruits, ce " plan divin " fera naître peu à peu une nouvelle société d'une inconcevable grandeur, accomplissant ainsi les prophéties de l'Ancien et du Nouveau Testaments...(Es 11/1-12, Mc 4/26-32, Ap 21 et 22)
A propos de ces grands bouleversements historiques, Bahá'u'lláh écrivit : " L'équilibre du monde a été bouleversé par la vibrante influence de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. La vie ordonnée de l'humanité a été révolutionnée par l'action de cet unique et merveilleux système, dont les yeux des mortels n'ont jamais vu l'équivalent. " (Kitàb-i-Aqdas verset 181) " Le monde est en travail, son agitation croît de jour en jour. Il est tourné vers l'incroyance et la perversité. Mais tel sera son sort, que Nous ne jugeons ni à propos, ni convenable de le dévoiler maintenant. Il s'obstinera longtemps encore dans sa perversité, et quand l'heure fixée sera venue, soudainement, apparaîtra ce qui fera trembler les membres de l'humanité. Alors, et alors seulement, sera déployé le divin étendard ; alors, et alors seulement, le Rossignol des cieux fera entendre sa pure mélodie.(...) Sache que l'essence de justice et la source d'où elle dérive s'incarnent dans les préceptes prescrits par Celui qui est la manifestation de Dieu Lui-même parmi les hommes, si vous êtes de ceux qui reconnaissent cette vérité. Il personnifie vraiment pour toute la création, le modèle par excellence de la justice. Même si sa loi devait semer l'épouvante dans le cœur de tous ceux qui sont au ciel et sur la terre, cette loi ne serait encore que justice manifeste. Les troubles et les terreurs que la révélation de cette loi peut jeter dans les cœurs sont comparables aux cris d'effroi du bébé privé du sein de sa mère, si vous êtes de ceux qui comprennent. Si les hommes pouvaient pénétrer l'intention profonde de la révélation divine, ils rejetteraient toutes craintes, et leurs cœurs se rempliraient même d'allégresse et de gratitude. " (Extraits des Ecrits de Bahà'u'llàh p.79 et 115)
Le message de Bahá'u'lláh fut considéré à l'époque comme les rêveries fantaisistes d'un utopiste, mais l'évolution historique et sociale des 150 dernières années en démontra pleinement la valeur et l'exactitude. De " nouveaux cieux " et une " nouvelle terre " apparurent vraiment à partir de 1844, car les connaissances de l'humanité évoluèrent plus au cours de cette période que dans les millénaires précédents. Tout se passa comme si une éruption de sève spirituelle avait subitement fait éclore une floraison de nouvelles connaissances et apporté une moisson de progrès scientifiques, techniques et culturels. La découverte et l'application des forces cachées de la nature dans les domaines de l'énergie, du transport, des communications, de l'industrie et de la médecine transformèrent l'homme en démiurge et son monde en un " village planétaire ". Les conflits sociaux et militaires successifs, qui ébranlèrent les autorités traditionnelles et disloquèrent les anciens empires, suscitèrent la reconnaissance universelle des " Droits de l'Homme " et la prise de conscience d'une mondialisation inexorable dans tous les domaines de l'activité humaine. Les hommes revendiquent et conquièrent pas à pas le droit aux soins et à l'éducation pour tous, la protection des enfants et des travailleurs, la libération de la femme et l'abolition de l'esclavage, et enfin le droit de vote dans un système politique démocratique assurant la liberté de conscience et d'expression. Ils abandonnent progressivement les préjugés ancestraux et instaurent des organisations supranationales (SDN, ONU, UE) pour tenter d'assurer la paix grâce à une coopération et à un dialogue intercommu- nautaires.
Tout cela avait été annoncé et décrit bien avant l'heure par Bahá'u'lláh, dont le Message pourrait se résumer par l'expression " Unité dans la Diversité " : " Le Grand Être dit : Ô bien-aimés ! Le tabernacle de l'unité est dressé ; ne vous considérez pas comme des étrangers. Vous êtes les fruits d'un seul arbre, les feuilles d'une seule branche (...) Le Grand Être, désireux de révéler les conditions nécessaires à la paix et à la tranquillité du monde ainsi qu'au progrès de ses peuples, a écrit : Le temps doit venir où la nécessité impérieuse d'une vaste assemblée qui embrasse tous les hommes sera universellement reconnue. Les rois et les dirigeants de la terre devront impérativement y assister et, en prenant part à ses délibérations, ils devront considérer les voies et les moyens de poser les fondements de la grande paix du monde parmi les hommes. Une telle paix nécessitera de la part des grandes puissances la résolution de se réconcilier complètement, au nom de la tranquillité des peuples de la terre. Et si un roi prend les armes contre un autre, tous conjointement devraient se lever et l'en empêcher. Si cela se faisait, les nations du monde n'auraient plus besoin d'autres armements que ceux qui sont nécessaires pour préserver la sécurité de leurs royaumes et maintenir l'ordre intérieur sur leurs territoires. Ceci assurera la paix et la quiétude de tout peuple, gouverne- ment et nation. Nous caressons l'espoir que les rois et les dirigeants de la terre, miroirs du gracieux et tout-puissant nom de Dieu, parviennent à ce rang et protègent l'humanité des assauts de la tyrannie (...) Le jour approche où tous les peuples du monde auront adopté une seule langue universelle et un seul alphabet commun. Lorsque cela sera réalisé, quelle que soit la ville où un homme se rendra, ce sera comme s'il pénétrait dans sa propre demeure. Ces choses sont obligatoires et absolument essentielles. Il incombe à chaque homme d'intuition et de compréhension de s'efforcer de traduire en réalité et en actes ce qui est écrit (...) Est en fait un homme celui qui, aujourd'hui, se consacre au service de la race humaine toute entière. Le Grand Être dit : Béni et heureux l'homme qui se lève pour promouvoir les meilleurs intérêts des peuples et des familles de la terre. Dans un autre passage, Il a proclamé : Il n'appartient pas à celui qui aime sa patrie de s'enorgueillir, mais plutôt à celui qui aime le monde entier. La terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens. " (Tablettes de Bahà'u'llàh p. 172-176)

5.2.3. Saint-Jean d'Acre et le Carmel : Bahá'u'lláh arriva à Saint Jean d'Acre ('Akká) le 31 août 1868 et fut sévèrement incarcéré dans la caserne de cette ville jusqu'au 23 juin 1870. Il fut alors autorisé à en sortir pour vivre en résidence surveillée dans la ville-même, et finalement, à partir de septembre 1879, en dehors de la ville dans le manoir de Bahjí. Bahá'u'lláh visita pour la première fois Haïfa en août 1883, puis il y revint au printemps 1890 et en été 1891.
C'est durant cette dernière période qu'il planta sa tente sur le Mont Carmel, comme point d'orgue à une longue et ancienne tradition, et indiqua lui-même le lieu où sera élevé le Mausolée du Báb. Un jour de l'été 1891, il gravit le promontoire du Carmel et dressa sa tente à quelques centaines de mètres à l'est du monastère des carmes qu'il visita, ainsi sans doute que la caverne d'Elie. C'est à l'emplacement de ce campement qu'il révéla la " Tablette du Carmel " (Lawh-i-Karmil), et que juste à l'est de celui-ci sera construit le futur Temple ( Mashriqu'l-Adhkár ) du Centre Mondial Bahá'í.
ahá'u'lláh s'éteignit le 29 mai 1892 au manoir de Bahjí, où il est inhumé. Son testament, ouvert et lu 9 jours plus tard devant témoins, désigna son fils 'Abdu'l-Bahá (Serviteur de Bahá, 1844-1921) comme successeur et unique interprète autorisé de ses Ecrits.

5.3. 'Abdu'l-Bahà 'Abbàs

Après des années d'efforts et de tourments, ce dernier fit élever à l'endroit indiqué par son Père le mausolée destiné à accueillir les saintes reliques du Báb, qui avaient été recueillies subrepticement la nuit-même de son exécution et cachées successivement en différents lieux jusqu'en 1898. Elles furent transférées en Terre Sainte le 31 janvier 1899 et furent finalement déposées dans le sarcophage de marbre du mausolée le 21 mars 1909. Le mausolée du Báb devint alors " un foyer d'illumination et de pouvoirs divins,...sur ce Vignoble de Dieu (Carmel) considéré comme sacré depuis des temps immémoriaux, flanqué à l'ouest par la Caverne d'Elie, à l'est par les montagnes de Galilée (que parcourut le Christ), ...et face à la cité de Saint Jean d'Acre au-delà de laquelle se trouve le Tombeau le plus sacré, le Cœur, la Qiblih du monde bahá'í. " (Dieu passe près de nous p.346)
La révolution des Jeunes Turcs libéra 'Abdu'l-Bahá de sa prison en 1908 et lui permit de voyager à travers l'Europe et l'Amérique du Nord de 1911 à 1913 pour répandre le Message de son Père. Il revint en Terre Sainte à la veille de la première Guerre Mondiale, durant laquelle ses conseils avisés et son action énergique sauvèrent de la famine les habitants de la région. Il en fut remercié par les autorités britanniques, qui lui conférèrent le titre de Chevalier (Sir 'Abdu'l-Bahá 'Abbás, K.B.E.) le 27 avril 1920.
Le 14 février 1914, 'Abdu'l-Bahá fit à Haïfa une prophétie concernant les deux villes jumelles de Saint Jean d'Acre ('Akká) et de Haïfa : " Plus tard, l'immense étendue qui sépare 'Akká de Haïfa sera recouverte de bâtiments, les deux cités se rejoindront, se serrant les mains, formant les deux extrémités d'une puissante métropole. En regardant maintenant ce paysage, je vois clairement qu'il deviendra l'un des premiers centres commerciaux du monde. Cette grande baie semi-circulaire sera transformée en une rade splendide où les vaisseaux de tous pays viendront chercher abri et refuge. De grands navires venant de partout aborderont dans ce port, leurs ponts chargés de milliers et de milliers d'hommes et de femmes de toutes les parties du globe. La montagne et la plaine seront dotées de palais et d'édifices des plus modernes. Des industries s'y développeront et plusieurs institutions à caractère philanthropique y seront fondées. Les fleurs des diverses civilisations et des cultures de toutes les nations seront implantées ici pour y mêler leurs parfums et illuminer la voie de la fraternité humaine. Des vergers, des jardins, des bosquets et des parcs merveilleux seront aménagés partout. Pendant la nuit, la grande ville sera entièrement illuminée à l'électricité. Le port d'Akká à Haïfa formera une traînée lumineuse. Des phares puissants placés des deux côtés du Mont Carmel guideront les navires dans la rade. Le Mont Carmel lui-même sera submergé de haut en bas par un océan de lumière. Du sommet du Mont Carmel et des ponts des paquebots qui s'en approcheront, on assistera au plus sublime et au plus majestueux spectacle du monde. Des hauteurs de la montagne, la symphonie de louanges " Yá Bahá'u'l-Abhá " résonnera ; et dès avant l'aurore, une musique pénétrant l'âme, accompagnée de voix mélodieuses, montera vers le trône du Tout-Puissant. En vérité, les voies de Dieu sont mystérieuses et impénétrables. Quelle relation apparente existe-t-il entre Shíráz et Téhéran, Bagdad et Constantinople, Andrinople, 'Akká et Haïfa ? Dieu a travaillé patiemment, pas à pas, à travers ces diverses villes, selon son propre plan, précis et éternel, afin que s'accomplissent les prophéties et les prédictions des prophètes. Le fil d'or des promesses réservées au millenium messianique se déroule à travers toute la Bible, et il était écrit que Dieu le fît paraître à son heure. Pas un seul mot ne restera privé de sens ni d'accomplissement. " (Bahà'u'llàh et l'ère nouvelle p;259-260)
'Abdu'l-Bahá s'éteignit à Haïfa le 28 novembre 1921 et fut inhumé dans une des pièces du mausolée du Báb. Avec lui s'achevait " l'âge héroïque ou apostolique " de la Foi Bahá'íe et commençait celui de " l'âge de formation ou de transition " avec son petit-fils Shoghi Effendi Rabbání désigna dans son testament comme le " Gardien de la Cause de Dieu " et unique interprète de ses Ecrits et de ceux de Bahá'u'lláh.

5.4. Shoghì Effendì Rabbànì

Celui-ci poursuivit l'œuvre entreprise par ses aïeux en affermissant et développant la Foi Bahá'íe à travers le monde, aidé par d'éminents collaborateurs appelés les " Mains de la Cause de Dieu ". Il travailla aussi à concrétiser la vision d'Abdu'l-Bahá en débutant de gigantesques travaux d'aménagement du Mont Carmel, en particulier l'embellissement du mausolée du Báb et des jardins alentours, accomplissant ainsi les prophéties d'Esaïe : " Je ferai jaillir des fleuves sur les collines, et des sources au milieu des vallées ; je changerai le désert en étang, et la terre aride en courants d'eau ; je mettrai dans le désert le cèdre, l'acacia, le myrte et l'olivier ; je mettrai dans les lieux stériles le cyprès, l'orme et le buis, tous ensemble ; afin qu'ils voient, qu'ils sachent, qu'ils observent et considèrent que la main de l'Eternel a fait ces choses, que le Saint d'Israël en est l'auteur. " (Es 41/18-20) " Lève-toi, sois éclairée, car ta lumière arrive, et la gloire de l'Eternel se lève sur toi. Voici, les ténèbres couvrent la terre, et l'obscurité les peuples ; mais sur toi l'Eternel se lève, sur toi sa gloire apparaît. Des nations marchent à ta lumière, et des rois à la clarté de tes rayons. La gloire du Liban viendra sur toi, le cyprès, l'orme et le buis, tous ensemble, pour orner le lieu de mon sanctuaire, et je glorifierai la place où repose mes pieds. " (Es 60/1-3, 13)
Shoghi Effendi s'éteignit à Londres le 4 novembre 1957 et est enterré dans le cimetière londonien de New Southgate. Depuis sa mort, plus personne ne détient l'autorité d'interprétation des Ecrits bahá'ís et la direction de la Communauté est devenue collégiale, temporairement d'abord avec les " Mains de la Cause de Dieu ", puis définitivement en 1963 après la première élection des neuf membres composant la "Maison Universelle de Justice ".

5.5. La Maison Universelle de Justice

Cette institution fut décrétée par Bahá'u'lláh dans le Kitáb-i-Aqdas pour guider la Communauté et légiférer sur les points où les Ecrits sont restés silencieux. Cette instauration de la " Maison Universelle de Justice " sur le mont Carmel coïncida avec le centenaire de la révélation que fit Bahá'u'lláh de sa mission à Bagdad, en 1863, et réveilla les échos lointains des paroles d'Esaïe :
" Il arrivera, dans la suite des temps, que la montagne de la maison de l'Eternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu'elle s'élèvera par-dessus les collines,et que toutes les nations y afflueront." (Es 2/2)
" Je rétablirai tes juges tels qu'ils étaient autrefois, et tes conseillers tels qu'ils étaient au commencement. Après cela, on t'appellera ville de la justice, Cité fidèle. " (Es 1/26)
" Le palais est abandonné, la ville bruyante est délaissée ; la colline et la tour serviront à jamais de cavernes ; les ânes sauvages y joueront, les troupeaux y paîtront, jusqu'à ce que l'Esprit soit répandu d'en haut sur nous, et que le désert se change en verger, et que le verger soit considéré comme une forêt. Alors la droiture habitera dans le désert, et la justice aura sa demeure dans le verger (Carmel). L'œuvre de la justice sera la paix, et le fruit de la justice le repos et la sécurité pour toujours. " (Es 32/14-17)
Dès lors, les travaux sur le Mont Carmel n'ont pas cessé pour que le grandiose projet architectural et spirituel du Centre Mondial Bahá'í soit mené à son terme en l'an 2000, année symboliquement chargée de terreur et d'espoir. Marquera-t-elle réellement la " Fin du Monde " ou, plutôt, la fin d'un ancien monde, d'une époque révolue ? L'humanité se brûlera-t-elle les ailes au feu de ses passions, comme un papillon affolé par la lampe, ou s'envolera-t-elle vers son apogée, attirée par l'aube d'une ère nouvelle se levant sur le Mont Carmel ?
L'histoire ne fait que commencer...

6. TABLETTE DU CARMEL

(Cette Tablette, dont le nom original en arabe est " Lawh-i-Karmil ", fut révélée par Bahá'u'lláh au cours de l'été 1891, alors qu'il campait sur le Mont Carmel : c'est un dialogue entre Dieu et le Mont Carmel à travers sa plume.) (Tablettes de Bahà'u'llàh p.3-5)

" Toute gloire soit à ce jour, jour où les fragances de la miséricorde ont été répandues sur toutes choses créées, jour tant béni que les âges et les siècles passés ne pourront jamais espérer égaler, jour où la face de l'Ancien des jours s'est tournée vers son siège sacré. Alors, on entendit les voix de toutes les créatures et, au-delà, celles du concours céleste proclamer : Hâte-toi, ô Carmel, car voici que la lumière de la face de Dieu, le Souverain du royaume des noms et le Façonneur des cieux, s'est levé sur toi.
Saisi de transports de joie et élevant haut la voix, il s'exclama : Puisse ma vie t'être offerte en sacrifice puisque tu as fixé ton regard sur moi, tu m'as comblé de ta bonté et tu as dirigé tes pas vers moi. Ma séparation d'avec toi, ô toi, Source de vie éternelle, m'a presque consumé, et mon éloignement de ta présence a réduit mon âme en cendres. Loué sois-tu pour m'avoir permis d'entendre ton appel, pour m'avoir honoré de tes pas et pour avoir ranimé mon âme par la fragance vivifiante de ton jour et la voix stridente de ta Plume, voix que tu décrétas être le vibrant appel de ta trompette parmi ton peuple. Et lorsque sonna l'heure qui devait rendre ton irrésistible foi manifeste, tu insufflas à ta Plume un souffle de ton Esprit, et ainsi la création toute entière fut ébranlée jusque dans ses fondements mêmes, dévoilant à l'humanité des mystères recelés dans les trésors de celui qui possède toutes les choses créées.
Aussitôt que sa voix eut atteint le lieu le plus exalté, nous répondîmes : Rends grâce à ton Seigneur, ô Carmel. Le feu de ta séparation d'avec moi te consumait rapidement lorsque l'océan de ma présence surgit devant ton visage, encourageant tes yeux et ceux de toute la création, remplissant d'allégresse toutes choses visibles et invisibles. Réjouis-toi, car Dieu en ce jour a établi son trône sur toi, a fait de toi l'aurore de ses signes et la source des témoignages de sa révélation. Heureux celui qui gravite autour de toi, qui proclame la révélation de ta gloire et relate combien la bonté du Seigneur ton Dieu t'a comblé. Saisis le calice de l'immortalité au nom de ton Seigneur, le Très-Glorieux, et rends-Lui grâce, parce qu'Il a, en gage de sa miséricorde à ton égard, transformé ta peine en allégresse, ton chagrin en joie sereine. En vérité, Il chérit ce lieu qui est devenu le siège de son trône, que ses pas ont marqué, qui a été honoré par sa présence, d'où Il éleva son appel et sur lequel Il répandit ses larmes.
Appelle Sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle : Celui qui était caché aux yeux des mortels est venu ! Sa souveraineté conquérante est manifeste ; son universelle splendeur est révélée. Prends garde d'hésiter ou de t'arrêter. Hâte-toi et fais le tour de la cité de Dieu qui est descendue du ciel, la céleste Kaaba, qu'ont entourée en adoration les élus de Dieu, les cœurs purs et l'assemblée des anges les plus exaltés. Oh, combien j'ai hâte d'annoncer en chaque lieu de la terre et d'apporter à chacune de ses villes la bonne nouvelle de sa révélation - révélation qui a attiré le cœur du Sinaï et au nom de laquelle le Buisson ardent proclame : " C'est à Dieu, le Seigneur des seigneurs, qu'appartiennent les royaumes des cieux et de la terre. " En vérité, voici le jour où la terre et la mer se réjouissent de cette annonce, le jour pour lequel ont été accumulées ces choses que Dieu, dans sa bonté inconcevable à l'esprit ou au cœur du mortel, a réservé pour être révélées. Bientôt Dieu conduira son arche vers toi et rendra manifeste le peuple de Bahá, mentionné dans le Livre des Noms.
Sanctifié soit le Seigneur de toute l'humanité ; tous les atomes de la terre ont été façonnés pour vibrer à la mention de son nom, et la Langue de grandeur s'est animée pour révéler ce qui avait été enfoui dans sa connaissance et dissimulé dans le trésor de sa puissance. Par la force de son nom, le Tout-Puissant, le Très-Haut, Il est, en vérité, le Souverain de tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre ".

7. REFERENCES BIBLIQUES
Traduction de Louis Segond à partir des textes originaux hébreux et grecs.

Genèse 2/15 : L'Eternel prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Eden pour le cultiver et pour le garder.

Genèse 3/19 : C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retourne dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.

Lévitique 11/13-15 : (13) Voici, parmi les oiseaux, ceux que vous aurez en abomination, et dont on ne mangera pas : l'aigle, l'orfraie et l'aigle de mer ; (14) le milan, l'autour et ce qui est de son espèce ; (15) le corbeau et toutes ses espèces.

Lévitique 17/10-16 : (10) Si un homme de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux mange du sang d'une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. (11) Car la vie de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il serve d'expiation pour vos âmes, car c'est par la vie que le sang fait expiation. (12) C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Personne d'entre vous ne mangera du sang, et l'étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera pas de sang. (13) Si quelqu'un des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu de vous prend à la chasse un animal ou un oiseau qui se mange, il en versera le sang et le couvrira de poussière. (14) Car la vie de toute chair, c'est son sang, qui est en elle. c'est pourqoiu j'ai dit aux enfants d'Israël : Vous ne mangerez le sang d'aucune chair ; car la vie de toute chair, c'est son sang : quiconque en mangera sera retranché. (15) Toute personne indigène ou étrangère, qui mangera d'une bête morte ou déchirée, lavera ses vêtements, se lavera dans l'eau, et sera impure jusqu'au soir ; puis elle sera pure. (16) Si elle ne lave pas ses vêtements, et ne lave pas son corps, elle portera la peine de sa faute.

Deutéronome 14/11-14 : (11) Vous mangerez tout oiseau pur. (12) Mais voici ceux dont vous ne mangerez pas : l'aigle, l'orfraie et l'aigle de mer; (13) le milan, l'autour, le vautour et ce qui est de son espèce; (14) le corbeau et toutes ses espèces;

1° Livre des Rois 16/29-33 : (29) Achab, fils d'Omri, régna sur Israël, la trente-huitième année d'Asa, roi de Juda. Achab, fils d'Omri, régna vingt-deux ans sur Israël à Samarie. (30) Achab, fils d'Omri, fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui. (31) Et comme si c'était pour lui peu de chose de se livrer aux péchés de Jéroboam, fils de Nebtah, il prit pour femme Jézabel, fille d'Ethbaal, roi des Sidoniens, et il alla servir Baal et se prosterner devant lui. (32) Il éleva un autel à Baal dans la maison de Baal qu'il bâtit à Samarie, (33) et il fit une idole d'Astarté. Achab fit plus encore que tous les rois d'Israël qui avaient été avant lui, pour irriter l'Eternel, le Dieu d'Israël.

1° Livre des Rois 17/2-24 : (2) Et la parole de Dieu fut adressée à Elie, en ces mots : (3) Pars d'ici, dirige-toi vers l'Orient, et cache-toi près du torrent de Kerith, qui est en face du Jourdain. (4) Tu boiras de l'eau du torrent, et j'ai ordonné aux corbeaux de te nourrir là. (5) Il partit et fit selon la parole de l'Eternel, et il alla s'établir près du torrent de Kerith, qui est en face du Jourdain. (6) Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, et du pain et de la viande le soir, et il buvait l'eau du torrent. (7) Mais au bout d'un certain temps le torrent fut à sec, car il n'était point tombé de pluie dans le pays. (8) Alors la parole de l'Eternel lui fut adressée en ces mots : (9) Lève-toi, va à Sarepta, qui appartient à Sidon, et demeure là. Voici, j'y ai ordonné à une femme veuve de te nourir. (10) Il se leva, et il alla à Sarepta. Comme il arrivait à l'entrée de la ville, voici, il y avait là une femme veuve qui ramassait du bois. Il l'appela, et dit : Va me chercher, je te prie, un peu d'eau dans un vase, afin que je boive. (11) Et elle alla en chercher. Il l'appela de nouveau, et dit : Apporte-moi, je te prie, un morceau de pain dans ta main. (12) Et elle répondit : L'Eternel, ton Dieu, est vivant ! je n'ai rien de cuit, je n'ai qu'une poignée de farine dans un pot et un peu d'huile dans une cruche. et voici, je ramasse deux morceaux de bois, puis je rentrerai et je préparerai cela pour moi et pour mon fils ; nous mangerons, après quoi nous mourrons. (13) Elie lui dit : Ne craint point, rentre, fait comme tu as dit. Seulement, prépare-moi d'abord avec cela un petit gâteau, et tu me l'apporteras ; tu en feras ensuite pour toi et ton fils. (14) Car ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël : La farine qui est dans le pot ne manquera point et l'huile qui est dans la cruche ne diminuera point, jusqu'au jour où l'Eternel fera tomber de la pluie sur la face du sol. (15) Elle alla, et elle fit selon la parole d'Elie. (16) La farine qui était dans le pot ne manqua point, et l'huile qui était dans la cruche ne diminua point, selon la parole que l'Eternel avait prononcée par Elie. (17) Après ces choses, le fils de la femme, maîtresse de la maison, devint malade, et sa maladie fut si violente qu'il ne resta plus en lui de respiration. (18) Cette femme dit alors à Elie : Qu'y-a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour rappeler le souvenir de mon iniquité, et pour faire mourir mon fils ? (19) Il lui répondit : Donne-moi ton fils. Et il le prit du sein de la femme, le monta dans la chambre haute où il demeurait, et le coucha sur son lit. (20) Puis il invoqua l'Eternel, et dit : Eternel, mon Dieu, est-ce que tu t'affligerais, au point de faire mourir son fils, même cette veuve chez qui j'ai été reçu comme un hôte ? (21) Et il s'étendit trois fois sur l'enfant, invoqua l'Eternel, et dit : Eternel, mon Dieu, je t'en prie, que l'âme de cet enfant revienne au-dedans de lui ! (22) L'Eternel écouta la voix d'Elie, et l'âme de l'enfant revint au-dedans de lui, et il fut rendu à la vie. (23) Elie prit l'enfant, le descendit de la chambre haute dans la maison, et le donna à sa mère. Et Elie dit : Vois, ton fils est vivant. (24) Et la femme dit à Elie : Je reconnais maintenant que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l'Eternel dans ta bouche est vérité.

1° Livre des Rois 18/4,17-46 : (4) et lorsque Jézabel extermina les prophètes de l'Eternel, Abdias prit cent prophètes qu'il cacha cinquante par cinquante dans une caverne, où il les avait nourris de pain et d'eau (17) A peine Achab aperçut-il Élie qu'il lui dit: Est-ce toi, qui jettes le trouble en Israël ? (18) Élie répondit: Je ne trouble point Israël; c'est toi, au contraire, et la maison de ton père, puisque vous avez abandonné les commandements de l'Éternel et que tu es allé après les Baals. (19) Fais maintenant rassembler tout Israël auprès de moi, à la montagne du Carmel, et aussi les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes d'Astarté qui mangent à la table de Jézabel. (20) Achab envoya des messagers vers tous les enfants d'Israël, et il rassembla les prophètes à la montagne du Carmel. (21) Alors Élie s'approcha de tout le peuple, et dit: Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés? Si l'Éternel est Dieu, allez après lui; si c'est Baal, allez après lui! Le peuple ne lui répondit rien. (22) Et Élie dit au peuple: Je suis resté seul des prophètes de l'Éternel, et il y a quatre cent cinquante prophètes de Baal. (23) Que l'on nous donne deux taureaux; qu'ils choisissent pour eux l'un des taureaux, qu'ils le coupent par morceaux, et qu'ils le placent sur le bois, sans y mettre le feu; et moi, je préparerai l'autre taureau, et je le placerai sur le bois, sans y mettre le feu. (24) Puis invoquez le nom de votre dieu; et moi, j'invoquerai le nom de l'Éternel. Le dieu qui répondra par le feu, c'est celui-là qui sera Dieu. Et tout le peuple répondit, en disant: C'est bien ! (25) Élie dit aux prophètes de Baal: Choisissez pour vous l'un des taureaux, préparez-le les premiers, car vous êtes les plus nombreux, et invoquez le nom de votre dieu; mais ne mettez pas le feu. (26) Ils prirent le taureau qu'on leur donna, et le préparèrent; et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu'à midi, en disant: Baal réponds nous! Mais il n'y eut ni voix ni réponse. Et ils sautaient devant l'autel qu'ils avaient fait. (27) A midi, Élie se moqua d'eux, et dit: Criez à haute voix, puisqu'il est dieu; il pense à quelque chose, ou il est occupé, ou il est en voyage; peut-être qu'il dort, et il se réveillera. (28) Et ils crièrent à haute voix, et ils se firent, selon leur coutume, des incisions avec des épées et avec des lances, jusqu'à ce que le sang coulât sur eux. (29) Lorsque midi fut passé, ils prophétisèrent jusqu'au moment de la présentation de l'offrande. Mais il n'y eut ni voix, ni réponse, ni signe d'attention. (30) Élie dit alors à tout le peuple: Approchez-vous de moi! Tout le peuple s'approcha de lui. Et Élie rétablit l'autel de l'Éternel, qui avait été renversé. (31) Il prit douze pierres d'après le nombre des tribus des fils de Jacob, auquel l'Éternel avait dit: Israël sera ton nom; (32) et il bâtit avec ces pierres un autel au nom de l'Éternel. Il fit autour de l'autel un fossé de la capacité de deux mesures de semence. (33) Il arrangea le bois, coupa le taureau par morceaux, et le plaça sur le bois. (34) Puis il dit: Remplissez d'eau quatre cruches, et versez-les sur l'holocauste et sur le bois. Il dit: Faites-le une seconde fois. Et ils le firent une seconde fois. Il dit: Faites-le une troisième fois. Et ils le firent une troisième fois. (35) L'eau coula autour de l'autel, et l'on remplit aussi d'eau le fossé. (36) Au moment de la présentation de l'offrande, Élie, le prophète, s'avança et dit: Éternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël ! que l'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j'ai fait toutes ces choses par ta parole! (37) Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c'est toi, Éternel, qui es Dieu, et que c'est toi qui ramènes leur coeur ! (38) Et le feu de l'Éternel tomba, et il consuma l'holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l'eau qui était dans le fossé. (39) Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et dirent: C'est l'Éternel qui est Dieu! C'est l'Éternel qui est Dieu! (40) Saisissez les prophètes de Baal, leur dit Élie; qu'aucun d'eux n'échappe ! Et ils les saisirent. Élie les fit descendre au torrent de Kison, où il les égorgea. (41) Et Élie dit à Achab: Monte, mange et bois; car il se fait un bruit qui annonce la pluie. (42) Achab monta pour manger et pour boire. Mais Élie monta au sommet du Carmel; et, se penchant contre terre, il mit son visage entre ses genoux, (43) et dit à son serviteur: Monte, regarde du côté de la mer. Le serviteur monta, il regarda, et dit: Il n'y a rien. Élie dit sept fois: Retourne. (44) A la septième fois, il dit: Voici un petit nuage qui s'élève de la mer, et qui est comme la paume de la main d'un homme. Élie dit: Monte, et dis à Achab: Attelle et descends, afin que la pluie ne t'arrête pas. (45) En peu d'instants, le ciel s'obscurcit par les nuages, le vent s'établit, et il y eut une forte pluie. Achab monta sur son char, et partit pour Jizreel. (46) Et la main de l'Éternel fut sur Élie, qui se ceignit les reins et courut devant Achab jusqu'à l'entrée de Jizreel.

1° Livre des Rois 19/1-18 : (1) Achab rapporta à Jézabel tout ce qu'avait fait Élie, et comment il avait tué par l'épée tous les prophètes. (2) Jézabel envoya un messager à Élie, pour lui dire: Que les dieux me traitent dans toute leur rigueur, si demain, à cette heure, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d'eux ! (3) Élie, voyant cela, se leva et s'en alla, pour sauver sa vie. Il arriva à Beer Schéba, qui appartient à Juda, et il y laissa son serviteur. (4) Pour lui, il alla dans le désert où, après une journée de marche, il s'assit sous un genêt, et demanda la mort, en disant: C'est assez! Maintenant, Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. (5) Il se coucha et s'endormit sous un genêt. Et voici, un ange le toucha, et lui dit: Lève-toi, mange. (6) Il regarda, et il y avait à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées et une cruche d'eau. Il mangea et but, puis se recoucha. (7) L'ange de l'Éternel vint une seconde fois, le toucha, et dit: Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi. (8) Il se leva, mangea et but; et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, à Horeb. (9) Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l'Éternel lui fut adressée, en ces mots: Que fais-tu ici, Élie ? (10) Il répondit: J'ai déployé mon zèle pour l'Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie. (11) L'Éternel dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l'Éternel ! Et voici, l'Éternel passa. Et devant l'Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l'Éternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre. (12) Et après le tremblement de terre, un feu: l'Éternel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. (13) Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici, Élie ? (14) Il répondit: J'ai déployé mon zèle pour l'Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie. (15) L'Éternel lui dit: Va, reprends ton chemin par le désert jusqu'à Damas; et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour roi de Syrie. (16) Tu oindras aussi Jéhu, fils de Nimschi, pour roi d'Israël; et tu oindras Élisée, fils de Schaphath, d'Abel Mehola, pour prophète à ta place. (17) Et il arrivera que celui qui échappera à l'épée de Hazaël, Jéhu le fera mourir; et celui qui échappera à l'épée de Jéhu, Élisée le fera mourir. (18) Mais je laisserai en Israël sept mille hommes, tous ceux qui n'ont point fléchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne l'a point baisé.

1° Livre des Rois 21/1-26 : (1) Après ces choses, voici ce qui arriva. Naboth, de Jizreel, avait une vigne à Jizreel, à côté du palais d'Achab, roi de Samarie. (2) Et Achab parla ainsi à Naboth: Cède-moi ta vigne, pour que j'en fasse un jardin potager, car elle est tout près de ma maison. Je te donnerai à la place une vigne meilleure; ou, si cela te convient, je te paierai la valeur en argent. (3) Mais Naboth répondit à Achab: Que l'Éternel me garde de te donner l'héritage de mes pères ! (4) Achab rentra dans sa maison, triste et irrité, à cause de cette parole que lui avait dite Naboth de Jizreel: Je ne te donnerai pas l'héritage de mes pères ! Et il se coucha sur son lit, détourna le visage, et ne mangea rien. (5) Jézabel, sa femme, vint auprès de lui, et lui dit: Pourquoi as-tu l'esprit triste et ne manges-tu point ? (6) Il lui répondit: J'ai parlé à Naboth de Jizreel, et je lui ai dit: Cède-moi ta vigne pour de l'argent; ou, si tu veux, je te donnerai une autre vigne à la place. Mais il a dit: Je ne te donnerai pas ma vigne ! (7) Alors Jézabel, sa femme, lui dit: Est-ce bien toi maintenant qui exerces la souveraineté sur Israël? Lève-toi, prends de la nourriture, et que ton coeur se réjouisse; moi, je te donnerai la vigne de Naboth de Jizreel. (8) Et elle écrivit au nom d'Achab des lettres qu'elle scella du sceau d'Achab, et qu'elle envoya aux anciens et aux magistrats qui habitaient avec Naboth dans sa ville. (9) Voici ce qu'elle écrivit dans ces lettres: Publiez un jeûne; placez Naboth à la tête du peuple, (10) et mettez en face de lui deux méchants hommes qui déposeront ainsi contre lui: Tu as maudit Dieu et le roi! Puis menez-le dehors, lapidez-le, et qu'il meure. (11) Les gens de la ville de Naboth, les anciens et les magistrats qui habitaient dans la ville, agirent comme Jézabel le leur avait fait dire, d'après ce qui était écrit dans les lettres qu'elle leur avait envoyées. (12) Ils publièrent un jeûne, et ils placèrent Naboth à la tête du peuple; (13) les deux méchants hommes vinrent se mettre en face de lui, et ces méchants hommes déposèrent ainsi devant le peuple contre Naboth: Naboth a maudit Dieu et le roi! Puis ils le menèrent hors de la ville, ils le lapidèrent, et il mourut. (14) Et ils envoyèrent dire à Jézabel: Naboth a été lapidé, et il est mort. (15) Lorsque Jézabel apprit que Naboth avait été lapidé et qu'il était mort, elle dit à Achab: Lève-toi, prends possession de la vigne de Naboth de Jizreel, qui a refusé de te la céder pour de l'argent; car Naboth n'est plus en vie, il est mort. (16) Achab, entendant que Naboth était mort, se leva pour descendre à la vigne de Naboth de Jizreel, afin d'en prendre possession. (17) Alors la parole de l'Éternel fut adressée à Élie, le Thischbite, en ces mots: (18) Lève-toi, descends au-devant d'Achab, roi d'Israël à Samarie; le voilà dans la vigne de Naboth, où il est descendu pour en prendre possession. (19) Tu lui diras: Ainsi parle l'Éternel: N'es-tu pas un assassin et un voleur? Et tu lui diras: Ainsi parle l'Éternel: Au lieu même où les chiens ont léché le sang de Naboth, les chiens lécheront aussi ton propre sang. (20) Achab dit à Élie: M'as-tu trouvé, mon ennemi? Et il répondit: Je t'ai trouvé, parce que tu t'es vendu pour faire ce qui est mal aux yeux de l'Éternel. (21) Voici, je vais faire venir le malheur sur toi; je te balaierai, j'exterminerai quiconque appartient à Achab, celui qui est esclave et celui qui est libre en Israël, (22) et je rendrai ta maison semblable à la maison de Jéroboam, fils de Nebath, et à la maison de Baescha, fils d'Achija, parce que tu m'as irrité et que tu as fais pécher Israël. (23) L'Éternel parle aussi sur Jézabel, et il dit: Les chiens mangeront Jézabel près du rempart de Jizreel. (24) Celui de la maison d'Achab qui mourra dans la ville sera mangé par les chiens, et celui qui mourra dans les champs sera mangé par les oiseaux du ciel. (25) Il n'y a eu personne qui se soit vendu comme Achab pour faire ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, et Jézabel, sa femme, l'y excitait. (26) Il a agi de la manière la plus abominable, en allant après les idoles, comme le faisaient les Amoréens, que l'Éternel chassa devant les enfants d'Israël.

2° Livre des Rois 1/8-15 : (8) Ils lui répondirent : C'était un homme vêtu de poil et ayant une ceinture de cuir autour des reins. Et Achazia dit : C'est Elie, le Thischbite. (9) Il envoya vers lui un chef de cinquante avec ses cinquante hommes. Ce chef monta auprès d'Élie, qui était assis sur le sommet de la montagne, et il lui dit: Homme de Dieu, le roi a dit: Descends! (10) Élie répondit au chef de cinquante: Si je suis un homme de Dieu, que le feu descende du ciel et te consume, toi et tes cinquante hommes ! Et le feu descendit du ciel et le consuma, lui et ses cinquante hommes. (11) Achazia envoya de nouveau vers lui un autre chef de cinquante avec ses cinquante hommes. Ce chef prit la parole et dit à Élie: Homme de Dieu, ainsi a dit le roi: Hâte-toi de descendre! (12) Élie leur répondit: Si je suis un homme de Dieu, que le feu descende du ciel et te consume, toi et tes cinquante hommes ! Et le feu de Dieu descendit du ciel et le consuma, lui et ses cinquante hommes. (13) Achazia envoya de nouveau un troisième chef de cinquante avec ses cinquante hommes. Ce troisième chef de cinquante monta; et à son arrivée, il fléchit les genoux devant Élie, et lui dit en suppliant: Homme de Dieu, que ma vie, je te prie, et que la vie de ces cinquante hommes tes serviteurs soit précieuse à tes yeux ! (14) Voici, le feu est descendu du ciel et a consumé les deux premiers chefs de cinquante et leurs cinquante hommes: mais maintenant, que ma vie soit précieuse à tes yeux ! (15) L'ange de l'Éternel dit à Élie: Descends avec lui, n'aie aucune crainte de lui. Élie se leva et descendit avec lui vers le roi.

2° Livre des Rois 2/8-14 : (8) Alors Élie prit son manteau, le roula, et en frappa les eaux, qui se partagèrent çà et là, et ils passèrent tous deux à sec. (9) Lorsqu'ils eurent passé, Élie dit à Élisée: Demande ce que tu veux que je fasse pour toi, avant que je sois enlevé d'avec toi. Élisée répondit: Qu'il y ait sur moi, je te prie, une double portion de ton esprit ! (10) Élie dit: Tu demandes une chose difficile. Mais si tu me vois pendant que je serai enlevé d'avec toi, cela t'arrivera ainsi; sinon, cela n'arrivera pas. (11) Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre, et Élie monta au ciel dans un tourbillon. (12) Élisée regardait et criait: Mon père! mon père! Char d'Israël et sa cavalerie! Et il ne le vit plus. Saisissant alors ses vêtements, il les déchira en deux morceaux, (13) et il releva le manteau qu'Élie avait laissé tomber. Puis il retourna, et s'arrêta au bord du Jourdain; (14) il prit le manteau qu'Élie avait laissé tomber, et il en frappa les eaux, et dit: Où est l'Éternel, le Dieu d'Élie? Lui aussi, il frappa les eaux, qui se partagèrent çà et là, et Élisée passa.

Esaïe 9/5-6 : (5) Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. (6) Donner à l'empire de l'accroissement, et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l'affermir et le soutenir par le droit et la justice, dès maintenant et à toujours : Voilà ce que fera le zèle de l'Eternel des armées.

Esaïe 11/1-12 : (1) Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï -(Jessé, père de David)- et un rejeton naîtra de ses racines. (2) L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui : esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. (3) Il respirera la crainte de l'Eternel ; il ne jugera point sur l'apparence, il ne prononcera point sur l'ouï-dire. (4) Mais il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture un jugement sur les malheureux de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. (5) La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins. (6) Le loup habitera avec l'agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. (7) La vache et l'ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. (8) Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. (9) Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de l'Eternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. (10) En ce jour, le rejeton d'Isaï sera là comme une bannière pour les peuples ; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure. (11) Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main, pour racheter le reste de son peuple, dispersé en Assyrie et en Egypte, à Pathros et en Ethiopie, à Elam, à Schinear et à Hamath, et dans les îles de la mer. (12) Il élèvera une bannière pour les nations, Il rassemblera les exilés d'Israël, et il recueillera les dispersés de Juda, des quatre extrémités de la terre.

Esaïe 35/1-2 : (1) Le désert et le pays aride se réjouiront ; la solitude s'égaiera, et fleurira comme un narcisse ; (2) elle se couvrira de fleurs, et tressaillira de joie, avec chants d'allégresse et cris de triomphe ; la gloire du Liban lui sera donnée, la magnificence du Carmel et du Saron. Ils verront la gloire de l'Eternel, la magnificence de notre Dieu.

Esaïe 40/3-5 : (3) Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l'Eternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. (4) Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soit abaissées ! Que les coteaux se changent en plaine, et les défilés étroits en vallons ! (5) Alors la gloire de l'Eternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra ; car la bouche de l'Eternel a parlé.

Esaïe 65/17-25 : (17) Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rapellera plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l'esprit. (18) Réjouissez-vous plutôt et soyez toujours dans l'allégresse, à cause de ce que je vais créer ; car je vais créer Jérusalem pour l'allégresse, et son peuple pour la joie. (19) Je ferai de Jérusalem mon allégresse, et de mon peuple ma joie ; on n'y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. (20) Il n'y aura plus ni enfants ni vieillards qui n'accomplissent leurs jours ; car celui qui mourra à cent ans sera jeune, et le pêcheur âgé de cent ans sera maudit. (21) Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; ils planteront des vignes et en mangeront le fruit. (22) Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu'un autre les habite, ils ne planteront pas de vignes pour qu'un autre en mange le fruit ; car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres, et mes élus jouiront de l'oeuvre de leurs mains. (23) Ils ne travailleront pas en vain, et ils n'auront pas des enfants pour les voir périr ; car ils formeront une race bénie de l'Eternel, et leurs enfants seront avec eux. (24) Avant qu'ils m'invoquent, je répondrai ; avant qu'ils n'aient cessé de parler, j'exaucerai. (25) Le loup et l'agneau paîtront ensemble, le lion, comme le boeuf, mangera de la paille, et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte, dit l'Eternel.

Ezéchiel 1/26-28 : (26) Au-dessus du ciel qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose de semblable à une pierre de saphir, en forme de trône ; et sur cette forme de trône apparaissait comme une figure d'homme placé dessus en haut. (27) Je vis encore comme de l'airain poli, comme du feu, au-dedans duquel était cet homme, et qui rayonnait tout autour ; depuis la forme de ses reins jusqu'en haut, et depuis la forme de ses reins jusqu'en bas, je vis comme du feu, et comme une lumière éclatante, dont il était environné. (28) Tel l'aspect de l'arc qui est dans la nue en un jour de pluie, ainsi était l'aspect de cette lumière éclatante qui l'entourait : c'était une image de la gloire de l'Eternel. A cette vue, je tombai sur ma face, et j'entendis la voix de quelqu'un qui parlait.

Ezéchiel 43/1-7 : (1) Il me conduisit à la porte, à la porte qui était du côté de l'orient. (2) Et voici, la gloire du Dieu d'Israël s'avançait de l'orient. Sa voix était pareille au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de sa gloire. (3) Cette vision était semblable à celle que j'avais eue lorsque j'étais venu pour détruire la ville ; et ces visions étaient semblables à celle que j'avais eue près du fleuve Kebar. Et je tombais sur ma face. (4) La gloire de l'Eternel entra dans la maison par la porte qui était du côté de l'orient. (5) Alors, l'Esprit m'enleva et me transporta dans le parvis intérieur. Et voici, la gloire de l'Eternel remplissait la maison. (6) J'entendis quelqu'un qui me parlait depuis la maison, et un homme se tenait près de moi. (7) Il me dit : Fils de l'homme, c'est ici le lieu de mon trône, le lieu où je poserai la plante de mes pieds ; j'y habiterais éternellement au milieu des enfants d'Israël. La maison d'Israël et ses rois ne souilleront plus mon saint nom par leurs prostitutions et par les cadavres de leurs rois sur leurs hauts lieux.

Malachie 3/1 : Voici, j'enverrai mon messager ; il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de l'alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l'Eternel des armées.

Malachie 4/5-6 : (5) Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, avant que le jour de l'Eternel n'arrive, ce jour grand et redoutable. (6) Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d'interdit.

St Matthieu 5/17-19 : (17) Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pas pour abolir, mais pour accomplir. (18) Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. (19) Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appe lé grand dans le royaume des cieux.

St Matthieu 7/15-20 : (15) Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. (16) Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? (17) Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. (18) Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ou un mauvais arbre porter de bons fruits. (19) Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. (20) C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

St Matthieu 9/16-17 : (16) Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit ; car elle emporterait une partie de l'habit, et la déchirure serait pire. (17) On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent.

St Matthieu 11/13-14 : (13) Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu'à Jean ; (14) et, si vous voulez le comprendre, c'est lui qui est l'Elie qui devait venir.

St Matthieu 14/1-12 : (1) En ce temps-là, Hérode le tétrarque, ayant entendu parler de Jésus, dit à ses serviteurs : C'est Jean-Baptiste ! (2) Il est ressuscité des morts, et c'est pour cela qu'il se fait par lui des miracles. (3) Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l'avait lié et mis en prison, à cause d'Hérodias, femme de Philippe, son frère, (4) parce que Jean lui disait : Il ne t'est pas permis de l'avoir pour femme. (5) Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu'elle regardait Jean comme un prophète. (6) Or, lorsqu'on célébra l'anniversaire de la naissance d'Hérode, la fille d'Hérodias dansa au milieu des convives, et plut à Hérode, (7) de sorte qu'il promit avec serment de lui donner ce qu'elle demanderait. (8) A l'instigation de sa mère, elle dit : Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste. (9) Le roi fut attristé ; mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda qu'on la lui donne, (10) et il envoya décapiter Jean dans sa prison. (11) Sa tête fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. (12) Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l'ensevelirent. Et ils allèrent l'annoncer à Jésus.

St Matthieu 17/1-13 : (1) Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l'écart sur une haute montagne. (2) Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. (3) Et voici, Moïse et Elie leur apparurent, s'entretenant avec lui. (4) Pierre prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie. (5) Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit. Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le ! (6) Lorsqu'ils entendirent cette voix, les disciples tombèrent sur leur face, et furent saisis d'une grande frayeur. (7) Mais Jésus, s'approchant, les toucha, et dit : Levez-vous, n'ayez pas peur ! (8) Ils levèrent les yeux, et ne virent que Jésus seul. (9) Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts. (10) Les disciples lui posèrent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Elie doit venir premièrement ? (11) Il répondit : Il est vrai qu'Elie doit venir, et rétablir toutes choses. (12) Mais je vous dis qu'Elie est déjà venu, qu'ils ne l'ont pas reconnu, et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l'homme souffrira de leur part. (13) Les disciples comprirent alors qu'il leur parlait de Jean-Baptiste.

St Matthieu 24/24 : Car il s'élèvera de faux Christ et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus.

St Marc 4/26-32 : (26) Il dit encore : Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ; (27) qu'il dorme ou qu'il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu'il sache comment. (28) La terre produit d'elle-même, d'abord l'herbe, puis l'épi, puis le grain tout formé dans l'épi ; (29) et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. (30) Il dit encore : A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ? (31) Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu'on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ; (32) mais, lorsqu'il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre.

St Marc 8/38 : Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'Homme aura honte aussi de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges.

St Marc 9/2-8 : (2) Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, et il les conduisit seuls à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; (3) ses vêtements devinrent resplendissants, et d'une telle blancheur qu'il n'est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi. (4) Elie et Moïse leur apparurent, s'entretenant avec Jésus. (5) Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Rabbi, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie. (6) Car il ne savait que dire, l'effroi les ayant saisis. (7) Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! (8) Aussitôt les disciples regardèrent tout autour, et ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

St Luc 9/28-36 : (28) Environ huit jours après qu'il eut dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. (29) Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage changea, et son vêtement devint d'une éclatante blancheur. (30) Et voici, deux hommes s'entretenaient ave lui : C'étaient Moïse et Elie (31) qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qu'il allait accomplir à Jérusalem. (32) Pierre et ses compagnons étaient appesantis par le sommeil ; mais, s'étant tenus éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui. (33) Au moment où ces homme se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : Maître, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie. Il ne savait pas ce qu'il disait. (34) Comme il parlait ainsi, une nuée vint les couvrir ; et les disciples furent saisis de frayeur en les voyant entrer dans la nuée. (35) Et de la nuée sortit une voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le ! (36) Quand la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul. Les disciples gardèrent le silence, et ils ne racontèrent rien à personne, en ce temps-là, de ce qu'ils avaient vu.

St Jean 1/1-10, 19-27 : (1) Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. (2) Elle était au commencement avec Dieu. (3) Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. (4) En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. (5) La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. (6) Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. (7) Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. (8) Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière. (9) Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. (10) Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue. (19) Voici le témoignage de Jean, lorsque les juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander : Toi, qui es-tu ? (20) Il déclara, et sans restriction il affirma qu'il n'était pas le Christ. (21) Et ils lui demandèrent : Quoi donc ? Es-tu Elie ? Et il dit : Je ne le suis point. Es-tu le prophète ? Et il répondit : Non. (22) Ils lui dirent alors : Qui es-tu ? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même ? (23) Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Esaïe, le prophète. (24) Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. (25) Ils lui posèrent donc cette question : Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'est ni le Christ, ni Elie, ni le prophète ? (26) Jean leur répondit : Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi ; (27) je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers.

St Jean 2/18-22 : (18) Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? (19) Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. (20) Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! (21) Mais il parlait du temple de son corps. (22) C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite.

St Jean 6/22-58 : (22) La foule qui était restée de l'autre côté de la mer avait remarqué qu'il ne se trouvait là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu'ils étaient partis seuls. (23) Le lendemain, comme d'autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces, (24) les gens de la foule, ayant vu que ni Jésus ni ses disciples n'étaient là, montèrent eux-mêmes dans ces barques et allèrent à Capernaüm à la recherche de Jésus. (25) Et l'ayant trouvé au delà de la mer, ils lui dirent: Rabbi, quand es-tu venu ici ? (26) Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. (27) Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera; car c'est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau. (28) Ils lui dirent: Que devons-nous faire, pour faire les oeuvres de Dieu ? (29) Jésus leur répondit: L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. (30) Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi ? Que fais-tu ? (31) Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit: Il leur donna le pain du ciel à manger. (32) Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel; (33) car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. (34) Ils lui dirent: Seigneur, donne-nous toujours ce pain. (35) Jésus leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. (36) Mais, je vous l'ai dit, vous m'avez vu, et vous ne croyez point. (37) Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi; (38) car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. (39) Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. (40) La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour. (41) Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit: Je suis le pain qui est descendu du ciel. (42) Et ils disaient: N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère? Comment donc dit-il: Je suis descendu du ciel? (43) Jésus leur répondit: Ne murmurez pas entre vous. (44) Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et je le ressusciterai au dernier jour. (45) Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi. (46) C'est que nul n'a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu; celui-là a vu le Père. (47) En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. (48) Je suis le pain de vie. (49) Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. (50) C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. (51) Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. (52) Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: Comment peut-il nous donner sa chair à manger ? (53) Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous- mêmes. (54) Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour. (55) Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. (56) Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. (57) Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. (58) C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts: celui qui mange ce pain vivra éternellement.

St Jean 10/1-9 : (1) En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. (2) Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. (3) Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. (4) Lorsqu'il a fait sortir ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. (5) Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. (6) Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il parlait. (7) Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. (8) Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. (9) Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages.

St Jean 14/7-10 : (7) Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. (8) Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. (9) Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? (10) Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres.

St Jean 16/12-15 : (12) J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. (13) Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. (14) Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et il vous l'annoncera. (15) Tout ce que le Père a est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi, et qu'il vous l'annoncera.

St Jean 20/26-29 : (26) Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit : La paix soit avec vous ! (27) Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas des incrédules, mais crois. (28) Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : (29) parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et ont cru !

1° Epître aux Corinthiens 6/19-20 : (19) Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? (20) Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu.

2° epître aux Théssaloniciens 2/9 : L'apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers,

Epître aux Hébreux 11/37-38 : (37) ils furent lapidés, sciés, torturés ; ils moururent tués par l'épée ; ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités - (38) eux dont le monde n'était pas digne, - errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terres.

Apocalypse 21/1-4 : (1) Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparus, et la mer n'était plus. (2) Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux . (3) J'entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux.(4) Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n'y aura plus ni deuil, ni douleur, car les premières choses ont disparu.

Apocalypse 22/1-2 : (1) Et il me montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau. (2) Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations

8. REFERENCES CORANIQUES
Essai de traduction à partir du texte original arabe par Jacques Berque.

Coran 6/85 : et Zacharie, Jean-Baptiste et jésus, Elie, tous d'entre les justifiés

Coran 18/65-82 : (65) ils trouvèrent un adorateur d'entre les Miens que Nous avons gratifié d'une miséricorde d'auprès de Nous et instruit d'une Science de Notre sein (66) Moïse lui dit : "Te suivrai-je, à charge que tu m'instruises d'une part de ce dont tu fus instruit à la voie droite ?" (67) l'autre dit : "Avec moi tu ne pourras faire preuve d'assez de patience (68) comment, du reste, en aurais-tu sur des choses dont tu n'embrases pas entièrement la connaissance ?" (69) Moïse dit : "Tu me trouveras patient, s'il plaît à Dieu. je ne te désobéirai en rien" (70) l'autre dit : "Alors, si tu me suis, ne me questionne sur rien, jusqu'à ce que je fasse naître pour toi une occasion de Rappel". (71) Tous deux s'en furent donc jusqu'à ce qu'ils montassent sur un navire, que l'autre saborda. Moïse dit : "Le saborder ! de sorte qu'en périssent les passagers ? Tu as commis une énormité (72) il répondit : "Ne t'avais-je pas prévenu qu'avec moi tu n'aurais patience ?" (73) Moïse dit : "Ne me tiens pas rigueur d'avoir oublié. Oh ! n'accable pas mon sort à force de rigueur !" (74) Tous deux s'en furent donc jusqu'à ce qu'ils avisassent un jeune homme, que l'autre tua. Moïse dit : "Tuer une âme innocente ? Tu as commis une horreur !" (75) l'autre répondit : "Ne t'avais-je pas prévenu qu'avec moi tu n'aurais patience ?" (76) Moïse dit : "Si désormais je t'interroge sur quoi que ce soit, ne me garde plus comme compagnon. Je t'en aurais moi-même fourni l'excuse". (77) Tous deux s'en furent donc jusqu'à ce qu'ils trouvassent les gens d'une cité à qui ils demandèrent quelque nourriture. On leur refusa à tous deux l'hospitalité. Ils virent un mur menaçant ruine. L'autre le redressa. Moïse dit : "Que n'as-tu consenti à prendre pour ce travail un salaire ?" (78) il répondit : "Ceci marque notre séparation. mais que je t'informe du sens caché d'actions pour toi insupportables. (79) Pour ce qui est du navire, il appartient à des pauvres travailleurs de la mer. j'ai voulu le mettre à mal parce qu'ils avaient à leurs trousses un roi qui capturait tout navire et l'usurpait (80) pour ce qui est du jeune homme, ses père et mère sont des croyants. Nous eûmes peur qu'il ne les accablât par son impudence et dénégation (81) et voulûmes que leur Seigneur leur donnât à sa place un meilleur que lui par la pureté, et plus proche par l'esprit de famille (82) pour ce qui est du mur, il appartenait à deux orphelins de la ville. Il recelait à sa base un trésor qui leur revenait, leur père ayant été un juste. Ton Seigneur a voulu qu'arrivés à force adulte, tous deux pussent déterrer leur trésor, au titre de miséricorde de ton Seigneur. En tout cela, je n'agissait pas de mon propre chef. Voila le sens caché d'actions pour toi insupportables".

Coran 36/51 : il sera soufflé dans la trompe et voici que de leur tombe vers leur Seigneur ils se précipiteront

Coran 37/123-132 : (123) Elie, encore, fut certes des envoyés. (124) Lors il dit à son peuple : "N'allez-vous pas vous prémunir ? (125) quoi ! vous invoquez Baal, et délaissez le plus beau des Créateurs (126) Dieu votre Seigneur et Celui de vos premiers ancêtres ?" (127) Donc ils le démentirent. Assurément ils sont des déférés (128) à l'exception des stricts adorateurs de Dieu. (129) Nous l'avons maintenu jusqu'aux ultimes (130) Salut sur la famille de Yâsîn ! (131) ainsi récompensons-Nous les bel-agissants (132) entre tous Nos adorateurs, il était des croyants.

Coran 39/69 : et fulgure la terre de la lumière de son Seigneur. L'Ecrit est mis en place. Sont amenés prophètes et témoins. Il est jugé entre les hommes dans la Vérité, sans la moindre iniquité.

Coran 50/41-42 : (41) prête l'oreille : au Jour où le Convocateur lancera son appel d'un lieu proche (42) au jour où ils entendront une clameur dans le Vrai...alors sera le Jour de la sortie des tombes...

Coran 78/17-20 : (17) Oui, le Jour de la démarcation arrive à point nommé (18) ce Jour où il est soufflé dans la trompe, et par vagues vous affluez (19) le ciel s'ouvre, se transforme en portes (20) les montagnes s'émeuvent et deviennent un mirage.

Coran 79/6-7 : (6) (par cela Je le jure), au Jour où tremblera le tremblement (7) suivi de son redoublement

Coran 82/1-5 : (1) Quand le ciel se fendra (2) que s'éparpilleront les astres (3) que les mers déborderont (4) que les tombes seront éventrées (5) toute âme saura ce qu'elle a soit avancé soit ajourné.

FIN

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